P. 264 de la trad. franc
2. Voir le premier chapitre du second volume de ce livre intéressant et profondément écrit. iTurin, 1889.)
3. Je dis primitifs car cet adjectif, dont on abuse, dont nous avons été forcé d'user et d'abuser nous-mème comme d'autres, aurait alors un sens net et précis, que je suis loin de lui accorder. Ou il ne signifie rien, en effet, puisqu'il ne peut être question, bien entendu, de remonter au
Par malheur, examinés de près et sans parti-pris, les faits signalés par Sumner-Maine et développés par M. Loria prennent une signification tout autre que la leur. C*est « un fait très remarquable », dit avec raison Sumner-Maine, que les premiers immigrants anglais en Amérique « se sont organisés d'abord spontanément en communautés de village pour se livrer à Tagriculture ». Très remarquable effectivement ; surtout si ce mode d'établissement eût été aussi spontané qu'on nous l'affirme. Mais le même auteur vient de nous dire que ces premiers immigrants « appartenaient principalement à la classe des yeomen », c'est-à-dire des tenanciersvassaux. Or, une page plus loin, en note, il nous apprend que, d'après les autorités américaines, éminemment compétentes, sur lesquelles il s'appuie, ces premières colonies « tendaient à reproduire non l'Angleterre du temps des Stuarts (époque de ces colonisations), mais celle du roi Jean et de la grande Charte » et que « ces institutions foncièrement féodales semblaient toutes naturelles aux colons, quelle que fût leur patrie d'origine, anglo-saxons, hollandais ou français exilés par la révocation de l'Édit de Nantes ». Il s'agit, on le voit, non de la résurrection merveilleuse d'un passé préhistorique, mort et oublié depuis des siècles, mais du réveil d'un passé récent, à peine endormi, encore vivant dans les traditions des colons tout pénétrés d'esprit féodal. Tous ont fait de même, y compris les réfugiés français, qui, d'ailleurs, venus après les autres, n'ont eu qu'à suivre le courant des habitudes déjà établies avant eux sur le sol américain. Le phénomène invoqué est donc un simple fait d'imitation des ayeux^ où l'atavisme, voire même le pseudoatavisme à l'usage de tant d'évolutionnistes contemporains, n'entre absolument pour rien.
premier homme encore à demi-animal ou aux premières choses humaines, en un sens tout chronologique ; ou il signifie simplement et clairement, en un sens plutôt logique, qu'il existe un cycle fermé de phases où tournent et retournent les choses humaines assujetties à de périodiques répétitions. Primitif veut donc dire recommencement ou ne veut rien dire. Je tenais à faire cette observation une fois pour toutes.
RËGIME DES BIENS 65
Notez comment ce communisme colonial s'est établi. « La Cour générale concédait une certaine étendue de terre à une société d'individus, et ces terres étaient tenues par la société à titre de propriété commune. » C'était donc tout simplement une concession de terrain faite à une compagnie. Rien de plus fréquent, même de nos jours. Mais ce n'était pas toujours de la sorte qu'une colonie débutait. Du reste, la société en question se h&tait de partager entre ses membres, autant que faire se pouvait, les terres concédées. Voyons cependant M. Loria à ce sujet et puisque, d'après lui, les colonies sont pour l'archéologue du Droit ce que les montagnes sont pour le géologue, une occasion unique de voir et de toucher des terrains primaires, des strates partout ailleurs enfouies sous d'épaisses couches du sol, instruisons-nous un peu, en les étudiant, sur l'antique passé de nos races.
Que nous apprennent-elles ? Nous voyons, d'abord, que leurs fondateurs sont très dissemblables, très différents de race, de classe, de religion, d'habitudes, de mœurs. Dans le Nord des Etats-Unis, ce sont des puritains anglais de classe moyenne ; dans le Sud, de grands propriétaires. Au Canada, des émigrés de là noblesse, batailleurs ou chasseurs. A Saint- Domingue, des aventuriers normands, pirates et flibustiers. Aux Antilles, un clergé industriel, actif et entreprenant. En Australie, des condamnés espagnols, anglo-saxons, hollandais, portugais. Les colons viennent de partout. Aussi ont-ils tous colonisé diversement. Non seulement leurs colonies diffèrent par le but poursuivi — culture industrielle ou agriculture, colonies de plantation ou colonies de peuplement — mais celles qui ont le même but l'atteignent par des moyens différents, travail libre ou travail servile, par exemple.
Une seule chose est commune à ces émigrants ; ils sont tous imitateurs. Tous, ils appliquent et copient des modèles empruntés à leur ancien ou à leur nouveau milieu. A l'ancien, quand les Puritains d'Ecosse reproduisent en Amérique les coutumes communistes encore subsistantes daùs leur pays
6a LES TRANSFORMATIONS DU DROIT
natal, le retrait vicinal ', entre autres, ou quand les Français importent au Canada le retrait simplement lignager * . Au nouveau ; car M. Leroy-Beaulieu nous apprend que les colons canadiens nos compatriotes « s'élançaient de toutes parts dans l'immensité des forêts à la recherche des pelleteries et du gibier, prenaient les habitudes des Indiens et quittaient la nature civilisée pour la nature sauvage » . Il nous dit auss que les colons normands établis à Saint-Domingue avaient pris le nom de boucaniers « parce qu'ils avaient pris l'habitude de se réunir, après avoir chassé, pour boucaner, c'està-dire faire sécher à la fumée, suivant le procédé des sauvages, les bœufs qu'ils avaient tués ». Je ne vois pas pourquoi M. Loria ne va pas chercher là, chez ces chasseurs nomades, et non chez les colonisateurs anglais qui ont débuté par l'agriculture, la réapparition fantastique des temps primitifs. En tout cas, ces chasseurs-là sont devenus tels, non spontanément, non par une nécessité de situation, qui ne s'est point fait sentir autour d'eux, mais bien, vraisemblablement, en vertu d'un exemple ^e leurs ancêtres combiné avec celui des Peaux-Rouges. En outre, de chasseurs sont-ils devenus pasteurs ensuite, puis agriculteurs, conformément à un ordre soi-disant réglé ? Nullement.
On m'objectera peut-être que, si nos colons, et, par suite, nos colonisations modernes, ont été très dissemblables, il n'en devait pas être de même dans les temps préhistoriques. Mais pourquoi ? Est-ce que, si haut que nous remontions, nous ne trouvons pas toujours des races, des langues, des mœurs, des idées, des habitudes différentes ? Quelle illusion que de prendre pour de l'uniformité réelle l'estompage du passé par l'effet même de son éloignement ? Tout s'estompe à distance, tout s'efface, mais nous savons bien qu'il suffit
1. J'appelle ainsi le droit accordé aux voisins du vendeur d'un bien d'évincer l'acquéreur étranger à leur groupe en lui remboursant le prix de son acquisition.
2. C'est-à-dire le droit accordé àux parents du vendeur d'évincer de la nième manière l'acquéreur étranger à la famille.
de nous rapprocher des collines bleues pour voir fourmiller de diversités leur azur uni.
A bien des égards, il faut en convenir, les colonies sont une rétrogradation. On y voit renaître des procédés de culture abandonnés depuis longtemps dans la mère-patrie ; ou des institutions disparues de celle-ci, comme Tesclavage, ou même parfois la composition pécuniaire pour crimes. Ce qu'on doit accorder sans peine à M. Loria, c'est que, replacé dans des conditions pareilles, l'homme tend à reproduire, en partie du moins, des institutions à peu près pareilles. Mais ce qui résulte clairement de ses recherches sur les colonies, c'est que leurs conditions ont différé les unes des autres profondément, d'abord sous les rapports indiqués plus haut, et aussi d'après la sécurité ou l'insécurité de leur emplacement, dans le voisinage de tribus féroces ou pacifiques, ou d'après le climat. Or, toutes ces causes de dissemblance devaient exister aussi bien entre les tribus primitives ou qualifiées telles, et qui, toutes primitives qu'elles nous paraissent de loin, avaient hérité d'une longue suite d'ancêtres, une longue chaîne de traditions.
Une première question : si les colonies ont fait spontanément revivre les « formes primitives de la propriété », comment se fait-il qu'elles n'aient pas fait revivre aussi bien les formes primitives de la famille ? Cependant on ne nous parle jamais, à leur sujet, ni d'hétaïrisme, ni de matriarcat, ni de patriarcat polygamique ou monogamique. Dira-t-on que la non résurrection ou pour mieux dire la non apparition aux colonies de ces états supposés de la famille antique ne prouve rien contre leur existence dans le haut passé V Je le veux bien ; mais alors de quel droit attacher plus d'importance aux faits de collectivisme présentés par les colonies ?
En ce qui concerne l'occupation des terres, l'histoire des colonies montre l'homme partout oscillant entre deux tendances antagonistes, le penchant à la dispersion par l'appropriation individuelle et indépendante, et le penchant à l'association par l'appropriation indivise. Ou plutôt on l'y
voit toujours tendre à la dispersion, mais souvent forcé, malgré lui, de recourir à Tassociation, à l'indivision communiste, soit pour se conformer aux nécessités de la vie pastorale quand il n*en est pas encore sorti, soit, plus tard, pour se défendre contre les dangers environnants ou pour exécuter des travaux de défrichement et d'irrigation supérieurs à ses forces personnelles. Aussi est-il à remarquer que, partout où Tindivision subsiste encore, et partout où elle a existé dans le passé, en fait de possession immobilière, on se trouve ou Ton s'est trouvé dans l'un des trois cas de contrainte énumérés, ou dans les trois à la fois. Qu'on parcoure tout l'ouvrage de M. de Laveleye, on ne découvrira pas un seul exemple de collectivisme agraire qui ne rentre dans l'une de ces catégories.
Ce qu'on ne voit jamais, par exemple, c'est une colonie débutant par la communauté de village, pour établir ensuite la communauté de famille et fonder enfin la propriété indi- * viduelle. M. Loria ne nous dit rien de pareil. Il nous montre (t. II, p. 17 et passim) que les premiers colons, occupants d'un sol vierge et prodigieusement fertile, là du moins ou règne une sécurité relative, s'y installent chacun chez soi, font souche à part. Le fait dominant alors, c'est Y isolement des colons (p. 23). Ils sont séparés par un désert. C'est l'extrême opposé du collectivisme. Et cela rappelle fort bien, comme le fait observer M. Loria lui-même, le fameux passage de Tacite sur les Germains : Colunt discreti ac divevsi, ut fous, ut campus, ut nemus placuit. — Une lutte s'engage ensuite, peu à peu, dans le cœur de ces hardis pionniers, entre les deux forces que j'indiquais tout à l'heure, le besoin d'appropriation individuelle indépendante, et le besoin d'association défensive. Or, suivant que l'une ou l'autre de ces deux forces l'emporte, et dans la mesure où elle triomphe, car sa victoire n'est jamais complète, l'état social est plus ou moins fortement empreint d'individualisme ou de collectivisme. Quand celui-ci domine, cela signifie ou que la phase pastorale n'est pas dépassée, ou que l'agriculteur est
exposé, comme chez les Berbères sédentaires, aux razzias de tribus pillardes et féroces, à des périls divers, ou qu'il a besoin, comme à Java, de la coopération d'un village entier pour irriguer ses rizières, défricher ses forôts, etc*. Aux États-Unis, Tindividualisme, dans les premiers temps, a dominé, parce que les Indiens y étaient relativement doux et pacifiques, parce que la culture n'y exigeait pas, en général, la collaboration d'un grand nombre de bras, et parce que les immigrants débarquaient d'Europe, non à l'état de pasteurs ignorant la bôche et la charrue, mais munis des secrets de l'agriculture civilisée. Ces néo-primitifs apportaient avec eux dix siècles au moins d'inventions agricoles; et c'est surtout ce fait, ce « facteur » intellectuel de premier ordre, qui, beaucoup plus que « le facteur économique » soi-disant prépondérant, a déterminé leur genre de vie.
Il est vrai que, parmi les colonies américaines, des com- . munautés de village d'une certaine espèce se sont formées cà et là ; mais M. Loria reconnaît qu'elles sont postérieures à l'isolement primitif des colons et constituent une ligue contre les dangers nés de cet isolement excessif. A cette seconde période seulement, il y a eu, dans quelques Etats, dans la Virginie entre autres, division delà terre par lots, interdiction de posséder individuellement au-delà d'un certain maximum
1. En Amérique, les sauvages, faute de haches de métal, avaient besoin d'unir leurs efforts pour défricher leurs forêts. — Aujourd'hui, Tindividu, par ses propres efiForts, par son travail rémunéré, peut acquérir des terres, aussi bien que gagner de l'argent. Mais, en des temps d'industrie grossière et sans commerce, il ne pouvait acquérir que des choses mobilières, armes trouvées ou échangées, outils, bijoux, butin de chasse, récoltes de l'année. Quant aux domaines, il n'y avait en général que deux manières de les acquérir : le défrichement ou la conquête. Mais, soit pour conquérir, soit même assez souvent pour défricher, il fallait une association d'efforts, militaire dans un cas, laborieuse et pacifique dans l'autre. C'était le clan tout entier qui s'annexait un nouveau territoire. Il devait alors paraître naturel de jouir indivisément des choses acquises collectivement, et de jouir chacun à part des choses individuellement acquises. Voilà en partie pourquoi, là où les terres sont communes, les meubles pourtant, même quand ils pourraient l'être, ne le sont pas.
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de terre, parfois culture en commun. Cet ûtat de choses rappt^lle, à pi (I sieurs rgards, la marcliG lillcmande du moyenftgc** Gomme dans celle-cî, toutes les professions y étaient monopolisées et assujetties à des règlements aussi tyranniques que protecteurs. Mais tout s'explique si Ton songe qu'à risolement des individus, ou plut6t des famillefij a succédé risolemcDt des villages, et qu'il s'agit, pour chacun de ceux-ci, à son tour, en Tabsence de tout commerce, de se suffire a lui-même. C'est un caractère important qui est commun à toutes les agglomérations d'hommes dispersées stu- un vaste territoire, à de grandes distances les unes des autres : village hindou, mir russe, marche germanique, allmend suisse, on pourrait ajouter villa gallo-romaine, Fustel de Coulanges nous décrit celle-ci elle-même, comme un organisme indépendant et résistant, fortement hiérarchisé et centralisé, 11 n'eu est pas moins curieux de voir sur cette terre américainej où rindividualjsmc anglo-saxon de* vait de nos jours s'épanouir, révolution sociale débuter presque par k réglementation despotique et le socialisme d'Etat*
— Après les colonies modernes, consulterons-nous les aociétés animales, comme certains sociologues, au point de vue qui nous occupe"? Je le veux bien encore. Mais qu'y voyons-nous? Déjà, chez les animaux sociaux, nous trouvons côte à côte la propriété individuelle et la propriété collective. Celle-ci, là où elle apparaît, revêt la forme familiale. Un nid appartient à un couple d*oiseaux. qui, tous les ans,
1. Et c fit état de choses avaît pour caractère marqaatit d'être un équilibre toujours très instiLbl«. Sumuei-Maiuc f:iit la mémp reui-irque au sujet de la coinuiunautô de village hindou p : « Tout ce qui troublait son ordre paciûqufï tendait h Tag-raudiisemeut de la famine domina ut a et de Bou cljff ]s, c'est-à-dire à Pappaiitiou de la propriélu individuene, d'abord exception ne Ile, puis gem-ralisée par Imitât ion» — La cousUtuliou du ïillE^re lûudmi était- elle aristocratique ou démecratique ? C'est douteux* Elle était aristerratiquo, ce semble, d'après ee i|ui précède. En tout cas, ces communistes sont d'un coiiHervatisme outré, rtî belles à tmite amélioration agricole. On a eu toutes les peines du monde à leur fiirn comprendre l'utilitù de la cuJture du coton.
revient l'habiter, le réparer en commun. « La propriété d*un territoire est un fait constant, presque universel, dans les familles d'oiseaux»», dit M. Espinas. Les familles voisines pratiquent le respect réciproque de leurs territoires de chasse et de poche. La chasse réservée est connue de beaucoup d'espèces. Quant à savoir si, chez les abeilles, la propriété individuelle de la cellule a précédé ou suivi la propriété collective de la ruche, je ne me charge pas de résoudre ce problème. Mais il est bien peu vraisemblable qu'elle ait suivi. Quoi qu'il en soit, passons à des considérations plus sérieuses.
Le mérite éminent et incontestable de M. de Laveleye est d'avoir découvert, rapproché, mis en lumière des faits de communisme méconnus, disséminés sur le globe et dans l'histoire. Il a extrait de là un des livres les plus séduisants qui se puissent lire. Mais il s'est trompé, je crois, dans l'interprétation générale qu'il s'est trop hâté de donner à ces faits et dont il n'a cessé d'être obsédé dans ses longues recherches. « Les peuples primitifs, dit-il, obéissant à un sentiment instinctif, reconnaissent à tout homme un droit naturel d'occuper une portion du sol dont il puisse tirer de quoi subsister en travaillant, a Voilà l'erreur théorique, et elle Ta conduit immédiatement à fausser, sinon les faits euxmêmes, au moins leur ordre chronologique qu'il intervertit. En effet, d'après lui, les premiers peuples t partagent également entre tous les chefs de familles la terre, propriété collective de la tribu ». Plusieurs fois il répète, et tous ceux qu'entraîne la séduction de sa manière répètent aussi cette dernière proposition érigée en loi historique, en ordre chronologique qui leur paraît s'imposer comme une déduc-
1. « L'habitation commune^ la propriété familiale, analogue aux Ionffues maisons des clans irot|Uois oU slvlj. phalanstères des pueblos de TAmérique centrale, existe aussi chez les oiseaux. Je citerai, à titre d*exetaple, les freux et les choucas, bâtissant leurs nids en famille, les premiers sur les arbres ) les autres au haut d'anciens édifices. » [Letour-* neaui)
tion logique. « A Torigine, le clan, le village, est le corps collectif qui possède les terres; plus tard, c'est la famille qui a lous les caractères d'une corporation se perpétuant à lraviTï4les âges. » Mais où sont les preuves de cette prétendno M'rité, que la communauté de village a précédé et engcriiirti la communauté de famille ? Je les cherche, je ne les In* mi' point. C'est cependant là le nœud du problème. Et, caiitr^iroment à ceux qui l'ont si vite résolu en ce sens, je pivtctïds que, là où la communauté de village existe, elle csl la suite de communautés de familles antérieures qui se sont fi^dérées entre elles ou dont l'une, plus souvent, en !j*a^r;tridissant, a englobé les autres.
A Tappui de cette idée, il est à remarquer que, partout où le calluctivisme rural a conservé sa sève et sa saveur archnïiiac, en Russie et dans l'Inde, les co-propriétaires ont ^M\[(' la tradition d'une antique parenté qui les unirait. Dans rinde, «les habitants de chaque village (où existe Tindivision) ont ridée qu'ils descendent d'un ancêtre comiium ^, dit un rapport officiel anglais. Les paysans russes du m h" l'i'oient de même en leur filiation commune. Sur ce point, Sumner-Maine et Fustel de Coulanges se rencontrent, et Ci} i[{io dit celui-ci de lo. marche germanique duxii" siècle*, où il ne voit que le reste d'une ancienne co-propriété famîlinlCj le premier le dit aussi de la communauté de village lïindodc, qui offre, d'après lui, « l'aspect d'un groupe de fà* mûU'i^ unies par la supposition d'une origine commune* ». L'intri diction de vendre ou de léguer le bien familial, plu» tnrd les entraves apportées à la faculté de l'aliéner, ont paru dos vestiges de collectivisme antique. Soit; mai{? ecs n^^^ks coutumières ne peuvent s'interpréter qu'en faveur de la co-propriété de famille, et non de clan. A riiomtiic qui veut tester, le législateur antique répond, par la iïuuclie de Platon, dans les Lois : « Tu n'es le maître ni