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LA PASSION' AMOLREDSE 223
Ainsi la religion et l'élan vers Dieu paraissent se substituer assez naturellement à l'amour, en être l'épanouissement complet et la pureté parfaite, aussi l'acceptation en semble douce et facilement résignée.
Et revenons encore à Sand et à Musset. « Tu l'as dit cent fois, écrit George, et tu as eu beau t'en dédire, rien n'a effacé cette senlence-Ià. 11 n'y a au monde que l'amour qui soit quelque chose. Peut-être est-ce une faculté divine qui se perd et se retrouve, qu'il faut cultiver ou qu'il faut acheter par des souffrances cruelles, par des expériences douloureuses ' ».
Et Musset. « Il n'en faut pas douter, George, il y a des révélations. Saint-Augustin est, à mes yeux, l'homme le plus vrai qui ait existé. J'ai nié et je crois « voilà tout le mystère » ; la foi en quelque chose, un but, un triangle lumineux placé à la
voûte de ce temple qu'on appelle le monde
Exercer les nobles facultés de l'homme est un grand bien, voilà pourquoi la poésie est une belle chose. Mais doubler ses facultés, avoir deux ailes pour monter au ciel, presser un cœur et une intelligence sur son intelligence et sur son cœur, c'est le bonheur suprême. Dieu n'en a pas fait plus pour l'homme, voilà pourquoi l'amour est plus beau que la patrie -. »
11 n'est pas besoin d'avoir la vocation littéraire pour mêler ainsi l'amour et la religion, c'est un fait commun. Faisons donc la part du romantisme des uns et de la niaiserie, du psittacisme, de la prétention des autres. Il n'en reste pas moins légitime de rapprocher du sens religieux, en tant qu'il estl'aspi-