LE TRANSFORMISME
sans cesse renouvelées, les unes en se perfectionnant les autres en dégénérant ; ces dernières, moins parfaites, moins actives, ont cédé la place aux premières et ont disparu ou disparaîtront avec le temps. Nous trouvons ici pour la première fois une conception un peu nette de la lutte pour Vexistence sur laquelle les travaux de Charles Darwin devaient un peu plus tard appeler si magistralement Tattention du monde savant.
§ 2 . Les fondateurs du transformisme : Lamarck, Etienne Geoffroy-Saint-Hilaire, Darwin. — Tout a été dit et depuis longtemps surTœuwre des illustres fondateurs du transformisme, Lamarck, Geoffroy- St-Hilaire, Darwin. Divers savants ^ ont longuement exposé et discuté leurs conceptions, d'ailleurs assez différentes, sur le mécanisme et les procédés d'évolution des êtres vivants ; influence, des besoins et des habitudes sur le développement ou au contraire sur Tatrophie des organes avec Lamarck ; action directe des milieux ambiants avec Etienne Geoffroy- Saint-Hilaire ; lutte pour la vie et comme conséquence sélection naturelle compliqué de sélection sexuelle avec Ch. Darwin. A Theure actuelle, les biologistes discutent encore sur la valeur et Timportance comparée de ces diverses causes modiflcatrices des êtres vivants, et il semble bien résulter de ces discussions que, si les unes et les autres paraissent bien exercer une action partielle sur les phénomènes d'évolution morphologique, aucune d'elles ne sufflt encore à
1. On pourra consulter à ce sujet les deux livres très intéressants écrit par M. Edmond Perrier : Le transformisme (1888); La Pfuiosophie zoologique avant Dunoin (1884).
donner une solution satisfaisante et définitive de ce problème à la fois si complexe et si passionnant.
11 n'entre pas dans le cadre de ce livre d'étudier en détail le côté physiologique de Thypothèse transformiste et nous n'aborderons même qu'incidemment la discussion des arguments biologiques qui constituent la partie fondamentale, souvent même exclusive, de l'œuvre de Lamarck, de Geoffroy-Saint-Hilaire et de Darwin. En revanche nous examinerons avec soin ce que l'on peut appeler le côté historique de rœuvre de ces savants, c'est-à-dire les essais de synthèse ébauchés par ces illustres zoologistes pour dresser, à l'aide des documents fournis par les animaux vivants et fossiles, les premiers arbres généalogiques des êtres qui ont peuplé la terre. Ces questions importantes et qui devraient être la conclusion définitive et comme le contrôle de l'hypothèse transformiste ont été trop souvent laissées dans l'ombre par les commentateurs de Lamarck et de Darwin. Peut-être beaucoup de lecteurs de ce livre éprouveront-ils quelque surprise en constatant, documents précis en main, sinon le néant absolu, tout au moins l'extrême faiblesse des tentatives faites dans cette voie par les illustres fondateurs du transformisme.