I. V LOI UKS TRANSI OUMATION S POLITIQUES
OU qui proposaient, car on ne l'ose plus — crélimincr la psychologie de la sociologie, ressemblent à un ingénieur qui proposerait au mineur de souiller sa lampe pour mieux avancer dans ses travaux souterrains.
La vie politique s'enrichit et s'élève, non par la diflerenciation de pouvoirs déjà existants, mais par la créalion de pouvoirs nouveaux, qui s'ajoutent ou se substituent aux anciens ^ Or, comment se créent de nouveaux pouvoirs ? Nous le savons : par de nouveaux bals olTerts à l'activité collective grâce à la vulgarisation de nouvelles idées ou de nouveaux besoins, ou par de nouveaux mojeM^ d'action . Ces buts montrés, il s'agit de trouver un mode de pouvoir adapté à les poursuivre ; ces moyens découverts, il s'agit pour le pouvoir, s'ils sont mieux adaptés que les autres à la poursuite des fins politiques, de devenir apte à s'en emparer et à les em- [) loyer.
Cela est bien évident quand on voit se former, dans un Etat, un nouveau département ministériel. La formation et la complication des ministères se sont opérées conformément à ce qui vient d'être dit. Quand un ministère de l'Instruction publique est créé là où il n'existait pas auparavant, n est-ce pas parce qu'il a été suscité par la généralisation du besoin de s'instruire à la suite de découvertes scientifiques, et par la transformation de ce besoin privé en but politique quand le sullragc universel a été inventé P Si un ministère des colonies a été créé en France, il y a quelques années, n'est-ce pas pour répondre à cette avidité coloniale qui s'est dével<jppée chez nous par une série d'explorations et d'ini-
l. Rappelons que les pouvoirs, pendant une première période de révolution politique, vont se concentrant dans une mèino main, ce qui est précisément le contraire de leur dilïV'renciation . — Or, il n'est même pas vrai que la division des pouvoirs, d'une tout autre nature, dont cette concentration des pouvoirs a été la condition préalable et nécessaire, ait été régie par la loi de difTérenciation. C'est ce que j'essaie de montrer
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tiatives heureuses, par rémulatiou d'autres peuples, par la nécessité sentie d'étendre au dehors la patrie^ mutilée ? Partout, dès qu'une nation se forme et s'agrandit, on voit Jiaître, peu à peu, sous des noms quelconques, un ministère de la guerre ou de la marin(^ suivant qu'il s'agit d'un Etat continental ou maritime, un ministère des finances, un ministère de la justice. Et il est curieux de voir comment sur le tronc commun d'autres rameaux, successivement, viennent se grefler plutôt qu'ils ne s'en détachent, quoi qu'ils aient souvent l'air de s'en détacher simplement.
L'évolution comparée des ministères, dans les grands Etats, fomnirait une occasion excellente de montrer d'abord que, ni dans le point de départ, ni dans le trajet, ni dans le terme d'aboutissement, les diverses évolutions historiques ne coïncident. Ce n'est pas cpio les coïncidences spontanées fassent défaut, surtout entre peuples parents, de commune civilisation. Telles sont celles que présente, sous Napoléon, la séparation des ministères français, où aboutit toute une évolution antérieure, avec la séparation des ministères romains sous Dioclétien, où vient s'épanouir une Gonstitulion élaborée par quatre siècles de domination impériale. On ne s'attend pas, d'ailleurs, à trouver sous Dioclétien un ministère de l'Instruction publique ni rien de semblable à notre ministère du commerce : mais il v avait l'équivalent de notre ministère des Travaux Publics.