I. Cimiil'- tiuus
■l,lct loi
302 LES TRANSFORMATIONS OB l'aRMÉE FRANÇAISE.
suivirent leur ancien général du camp de Maulde sur les hauteurs de Cuesmes et de Jemmapcs ^
Mais déjà ces premiers liataillons n'étaient plus les seuls qui
portassent le nom de volontaires. Par un décret rendu en juin 1792,
TAssemLlée législative avait décidé la formation de 60 nouveaux
bataillons pour en porter le nombre à 215; non seulement on ne
parvint x>as à former ces soixante bataillons, mais on ne put même
pas compléter les premiers. C*est alors que, sous la menace d'une
invasion imminente, fut imaginée la mise en scène de la Patrie ai
danger. Le dimanche 22 juillet, à G heures du matin, dit un auteur
auquel nous empruntons en partie les doimées de ce résumé bisto*
rique, « le canon d alarme placé au pont Neuf tire une salve de
« trois coups qui doit être répétée d'heure en heure jusqu'au soir,
< et le rappel est battu dans toutes les sections. Des détachements
« de six légions de la garde nationale se réunissent sur la place
« de la Grève, le conseil de la commune s'assemble, et à huit
« heures, deux coYtèges semblablement composés se mettent en
« marche pour parcourir les divers quartiers de la ville. Entête s'a-
« vance, précédé de la musique et des trompettes, un nombreux
« détachement de cavalerie, il est suivi d'une force imposante
« d'infanterie escortant six canons. On voit ensuite quatre huis-
« siers à cheval, portant chacun une enseigne à laquelle est sus-
« pendue une chaîne de couronnes civiques décorant les inscrip-
« tions : . Lil)erté, Égalité, Constitution, Patrie. Douze officiers
« municipaux à cheval, décorés d'écharpes tricolores, leur suc-
« cèdent. Le cortège se termine, ainsi qu'il commence, pai* six
« cunons suivis d'infanterie et de cavalerie... A chaque carrefour,
« la colonne fait halte, on agite une banderole tricolore pour donner
« le signal, et les tambours ouvrent un ban. Un officier municipal
« se détache alors du group^î principal, s'arrête à quelques pas et
« prononce à haute voix la formule solennelle : La Pairie est en
« danger. En mûme temps il signale du geste à la foule une énorme
« banuière portée par un cavalier de la garde nationale et sur
«laquelle est tracée la même déclaration; ensuite les tambours
« ferment le ban et le cortège se remet en marche.