‹ Les transformations du droit: étude sociologiqueChapitre 22 sur 58 · M. Viûllet, EUtoirt det institutions polit, ^ p · texte numérisé non relu

M. Viûllet, EUtoirt det institutions polit, ^ p

remporte, « De nos jours cnnore, dit M. Viollet, en Turquie, comme autre rois à Kicf, le sultan a pour successeur, non son iils, mais son U-vvq ou son onrle. p Le fleuve de l'évolution a donc ses deltas^ ses bifurcations fortuites. — Autre exemple. — Au diîbut, chez les barti;trrs, IVlection et Thérédité se partagent confusément la dévolution du pouvoir royal. On oscille entre l'un ou Tautre de ces deux principes. Mais auquel des deux se fixe-t-on? Tantôt à l'un, tantôt à l'autre. Si le principe de l'hérédité a prévalu presque partout en Europe et de plus en plus à mesure que les monarchies s'enracinaient, le principe de l'élection a exclu son rival ailleurs, notamment en Pologne, par suite du développement même de la royauté.

Dira-t-on, par hasard, que le droit d'aînesse a été une phase universelle et nécessaire du régime successoral ? Mais il était inconnu à Rome et à Athènes * ; et je crois que M. Fustel de Coulanges lui-môme eût été bien embarrassé pour en trouver le germe dans les institutions de l'empire romain. Le monde sémitique l'ignorait aussi. Ce qui a contribué à le propager, c'est l'exemple des classes supérieures, où il s'est implanté d'abord. Aujourd'hui pratiqué par toutes les classes du peuple anglais, il a commencé par être le privilège de la noblesse. — L'opposé du droit d'aînesse, le droit du juveigneuVy a existé chez les Germains, chez les Celtes, chez les Tartares nomades et d'autres peuples.

C'est surtout à propos de successions que le naturalisme juridique a cru pouvoir se donner carrière. M. d'Aguanno. consacre huit ou dix pages de texte serré à rhérédité physiologique, à la fissiparité, à la gemmiparité, à la génération alternante, à la pangenèse de Darwin, à la périgenèse de Hœckel, le tout pour justifier de la sorte le droit àl'héritage.

1. Dans la vieille Egypte, « ïes enfants succédaient à leur père, sans distinction de sexe, et, eu général, par égales portions, sauf un préciput en faveur de l'aîné » (Dareste). Mais « ce préciput est, à vrai dire, une indemnité. U tient à ce que l'aîné des enfants est chargé de représenter la succession tant qu'elle reste indivise, et de faire le partage entre tous les ayants-droit ».

Voici son raisonnement : s'il est démontré que les vertus, les vices, les maladies, les caractères quelconques se transmettent héréditairement, il est prouvé que les biens doivent se transmettre de la môme manière *. Ailleurs, par une raison biologique qui me paraît «neilleuro, il tâche de montrer que le droit de succession et le droit de propriété sont, au fond, identiques. Mais, avec des arguments de ce genre où n'irait-on pas ? Sous prétexte que Tenfant est la continuation physiologique de ses parents, vu « la continuité du plasma germinatif », d'après le D' Weissmann, on rendrait le fils responsable de tous les engagements et de toutes les fautes du père. Les sociétés primitives, je le reconnais, bien avant toute illumination anthropologique, ont édité cette solidarité familiale. Mais je croyais que le progrès humain consistait à rompre ce faisceau naturel pour permettre à ses éléments disjoints la formation d'associations vraiment sociales par leur origine et leur but. — En somme, la nécessité des études biologiques est mal comprise par les sociologues naturalistes. 11 est nécessaire de connaître la nature physiologique de l'homme, non pas afin de plier servilement aux exigences de son organisme ses institutions sociales, mais afin d'employer cette connaissance à la réalisation des fins sociales, des desseins collectifs, chimériques même parfois, des plans de réorganisations nationale ou humanitaire, que le contact des esprits associés a seul pu faire jaillir de l'un d'eux et répandre dans les autres. Nées des fonctions vitales, les fonctions sociales ne s'y asservissent d'abord que pour s'en affranchir et les subjuguer à leur tour*. L'homme social aurait beau connaître la science encyclopédique, son vouloir et, par suite,

1. Quant à demander aux considérations de cet ordre le choix à faire entre les multiples régimes successoraux, inutile d'y penser, bien entendu.

2. J'évite avec soin le mot d' adaptation, dont on abuse, parce qu'il est équivoque. Dire que les fonctions sociales s'adaptent aux fonctions vitales, cela peut signifler indifféremment qu'elles se soumettent à celle:ci ou qu'elles les soumettent à elles-mêmes.

Vitmyiz DES BîEss m

son df*voir. resteraient (bris une larjjîo mesure, dans une mesure tuijjuurs croi^sEinte, intU'*|ieiKluuIsi île son fin voir. Ivt iT»algré sou ouiniscienct% sa morale pourrait u'i^ropas plus alîormic. Que faire? se demauderait eurore, et plus anxieusement que jamais^ cet esprit qui saurait tout. Je dis plus anxieusement que jamais, parce qu'iJ aurait perdu, eu rassouvis&anl, son ambition la plus élevée, celle de ronnallre. l/univers tout entier ne présente a la Volonté Spertalnce qu'un immense rhamp de moyens; c'est a elle de créer son but. Elle le crée non eu re^ïardarit le ciel ni la terre, mais en s'éroutant elle-même, en pénétrant Téni^^nie profonde de son originîilité innée et unique, déployée socialement par la lutte et l'amour, et d'où éelosent les inspirations; amtutieiises ou génf^reiises, despotinuei? ou héroïques^ du fond du cfpur.

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