‹ Les transformations de l'armée françaiseChapitre 88 sur 174 · I. (ics «."liinVos >«.' r.in|)uilt.'iil ù l'aiiuûe iSiSi · texte numérisé non relu

I. (ics «."liinVos >«.' r.in|)uilt.'iil ù l'aiiuûe iSiSi

à mort le 23 août 1856, par la cour (rassises d*Oran, comme convaincu d'avoir fait assassiner, dans des circonstances particulièrement émouvantes, un des Arabes les plus considérables du pays, l'aga Si-Mohamed-ben- Abdallah, par lequel il craignait de voir dénoncer les concussions dont il s'était rendu coupable *.

Avec le nom de Doineau on a pu on citer un ou deux autres comme ayant commis des actes moins sanglants mais aussi criminels peut-être. Mais à côté de ces deux ou trois noms, que de noms glorieux ou honorables sur la liste des officiers des bureaux arabes ! Bosquet, Walsin-Esterhazy, Daumas, Chanzy, Margueritte, Beaupretre, qui risqua cent fois sa vie au milieu des tribus arabes ou kabyles et qui finit, comme le commandant de Saint-Germain et tant d'autres, par tomber sous la balle d'un assassin... Et que de services rendus! C'est aux bureaux arabes, sans conteste, que nous devons en grande partie la conquête définitive de l'Algérie. « Ces officiers », dit un ancien et brave militaire, le capitaine Blanc, « ont été de merveilleux instruments de conquête et de pa- « ciiication, nos initiateurs aux lois et aux mœurs arabes, nos géo- « graphes et nos guides dans les expéditions... Ils ont fait plus et « mieux encore: ils ont fait redouter nos armes aux lieux mêmes « où elles n'avaient pas paru et fait aimer partout notre justice, « notre désintéressement et notre loyauté*. »

M. le procureur général de Rover, prenant la parole devant la Cour de cassation pour faire rejeter le pourvoi de Doineau, s'exprimait ainsi: « Après comme avant la condamnation de Doineau, « les bureaux arabes confiés à des mains qui en respecteront l'ori-

l. La diligonco do Tlemcon h Oran, dans laquelle so trouvaient l'aga et son interprète, fut assaillie, à un quart d'heure de Tlemcen, par une bande de cavaliers arabes qui tuèrent, avec ees deux personnages, un des aulr<s voyageurs de la mtîmft voiture. Vn aga, Bel-Nadji , lut convaincu d'avoir présidé au meurtre, sous l'influence du capitaine iJoineau, qui peut-être même assistait à l'attaque de la diligence. Les débats révélèrent des tripotages d'argent ou tout au moins des désordres administratifs qui firent le plus grand tort à Doineau et n'j;iillireut sur tous les bureaux arabes. Jules Favre, défenseur de Bel-Iladji, prononça, en guise de plaidoirie, avqc cette ài)n'té haineuse cpii faisait le fond de son talent, un réquisitoire violent contre Doineau. Bel-Hadji fut condamné aux travaux forcés pour 20 ans et Doineau à mort, mais cett»' (b.'rnière peine fut comrau<'*e en détention perpétuelle. Plus tard même. Doineau fut complètement gracié. Quelques personnes ont prétendu que le dernier mot de cette atfaire n'avait jamais été connu, «l que coupable de dilapidations, Doineau était inni)cent du meurtre de l'aga Si-Mohammed.

'2. Généraux et soldats d'Afrique, p. 2X\.

2()2 LES TRANSFORMATIONS DE i/aRMÉE FRANÇAISE.

« giue et le but, demeureront auprès des populations indigènes « un instrument utile d'influence et de civilisation. » Et le général Bedeau du fond de son exil, répondant quelque temps après à un journaliste belge, qui à propos de Taffaire Doineau attaquait les chefs de Tarmée française, lui disait :

« Pour la première fois, peut-être, la conquête d'uu grand pays « a été faite militairement sans valoir aux chefs conquérants un seul « avantage matériel. Tous dévoués à nos devoirs, nous compre- « nions que la régénération d'un peuple démoralisé serait la meil- « leure légitimation de notre conquête et la plus sûre garantie de « notre puissance. Tous, tant que nous sommes, administrateurs « de ce temi»s-là, nous n'avons jamais rien demandé, rien accepté, « rien pris. Voilà ce que je sais, voilà ce que j'ai vu. Il ne m'ap- « partient pas d'expliquer ce qui s'est accompli depuis cette épo- « que -, mais je connais mes anciens compagnons d'armes, mais « j'ai trop applaudi à leurs glorieux triompiies, pour ne pas me « croire autorisé de dire à l'opinion : Gardez-vous d'injustice; et « pour un fait coupable, n'oubliez pas ce que vous avez donné « d'estime au noble courage, à ta modération, au désintéressement « des soldats français '. »

En lisant ces paroles, nous nous rai)pelons involontairement le mouvement de superbe éloquence avec lequel le général Foy, cet homme d'une nMionnuét» si éclatant»» et si pure, défendit les généraux et les ofliciers tb» THluipire des accusations portées contre eux : « Pins de cinq cents olïiciers supérieurs », dit-il, « ont eu « l'occasion «b» répéter le refus d»! ce général de la vieille mon<ir- ^< cliie, ([ui n(^ recevait de présents qnc^ du roi, son maître. L'his- « loire a célébré le désintéressement de Bavard qui convertit en « une dot pour la lille de Hrescin la I^ourse remplie d'or qu'un « père elTrayé étalait devant le vainqueur. Nous ne connaissons « pas un s»'ul de nos oflicùers, de c(»s braves gens à l'halût usé et à « la chaussure percée, qui n'eût fait en pareille circonstance autant <' que le chevalier sans peur et sans reproche. Notre puissance a « passé et les faits parlent. Les gouverneurs des royaumes et des « provinc(îs envahies sont rentrés dans les rangs des citoyens. CKi

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