Ecrit au mois d'avril
feTATS-UAiOBS, SERVICES PAATICULIERa, AHUÊE GOLONIALK. 253
rOQt pour nous l'objet d'un chapitre spécial, celui de l'admiiiiu- Halioa, ilous en consacrerong ua autre aux âcoles militaires à pro- S dea cadres d'ofllciers et de sous-ofUciers. [ Quant au reste, nous allons examiner, ea suivant l'ordre des ^ticles de la loi, ce qui présente ua intéri^t réel eu égai-d aux
:attOiis survenues dans ceu deinièrea années. ^Psr uu dticret on date du 2 août 1874, il avait été créé 21) secs de secrétaires d'èltil- major et de recrulement dont le titre inditiiii.- (Bsanuneut la destination et l'emploi : celte création a été oenmée pai- l'article 14 de la loi des cadres. C'est une Ueureuse iniDyatiou qui permet à la fois de conAer les écritures à un persou- 1 choisi et d'exonérer les corps de troupe d'une charge pleine n*xitctiDvéDieDts pour le service et l'instruction ; mais c'est eu même mps un moyen, pour certains Jeunes gens qui pourraient iaii'e ('excellents sous-officiei-s, de s'embusquer, grûce à quelque proiGlioQ, dans uu bui'eau où ils échappent aux vraies obligations du rvice militaire. Les choix doivent donc être l'objet d'une attenba sévère.
Pour les auiiiôniers, la loi des cadres n'a fait que coalîrmei' la L spéciale du 20 mai 1874 qui, depuis lors, a reçu quelques ilit66. Nous ne défendrons pas l'institution des aumôniers de garnison qui, sans avoir les inconvénients qu'avaient présentés soucia Restauration les aumôniers de régiment, peuvent être re- (;ardés comme iuutiles, puisqu'il y a dans toutes les garnisons des ministres du culte ; mais ceux des hôpitaux auraient dû être respectés; l'Ëtat doit au soldat la satisfaction de ses besoins moraux tout autant pour le moins que celle de ses besoins matériels ; les Recours de la religion dans les pratiques ou dans les sentiments de laquelle il a été élevé doivbnt être mis à sa portée. Or, les aumôoiers laissés dans les hôpitaux militaires y sont comme par tolérance et iQSuiQsammeut rémunérés.
* Le corps des vétérinaires milUaires a élé, depuis notre entrée au service, l'objet de mesures successives qui out enfin donné à ces hommes instruits et méritants une position digne d'eux. En 1844, les véléiinaii'es eu premier jouissaient seuls des bénétices de la loi de 1934 et prenaient rang dans les corps de troupe après tous les offlcieiï.
Plus tard, la position d'officier a été étendue aux vétérinaiies en 2* et aux aides-vétérinaires.
Demièremcnt enfin, les vétérinaires ont obtenu, comme les médecins, Tassimilation complète des grades; la hiérarchie du corps est la suivante :
Vétérinaire principal de 1'* classe : lieutenant-colonel; — de 2* classe : chef d'escadrons ;
Vétérinaire en 1" : capitaine ;
Vétérinaire en 2* : lieutenant ;
Aide-vétérinaire : sous-lieutenant.
Il resterait encore une mesure à prendre pour améliorer, dans les conditions de la stricte justice, la situation des vétérinaires militaires. Napoléon a dit un jour, en termes un peu crus, ime vérité incontestable, c'est que l'homme a besoin poui* marcher d'avoir son picotin d'avoine, autrement dit: son stimulant. Or ce stimulant, d'après la proportion des différents grades, le corps des vétérinaires ne l'a pas. Sur 419 membres dont il est composé, on compte 143 vétérinaires en premier et seulement 10 principaux (5 de 1" et 5 de 2"" classe).
Il en résulte que les vétérinaires en premier, nommés à ce grade à l'Age moyen de 34 ans, y restent généralement jusqu'à 58 ans, limite d'âge fixée pour la retraite, avec une chance imperceptihle d'avancement. D'autre part, le nombre des vétérinaires principaux est insuffisant pour en mettre un dans chaque corps d'armée en cas de mobilisation. Il serait donc nécessaire et juste de porter le nombre des vétérinaires principaux à 20, celui des vétérinaires en premier à 144 et de partager chaque grade en deux classes d'effectifs égaux, soit donc 10 vétérinaires principaux de 1'^^ classe, 10 vétérinaires principaux de 2"" classe, 72 vétérinaires en V de l** classe, 72 vétérinaires en 1^' de 2^ classe.
Le service du recrutement, sur lequel repose le fonctionnement compliqué de la rt'^partition des contingents , de la mobilisation et du passage des hommes dans les positions successives où les appelle l'exécution des lois, est assuré par un personnel d'officiers de tous grades et de toutes arines , mis hors cadres et remplacés dans leurs régiments. Ce personnel comprend aussi des officiers retraités, maintenus jusqu'à l'âge de 03 ans. Chaque bureau de recrute-
ment est commandé par un officier supérieur, ayant sous ses ordres deux officiers et un certain nombre de sous-officiers, caporaux et soldats faisant partie des sections de secrétaires. Les ^fonctions relatives au recrutement sont, comme nous le verrons plus tard, très chargées et très importantes.
Le service militaire de la télégraphie a été créé depuis la dernière guerre. Il était confié autrefois à un personnel civil, mis à la disposition de Tarmée et portant un uniforme spécial.
En Crimée, les camps, les quartiers généraux et les parcs étaient réunis entre eux par des fils télégraphiques ; lorsqu'on s'éloignait un peu du gros de l'armée, comme la cavalerie du général d'Allonville et plus tard la division d'infanterie d'Autemarre, dans la vallée de Baïdar, on installait des postes de télégraphie aérienne. Ces postes ont rendu dans plusieurs circonstances d'importants sei-vices. Ainsi, le 15 août 1855, dans la soirée, le général d'Allonville, informé par des espions du mouvement de l'armée russe, prévint le général Herbillon qu'il allait infailliblement être attaqué le lendemain matin. Nous avons vu la dépêche qui, interrompue par la nuit, fut envoyée ensuite par une ordonnance à cheval; nous ne nous sommes donc jamais bien expliqué la surprise par laquelle débuta, le 15 août, la bataille de Tractir.
Aujourd'hui, le service télégraphique est organisé tout militairement. Aux termes deTarticle 20 de la loi des cadres, il comprend en temps de guerre : un service de marche ou de première ligne; un service d'étapes ou d'arrière ou bien encore de seconde ligne, et un service territorial ou de troisième ligne. Les fonctionnaires et agents de l'administration des télégraphes, servant volontairement ou assujettis en raison de leur âge aux obligations du service militaire, sont organisés en sections, correspondant aux circonscriptions de corps d'armée. Mobilisables en cas de guerre, ces sections le sont également sur l'ordre du ministre de la guerre pour prendre part aux grandes manœuvres ; elles sont placées sous les ordres directs des chefs d'état-major. C'est un des services les mieux organibés et sur lesquels on serait le plus en droit de compter en cas de guerre. Le service de troisième ligne (forteresses, dépôts, etc.) est assuré par les moyens ordinaires de l'administraion des télégraphes.
Le service militaire des chemins de fer est également de création postérieure à la guerre. 11 a fallu la cruelle expérience de 1870- 1871 pour en imposer l'organisation. En cela cependant| comme en bien d'autres questions, le marqchal Niel avait commencé à prendre une série de mesures ou tout au moins d'ordonner des études qui n'ont pas été contmuées après lui. Le règlement sur les transports de troupe, en date du G novembre 1855, ne contenait que des dispositions administratives ou techniques. Une conunission centrale, instituée au mois de mars 18G9, sous la présidence de M. le général Guiod, dans laquelle, à côté de cinq membres militaires et d'un délégué du ministre des travaux publics, figurait pour chaque compagnie, soit le directeur, soit le chef de l'exploitation, fut chargée d'étudier les diverses questions auxquelles pouvait donner lieu le transport des troupes sur les voies ferrées. Une sous-commission, pour chacun des grands réseaux, devait venir en aide à la commission centrale ; celle-ci se réunit vingt-neuf fois et arrêta les bases d'une organisation complète et facile à établir. Mais le maréchal Niel avait disparu, et il ne fut donné aucune suite aux travaux de cette couunission. La guerre fut commencée avec le désordre que Ton sait; au milieu des événementsqui se précipitaient, il était diiïicile de songer à des créations nouvelles. Ce fut seulement à la lin de la guenv- que le gouvernement de Bordeaux, par un décret en date du 28 janvier 1871, constitua le syndicat des compagnies de chemins de fer, l'orme des délégués de toutes les compagnies auprès du ministre de la guerre, en même temps qu'un agent supérieur devait rtre accrédité par elles auprès du commandant eu chef de chaque armée. Un des premiers actes de ce syndicat fut de signaler au Gouvernement la nécessité de créer dans les gares des commandements d'iUapcs, ayant autorité sur les troupes de passage dans les trains. La conclusion de l'armistice mit lin à l'existence du syndicat ; mais aussitôt après la guerre, on reprit les études connnencées par le maréchal Niel. Ces études ont abouti à des règlements complets, dont nous n'avons à nous occuper ici ([u'au point de vue du personnel.
Dans un livre des plus intéressants sur le rôle des chemins de fer pendant la guerre de 1870-1871, livre auquel nous empruntons ces détails, M. Jacqmin, alors directeur de l'exploitation, aujour-
d'hui directeur général de la Compagnie des chemins de fer de l'Est, avait ainsi tracé les traits principaux de l'organisation:
Comité militaire des chemins de fer au ministère de la guerre.
Commissions de ligne,
Conmiandements d'étapes.
Ce sont ces indications qui ont servi de règles pour les combinaisons adoptées.
En deçà de la base d'opérations , le service est assuré par les ressources ordinaires des compagnies, qui sont placées sous la direction et la surveillance de la cofiimission supérieure des chemins de feVj instituée auprès du ministre de la giierrr. Cette coiimiisfciou, présidée par un général de division, comprend des membres militaires, des fonctionnaires du contrôle des chemins de fer, des représentants de toutes les compagnies ; elle peut, en temps de guerre, déléguer ses pouvoirs à une comniisîfion executive prise dans son sein ; elle dirige le service par Tintermédiaire de commissions de lifjne, comprenant chacune un membre militaire et un agent technique, et de commandements de (jarey d'une composition analogue. Le personnel d'exécution est le personnel ordinaire des compagnies.
Au delà de la base d'opérations, tout le service est subordonné à un directeur (jènéral des chemins de fer et des étapes: il est assuré: 1" par une délégation de la commission supérieure pour les sections du réseau national, exploitées à Taide des moyens ordinaires des compagnies ; 2* par une direction (jènêrale des chemins de fer de campagne, pour les parties du réseau national ou étranger, exploitées à l'aide d'un personnel militaire ; 3*^ par des commissions de chemins de fer de campagne, instituées pour chaque ligne. Le personnel d'exécution consiste dans les compagnies d'ouvriers de chemins de fer et dans les sections techniques de chemins de fer.
Les compagnies d'ouvriers de chemins de fer font partie des troupes du génie; aux termes de la loi des cadres, il devait y en avoir une par régiment, soit en tout quatre compagnies. Ces quatre compagnies ont été réunies à Versailles en un bataillon d'ins-truction , largement pourvu du matériel nécessaire ; elles ont été récemment portées à huit, formant deux bataillons ou plutôt quatre compagnies de sai)eurs. déjà existantes ont été réunies
258 LES TRAiNSFORMATlONS DE l'aRMÊE FRANÇAISE.
en un second bataillon pour recevoir rinstruction spéciale des diemins de fer.
Ces compagnies doivent être complétées en cas de mobilisation par des militaires de Tanne du génie, détachés après un an de service rt répartis entre les diverses lignes de chemins de fer, pour y compléter leur instruction personnelle. Le service des chemins de fer est tout particulier. Son importance est extrcnie; il serait donc à désirer qu'un régiment spécial de chemins de fer fût créé et tenu indépendant des quatre régiments du génie, tout en restant rattaché à Tarme.
Les sections techniques sont formées en tout temps, à Taidedu personnel des compagnies de cliemins de fer assujetti au service militaire on vertu de la loi sur le recrutement, ou servant volontairoment ; elles sont au nombre de huit, dont deux fournies par la Compagnie de Paris-Lyon-Médilerranée, quatre fournies parles Compagnies d'Orléans, do l'Ouest, du Nord, dorEstetdeuxmiites. Chaque section, commandée par un ingénieur en chef de TexploitatioD, comprend environ 1,000 hommes répartis en trois divisions, correspondant à Texploitation, à la voie et à la traction ; elles ont un uniforme spécial et sont assujetties à toutes les obligations militaires. Chacune de ces sections peut exploiter 300 kilomètres de chemins de for. Elles sont appelét»s évidemment 'à rendre les plus grands services -, il est à regretter, toutefois, qu'en raison des exigences du service courant des chemins de fer, on n'ait encore pu en réunir une seule, moins pour l'exercer que pour se faire une idée exacte de son organisation.
Le service des étapes, c'est-à-dire Tensemble des services de l'arrière, non compris les transports par chemins de for, consistant à assurer le ravitaillement de l'armée, l'évacuation d<»s blessés, la sécurité du pays et des communications, la protection des lignes de chemins de fer et des gares, à surveiller les populations elles individus de tout g(uire qui suivent l'armée, ce service, dont nous étudierons plus loin le fonctionnomont, ne comporte pas de personnel spécial ; il serait ('videmment conlié à des ofliciers et à des troupes de l'armée territoriale.
Le service des remontes est dévolu â des otîiciers de cavalerie placés hors cadres, employés comme commandant les circonscriptions de
KTATë-MAjOHh, SBHVlCEiS PAH'l lULLlEKS, .VKMBt; CULOSIALË. 'JÔQ
(nonte (coloneU ou lieuteuaiUs-colotielB), ou comme commandant
■ dâpâls do remonte (chefs lî'escadrous). Les olliciers acheteurs
iployés dans ces dépôts sont des officiers détachés des réyimeûls
Kcarttlerie ou quelquefolg d'artillerie. Celte dernière arme, dont
feremonte est cependant do la plue haute importance, car de la
{Dté et de la force de ses attelages dépond essentiellement le râle
pâ par les batteries sur le champ de bataille, et dont les besoins
I sont pas de même nature que ceux de la cavalerie, n'intervient
B aeseï dans le choix des chevaux qui lui sont destines. Depuis
lelques années, il est vrai, c'est-à-dire depuis riuslitution dM
upection générale des remontes, on tient un peu plus cgmple
|ls nécessité de bien monter l'artillerio et de la nature des che-
z qui lui conviennent. Mais nous avons vu dans notre jeunesse
B escadrons du train montés en chevaux de trait légers à côté de
Itteries d'artillerie à cheval, pourvues de lourds chevaux du Nord.
lUB ne parlons pas ici des dépôts de tinneition, dont nous avons
ipligué le fonctionnement au chapitre de la cavalerie.
«es affaires indigènes i:h AlijèrU comprennent les bureaux arabes
B eommandemails fie cercle. Ces commandements sont conSés
■es officiers des corps de troupe stationnés en Algérie et conti-
tant à compter à leurs corps; exceptionnellement, ces officiers
irent être mis hors cadre. Comme nous l'avons déjà dit, il serait
{désirer que l'exception devînt la règle. Pour les bureaux arabes,
lloitlxele maximum du nombre des officiers à mettre hors cadre :
[cbere de bataillon ou d'escadrons et 70 capitaines. Le nombre
I lieutenauts qui leur sont adjoints et qui continuent à compter
pÊiirs corps est variable et dépend, aux termes de la loi, des
lOÙu du seiTice, Ces besoins ne sont pas tellement chan-
ints, qu'on ue puisse fixer un maximum pour tes lieutenantt>
BtU'e bore cadre comme pour les capitaines. Les cadres d'offi-
trSsODt calculés sur le strict nécessaire et l'on ne peut, snns de
f^ves incouvéuieiits, eu détacher un grand nombre de leurs com-
Hiee, escadrons ou batteries sans les y remplacer.
MB bureaux araltes sont loin d'avoir aujourd'hui l'importance
rilB eurent pendaui bien des années; ils ne fonctionnent plus
B'on territoire militaire, au lieu d'étenilre commis autrefois leur
^OD BUr toute l'étendue des Iroie provinces de l'Algérie, On sait
2U0 LES TKANSFOKMATIONS DE l'aAMÉË FHANQAISE.
que ror^Miiisation actuelle de T Algérie comporte, sous Tautorité supérieure du gouverneur général, trois départements administrés par des préfets et trois divisions commandées par des officiers généraux; les départements et les divisions comprennent, en apparence, la même circonscription; mais Taction d'un préfet ne s'exerce pas sur tonte Pétendne de Tancienne province correspondant à son département (Alger, Constantine tît Oran), ou plutôt sur toutes les communes comprises dans cette étendue. Il y a des territoires civils comprenant des conuiuincs de idein exercice , s'admiuistrant comme les commiuK^s de France, mais comptant dans leur jjopulation un certain nombre d'indigènes, des communes inixles où la population indigène domine, mais qui sont cependant administrées par des commiîrsaires civils dépendant du préfet, enlio des communes indiijr.nes , adminislrées par des bureaux arabes sous l'autorité du général commandant la division. L'ensemble de ces dernières comnmnes l'orme dans clia<jue province le territoire du commandement et, de même que la réunion d'un certain nombre de communes administrées civilement constitue un arrondissement géré par un sous-préfet, plusieurs communes indigènes fonnent ensemble un cercle commandé par un officier. La population totale de TAlgérie s'élevant à 3,310,412 habitants, les territoires civils en comprennent 2,822,947 et les territoires du commandement 487,465; d'autre part, la population indigène dépasse le nombre de 2,300,003. On voit donc que le s<.»ptième à peine de la population totale et le quart de la population indigène restent sous le régime militaire '.
L'institution des bureaux arabes a soulevé jadis de longues et irritantes discussions : quelques aventurcîs éclatantes leur avaient attiré la défaveur publique et pour bien des gens, bureau arabe était devenu synonyme d'exaction, de concussion, d'oppression et même de meurtre. Rarement l'opinion publique, coutumière de l'injustice, a été ])his mal inspirée qu'en étendant à tous les officiers des bureaux arabes la réprobation qu'avaient méritée un très petit nombre d'entre eux. On ne se souvient plus guère aujourd'hui du capitaine Doineau, chef du bureau arabe de Tlemcen, condamné