‹ Les transformations de l'armée françaiseChapitre 97 sur 174 · Camillo Housset, lea Vofontaires de 1792, p · texte numérisé non relu

Camillo Housset, lea Vofontaires de 1792, p

le rôle de la garde nationale, aussi bien celle de Paris que celle des départements, fut tout intérieur. Composée en majorité d'amis de Tordre et de la liberté, remarquable même par son esprit et ses habitudes de discipline, elle ne tarda pas à se résumer en une minorité de factieux qui écartèrent la majorité en la faisant trembler ; la journée du 17 juillet 1791, dans laquelle Tinsurrection fut énergiquement réprimée, au Champ de Mars , par la milice bourgeoise obéissant à Lafayette et à Bailly, maire de Paris, n*eut pas de lendemain.

La garde nationale présentait d'ailleurs de grandes différences d'une ville ou d'un département à un autre. Tandis que, par exemple, la garde nationale de Marseille se faisait remarquer par son ardeur révolutionnaire, s'emparant par siu'prise des forts qui entourent la ville et massacrant le chevalier de Beaussire, qui voulait défendre le fort Saint-Nicolas, 30,000 hommes des gardes nationales de THérault, de TArdèche, de la Lozère et d'autres départements du Midi s'étaient réunis au camp de Jallez, dans l'Ardèche, avaient arboré la croix pour bannière, portaient une croix à leur coiffure et soutenaient un comité qui protestait contre tous les actes de l'Assemblée en rendant des arrêts contrerévolutionnaires.

C'est au mois d'août 1791 que commença le rôle extérieur de la garde nationale et qu'apparurent les premiers de ces bataillons de volontaires que l'histoire a tour à tour qualifiés d'héroïques sauveurs de la patrie et de fuyards indisciplinés. Après les travaux consciencieux de plusieurs écrivains *, on connaît mieux aujourd'hui la vérité sur leur compte et les trois périodes^ bien distinctes qu'a présentées leur existence.

Il y eut d'abord les volontaires de 1791, les vrais, on pourrait dire les seuls, puis les volontaires forcés ou les réquisitionnés de 1792 et du commencement de l'année 1793, alors que tout individu requis était volontaire sous peine de mort, enfm la levée en masse de la deuxième partie de l'année 1793, en vertu de laquelle tout citoyen était volontaire.

l. Voir: les Volontaires, par Camille Roiisset; l'Armée et la garde nationale, par le baron Poisson ; les Volontaires de 1792, par M. Dussieux ; l Histoire de l'infanterie^ par le général Siisane.

Après la fuite de Varenaes, les dispositions de TAutriche, de la Prusse et de l'Espagne font prévoir la guerre ; l'armée, réduite par les désertions, suspecte aux patriotes, semble insuffisante iK)ur défendre la France menacée. L'Assemblée constituante se décide à faire appel aux gardes nationales, et par deux décrets en date des 31 juillet et 17 août 1791, elle arrôte la formation de 169 bataillons de volontaires, donnant un total de 101,000 hofnmes, qui s'engageront à servir pour un an. Le premier appel fut accueilli avec enthousiasme, et 60 bataillons, rapidement formés, eurent rejoint la frontière avant le 25 septembre, à peine habillés, il est vrai, médiocrement armés et sans aucune instruction militaire. Le reste arriva lentement ou n'arriva pas. C'est ainsi que, dès le mois de décembre 1791, le général Wimpfen, chargé à Golmar d'organiser les volontaires du Haut-Rhin, de la Haute-Saône et du Doubs, écrivait au ministre de la guerre: « Ce retard provient de deux « vices: premièrement du mode qu'on a observé pour la nomina- « tion des officiers, lequel a produit les résultats les plus malheu- « reux et même les plus ridicules ; le second est celui d'avoir chargé « les départements de l'habillement et de l'équipement des volon- « taires. » Les généraux les plus expérimentés, tels que Kellermann et Luckner, demandaient avec instance l'incorporation des volontaires dans les troupes do ligne ; ils étaient appuyés par les ministres qui se succédèrent à la guerre, Narbonne et Servan, mais l'Assemblée rejeta bien loin cette idée, car elle obéissait à une tendance tout opposée, la substitution de la garde nationale aux troupes de ligne. Défectueux, comme nous venons de le dire, les bataillons des yolontaires de 1791 rachetèrent ce qui leur manquait par un enthousiasme réel et surtout par le clioix du plus grand nombre de leurs officiers. Ces choix n'étaient cependant pas irréprochables dans tous Icîs bataillons. Le général Wimpfen, par exemple, dans la lettre (jue nous venons de citer, disait : « Ce sont « les intrigants, les grands parleurs et surtout les buveurs qui « l'ont emporté dans la circonstance. » Le général commandant à Boulogne écrivait au maréchal de Rochambeau, le 6 février 1792 : « Un officier a été renvoyé par ses camarades, qui l'ont forcé de « donner sa démission. Cet exemple produira , je l'espère, l'efifet « d'engager MM. les officiers à se respecter un peu i)lus qu'ils ne

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t font viG-â-vis de leurs soldats, avec legquelB ils vont trop nu t caltaret'. >

H^partis dans Iob [daces du Nord, les volontaires ont été iojus-

ItcmeDt accusés des dt^sordres qui, le 28 et le ïi9 avril, mn,rquèrGiit

là Tûlirnay el à Moiis te début de la guerre. Le gL^niiral ThC^obald

■Dillou Hit, ou le eaiL, massacré par ses propres soldais; iJiron,

■parti de Vnlenclennefi pour attaquer Mohh, l'aillil avoir le luôoie

l'sort, et les U-oupes en déroule se livrèrent à raillo dt%ordrea. Mais

I ces fûts doivent ètra imputés siit'loul aux troupes de ligne, chez

Iqiû d'ailleurs IVxL'ès du mat produisit I13 Lien par une réaction ea-

clutairu; elles éprouvèrent bientôt l'horreui- de l'indiscipline en

voyant ses tristes effets, et d'elles-mômes livrèi-ont les coupables

aux coure martiales. Bien loin de s'y associer, lus volontaires

tiurenlea génth-at une conduite tout opposée. Le 2* balaUton de

la Seine, eu pai'liculier, se retira dans un ordre parfait devant les

I Authctiiens, ramenant un canon pris sur l'ennemi, et mérita cette

du général lîiron, un po» exagérée pout-i?tre, mais sulTisam-

Iment justiQile : ■ Je no connais point de bataillon de grenadiera

l« plue brave, plus terme, plus soumis aux ordres qu'on lui donne

m* que te deimême du département de Paris, » A la prise d'Orctûe»,

pe 24 juillet 1792, un bataillon de volontaires de la Somme se si-

isla par sa belle déTenso. A la même époque, Dumouriez, qui

kvail pris te roniiiTandemeni du camp de Maulde, sut tirer piU-li

Ides Lulailtons de volontaires qui s'y trouvaient, et les former au

r de soldat. Il leur ménageait avec adresse de petits engage-

ueats dans k'squels le succès était assuré d'avance et qui leur

iklaient imprévus. Ces succès laciles et fréquents relevèrent le

lOral dL>s jeunes soldats qui, avec leur intelligence nalurello,

ai&irent promptement la tactique faite pour eux : combattre en

Kraifaols perdus sous ta protection des troupes de ligne eu fatiguant

^'ennemi par leur feu. Si le» volontaires de 1791 ne gagnèrent pas

mA uux seuls, comme longtemps il a été de mode de le dire et de

l'écrire, les batailles de Valmy et de .Tenunapes, ils y eurent une

B pari dans la victoire parloiir ferme attitude sous le canon de

rViiJoiy et pai' l'élan avec lequel les bataillons de l'année du Nord

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