‹ Les transformations de la langue française pendant la deuxieme moitié du 18e siecle, 1740-1789Chapitre 51 sur 75 · ESPAGNOLS · texte numérisé non relu

ESPAGNOLS

*AuT[LLo. Ling., I, 401 : on a fait ce qu'on appelle un autillOy un petit

auto-dafé.

*AzoTE. Diderot, VI, 472 : deux cents coups d'azotes ou de verges. *Becca-bunga. De Langle, Voy. en Espagne, I, 43 : le cresson, le becca-bimya et le

souci d'eau.

Becco. Ibid., I, 00 : petits ôeccos précèdent toujours les dernières privautés, Braskro, 1784. Ibid., II, 45 : brasei'os ou brasiers portatifs. — Beau m., la

Mère coupable, III, o : apporte-nous du feu dans le brasero du boudoir. *CoRAzoN. Ibid., 1, 188 : Corazon ! corazon ! est l'exclamation des Espai;noles. Dulcinée, 1788. Mercier, Tabl,, XII, 18 : Les champions n'osent délivrer leurs

dulcinées. — Ac. 1833.

*EsouELAs. De Langle, Toy , II, 97 : on termine les lettres missives, les billets,

les esquelas par cette formule.

Fandango, 1783. Beaum., Mar. deFig., IV, 9 : on danse une reprise du fandango avec des castagnettes. — De Langle, I, 145. Garbure. Merc, Tabl., V, 79 : il n'a jamais tâté délai garbure. — Ac. 1198. *Gaytano {=1 gitane), 1784. De Langle, Voy., II, 132 : des Bohémiens ou

Gaytanos tiennent les cabarets.

*GoDiLLE. Ibid., 206 : l'usage des fraises ou godilles. — Beaum., Mar. dr Fig. :

une godille ou rabat espagnol ou col.

*Maestranza. Ibid., II, 44 : une société de gentilshommes, nommés maes-

tranza.

"Présides. Ibid'., 1, 66 : les présides sont des galères. Rés lle. Beaum., Lett. sur la critique du Barb. : le docteur fit tomber le l'cscille

ou filet qui coiffait le barbier.

*Sitios. Espagnol, sitio, siège, lieu, situation. De Langle, Voy., II, 200 : les

grands d'Espagne ne sont pas ce qu'on croit en France; il faut les voii- ici et

dans les différents sitios.

*Tauroyeur (= toreadop). — Jbid., I, 50 : les tauroyeurs font horreur, et les taureaux font pitié.

*TiTULADO. Ibid., I, H3 : grands, Titulados, Hidalgos, bourgeois.

*ToNADiLLE. Espagnol : ToimdiUa, note et son d'instruments pour danser. — Linguet, I, 425 : les Espagnols ont leurs tonadilleSy couplets qui viennent diversifier la prose souvent très languissante de leurs drames. — De Langle, I, 75 : entr'actes égayés par des Tonadillas, charges assez plaisantes et fort lubriques.

2o ITALIENS

*Arpegio, 1751. Encycl. (D. G.). — (La plupart des termes de musique nous sont

venus de l'italien à cette époque.) — Dorât, III, 408 : un orchestre armé

d'un arpégio éternel.

*Bahuïte, domino. J.-J. R., Conf., VII : ayant pris la bahutte et le masque. *BoLONiA, 1788. Merc, Tabl., XII, 296 : des glaces au kirch-waser, au bo-

lonia.

*Ganzoni. Linguet, XIII, 213 : mettez l'Encyclopédie en canzoni à l'usage du

petit peuple.

*Casin, casino. Gazotte, Diable amoureux (L. SuppL). Ghebec, 1781. Ling., X, 180 : les chebecs d'Algésiras. — Ac. 1835. *GiNDA. J.-J. R., Coîi/., VII : elle me donnait à garder ses gants, son cinda, sa

coiffe.

GoxNCETTô. Formey, II, 351 : aucun concettone peut nous séduire. *GoNDOTTiERi. Raynal, I, 19 : ces misérables condottieri. Gontrasté. J.-J. R., Conf., II : impression contrastée par le souvenir. — Cette

tournure, suivant L. SuppL, est un italianisme. *GoRïEsiA. Merc, Tabl., IX, 64 : la souscription ou cortesia, a votre très

humble... ».

Crescendo, 1780. Dorât, Coup d'œil, I, 196 : elle fait un pas en avant, puis un

autre, puis le crescendo. — Ac. 1835.

*DisiNvoLTURA, désinvolturc. J.-J. R.,iV. Hél., II, 1. 21 : elles ont naturellement

une certaine disiiivoltura qui n'est pas dépourvue de grâces. {En note : le

sens propre de ce mot est Vair libre et dégagé, l'aisance dans les manières.) —

L'usage a francisé ce mot et adopté désinvolture. *Embroglie. Necker(F.) : ces droits forment un embroglie pour l'Administration,

Beaum., Lett. sur lacrit. du B. de Sév. : une pièce amusante et sans fatigue,

une espèce d'Imbroille. — L'usage a préféré la forme étrangère imbroglio. *FuNESTER. Volt., Mœurs, 182 : plusieurs assassinats funestèrent quelque temps

le règne de Charles II. [En note : ce terme italien exprime mieux que tout

autre ce qu'il veut dire.) — V. N. mss. *GiLiAT, ancienne monnaie de Mantoue. Linguet, XII, 388. *GiuNCA. J.-J. R., Conf., I, 2 : mes poires, ma giunca me rendaient le plus heureux des gourmands.

Pastorelle. J.-J. R. (L. SuppL). — S'employait au moyen âge. Presto. Merc, TabL, VII, 31 : les vaisseaux avaient passé presto.

*Rabbia. Ling., XV, 13 : le bien public sur les lèvres, et la rahbia de 1 autorité

dans tous les coeurs.

Redoute, lieu de plaisir. Voltaire (L.), J.-J. R., Lett. (L. SiippL). — DucIds (L.) a

employé nc^o^^e, et GdiZotte {L. Suppl.)ridoito. *ScuDi, monnaie italienne. Linguet, II, 153 : achetés 50 scudis ou environ dix

louis.

*Sproposito. Voltaire (Merc, iVeoL) : les Italiens appellent une chose dite hors de

propos un sproposito. Ce mot manque à notre langue. — J.-J. R., Co //"., XI :

mes lourds spropositi.

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