‹ Les transformations du pouvoirChapitre 24 sur 91 · LOI DES TUAN8F0UMAT10NS POLITIQUES · texte numérisé non relu

LOI DES TUAN8F0UMAT10NS POLITIQUES

^^Kette agivgalioii pins ou moins systématique d'états de '^'Wonseience qui constitue le type social. L'Esprit social consiste en cette répétition même : mais le type social compose d'éléments dont le lien est tout autre que ! leur répétition. En d'autres termes, des deux associations que je viens de distinguer, il n'y a que la première • c|ui repose sur la similitude d'états d'esprit : la seconde - fonde au contraire sur leur difTérence et implique un rapport lofjique, non un rapport d'imitation. Encore y a-t-il lieu d'observer que la première elle-même suppose la dillérence et l'inégalité des individus, dillerencc et inégalité qui expli([uent seules pourquoi les uns agissent sur les autres, suggestionnent les autres, et les autres conqilaisent a leur obéir. Le vrai lien social est cette ac tion suggestive, mutualisée par la sympathie. Aussi, dans l'imitation môme, y a-t-il toujours, nous le savons, quelque chose de logique, un raisonnement implicite ou explicite, puéril ou sérieux. Cela ne veut pas dire ([ue le lien des états d'esprit, en cliaque esprit, soit tout logique. Pour beaucoup, le rapport de contiguïté, de coexistence, d'apparition simultanée, est le plus or(hnaire. Ici se placent, en ce qu'elles ont de légitime, les spéculations des association/listes anglais. Mais, si faible que soit, au début de la vie mentale (et sociale) la part des états d'esprit logiquement liés ^ — et aussi celle des états d'esprit logiquement déliés, par des conli adictions senties — il tend sans cesse à s'accroître, il s'accroît nécessairement a chaque remuement des esprits, qui les force a se tasser, leur fait sentir des contradictions auxquelles jusque-la ils n avaient pas pris garde et les refond en un agrégat plus systémati(]ue. Cette cause logique agit en quelque sorte mécaniquement.

1. Voir, à cet é^ard, VActnnté mentale et les éléments de l'Esprit, de M. Paulhaii. (Paris, LYlix x\lcaii.)

Ksl-il vrai que les diverses et iiidepeiidaiites voies d évolution linguistique aboutissent a une nnenie grammaire, les diverses évolutions économiques, morales, juridi([ues, à un même ordre économi([ue, à une même morale, a un même Corpus Juris? Pas le moins du monde. L'oiaivre systématique a laquelle toute nation travaille dillère profondément d'une nation a l'autre suivant que la race (au sens historique du mot) est plus portée a raccumulation synthétique ou à Tépuration critique, plus soucieuse de richesse d'idées et de besoins que de coordination ou vice verset, suivant aussi sa capacité plus ou moins grande d'assimilation et son énergie d'harmonisation. Mais il est certain que, partout et toujoui's, révolution politique, comme toutes les autres espèces d'évolution sociale, est une élaboration logique, dont le début est un chaos de contradictions, de pouvoirs étrangers ou hostiles, et dont le terme, — si du moins ce travail n'est pas interrompu, comme il Test souvent, par une catastrophe, par une mort >iolente — est une harmonie relative, obtenue par une longue suite de duels et d'accouplements logiques, dc^ substitutions et d'accumulations d idées et de besoins.

Remarquons en quoi cette notion du progrès politique et social diffère de celle qui a généralement cours parmi les é volutionnistes plus ou moins dérivés do l'école de Spencer. Aux yeux de ceux-ci, la loi suprême* est la dijfcrenciation progressive des pouA oirs, ou dos travaux, ou des éléments du langage, etc. Mais nous constatons, au contraire, que l'hétérogène est partout a l'origine, et notre formule, toute autre cpie la leur, est la suivante : passage* nécessaiio d'une dlllerence à une autre différence, d'une différence extérieure et

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