‹ Les transformations du droit public. --Chapitre 8 sur 77 · XVI INTRODUCTION · texte numérisé non relu

XVI INTRODUCTION

plus servir de fondement au S3'stème juridique d'une société toute pénétrée de positivisme. On a compris d'abord que le droit de puissance publique ne peut s'expliquer par une délégation divine. On comprend maintenant quil ne s'explique pas davantage par une délégation nationale, que la volonté nationale n'est qu'une fiction puisque dans la réalité elle n'est, quoi qu'on fasse, que la volonté de quelques individus, et que, serait-elle une volonté unanime, elle ne serait encore que la volonté d'une somme d'individus, c'est-à-dire une volonté individuelle qui n'aurait aucun droit de s'imposer à celui qui s'insurgerait contre elle. On a compris que le Contrat social de Jean-Jacques Rousseau, qui a enthousiasmé })lusieurs générations d'hommes, au nom duquel s'est faite la Révolution, n'est, derrière la splendeur du style, qu'un tissu de sophismes. On a compris que l'homme ne peut avoir de droits naturels individuels parce qu'il est par nature un être social, que l'homme individuel est une pure création de l'esprit, que la notion de droit suppose la vie sociale, et que si l'homme a des droits il ne peut les tirer que du milieu social et non les lui imposer.

Enfin s'est produite dans la seconde moitié du xix*" siècle une transformation économique formidable, avec laquelle ne peut plus s'harmoniser le sj'stème juridique rigide et métaph3'Sique qu'avait construit la Révolution. Suivant la formule des

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