PREMIERE PARTIE
Les conditions de l'exploitation
Le succès de l’aviation commerciale dépend de deux facteurs, le sol et la mentalité des habitants.
Les Etats-Unis forment un pays massif aux distances considérables sans frontières, c’est-à-dire sans barrières douanières. Il y a 4.400 km. de New-York à San Francisco et 3.000 km. du Nord au Sud, de Chicago à la Nouvelle- Orléans. Ce pays est, de plus, très décentralisé ; les grandes régions économiques sont loin les unes des autres ; celles de l'Est (Pittsburgh, New-York, capitales commerciales), celles du Centre avec Chicago ; le Middle-West et ses fermiers ; le Sud (coton et pétrole du golfe du Mexique) et la côte du Pacifique, nouvelle région de grand avenir. Cette décentralisation amène un mouvement perpétuel d'hommes d’affaires pressés, de documents commerciaux dont la transmission est urgente, qui sont tout naturellement disposés à circuler en avion. Ford déclarait qu’en 1927, entre New-York et San Francisco, 7.200 millions de chèques et papiers d’affaires avaient circulé par la voie aérienne (1). Ces grandes distances favorisent d’autant plus l'avion que la vitesse moyenne commerciale des chemins de fer diminue considérablement avec la distance (2), tandis que l’avion peut la maintenir plus aisément si le balisage et l'infrastructure sont bien organisés. En raison de ce contingent compact et décentralisé, les hommes et le fret ont besoin d’un moyen de transport accéléré.
Le peuple américain aime les nouveautés. Il a une mentalité moderne ; l’avion lui plaît par son caractère nou-
() Cf. Rapport préliminaire du C. F. P. AE. sur l’aviation américaine (1928).
(2) Cf. Henri BoucHÉ : Economie du transport aérien en Europe.
CRT el
veau, mais surtout parce qu’il permet de gagner du temps. Autrefois, il fallait cinq jours pour aller en chemin de fer d’un océan à l’autre. Actuellement, les services aériens sont prévus de manière à permettre à l’homme d’affaires de quitter son bureau de New-York vers 4 heures de l'aprèsmidi (heure de la fermeture) pour le faire arriver le lendemain matin à l'heure d'ouverture des bureaux de Los Angeles et de San Francisco. Et si les Américains aiment l'avion en grande partie par sport, par esprit moderne, ils ont confiance également en son avenir économique et n'hésitent pas à investir leurs capitaux dans les entreprises de transport aérien.
Ces éléments géographiques et psychologiques sont de très grande importance et ont une influence directe sur l’organisation économique des transports aériens et sur les résultats de l'intervention et du contrôle du gouvernement fédéral.
1] MAUCATE, hs LS !
na!