MÉTAPHORES SCIENTIFIQUES
A. — Mathcniatiques.
^Algébrique. Dorât, V, 370 ; la sécheresse de nos âmes algébriques.
*Angle. Rivarol, p. 234 : « Ce qu'il a vu, il [Montesquieu] l'a supérieurement vu et sous un angle immense. »
Centre. D'Holb., Vol. nat., D., VII, ch. i : l'art de diriger les passions divergentes d'une multitude d'hommes..., et de les ramener à un centre commun.
Cercle. J.-J. R., Em., IV, cf. s. v° inscrire.
*Circonférence. Merc, TabL, III, 183 : étendre jusqu à la plus grande circonférence le précepte divin de la charité. — Rivarol, p. 46 : l'homire n'est jamais qu'à la circonférence de ses ouvrages ; la nature est à la fois au centre et à la circonférence des siens. — Mirab., Essai sur le desp., p. 250 (en note) : tout semble suivre dans l'ordre des choses humaines une révolution constante, et nous retraçons sans cesse la circonférence du cercle dans lequel nous sommes circonscrits.
^Corollaire. Ling., XIV, p. 406 : triste corollaire de cette vertu surnaturelle.
^Diagonale. Ling., XV, p. 27 : des hommes assez sages pour marcher unis . sur une diagonale politique. — Id., XIII, 475 : il ne faut pas les heurter ' [les idées populaires] en ligne droite, mais suivre la diagonale.
Différence. J.-J. R., Emile, V, cf. s. v° quantité.
Donnée. D'Holb., Système, I, p. d97 : le cœur de Thomme n'est un labyrinthe pour nous que parce que nous n'avons que rarement les données nécessaires pour le juger. — Helvélius, t. II, p. 260 : les principes de l'art d'écrire sont encore si obscurs.,., il est en ce genre si peu de données... — Dorât, III, 400 : C'est un donné auquel mon esprit se soumet sans peine. — Admis Ac. 1835, comme extension d'emploi.
Echelle. J.-J. R., Em., V : il faut se faire une échelle pour y rapporter les mesures qu'on prend. Nos principes de droit politique sont cette échelle. Nos mesures sont les lois politiques de chaque pays. — Helv., t. I, p. 127 : chaque société mesure sur l'échelle de ce môme intérêt le degré d'estime qu'elle accorde aux différents genres d'idées et d'esprits. — Beaum., IV, 161 : une échelle graduée du laboureur au potentat. — Mercier, Tabl., IX, 182 : l'échelle proportionnelle des délits et des peines.
*Egale (toute chose). — J.-J. R., Conf., XI : si, toute chose égale, la simplicité du sujet ajoute à la beauté de l'ouvrage.
*Equatjon. Rivarol, cf. s. v° plan.
^Géométrie. Rivarol, p. 110 : on dirait que c'est d'une géométrie tout élémentaire, de la simple ligne droite, que s'est formée la langue française.
^Graduation. J.-J. R., Bial. ,11 : ces graduations ont bien l'air d'être des conjectures.
Graduer. J.-J. R,, 'Dial., I : graduer le développement de leurs découvertes. — Admis Ac. 1835 non comme emploi figuré mais par extension du sens de « augmenter par degrés ».
*Inscrire. J.-J. R., Em., IV : inscrit dans un cercle d'idées. — Conf., XII : A force d'inscrire tous mes désirs dans cette île.
*LiGNE. J.-J. R., Prôm., V : points bien clairsemés dans la ligne de la vie. — D'Holb,, Syst., I, 76 : la nature marque à l'homme chacun des points de la ligne qu'il doit décrire. — Ibid., I, 188 : notre vie est une ligne que la nature nous ordonne de décrire à la surface de la terre sans jamais pouvoir nous en écarter un instant.
Maximum. J.-J. R., C. social, II, 9 : il y a dans tout Etat un maximum de force. — Nouv. Recueil, IV, 129 : une bonne législation qui n'est que l'art de conduire les hommes au maximum du bonheur ou au minimum du malheur, pour appliquer cette expression mathématique au calcul des biens et des maux de la vie. — Rivarol, 198 : la force du souverain est à son maximum, et celle du gouvernement est au contraire à son minimum. — Admis Ac. 1798.
'Minimum. J.-J. R., C. soc, III, ch. m : le gouvernement sera dans son minimum de force relative ou d'activité.
*Moyenne. J.-J. R. , C. social, III, ch. i : ... les forces intermédiaires dont les rapports composent celui du tout au tout ou du souverain à l'Etat. On peut représenter ce dernier rapport par celui des extrêmes d'une proportion continue, dont la moyenne proportionnelle est le gouvernement. — Beaum., IV, 291 : un accommodement est une moyenne entre les extrêmes. — D'Holb., Syst., II, 43 : ces Dieux que les peuples placèrent comme des moyennes proportionnelles entre eux.
*Mesure des arcs. J.-J. R., Em., V : c'est là que les bons et les mauvais effets du gouvernement se font mieux sentir, comme au bout d'un plus grand rayon la mesure des arcs est plus exacte.
*MuLTiPLiABLE. J.-J. R.,£w., V : chacun de ces gouvernements pouvant -e sub- -' diviser en diverses parties..., il peut résulter de ces trois formes combinées '\ une multitude de formes mixtes dont chacune est multipliable par toutes les formes simples.
^Ordonner par rapport. J.-J. R., Em., IV : le bon s'ordonne par rapport ai tout, et le méchant ordonne le tout par rapport à lui.
^Produit. Ling., XIV, 474 : voilà donc le ministère formé de whigs et dî torys flottants ou radoucis ; mais ici le produit des milieux est bien loii d'être égal au produit des extrêmes.
*ProportiOxN continue. J.-J. R., Em., V : si nous pouvons comparer ce ra )port à celui des extrêmes d'une proportion continue dont le gouvernemen donne le moyen terme. — Ibid. : il suit de ce double rapport que la pro )ortion continue entre le souverain, le prince et le peuple...
*Proportionnel. J.-J. R., Em., II : discernement proportionnel à ses forces.
*Pyramide. Ling., II, p. 133 : les couches de la pyramide sociale. — Rivai ol, 06 : je comparerais volontiers la hiérarchie des esprits à une pyramide : ceux qui sont vers la base répondent aux plus grands cercles et ont beaucoup d'égaux. A mesure qu'on s'élève, on répond à des cercles plus resserrés, — De même, Ami des hommes, I, 77.
"Quantité. J.-J. R., Em., I : le savoir ne se fait remarquer que par ses différences, et, comme dans les équations d'algèbre, les quantités communes se comptent pour rien. — Necker, LégisL, p. 32 : deux mille hommes réduits au simple nécessaire réunissent (s'il m'est permis de m'exprimer ainsi) une plus grande quantité de bonheur que mille un peu mieux vêtus. — Helv., II, 244 : cette influence est si légère qu'on peut la considérer eomme ces quantités peu importantes qu'on néglige dans les calculs algébriques. — Cf. Ling., XIV, p. 474.
Raison (en — de). J.-J. R., Em., V : le rapport du souverain augmente en raison du nombre des citoyens. — D'Holb., Polit, nat., D. III, ch. ixxviii : les vertus du souverain se multiplient, pour ainsi dire, en raison du nombre de ses sujets. — Id., Système, t. I, p. 89. — Necker, LégisL, II, 92 : les quantités de blés exportées n'influent pas sur le prix en raison de leur rapport avec la masse générale des blés existants. — Cet emploi figuré a amené l'emploi de en raison de (= en considération de), qui est admis par Ac.
'Raison composée. Diderot, Jiech. phil. sur le beau : l'uniformité dans la variété, et la beauté toujours en raison composée de ces deux qualités. — D'Holb., Syst., 1. 1, p. o3 : ses actions sont en raison composée de sa propre Jnergie et de celle des êtres qui agissent sur lui. Ibid., I, 116 ; et I, 315. — Necker, LégisL, II, 18 : en raison composée des diverses circonstances. — Ling., V, 148 : permettez que j'emploie le langage des géomètres. Les Parlements sont entre eux comme leurs puissances, et leurs puissances sont en raison composée de l'autorité qu'ils ont...
*Raison inverse. J.-J. R.,C. social, 111,3 : le nombre des magistrats suprêmes doit être en raison inverse de celui des citoyens. — Mirabeau, Essai sur le desp., 109 : la célébrité est en raison inverse de l'utilité. — Mercier, TabL, II, 88 : les arts ne sont jamais récompensés qu'en raison inverse de leur utilité. — B. de St-P., Et., I, 297 : bien loin que l'intelligence d'aucun animal dépende de ses membres, leur perfection est souvent, au contraire, en raison inverse de sa sagacité. *Rapport. J.-J. R., Em., II : si nos désirs s'étendaient à la fois en plus grand
rapport. — Contr. soc, III, ch. ii : d'où il suit que le rapport des magistrats au gouvernement doit être inverse du rapport des sujets au souverain. — Cf. Helv., I, 98.
*Rayon. J.-J. R., Emile j IV : [Le méchant] se fait le centre de toutes choses : l'autre [le bon] mesure son rayon et se tient à la circonférence. Ibid., II : mesurons le rayon de notre sphère, et restons au centre. — B. de St-P. , £^. , I, 85 ; les sphères de tous les êtres se communiquent par des rayons qui semblent réunir leurs extrémités. I6i(^., I, 33. — Mercier, TabL, VII, p. 206.
"Résolution. Helv., II, p. 308 ; l'art de réduire des idées déjà distinctes à d'autres idées encore plus simples et plus nettes, jusqu'à ce qu'on ait en ce genre atteint la dernière résolution possible.
Somme. D'Holb., Polit, nat., Disc. II, ch. xxviii : l'autorité sera la somme des volontés de tous. — Mercier, TabL, VII, p. 278 : Tathéisme est la somme totale de toutes les monstruosités de l'esprit humain. — Admis Ac. 1835.
*SoMME DES DIFFÉRENCES. J.-J. R., C. SOC, II, 3 : ôtez de ces mômes volontés [particulières] les plus et les moins qui s'entredétruisent, reste pour somme des différences la volonté générale.
Sphèhe. Helv., I, 75 : leur sphère d'analogies est beaucoup plus étendue. — D'Holb., Système, t. I, p. 53 : c'est le mouvement communiqué et reçu de proche en proche qui établit de la liaison et des rapports entre les différents systèmes des êtres ; l'attraction les rapproche lorsqu'ils sont dans la sphère de leur action réciproque, la répulsion les dissout ou les sépare. — B. de St-P., Etudes, II, 54 : toutes leurs classes avec leurs divisions et leurs subdivisions [des animaux] ne sont elles-mêmes que des rayons et des points de la sphère générale. — Ac. 1835 admet au figuré sphère d'activité; Ac. 1878 : sphère des connaissances.
*Tangente. Mirabeau, Ami, I, 203 : lignes tangentes tirées d'une porte à l'autre et qu'on appelle bienséances.
*Terme. J.-J. R., Inégalité, 2^ P. : l'établissement de la loi et du droit fut son premier terme [de l'inégalité], l'institution de la magistrature le second. — Id., Em. et Sophie, Lett., I : pour découvrir les rapports des choses entre elles, j'étudiais les rapports de chacune d'elles à moi : par deux termes connus j'apprenais à trouver le troisième.
*Terme (moyen). J.-J. R., Em., V. Cf. s. \° proportion continue. — Beaum., t. VI, p. 118 : un moyen terme entre mon résultat et celui de la comédie. Admis Ac. 1835, s. v° moyen.
*Théorème. Mirab., Essai sur le desp., 71 : on doit conclure de ce principe cet autre théorème important... que les devoirs sont proportionnels aux droits. Ibid., 47 : théorème politique.
*Unité fractionnaire. J.-J. R., Emile: l'homme civil n'est qu'une unité fractionnaire qui tient au dénominateur, et dont la valeur est dans son rapport avec l'entier qui est le corps social.
*X. Necker, Lègisl., I, 73 : lors même que les hommes présents et futurs ne seraient que des x en algèbre.
B. — Mécanique.
[Accélération]. Mercier, labl., X, p. 125 : aucun état n'est exempt de faillites, et leur progression accélérative ne ressemble que trop à la chute des corps graves. — Admis Ac. 1878.
*AcTioN. J.-J. R., Em., IV : il faut calculer l'action et la réaction de l'intérêt par-
ticulier dans la société civile. I(Z.,Prorw., 8. — Raynal, t. I, i02 : opposent à Taction de Tirnivers la réaction de rindustiie. — D'Holb., Pol. nat., D.IX, eh. [ : les hommes sont dans une action et une réaction perpétuelles. /(/., Système, I, 365 : l'action et la réaction. — Necker, LcgisL, II, IGo : elles [les vérités économiques] sont composées d'une multitude de rayons doni on ne peut connaître laclion et la puissance.
*Attractjf. Merc, Tabl.,1, 13 : lorsqu'un point unique, attractif et centr; l s'est établi, où tout ce qui était dans le cercle devait aboutir, il a fallu qui ter les antiques châteaux. — Helv., I, 6o : l'analogie ou Ja conformité des id. es doit être considérée comme la force attractive et répulsive, qui éloigne ^ u rapproche les hommes. — Regnard (L.).
*Attraction. J.-J. R., Dial., II : elle [la sensibilité] agit tantôt positivem. nt par attraction, tantôt négativement par répulsion, comme un aimant : ar ses pôles. — Helv., II, 134 : chaque homme est soumis à deux attractions différentes dont l'une le porte au vice et l'autre à la vertu. — D'Holb., S'/st., I • 108 : les parties sensibles de leur nature sont dans une action et une réaction continuelles.
*GoNTRE-FOHCE. Ravual, VII, H9 : le système des contre-forces établi chez tant de nations. — Mercier, Tabl., X, p. 285 : cette contre-force est le pins souvent utile au souverain.
*GoRPs. Helv., II, 245 : l'homme de lettres est comme un corps qui, poussé rapidement contre d'autres corps, perd, en les heurtant, toute la force qu'il leur communique. — D'Holb., Syst., I, 207 : l'Iiomme peut être comparé à un corps pesant qui se trouve arrêté dans sa chute par un obstacle. *DÉFLi£CHU{. J.-J. R. (Merc, NcoL), Rousseau juge de J.-J., i" Dial. : ils se laissent défléchir par mille obstacles qui les détournent de leur vrai luit. — Ibid. : passions secondaires et défléchies. 'Direction. J.-J. R., Bial., 2 : sensibilité qui paraît n'avoir pour fin que a conservation de notre corps et celle de notre espèce, par les directions du plaisir et de la douleur. — Prévost, Manuel lexique : on appelle direction lu propriété de l'aimant de se tourner vers les pôles. Effet. Helv., II, 199 (en note) : en morale, ainsi qu'en physique et en mécanique, les elfets sont toujours proportionnés aux causes. Energie. Rivarol, p. 4 33 : il connaissait l'énergie de ce ressort caché. "Engrener (s'). Mercier, Tableau, XII, 326 : on n'a point voulu voir qi;e dans l'ordre politique et social tout était dépendant et devait s'engrener. — Relevé par Féraud : mes idées s'engrènent les unes dans les autres. Force. J.-J. R., Contr. soc, 1. II, ch. ix : tous les peuples ont une espèce de force ^ centrifuge. — Helv., H, 48 : telles sont, si je l'ose dire, et les forces actives * et les forces d'inertie qui agissent sur notre âme. — Dorât, Coup d\i'il, I, 101 : ces deux forces, presque toujours opposées, balancent tous les mouvements de notre âme. — D'Holb., Pol. nat., Disc. IX, ch. i : les passio-.is sont les forces motrices. — Métaphore fréquente chez d'Holbach. — Linguct, XV, 424 : les mesures qu'on adopte à l'origine d'un gouvernement opère at avec une force accélérée et un poids additionnel à proportion de la distance du temps. — Ibid., XII, 134. — Ac. 1835 admet au fig. force d'inertie. Ac. 1878 : les forces vives de la nation.
'Frottement. Linguet, XIV, 303 : machine sujette à trop de frottements pour
faire son effet.
'Graviter. Helv., II, 44 : il [l'homme] gravite vers le repos comme les coips vers un centre.
Jku. D'Holb., la Polit, nat., D. IX, ch. iv : moins une monarchie est compliquée, plus son jeu semble avoir d'aisance. — Admis Ac. 1835.
Levier. J.-J. R., Conti\ soc, III, 8 : à laide des points d appui qu'il [un gouvernement tyrannique] se donne, sa force augmente au loin comme celle des leviers. — Diderot, II, 20 : les leviers avec lesquels la philosophie s'est proposé de remuer le monde. — D'Holb., Sysf me, I, 252 : les leviers secrets dont la nature se sert pour mouvoir le monde moral. — Ling., XI, 405 : le levier de son influence. — Admis Ac. 1835.
*Manivelle. Ling., XI, 371 : le peuple, puissante manivelle quand on en sait ménager le mouvement. — Ibid., XIII, 150 : l'historien n'a qu'à tourner la manivelle de son rouage.
*Masse. J.-J. R., Prom., 8 : je ne vis plus en eux que des masses difFéremment mues, dépourvues à mon égard de toute moralilô. — Raynal, IV, 166 : puissance dont la masse de travail augmente continuellement. — D'Holb., Polit. 7mf.,D. VII, ch. viii : les éléments politiques qui, en se combinant peu à peu, forment à la fin des masses capables de changer la face des nations.
"Mécanique. Helv.,II, 41 : dans les ouvrages d'esprit comme dans la mécanique, on gagne en force ce que l'on perd en temps. — Ling., XI, 106 : il en est peut-être des Etats comme de la mécanique : plus l'on multiplie les leviers, les roues, les ressorts, plus la manœuvre devient difficile, plus le mouvement se ralentit.
Mécanisme. Helv., I, 264 : le mécanisme qu'elles emploient à la production de nos vices et de nos vertus. — Admis Ac. 1798.
*MoMENTUM. Delolme, II, 65 : semblable à ces puissances de méchanique dont la plus grande efficace est celle de l'instant qui précède leur action, le peuple a de la force précisément parce qu'il n'en déploie point encore; et c'est dans cet. état d'immobilité, mais d'attention qu'est son véritable momentum.
Moteur. Helv., II, 124 : le plaisir est le moteur unique et universel des hommes. — D'Holb., Système., I, 259 : l'homme fit la nature double; il la sépara de son moteur, que peu à peu il fit spirituel. — Turgot, I, 16 : le premier moteur de toute la machine de la société. — Cet emploi figuré se trouve au xYii*^ siècle, mais seulement en parlant des personnes.
Mouvement. Bufi'on, Bise, sur le style : lorsqu'on aura pris la plume il faudra la conduire... sans lui donner d'autre mouvement que celui qui sera déterminé par l'espace qu'elle doit parcourir. — D'Holb., Polit, nat., D. VII, ch. x : empire dont la vaste circonférence fait que le mouvement imprimé par le centre s'affaiblit toujours à ses extrémités. — Linguet, XI, 226. — Helvétius, I, p. 104. — Admis Ac. 1798.
Oscillation. Diderot, 1, 22 : ... selon le côté où l'esprit se sera fixé le plus souvent dans ces oscillations. — J.-J. R., Conf., IX : dès lors mon Ame en branle n'a plus fait que passer par la ligne de repos, et ses oscillations ne lui ont jamais permis d'y rester. — D'Holb., Pol. nat.., D. IX., ch. iv : un Etat monarchique doit être dans une oscillation continuelle. — Id.., Syst.., 1. I, p. 194 : le cerveau est dans une espèce d'équilibre accompagné d'oscillations perpétuelles. — Mercier, Tabl., VIII, 255 : ce gouvernement a ses légères oscillations. — Boufflers, Ah! si, p. 159 : livrée à toutes les oscillations d'un esprit hors de son assiette. — Linguet, III, 450 : ces oscillations de notre gouvernement. — Admis Ac. 1835. *Pendule. Rivarol, p. 42 : le sentiment se considère comme un pendule qui oscille perpétuellement entre le passé et l'avenir. "Point d'appui. Raynal, IH, 2. Cf. s. v° levier. — J.-J. R., Conf., IX : mon imagi-
nation voulait quelque lien réel qui pût lui servir de point d'appui. — Beaum., VI, 99 : ce point d'appui trouvé, j'ai cherché. — Id., IV, 1 07 : un des points d'appui du procès.
*PuissANCE. Raynal, V, 180 : dans la mécanique, plus les puissances rési;- tantes sont éloignées du centre, plus les forces motrices doivent être augmeiitées; de même, a-t-on dit, on ne peut s'assurer des colonies que par un gouvernement violent et absolu.
Réaction. Cf. s. v° action. — Ling., VIII, 55 ; je ne sais où les esprits cnt été prendre l'idée de cette réaction générale. — D'Holbach, Fol. mit., D. I, ch. Yi : [l'homme vicieux] suit aveuglément ses caprices, sans en prév >ir les conséquences, sans en pressentir la réaction sur lui-même. — Mercier, Tabl.^ X, 212 : le courage de l'homme a toujours une réaction positivement égale à l'esprit persécuteur. — B. de St-Pierre, Et., I, 345 : ces deux auiorités paraîtront difficiles' à concilier à qui ne fait pas attention à la réaction des choses humaines. — Admis Ac. 1798,
"^RÉPULSIF. J.-J. R., BiaL, 2 : la sensibilité répulsive qui s'exalte dans la société.
RÉPULSION. Cf. s. v° attraction. — Restif, Paysan, II, 252 : sans troubler Tordre politique et sans s'attirer de la part des autres individus une répulsion désagréable. — Ac. 1878.
Résistance. Rivarol, p. 193 : le gouvernement en reculant sans cesse a fait la résistance des corps mous.
*RoTATioN. Mercier, Tabl., II, 130 : la rotation perpétuelle du cercle des événements.
Tendance. Helv., II, 50 : ce sont les passions et la haine de l'ennui qui cojnmuniquent à l'âme son mouvement, qui l'arrachent à la tendance qu'elle a naturellement vers le repos. — Admis Ac. 1798.
Tendre. J.-J. R., C. soc, II, 11 : c'est parce que la force des choses tend toujours à détruire l'égalité, que la force de la législation doit tendre toujours à la maintenir. — Helv., I, 60 : tous tendent également à leur bonheur. — Rivarol, p. 207 : comme chaque plante et chaque animal tend aussi avec la même énergie à occuper toute la terre, il en arrive que ces différentes forces se répriment mutuellement. — C'est une expression ancienne dont les écrivains du xviii° siècle rajeunissent et étendent l'emploi.