‹ Les transformations de la langue française pendant la deuxieme moitié du 18e siecle, 1740-1789Chapitre 54 sur 75 · SUISSES · texte numérisé non relu

SUISSES

*Besolet, hirondelle de mer. J.-J. R., N. Bel., P. IV, 1. 17 : J'avais pris un fusil pour tirer des besolets.

*GÉRACiiE. J.-J. R., JV. H., IV, 10 : La Fanchoti me servit des grus, delacéracée. [En note : laitages excellents qui se font sur la montagne de Salève. Je doute qu'ils soient connus sous ce nom au Jura, surtout vers l'autre extrémité du lac]

Chalet. J.-J. R., N. H., I, 36 : Autour de l'habitation principale sont épars assez loin quelques chalets. [En note : Sorte de maison de bois où se font les fromages et diverses espèces de laitage dans la montagne.] — D. G. signale ce mot en 1723; mais l'explication de Rousseau prouve qu'il n'était pas usité. — Ac. 1835.

*CoMBE. J.-J. R., Prom., VII : dans une combe, j'aperçus une manufacture de bas. — Suivant Humbert, c'est un mot très ancien, mais fort usité en Suisse, en Savoie, en Franche-Comté, dans le Midi.

*Crenet. Cf. s. v° besolet.

*Crotu, marqué de petite vérole. J.-J. R., N. H., IV, 8 : visage noir et crotu.

— Humbert dit que c'est une expression très usitée et rappelle que crot, en vieux français, signifie creux, fossette.

*EcRELET, espèce de nougat. J.-J. R., JV. Hél., IV, 10 : Des gaufres, des écrelets.

— On dit aussi lécrelet, de l'ail, leckerei, friandise; c'est, suivant Humbert, un terme suisse-roman.

*Equiffle, seringue en sureau dont les enfants se servent pour lancer de l'eau. J.-J. R., Conf., I : A Bossey, nous faisions des équiffles, des arbalètes. — Humbert donne aussi écliffe.

*Génépi, plante médicale des Alpes. J.-J. R., Conf., V : une pleurésie dont le génépi ne put le sauver. — Saussure, III, 19 : le génépi des Suisses.

Glacier, 1757. Encycl. D. G. — Ac. 1762.

*Grangère, fermière. J.-J. R., Conf., IV : dans la cuisine de la grangère. — «Connu dans la Suisse romane, en Savoie et en Franche-Comté » (Humbert).

*Grisse, gruau d'avoine ou d'orge. J.-J. R., Conf., I, 2 : deux grisses de cet excellent pain de Piémont. — C'est, suivant Humbert, un terme très usité dans toute la Suisse romane, et formé du mot allemand grûtze.

*Gru. Cf. s. v° ceracée.

*Hare\g, banc de sable, 1786. Saussure, III, 127 : ces îles allongées qui naissent au milieu des rivières el que nous nommons des harengs. [En note : J'ai employé ce terme dans le premier volume, le croyant français ; ...comme j'ai appris depuis que plusieurs personnes ne l'avaient pas entendu, j'ai saisi cette occasion de le définir. Car, comme il fait image, et qu'il n'y a point en français de terme qui exprime en un seul mot la même idée, il me semble qu'on pourrait l'adopter sans inconvénient.]

*L\coMBANCE, charge. Linguet, XI, 432 : les périls, les rigueurs, les désagréments d'un métier dont peu de rejetons royaux ont supporté l'incumbance [sic). — Humbert indique ce mot comme spécial au dialecte genevois.

Légrefas, grand tonneau monté sur place. Terme suisse-roman, suivant Hum-I bert qui écrit le mot légrefasse. J.-J. R., N. H., V, 7 : le bruit d^ s cuves, des légrefass qu'on relie.

LouRDisE, faute grossière contre le bon sens ou la bienséance. J.-J. R., Conf.^ VII : J'étais désolé de ma lourdise. — Suivant Ac. 1762, 1798, 1833, il vieillit. — Humbert : Les dictionnaires disent que ce mot a vieilli. On s'ensert habituellement chez nous.

*MoLLAssE, 1780. Saussure, I, 47 : Un grès tendre qui porte dans le pays le nom de mollasse. — Humbert : terme suisse-roman, savoisien et dauphinois.

MoRALNE. Saussure, II, 269 : Les paysans de Chamouni nomment ces n onceaux de débris la moraine du glacier. — Suivant Humbert, ce mot dési^^ne une falaise, ou des terres escarpées au bord d'un torrent ou d'un cours d'eau. Ac. 1878.

*Nager. J.-J. R., ^^ H., IV, 17 : Nous avançâmes ensuite en pleine eau; ... m 'étant mis à iiager, je dirigeai au milieu du lac. [En note : Terme des bateliers du lac de Genève ; c'est tenir la rame qui gouverne les autres.]

*NouRRissAGE. Beaum., VI, 392, Lett. : sur cent enfants qui naissent, le nourrissage étranger en emporte soixante. — Le mot s'emploie couramment à Genève, suivant Humbert, pour désigner les années de nourrice ou le temps d'allaitement. — Admis Ac. 1798 en parlant de l'élevage des bestiaux,

*Platise, sottise. J.-J. R., Conf., XI, 2 (L.), et £m., IV : des platisos qu'on n'entend déjà que trop. — Humbert donne plataise. — Mercier a recueilli dans sa Néologie la phrase des Confessions.

*Saumaghe, saumâtre. B. de St-P., Et.,l, 154 : les eaux y étaient saumaches ou à demi salées. — CL Humbert.

*Séchard, vent du nord-est. J.-J. R., N. fi., I, 26 : le séchard et la froide bise entassent la neige et les glaces. — Ibid., IV, 16 : un séchard qui nous poussait de biais.

*SiFFLAssoN. Cf. s. v® besolet.

*SiFFLET. Ibid.

*Tiou-Tiou. Ibid.

*Tbinguelte, pourboire. J.-J. R., Conf.^ II, 7 : des tringueltes beaucoup plus forts que tout ce que nous avions dépensé. — Humbert écrit tringueUe et ajoute : A Neuchâtel on dit : le tringuelt, en allemand trinkgeld.

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