II
Vineux, au sens de qui produit, renferme du vin (sens poétique). 1 loucher.
Mois, ch. VIII, IX ; Delille, Géorg.^ II; Chénier (éd. de Fouquières, 1872),
B. — Mots anciens qui ont commencé dès le XVIII'' siècle à rentrer dans l'usage et qui sont employés encore aujourd'hui*
Abrègement. Féraud : Ce mot d'abord usité, ensuite abandonné, puis renouvelé parce qu'il était commode (1), est devenu de nouveau suranné. Il serait pourtant utile et mériterait que de bons tuteurs lui redonnassent le crédit qu'il a perdu. — Admis Ac. 1798.
AccLAMATEUR. lucounu à Trévoux 1704. — Mercier (F.). — Féraud préfère ce mot à applaudisseur.
Accoutumance. Beaum., VII, 9. — Réclamé par F. — Mercier, Néol. — Ac. 1798 le donne sans remarque.
Adapter. Montesquieu (D. G.). — Le mot reparaît au xviii" siècle. —Admis Ac. 1798.
Aduler. Vieux mot retrouvé par Diderot, Règne de Claude, IL — .l.-J. R., Co7if.y X. — Diderot (F.). — Mercier, NéoL — Admis Ac. 1798 avec cette note : « Il est de peu d'usage. »
Affectuosité. Signalé par F. qui croit ce mot nouveau.
Affres. Regretté par Voltaire, Lett. à d'OUvet^ 20 Aug. 1761 ; réclamé par Roubaud, Syn. fr,, et par Marmontel, Usage. — Le Journal de la L. fr. (1786), III, 301, doute que ce mot reprenne faveur. — Mercier, ISénl.
Aisance. Trévoux 1704 atteste qu'il vieillit. — F. : « Aujourd'hui tous les bons auteurs s'en servent. »
Allégement, alléger. — Trévoux 1704 dit que allégeance ne peut plus être employé, (\\x allégement est «aussi un peu vieux », qu'a//égfer n'est pas du « bel usage ». — Ces trois mots sont réclamés par Marmontel, Vsage, — J.-J. R., Conf. (D. G.), a employé alléger au figuré. — Allégeance n'est pas rentré dans l'usage ; mais allégement et alléger ont repris faveur.
Allégresse. Diderot, III, 290 : les motifs de leur désolation et de leur allégresse. — Faublas, IV, 106 : être l'objet de l'allégresse générale. — Delille, Jardins, IV.
Le Joum, de la L. fr. (1786), III, 306, espère que le mot reprendra faveur. — Admis Ac. 1798.
Alourdir. Trévoux 1704 : ce mot est vieux. Admis par Ac. 1762 et 1798 seulement au participe. — Mercier, Néol.
Angoisse. Trévoux 1704 : vieux mot. Ac. 1740 ne donne que les expressions être en angoisse^ être dans des angoisses.
Diderot, VI, 25, Jacques le Fatal., et V, 436, N. de Rameau : l'angoisse de votre estomac vide éloigne le sommeil. — Linguet (F.).
Réclamé par Voltaire, Corn. Hor., IV, 2, et Lett. à d'Olivet, 20 Aug. 1761 : les angoisses d'un cœur navré n'ont point été remplacées. — Mercier, Néol.
(1) Ce sont les termes mêmes de Trévoux 1704. /
Angoissé. Inconnu à Trévoux 1704. F. cite deux exemples contemporains et ajoute : il reprend vie en ce moment.
Est aujourd'hui à la mode.
Anxiété. Trévoux 1704 constate que les avis sont partagés sur ce mot et que le plus sûr est de ne pas l'employer. — Faublas^ 11, 2o9 : sa chute devait finir les mortelles anxiétés du baron. Linguet (F.), — B. de St-P., Et., I, 382 ; les larmes, les anxiétés, les soupirs.
Féraud constate que le mot peut s'employer dans tous les styles et qu'il est bien établi.
Apitoyer, s'apitoyer. Inconnu à Trévoux 1704. — Admis Ac. 1798.
Ardu. Suivant Trévoux 1704, Ac. 1740 et 1798, et F., ce mot vieillit. — Linguet (F.) : cette recherche ardue. — Admis Ac. 1835 au figuré.
Argltie. Trévoux 1704 : on s'en sert rarement. — J.-J. R., Rêveries^ 3' Prom., Marmontel, Mcm., 1. VIII (tome III, 43). — Admis Ac. 1798.
Aruière-pensée. Inconnu à Trévoux 1704. — Admis Ac. 1798.
Assentiment. Pougens, A. F., cite Bonnet : cet assentiment que je suis obligé de donner au témoignage d'autrui ; et J.-J. R., Lett. sur la botanique^ 1'° 1. à Malesb. — Admis Ac. 1798.
Astuce. Trévoux 1704 : vieux mot et hors d'usage. — Féraud : vieux mot qui méritait d'être conservé. — Linguet et Moreau (F.). — Le Mierre, Fastes^ VI : son astuce médite les moyens d'échapper à sa promesse écrite.
Astucieux, astucieusement. Inconnus à Trévoux 1704. Mot du xvi® siècle retrouvé à la lin du xviii°. Le Journ, de la L. fr. (1791), VII, 81, relève astucieux dans La Harpe, Bise, sur la liberté du théâtre, 17 décembre 1790, et approuve ce mot et l'adverbe astucieusement.
Atrocement. Inconnu à Trévoux 1704. — Prévost (F.). — Admis Ac. 1798.
Attachant. Inconnu à Trévoux 1704. — Sabatier (F.). Selon F. ce mot reprend faveur. — Admis Ac. 1798 au sens de « qui attache l'attention ».
Aventureux. Inconnu à Trévoux 1704. — Ac. 1762, le Rich. Port, etF. constatent qu'il vieillit. — Marmontel, Usage, le regrette. Le Journal de Domergue, III, 301, doute qu'il reprenne faveur. — Ac. 1798 l'inscrit sans remarque.
Aviver. Boucher, Mois, Préf. (Voir chap. Arc/iazsme, p. 142.) — J.-J. R., Conf., IV : la marche a quelque chose qui avive mes idées. — Admis Ac. 1798. Mercier, Néol.
Besogneux. Mot du xii* siècle qui reparaît à la fin du xviîi° dans Beaum., Barb. deSév. : I, 6 : fripon neau, besogneux.
Etait inconnu à Trévoux 1704. — Admis Ac. 1835.
Bleuir. Boucher, Mois: Préf. (Voirchap. Arch., p. 142) et Mois, ch. I : il bleuit l'hépatique. — Admis Ac. 1798.
BocAGER. Vieilli au xviii® siècle et admis seulement en poésie. Boucher, MoiSy ch. IV : les fraises bocagères. — Delille, Jard., ch. IV : fêtes bocagères.
Brandir. Trévoux, Ac. 1798 : il vieillit. — Marm., Usage, le regrette. — Le Journal de Domergue, III, 301 , ne croit pas qu'il reprenne faveur.
Buissonneux. Inconnu à Trévoux 1704. — Delille : roches buissonneuses. — Admis Ac. 1798.
Caverneux. Peu employé, sauf par les poètes. — Boucher, Mois, ch. I : rocs caverneux ; flancs caverneux. — Delille, Jardins, II : rocs caverneux.
Commuable. Inconnu à Trévoux 1704. — Pluche (F.). — Admis Ac. 1835.
Contamination, contaminer. Trévoux et F. constatent que ces mots sont vieux, ; Ils ont depuis lors repris faveur. '
Courtois, courtoisie. Trévoux 1704 constate qu'ils ont vieilli ; mèmeiimarque" dans le Man. Lexique de Prévost pour courtois. La Bruyère regrettait ces deux mots. — Marmontel, Usage, les recommande. Le Journal de Do nergue, III, 301, croit que courtoisie renaîtra. Raynal et Saint-Lambert L.) ont employé courtoisie. — M"^" Riccoboni emploie courtois dans un conte archaïque, IX, 95, Aloise de Livarot : Olivier courtois, loyal, plein d'ionneur.
— Merc, Néol.
Tous ces mots sont aujourd'hui bien établis et du meilleur style.
CouTUMiER. Volt., Corn. PoL, IV, 2, regrette que ce mot ne soit plus u^té. Ac. 1798 le donne comme familier. — Merc, Néol. -^ Le mot a repris faveur.
Cultivable. Inconnu à Trévoux 1704. — Anon. (F.). Féraud le réclame. — Admis Ac. 1798. — V. N. mss.
Cupide. Trévoux 1704 : vieux mot. — Ac. 1798. — Merc, Néol.
Décoloration. Bonnet (L.). Merc, Néol.
Décrue. Mot du xvi® siècle qui reparaît à la fin du xyiii® siècle. Inconnu à Trévoux 1704. — Approuvé par F. — Admis Ac. 1835.
Dégénération. Inc. à Trévoux 1704 ; le Suppl. 1752 cite le Mercure de 1733. — Année litt. (F.) : les talents sont parvenus à un tel point de dégénération.
— Mercier, An 2440, 111,11 : sensibles à notre dégénération. — Admis
Délirer. J.-J. R., Conf.^ Vil (L.). — Inconnu à Trévoux 1704, et à Ac. 1798.
Démérite, démériter. Féraud et Beffroi de Reigny, Petites Maiso7is, XX, témoignent que ces mots sont mal établis. — Ac. 1762 admet démérite, vi ajoute i^onv démériter le sens de «faire qq. ch. qui prive de la bienveillance de quelqu'un ».
Dépiteux. F. : ce mot est vieux et c'est dommage. — Ac. 1694 ; supprimé en 1740, repris en 1878.
Déprédateur. Inconnu à Trévoux 1704; le Suppl. 17 52 cite Rollin. — Roucher, Mois, ch. VII : « fameux déprédateurs... ». — Linguet et Boulogne îF.) . — Admis Ac. 1798.
Descriptif. Mot du xv^ siècle, inconnu à Trévoux 1704. — Grosier F.). — F. : depuis quelque temps, on parle beaucoup du genre descriptif. — Admis Ac 1835.
Destructif. Mot du xiv® siècle ; inconnu à Trévoux 1704. — Montesquieu (L.). Neuville (F.) remarque : « Le mot a été bien reçu et s'est bientôt accrédité. » (F.) — Admis Ac. 1798.
Dévier. Trév., Suppl., 1752 : « vieux ». — Maret (F.) : les rayons après s'être déviés vers ce corps. — Admis Ac. 1798.
DiscoRD (adj. et sb.). Volt., Co?'n. Hor., III, 2, et Roubaud, Syyi. fr., regrettent le subst. — Marmontel, Usage, regrette le subst. et l'adj. — Mercier, Néol. L'adjectif est admis Ac. 1798 ; mais le subst., suivant Ac. 1798, vieillit.
Discourtois. Regretté par F. — M™" Riccoboni, IX, 123, l'emploie dans un conte archaïque, Aloîse de Livarot. — Ac. 1798 : « vieux ».
Dissemblant. Buffon (L.). — V. N. mss. — Diderot, IV. de R. (L.) a même employé dissembler.
Disséminé. Inconnu à Trévoux 1704. — F. cite un exemple contemporain. — Ac 1798.
Dissentiment. Inconnu à Trévoux 1704. — F. cite Du Pan et Journ. pol. de Genève. — Ac. 1835.
Dissident. Inconnu à Trévoux 1704. — F., s. v° dissidence. — Ac. 1798.
Dissociation. Inconnu à Trévoux 1704. — Diderot (1774), II, 432 : dissociation
d'idées. — Formey, II, 168 : dissociation de deux idées. Divinateur. Inconnu à Trévoux 1704. — Voltaire, Dict. phil. (L.), et Delille,
Imag., ch. I (L.).
Divorcé. Inconnu à Trévoux. Ce mot du xiv" siècle renaît à la fin du xviii" siècle.
— Voltaire (F.), Lett. du 27 avril 1772 : Les deux époux sont réellement
divorcés. — Ac. 1798, Suppl, Divulgation. Inconnu à Trévoux 1704. Le Suppl. , 1752, donne un exemple de
Le Noble. — Ac. 1762. — Beaum., Mar. de Fig., I, 4. EcuMEux. Marmontel, Usage ; Ecumant se dirait des vagues, écumeux se dirait de
recueil ou du rivage blanchi d'écume. — B. de St-P., Faul et Virg. : leurs
grandes volutes écumeuses et mugissantes. — Ac. 1798 ne l'admet que
dans le style poétique.
Ehonté. Trévoux 1704 : on ne le dit plus. L'Académie l'admet en 1762, mais comme «vieux». — Voltaire l'emploie (L.) et Mercier, Néol.^ relève cette phrase de', Voltaire. — F. s'associe aux regrets d'Andry de Boisregard, qu'il cite. — Léhonté a été regretté par Marmontel, Usage, et employé par Delille, Conv., 2; Roubaud le défend et remarque que « quelques modernes» disent déhonté; « c'est éhonté qu'on a toujours dit. »
Emmêler. Inc. à Trévoux 1704; Suppl., 1752, l'indique comme «vieux». — Pluche (F.) : Rien de si emmêlé que la marche des Planètes. — Ac. 1878.
Emoi. Inconnu à Trévoux 1704. — F., Ac. 1798 le donnent comme vieux; le Journal àe Domergue, III, 301, doute qu'il reprenne faveur. — Marmontel, Usage, le réclame : ne fallait-il pas laisser à émouvoir émoi? — M™^ de Genlis (F.).
Empiriquement. Inconnu à Trévoux 1704. — J.-J. R., Lett. sur la Botanique (F. etD. G.). — Ac. 1878.
Ensemencement. Inconnu à Trévoux 1704; le Suppl. 1752 cite Mercure, mai 1736. — Turgot, II, 479 : l'ensemencement de leurs terres. —
Entregent. Très employé au xvn* siècle, ce mot parut vieillir dès 1680 (cf. Riclielet, et Trévoux 1704). — J.-J. R., Conf., VIII : malgré mon peu d'entregent. — Merc, Néol. — Admis Ac. 1718 comme familier; sans remarque dans Ac. 1835.
Envahissement. Inconnu à Trévoux 1704. — BufFon (Pougens, A. F.), Miner, : l'envahissement du globe par les glaces. — Admis Ac. 1798.
Envahisseur. Mot du xvi° siècle. Inconnu à Trévoux 1704. — Journal de Genève (F.) : aller au devant de cet envahisseur. — Admis Ac. 1835.
Epandre. Regretté par Voltaire, Corn. RodOij., V, 4 : F.pandre était un terme heureux qu'on employait au besoin au lieu de répandre; ce mot a vieilli. — Ac. 1798 : «vieilli». Merc, Mol. — Il a depuis repris faveur.
Ergoterie. J.-J. R., Conf., VII : une franchise plus éloquente que des ergoteries. Admis Ac. 1878.
Etrangeté. Inconnu à Trévoux 1704. Thomas, IV, 325 : leur étrangeté, pour me servir de' l'expression de Montaigne. — Beaum., II, 499 : un trouble
qui dispose aux étrangetés, selon l'expression de Montaigne. — Admis Ac. 1835.
Etreintes. «II est vieux», Ac. 1762. — L. cite des exemples de J.-J. R., JEm., IV : étreintes caressantes; N. Hél,^ III, 14 : un serrement de ca ur qui se fit sentir par de muettes étreintes; — de Delille, En., XII, et A. C lénier.
— Merc, Néol. : Se peut-il que ce vieux mot si fréquemment nécessaire, si expressif, ait été presque banni? — Ac. 1798 ne fait pas de réserv» .
Etroitesse. Inconnu à Trévoux 1704. Diderot (L.). — Le Mercure fr. du T •" vendém., an X, s'irrite contre ce mot. — Merc, liéol. — V. N. mss. — Admis Ac. 1878.
Exaspérer. Inconnu à Trévoux 1704. — Réclamé par Marm., JJsuie. — B. de St-P., Et., I, 143, l'emploie au propre : quand la nature élove un rocher, elle le creuse et l'exaspère avec le ciseau du temps. — Admis Ac 1 798 au sens actuel d'irriter.
Exécutable. Mot du xvi^ siècle, inconnu à Trévoux 1704. — Féraud approuve ce mot. — Admis Ac. 1835.
Exécutif. Inconnu à Trévoux 1704. Mot du xiv° siècle repris par J.-J. R. (L.).
— Admis Ac. 1835.
Exsangue. Ce mot de Montaigne, I, 25, est inconnu à Trévoux 1704. Diderot, Cl. et iVér., III, 216 : poète exsangue, et III, 466 : pages exsangues (Cf. oh. III, p. 46). — Mercier, Néol., cite Diderot. — Admis Ac. 1878.
Fâcherie. Merc, ^éol. : Ce mot vieillissait. Voltaire Ta rajeuni dans sa Lett. à Maupertuis : Votre fâcherie est un de ces effets de la liberté de l'homme. — Suivant Ac. 1798, il paraissait encore vieux à la fin du siècle. j
Fallacieux. Trévoux 1704 constate qu'il est à peu près hors d'usai,'e. — I Desfontaines, Dict. néol., l'avait relevé dans Houtteville. — Voltaire [Corn. ■ Rodog., II, 1) regrette a cette belle épithète» employée par Corneille et Bossuet; — et de même Marmontel, Usage. Suivant Roubaud, Syn. fr., « fallacieux est vraiment un mot autorisé; il est beau, il est nécessainî ». — Merc, Néol., revendique le mot et s'appuie sur l'autorité de Voltaire. — J.-J. Rousseau (F.) s'en est servi : droit illusoire et fallacieux. — Roucher, Mois, Préf., le patronne. — Ac. 1798 le signale encore comme vieux; Ac. 1835 le donne sans remarque.
Félon, Félonie. Marmontel, Usage, et Merc, Néol., les réclament. M™^ Riccoboni, IX, 123, Aloise de Livarot : le lance à la tête du félon.
Fendiller (se). Inconnu à Trévoux 1704. — Buffon (L.); Mercier, Ncol. — Admis Ac. 1835.
Fictivement. Inconnu à Trévoux 1704. — Turgot, II, 33 : faire remplir fictivement quelques-uns de ces états. — Admis Ac 1835.
Gauchir, se détourner de sa route. Trév. 1704, et Suppl. 1752 : « vieux ». — J.-J. R., Conf.,Xl : je m'avisai de gauchir et de passer par Salins.
Graduellement. Mot du xiv^ siècle qui semble renaître à la fin du xviii°. — Turgot, I, 402 : le revenu diminuait graduellement. — Admis Ac 1835.
Guérisseur. Inconnu à Trévoux 1704. — J.-J. R., 2" lett. à Malesh, (L.). — Linguet (Mercier, Néol.). — Merc, Tabl., Vil, 158 -.guérisseurs de profession. — Admis Ac. 1878.
Harmoniser. Mot du xvi^ siècle qui reparaît au xviii^. Inconnu à Trévoux 1704.
— Diderot, VI, 301 : les orateurs l'harmonisent [la langue^ — Merc, Néol.
— B. de St-P. (L.) emploie harmojiiser. — Admis Ac. 1878.
Hilarité. Inconnu à Trévoux 1704. — Desfontaines, Dict, néol.^ le relève dans Moncrif. Mais Voltaire, Marmontel (L.) l'ont employé; de même, BufFon dans une lettre (Pougens, A. F.); Delille, Convers., ch. I. — Mercier Tinscrivit dans sa NéoL — Ac. 1798 l'admit.
Hostile. Mot du xv® siècle qui reparaît. Inscrit dans Trévoux Suppl. 1732. —
— Linguet(F.) : une démarche hostile... — Admis Ac. 1798.
Imberbe. Inconnu à Trévoux 1704. — Yoli., Dict. phiL^ art. barbe. — Admis Ac. 1798.
Imperméable. Inconnu à Trévoux 1704. — BuiFon, Miner. (Pougens, A. F.). — Admis Ac. 1798.
Implanter. Mot du xvi" siècle qui renaît au xviii'' siècle. Pougens, A. F., cite des exemples de J.-J. Piousseau, Buffon, Bonnet. — Merc, NéoL, le réclame.
— Admis Ac. 1835.
Improbité. Inconnu à Trévoux 1704, employé dès le xiv® siècle. — Domergue, Joiirn. de la L. fr. (1 787), V, 334, le propose : « Nous disons probité, propreté, pourquoi ne pas dire improbité, impropreté. » — La Harpe, Merc. fr., 1798, n° 3, constate que ce mot « est admis depuis vingt ans par nos écrivains les plus purs », et qu'il a été pris du latin. — Ac. 1798 et Mercier {NéoL).
Incuriosité. Mot du xiv® si3cle, employé par Montaigne, inconnu à Trévoux 1704. — Diderot, l, 139 : l'ignorance et l'incuriosité sont deux oreillers fort doux. — Marmontel, Usage : l'incuriosité naturelle des Castillans. — Domergue, Journal de la L. fr., 1787, V, 333, l'approuve et propose en même temps incurieux. — Mercier [Néol.) cite Montaigne. — Admis Ac. 1798.
Indivision. Mot du xvi^ siècle qui reparaît. Moreau (F.) : assurer à l'Empire français l'unité et l'indivision. — Admis Ac. 1835.
Inélégance. Mot du xvi° siècle que Diderot (III, 384) emploie en le croyant nouveau. — Mercier [NéoL] le recueille. — Admis Ac. 1798.
Inélégant. Inconnu à Trévoux 1704; le Suppl. 1732 cite l'abbé de Pons. — Diderot, III, 380 : incorrect, inélégant. — Fontenay (F.). — Admis Ac. 1798.
Inerte. Inconnu à Trévoux 1704, est dans Suppl. 1752. — Marm., Usage, voudrait voir renaître ce mot. BuiFon et Diderot (L.) l'ont employé. — Admis Ac. 1798. — Merc. (A^coL).
Infréquenté. Inconnu à Trévoux. Delille, Jard., 1 : lieux infréquentés... — Recueilli par Mercier {NéoL). — V. N. mss. — Admis Ac. 1878.
Ingénier (s'). Trév. Suppl. 1752 le condamne et lui préfère s'évertuer. Desfontaines, Dict. néoL, avait relevé le mot dans Du Cerceau. — Caraccioli, Dict. crit. (1768), I, 392, le réclame : « Ce mot, qui vient de l'italien, mérite d'être inséré dans un dictionnaire François. S'ingénier ne veut pas dire s'intriguer; mais il signifie qu'on cherche dans son esprit des moyens et des ressources pour réussir : Il s'ingénia pour Faire Fortune; je m'ingénierai pour vous oublier... » — C'était un mot du xv° siècle. — Admis Ac. 1798.
Ingéniosité. Inconnu à Trévoux. — Mercier, TabL, X, 210 : son ingéniosité fit qu'on en parla; — îd., XI, 32.
Insalubre. Inconnu à Trévoux. — Féraud, qui cite deux exemples contemporains, augure bien de ce mot et du subst. insalubrité. — Admis Ac. 1798.
Insalubrité. Inconnu à Trévoux. — Diderot (L.). Mercier {NéoL),
Innavigable. Le Suppl. 1752 de Trévoux cite Maupertuis et ajoute que ce mot n'est point usité. — Volt., D. phil. (L.). — Mercier, NéoL — Admis Ac. 1798.
Instable. Trév., Suppl. 1752 : « vieux». — Marm, [Usage) le regrette. — Sup-* primé Ac. 1798. — Admis Ac. i878.
Instructeur. Voltaire (Mercier, Ncol.), Russe à Paris : De leur siècle profane instructeurs généreux. [En note ; Peu d'auteurs se sont servis du mot instructeur qui semble manquer à notre langue.)
Intempestif. Mot du xvi^ siècle qui reparaît. Mercier le recueille dans sa Géologie.
Intense. Mot technique et spécial. Trév., S«pp/. 1752. — Pougens (A. JF.) 1} relève dans Buffon, Introd. hist. miner. ^ et dans J.-J. R., Bict. de musique^ art. intense. — Admis Ac. 1798.
Invatncu. Regretté par Voltaire, Corn. Cid, II, 2, et Hor., Ill, 6 : Ce mot nivaùicu n'a été employé que par Corneille et devrait Têtre, je crois, par t^us nos poètes : une expression si bien mise à sa place dans le Cid et dans cette admirable scène ne doit jamais vieillir. — Lui-même l'employa dans sa tragédie à'Olympie (L.); d'Alembert, Eloge de Vabbé de St-Pierre, note 6, rapporte qu'il y fut encouragé par l'Académie. — Employé par B.-J. Saurin et Gilbert (L.). — Mercier, Tabl., VI, 271 : son adversaire, invaincu jusqu'alors. — Admis Ac. 1798; inscrit par Mercier, Néol.
Investigateur. Inconnu à Trévoux 1704; le Suppl. 1752 donne deux exemples contemporains et ajoute : «ce mot est peu en usage : cependant, il est fort significatif». — Mercier [Tabl., Ill, 176) : Les inspecteurs de police ne devraient être qu'investigateurs . Cf. aussi sa Néol. — Voltaire, D. phll. (L.).
— Admis Ac. 1798.
Investigation. Mot du xiv® siècle que J.-J. R. a cru inventer, Disc, sur les sciences^ (L.) et en note : Quand j'ai hasardé le mot investigation, j'ai voulu rendre un service à la langue. — Est dans Diderot (L.) et Marmontel, Disc, sur le rétabl. des sciences, part. I. — Domergue, Journal de la L. fr., 1791, VII, 238, approuve ce « mot nouveau parce qu'il est noble, sonore, dérivé d'une langue polie ». — Mercier, Néol., recueille la déclaration de J.-J. R.
— Admis Ac. 1798.
Loquacité. Mot du xv^ siècle inconnu à Trévoux. Marm., Elém. de lift., art. abondance., I, 96 : cette loquacité importune qui s'est introduite parmi nous.
— Linguet (F.) : la loquacité bretonne. Garnier (F) : une loquacité qui le rendait ridicule. — Admis Ac. 1798.
Loyal, loyauté. Trévoux 1704 : Loyal. Ce mot est un peu vieux et a bien plus de cours dans le burlesque que dans le sérieux. Loyauté, employé seulement en termes de féodalité : « Hors de là ce mot vieillit. »
Loyauté est regretté par Grcsset dans son Discours pour la réception de Suard (4 août 1774) et par Marm., Vsage : Loyal et déloyal, loyauté et déloyauté auraient-ils dû jamais être bannis du langage héroïque? — M™® Riccoboni emploie loyal (cf. s. v° courtoisie). — Féraud regrette ces mots et leurs privatifs déloyal, déloyauté. — Roubaud, Syn. fr., dit que « la difficulté de trouver un synonyme à loyal est une preuve démonstrative de son utilité». — Ac. 1798 les donne comme en 1762; mais, pour loyauté, il ne dit plus qu'« il vieillit ».
Mielleusement. Inconnu à Trévoux. Ling. VI, 32 : dit-il mielleusement. — Royou (F.). — Ce mot pourrait être utile (F.). — Admis Ac. 1878.
Modeleur. Inconnu à Trévoux. Mot du xvi^ siècle employé par Diderot. Salon (L.). — Admis Ac. 1878.
Mousseux, couvert de mousse. Roucher, Mois, III : roc mousseux; — V : gazons mousseux ; — VII : grotte mousseuse.
Multiforme. Volt., Lett. à d'Alembert (Mercier, ISéol.). — Buffon (L.). — Marmonlel, Usage, demande qu'on reprenne ce mot. — F. — Admis Ac. 1835.
Naguère. Ce mot semble avoir vieilli à la fin du xvii" siècle (cf. Marguerite Buffet, Thomas Corneille), bien que Ac. 1694 Tait admis. — Desfontaines, D. néoL, dit que ce mot employé par Courbeville est suranné. — Alletz, Dict. des Rich, : vieux mot que de bons écrivains de nos jours ont essayé de rajeunir et avec raison. — Féraud le relève dans Marmontel : dans ces fêtes où naguère elle s'était vue adorée, — et ajoute qu'il est bon à conserver.
Navrer. Trévoux, Suppl. 1752, le donne comme vieux. Voltaire, Lett. à d'Olivet, 20 aug. 1761 , regrette ce mot : les angoisses d'un cœur navré n'ont point été remplacées. — J.-J. R. emploie fréquemment navrer au propre et au figuré : Prom., 8 : une tuile qui tombe d'un toit ne nous navre pas tant qu'une pierre lancée à dessein. — Dial. 1 : vous navrâtes mon âme des plus amères douleurs. — Gonf., IX : les déchirures dont elle a navré mon cœur. — Lett. à du Feijrou, 8 janvier 1767 : j'aime cent fois mieux me présenter nu et être navré.
Neigeux, au sens de couvert de neige. Boucher, Mois, ch. VIII : rocs neigeux. — Mais La Harpe, VIII, 328 : L'auteur a dû se féliciter de cette épithète à la Ronsard ; elle n'enchante pas autrement l'oreille et le goût, et je ne vois pas que ce mot soit bon à rien, si ce n'est pour dire un temps neigeux dans un almanach. — Cf. pourtant Bailly et Volney (L.). — Mercier {Néologie) le recueille.
Nuageux. Inconnu à Trévoux. Delille, Buffon, Caraccioli (L.) l'ont employé. — (Mercier, Néol.), — V. N. mss. — Admis Ac. 1798.
Obséquieux. Mot du xv" siècle, inconnu à Trévoux. — J.-J. R. (F., et Merc, Néol.), Lett. 8 août 1765 : satisfaction obséquieuse et raisonnable. — Marmontel l'a employé, Mém., 1. IV. — Admis Ac. 1798.
Ombreux. Trévoux ne l'admet qu'en poésie. — Marmontel, Usage : N'avait-il pas sa nuance à côté de sombre ? — Roucher l'emploie, Mois, ch. III : la forêt ombreuse; — ainsi que Delille (L.). — Admis Ac. 1835 en poésie dans les deux acceptions : qui fait de l'ombre, et couvert d'ombre.
Opportun. Ce mot vieillissait dès la fin du xvii® siècle. La Touche le regrettait. Ac. 1762 constate qu'il vieillit. — Marm., Usage, écrivait : importun devait-il être plus heureux qu opportun ? — Féraud déclare qu'il serait bon à conserver. — Ac. 1798 le met sans remarque.
Oppressif. Mot du xv^ siècle qui renaît à la lin du xviu®. Inconnu à Trévoux. Linguet (1783), XV, 421 : manifestes oppressifs. — Mercier, Tabl., III, 120 : des plans plus oppressifs les uns que les autres. — Delolme, Const., I, 8, note : gouvernement oppressif; II, 113 (note) : projet oppressif pour les pauvres. — Prévost, Hist. d'Angl. (F.) ; Féraud juge le mot utile. — Admis Ac. 1835.
Oublieux. Ce mot du xii° siècle, usité au xvii*^ siècle, donné par Trévoux 1704 sans remarque et par les dictionnaires de l'Académie, semble avoir été menacé à la fin du xviii' siècle, s'il faut en croire Marmontel, Usage, qui écrit : (( Pourquoi l'usage a-t-il conservé oubli et abandonné oublieux? », et Mercier qui l'inscrit dans sa Néologie. — Ac. 1798 le donne comme les éditions précédentes, mais ajoute qu'il est familier. — Employé par Marmontel, Mcm. (L.).
OuTRAGEUx. Voltaire (cité par Merc, Néol.). Pol., V, 2 : outrageux n'est pas un mot usité; mais plusieurs auteurs s'en sont heureusement servis. Nous ne sommes pas assez riches pour devoir nous priver de ce que nous avons. De
même, Marmontel, Usage, voudrait voir renaître ce mot. — Voltaîie l'avait employé, Dîc^. phil. (L.) : insolence outrageuse. — Ce mot semi)le donc avoir été menacé. Et pourtant Trévoux et les dictionnaires de TAca iémie le donnent sans remarque.
Outrecuidance. Admis Ac. ■1762 comme «vieux», et avec la même réserve par F. — Voltaire remploie fréquemment dans ses lettres (L.). Le mot a repris faveur.
Pactiser. Trévoux 1704 : il n'est en usage qu'en pratique et ne se cit guère qu'en mauvaise part. — J.-J. R. (Merc. Néol.), Em., II : il faut pactiser avec lui. — Admis Ac. 1835.
Poignant. Trévoux 1704 : il n'est guère en usage qu'au figuré. — F. : ii est peu usité au propre et ne l'est plus au figuré. — Ac. 1762 : il vieillit ; Ac. 1798 : il ne se dit guère que dans la conversation.
Buffon (L.) la employé au propre et J.-J. R., N. HéL, Dial. 2 (L.) au figuré.
Populeux. Trévoux, Suppl. 1752 : « vieux mot ». — Marmontel, Usage, revendique ce mot ancien. Pourquoi peuplé et non populeux? — Grosier (F.) : région populeuse, et dans Mercier : cités populeuses. — Delille, Trois régnes (L.). —Admis 1798.
Préexister. Inconnu à Trévoux. Employé par Bonnet et Diderot (L.). — Admis 1762.
Primesautier. Inconnu à Trévoux. Voltaire l'emploie dans une lettre (L.). Admis Ac. 1790 qui le déclare vieux, familier et usité seulement dans l'expression esprit primesautier.
Producteur. Inconnu à Trévoux. Dans L., Voltaire, Condillac, J.-J. Rousseau. — Admis Ac. 1835.
PuNissEUR. Trévoux, Suppl. 1752, ne désespère pas du rétablissement de ce mot. Roucher, Mois, Préf., le revendique; de même Voltaire, Corii. Pompée, IV, 4 : punisseur était un beau terme qui manquait à notre langue. Puni doit fournir punisseur, comme vengé fournit vengeur. Mercier, Né<>l., cite Voltaire, Jenni, 10 (L.), et J.-J. Rousseau : songe que le glaive punisseur pend sur ta tête. — Admis Ac. 1835 avec la remarque qu'il a vieilli.
Ravageur. Inconnu à Trévoux. Roucher, Mois, Préf., désire qu'on rappelle ce mot. Il l'emploie ch. VI ; ces ravageurs fameux ? — Ac. 1835.
Sagace. Mot du ^vi° siècle, qui s'établit seulement à la fin du xviii® siècle. Féraud le croit nouveau ; en 1798, l'Académie fait remarquer que ce mot « très peu » employé mérite d'être adopté.
Salarier. Vieux suivant Trévoux 1704, Richelet, Ac. 1762; Ac. 1798 l'admet sans réserve. — Moreau (F.) : salarier les officiers de justice ; VAnn. litt, (F.) : les salariés de l'administration. — C'est un mot qui renaît.
Simuler. Ce mot du xiv® siècle n'était plus employé au xviii^ siècle que comme terme de pratique, comme l'attestent Trévoux 1704, Ac. 1762 et '!798, et Féraud. — Marmontel, Usage, demande qu'il ait un emploi aussi étendu que dissimuler. — Aujourd'hui ce verbe s'emploie couramment à tous les temps de la conjugaison.
Social. Mot du xvi° siècle qui semble s'être répandu au xviii". Trévoux 1704 l'ignore, mais le Suppl. 1752 le relève dans Prévôt, le Pour et le Contre : vertus sociales. — Mirab., 1775, Essai... 57 ; je dis social et je me sers d'un mot dangereux dans la discussion par la multiplicité des idées vagues qu'on s'est formées à son occasion. — J.-J. Rousseau a fait la fortune de ce mot par ses théories et son Contrat social. — Admis Ac. 1798. ,
Soudaineté. — Trévoux 1704 dit qu'il n'est « plus du bel usage ». Mais Delille, Imag., 3, s'en sert : cette soudaineté que nous vante Montagne. — — Mercier, NéoL, relève la phrase de Chamfort, El. de La Fontaine : pour me servir d'un mot qu'il aimait, la grâce de la soudaineté. — Admis Ac. 1798.
Souffreteux. Trévoux 1704 : bas et vieilli. Cependant il y a des gens qui croient que, si on emploie ce mot avec jugement, il pourroit encore passer dans le beau stile. — Selon Féraud, il est vieux, et selon Ac. 1798 familier. Mais J.-J. R. le reprend, Rêveries, 6 ; tous les souffreteux ou soi-disant tels. Souvenance. Ce vieux mot du xni® siècle est au xvn^ siècle et au xviii® à peu près inusité. Cf. Vaugelas, Nouv. Rem. (L.). — Marmontel, Usage, le regrette : ne fallait-il pas laisser à se souvenir souvenance ?... Une longue souvenance du passé... — Mercier, NéoL, s'applique à justifier ce mot en le distinguant de souvenir. — Ac. 17G2 : il vieillit; Ac. 1798 : du style familier.
L'école romantique a contribué à remettre ce mot eu honneur : il peut s'employer, même en prose, mais il garde un air archaïque. Stimuler. Trévoux, Suppl. 1752 : vieux mot. — C'est une nouveauté, dit F. qui
cite Royou : stimuler leur probité. — Admis Ac. 1798. Tempétueux. Vieux suivant Trévoux 1704. — Admis Ac. 1718, suppr. en 1762. — Roucher déclare dans la Préface des Mois qu'il voudrait le réintégrer dans la langue. Il l'emploie, ch. VI : leurs voix tempétueuses. Delille (L.). B. de St-Pierre, Et., I, 56 : les mers tempétueuses. — Admis au propre et au figuré par Mercier [Néol.).
Admis Ac. 1835, mais comme « peu usité». Torturer. Trévoux, Suppl. 1752 : « ce mot n'est pas usité. » Mais il renaît ; Féraud, tout en attestant qu'il est vieux, cite Linguet « torturer des accusés, » et l'abbé de Fontenai : « Il s'est torturé pour saisir le ton naturel. » — Admis Ac. 1798.
Tourbe. Suivant Trévoux 1704, Richelet, Ac. 1762, il est vieux. — Mais vers le milieu du xviii® siècle le mot est à la mode, suivant F., surtout dans le style polémique et critique; — Roucher (F.) : dans la tourbe des morts tu descends confondu; — Diderot, III, 434 : le génie sera quelquefois sacrifié à la tourbe qui chemine ou se traîne après lui. — Ac. 1798 ne dit pas qu'il est vieux.
Tournoyant. Roucher, Mois, ch. V : sentiers tournoyans. — Admis Ac. 1835. Urbain. Inconnu à Trévoux 1704. Employé par J.-J. R., Conf., II (L.) et Conf., VIII ; l'urbaine cohue. — Recueilli par Mercier, Néol. — Admis Ac. 1835. Vagissement. Mot du xv" siècle (L.) qui renaît au xviii® siècle, mais non sans provoquer des discussions. Rollin et Voltaire, qui le croyaient nouveau, l'ont employé et recommandé (cf. L.). Piis avait semblé l'approuver dans son Harmonie imitative, ce qui lui fut reproché par V Année littéraire, dès lors il se rétracta {(Eufs de Pâques, p. 71) : « Je n'approuve ni le mot vagissement ni le mot impasse. » Doinergue {Journ. de la L. fr., V, 39) se prononça en faveur du mot encoi-e discuté ; Féraud et Mercier [Mol.) l'enregistrèrent, mais depuis longtemps il était inscrit dans Trévoux, le Richelet Portatif, et admis dans Ac. 1762.
Vénérer. Ac. 1762 et 1798 constate que le mot ne s'emploie qu'à l'infinitif et en parlant des choses saintes. — « Ce mot avait vieilli, dit F., il reprend faveur, n — Linguet (F.) : ils ont besoin de cet appareil meurtrier pour être vénérés et obéis.