LA LOI DB PBOGRÈS CONTINU
un plastron de côtes ventrales très développées, dont un seul représentant actuel, le genre Hatteria, vit sur les côtes de l'archipel de la Nouvelle-Zélande. Credner nous a appris qu'une espèce très voisine du type actuel, le /^a/a?o/iat/eria, habitait déjà les lagunes de la Saxe au milieu de l'époque Permienne; plus récemment encore, Thévenin a décrit du Houiller supérieur de Gommentry un genre Sauravus qui paraît bien appartenir au même groupe, et dont le degré déjà très parfait de l'ossification du squelette implique l'existence de nombreux précurseurs à des époques encore plus anciennes . Au cours des dernières années, A.malitzky découvrait dans le Permien des rives de la Dvina des Reptiles terrestres très évolués, appartenant aux trois grands groupes des Pareiasauriens, des Dicynodontes et des Dinosaurieus. Nous pouvons entrevoir une époque prochaine où le règne des Reptiles embrassera une grande partie des temps Primaires. De temps à autre quelque découverte sensationnelle nous apporte sur l'ancienneté des groupes des révélations inattendues. C'est ainsi que Vidal découvre tout à coup dans le calcaire lithographique du Jurassique supérieur de Catalogne un Paheohatrachtis^ véritable Batracien anoure dont l'existence comme groupe paraissait remontera peine au début de l'Oligocène. De même le type si spécialisé des Tortues n'a eu pendant longtemps aucun représentant connu au delà du Jurassique supérieur de Soleure, où Rutimeyer a fait connaître un grand nombre d'espèces à habitat marin appartenant aux deux sous-ordres des Pleurodères et desCryptodères. La différenciation de ces deux groupes dès la fin du Jurassique laissait prévoir à elle seule la grande.
ancienneté du type Chélonien; en effet Quenstedt ne tardait pas à découvrir dans les grès du Trias supérieur de Souabe une Tortue Pleurodère, le Proganochelys, dont les descendants actuels vivent dans les eaux douces de Thémisphère austral. Comme nous savons d'autre part que des Tortues marines du groupe des Tortues à écussons dermiques ou Athèques, habitaient déjà les mers triasiques et infraliasiques, nous devons pressentir la future découverte de Ghéloniens à Tépoque Pei'mienne et probablement môme beaucoup plus tôt.
Les Vertébrés à sang chaud sont également beaucoup plus vieux que nous ne le supposons à Theure actuelle. La découverte de VArchœopteryx du Jurassique supérieur de Bavière, avec ses doigts libres armés de griffes, son bec pourvu de dents coniques, sa longue queue de lézard, si elle a démontré sans conteste les attaches reptiliennes de la classe des Oiseaux, ne nous éclaire en aucune façon surTépoque précise à laquelle a dû se faire la divergence de ces deux types organiques. UArchœopteryx est déjà dans l'ensemble de sa structure un véritable Oiseau, pourvu, sans aucun doute, d'une très longue généalogie ancestrale qui nous échappe pour le moment.
Les Mammifères, si nous considérons la classe dans son ensemble, apparaissent pour la première fois dans le Trias supérieur et le Rhétien. Le Dromatherium sylvestre du Trias de la Caroline, autant qu'il est permis d'en juger par une seule demimandibule, paraît se, rattacher au groupe des Marsupiaux insectivores, mais avec des molaires moins compliquées, à une seule pointe. Quant au Micro^ lestes antiquus du Rhétien du Wurtemberg et d'An-