‹ Les transformations de la langue française pendant la deuxieme moitié du 18e siecle, 1740-1789Chapitre 7 sur 75 · CHAPITRE III · texte numérisé non relu

CHAPITRE III

CRÉATION DES MOTS {suite). - LES NÉOLOGUES

I. Les écrivains. — II. Les grammairiens et les lexicographes. — IIL Leur œuvre.

Avant de montrer ce que, d'une part, les écrivains, et, d'autre part, les grammairiens, ont fait pour l'émancipation et Tenrichissement du vocabulaire, il est utile de présenter une remarque générale sur le développement même du néologisme. A mesure que le siècle avance, le parti des néologues fait des recrues plus nombreuses, plus ardentes en même temps, et plus hardies ; le mouvement s'étend. Les causes générales qui l'expliquent expliquent aussi comment il a pu se développer si rapidement. Il faut tenir compte aussi de l'influence des principaux écrivains de l'époque, J.-J. Rousseau et Diderot, dont l'exemple a été invoqué aussi bien que celui de Montaigne ou de Corneille. Il faut se rappeler en outre que dans certains genres littéraires l'écrivain jouit de plus de liberté; or, ces genres privilégiés sont alors les plus cultivés. On peut distinguer, en effet, parmi les néologues, les philosophes, et les pubHcistes. Dans la période que nous étudions, les trente premières années appartiennent aux philosophes ; tout en se plaignant de la pauvreté du vocabulaire, ils se sont gardés de porter atteinte à la tradition et au génie de la langue ; au contraire, pendant les vingt années qui précèdent la Révolution, les polémistes se sont laissés aller à toutes les audaces.

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