‹ Les transformations du monde animalChapitre 36 sur 64 · LA LOI DB PROGRÈS CONTINU · texte numérisé non relu

LA LOI DB PROGRÈS CONTINU

gleterre, il semble logique de le rapprocher des Plagiaulacidés , c'est-à-dire des Multituberculés^ à organisation marsupiale ou peut-être monotrèmel Ce qui est certain, c'est que dès la fin du Trias, deux groupes de Mammifères inférieurs étaient déjà nettement différenciés. Divers paléontologistes, Owen, Seeley, Osborn, etc., ont essayé, avec un grand talent, de montrer les affinités que la classe des Mammifères présente, au point de vue ostéologique, avec les Reptiles Thériodontes du Trias sudafricain. Sans méconnaître la curieuse ressemblance des molaires du Tritylodon avec les molaires des Mammifères multitubercuiés, ni celle des os des membres du Theriodesmus avec les membres des Lémuriens et des Carnivores, on ne peut songer, en tous les cas, à faire dériver directement les Mammifères triasiques d'aucune des formes connues de ces Reptiles africains, qui sont des animaux de dimensions relativement assez fortes : la loi d'augmentation de grandeur exige, en effet, pour de petits animaux tels que le Dromalherium ou le Microlestes ^ des ancêtres encore plus minuscules, qui devront être recherchés dans les couches primaires. Nous sommes amenés logiquement à prévoir la présence de véritables Mammifères, peut-être à des époques fort reculées des temps Paléozoïques.

Si nous entrons dans le détail des groupes de Mammifères, nous aurons a enregistrer, pour beaucoup de rameaux, des reculs analogues. 11 était de règle, il y a quelques années, d'affirmer que les Mammifères placentaires ne débutaient qu'avec l'époque Tertiaire. C'était, à vrai dire, une proposition très peu vraisemblable, puisque dès l'Eocène le

plus inférieur, on découvre à la fois en Europe et dans l'Amérique du Nord des Placentaires appartenant à plusieurs ordres déjà bien différenciés, des Insectivores, des Créodontes, des Condylarthrés, des Amblypodes, des Tillodontes, et même des Lémuriens. La présence de Primates dans cette faune supposée primitive de Cernay et de Puerco est particulièrement instructive et constitue un argument de grande valeur contre la théorie du progrès continu des êtres. C'est en vain que le docteur Lemoine, dans ses belles recherches sur cette faune Eocène inférieure des environs de Reims, s'est efforcé de prouver qu'il était impossible de faire rentrer les Mammifères de Cernay dans les ordres des Placentaires actuels ; la différenciation des grands groupes, pour être moins parfaite que dans les faunes plus récentes, ne s'en impose pas moins au paléontologiste, et amène fatalement à la conviction que ces Placentaires de l'Éocène le plus inférieur ont possédé une longue lignée d'ancêtres dans les temps Secondaires. Mais ici nous entrons dans l'inconnu, et toutes les hypothèses possibles ont été faites pour rechercher un centre de dispersion des Placentaires, tantôt dans le continent arctique, tantôt dans un continent pacifique supposé disparu par effondrement. Si les données récentes apportées par F. Ameghino sur les faunes de Mammifères crétacés de Patagonie venaient à être confirmées au point de vue stratigraphique. peut-être faudra-t-il aller chercher dans le continent de l'Amérique du Sud les ancêtres véritablement primitifs de nos Primates et de nos Ongulés tertiaires. Même pour les groupes les plus spécialisés, tels

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