‹ Les transformations sociales des sentimentsChapitre 29 sur 38 · René Doumic. Lettres d'Ehire à Lamartine, p · texte numérisé non relu

René Doumic. Lettres d'Ehire à Lamartine, p

Il serait bien étroit de ne penser ici qu'à la possession physique. La passion y tend assurément, mais elle vise au^si plus loin et plus haut. La possession ne saurait la satisfaire. On a pu discuter sur le degré d'intimité de Lamartine et de M™* Charles, et les avis ditlèrent*. Riais George band et Musset ont été amants dans tout le sens du mol. et cela n'a pas suffi à les rendre heureux, et Musset ne parait môme pas avoir, durant leur liai.-on, conseiTé sinon la passion, que la satisfaction des sons aurait pu épuiser, du moins un amour suffisammenl fidèle et atreclueux^.

Assurément les formes inférieures de la passion amoureuse, l'impulsion sensuelle ou le caprice passionné, même quelquefois la passion vraie, peuvent être satisfaites par la possession brutale, et dis[iaraîlre ensuite par évanesccnce. La passion satisfaite peut faire place alors à la satiété, à Tindiiïérence, à la haine, à l'infidélité, à l'habitude agréable et paisible. Le mécanisme psy<hi<jue de ces transformations est assez compréhensible. La passion apaisée, si la vie en commun se prolonge, tontes les causes de désaccord, jusque-là contenues par la violence du désir, reprennent leur action et commencent à séparer plus ou moins les amants. Plus le rapprochement a été intime et profond, plus l'intimité se prolonge et plus aussi les irnissements risquent de se multiplier. En rap|irochant les êtres, l'amour multiplie entre eux les occasions d'accord, mais aussi les causes de division, les heurts, les occasions de discorde et de haine. Et selon les qualités des amants et l'accord naturel

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