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CHAPITRE III

La théorie des créations successives.

Alcide d'Orbigny, d'Archiac, Agassiz. — Le catalogue des êtres fossiles. — L'extinction et l'apparition brusque des espèces.

Les recherches de Guvier avaient porté presque exclusivement sur les animaux vertébrés. Mais parallèlement à ces beaux travaux, d'autres paléontologistes, tels que Lamarck, Bruguières, A. Brongniart, d'Orbigny, Deshayes, Marcel de Serres, en France ; Von Schlotheim, Léopold de Buch, Zieten, Reinecke. Goldfuss, en Allemagne ; Parkinson, Brander, Mantell, Sowerby , en Angleterre ; Eichwald . en Russie ; Nillson, en Suède ; Brocchi, Cortesi, Fortis, en Italie — pour ne citer que les plus anciens — poursuivaient activement l'inventaire des fossiles marins : Mollusques, Échinodermes, Polypiers, Bryozoaires, Foraminifères, reconnus dès lors sans conteste comme des espèces éteintes, caractéristiques des horizons géologiques dans lesquels on les recueille. Nous assistons, dans la première moitié du xix'' siècle, à un brillant épanouissement de la paléontologie stratigraphique, qui devait bientôt trouver une forme synthétique dans V Index palœontologelcus de Bronn

(1848), OÙ les espèces sont cataloguées par ordre zoologique, et dans le Prodrome de paléontologie stratigraphique d'Alcide d'Orbigny (1850). Ce dernier ouvrage contient Ténumération raisonnée de dixhuit mille espèces d'Invertébrés fossiles, classées suivant leur ordre chronologique d'apparition dans les vingt-sept étages successifs qui constituent, selon Taùteur, Técorce sédimen taire du globe. De Tensemble de cet immense labeur, se dégageait dans Tesprit de la presque unanimité des paléontologistes de cette période — et on peut citer, parmi tous les autres, les noms illustres d'Agassiz et de d'Archiac — la confirmation la plus éclatante des théories de Guvier sur la fixité des espèces et sur le renouvellement à peu près intégral des faunes successives. Alcide d'Orbigny se faisait encore, en 1849, dans son Cours élémentaire de paléontologie stratigraphique, le défenseur convaincu des idées cuviériennes, en les poussant à Textréme, bien au delà des Hmites admises par le maître. On peut résumer les théories de d'Orbigny de la manière suivante : de la première jusqu'à la dernière époque du monde animé, on voit apparaître, sur tous les points du monde à la fois, une grande multitude d'espèces différentes appartenant à tous les embranchements du règne animal, sans que rien les annonce dans les périodes antérieures.

« Une première création s'est montrée avec l'étage Silurien. Après l'anéantissement de celle-ci par une cause géologique quelconque, après un laps de temps considérable, une seconde création a eu lieu dans l'étage Devonien ; et, successivement vingt-sept fois, des créations distinctes sont venues

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