‹ Les Transports Aériens aux États-UnisChapitre 37 sur 98 · ESS · texte numérisé non relu

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Mais ces premiers éléments d'amélioration du service ne sont pas aussi importants que les efforts faits pour répondre aux critiques souvent exprimées : l’avion est cher et dangereux. Si l’avion devient plus économique et plus sûr, de nombreux clients l’emploieront, tandis que le perfectionnement du confort, de la régularité ne fait

qu'inciter ceux qui ont employé l’avion à le reprendre.

5° Economie

Primitivement, les compagnies avaient un tarif élevé, mais elles s’'aperçurent qu’il y a peu de personnes capables de payer un prix très élevé pour gagner du temps. Aussi diminuèrent-elles les prix, comme l'indique le tableau n° 10. L’augmentation des tarifs de juin 1928 était due à ce que le public n’était pas encore « air-minded » et se refusait à employer un moyen de transport inconfortable et dangereux. Depuis, le tarif diminua régulièrement. Les compagnies offrent maintenant 20 % de réduction pour le billet de retour.

Mais ce tarif n’a de sens que par comparaison avec ceux des industries concurrentes. Le tableau n° 10 indique le rapport des prix entre le chemin de fer, l’auto-car et l'avion ; le chemin de fer et l’autocar seraient donc plus économiques que l’avion sur ces grandes lignes ; pour certaines lignes transversales cependant, l’avion serait plus économique que le chemin de fer comme l’indiquent les chiffres suivants cités par la Central Air Lines

Tableau n° 10

Chemin de fer

Avion + Pullmann Détroit-Washington . . ...... $ 25,65 $ 27,93 Cleveland-Washington . ..... 27,65 20,13

Pittsburg-Washington ...... 10,75 14,65

Le prix actuel de l’avion est donc comparable à celui du chemin de fer ; ce n’est pas cet élément qui peut arrêter un voyageur pressé,

6° La sécurité

L'avion doit être sûr, c’est-à-dire donner aux passagers la tranquillité d’esprit nécessaire pour qu’ils puissent apprécier le confort, la vitesse, le charme du vol. La sécurité n’est vraiment utile que lorsqu’elle est accompagnée d'un sentiment de sûreté. Les passagers doivent pouvoir voler sans aucune appréhension.

Aux Etats-Unis, cette sécurité est d’abord donnée par l'infrastructure du Ministère du Commerce et ensuite par le perfectionnement du matériel. Les avions se sont améliorés sans cesse : moteurs plus robustes, avions multimoteurs pouvant continuer de voler un moteur arrêté, instruments de vol perfectionés ou créés, comme le pilote automatique, les stabilisateurs de cap, des altimètres plus sensibles. Ces avions sont révisés régulièrement et conduits par des pilotes sévèrement sélectionnés, aidés de copilotes. Il ne reste encore, de l’avis des techniciens américains, que deux adversaires qui ne soient pas encore complètement dominés : la glace et le brouillard.

L’aviation commerciale américaine a augmenté sa sécurité. Elle est maintenant d’une sécurité comparable aux autres moyens de transport.

Progrès de la sécurité en avion. — L'avion est plus sûr si le nombre des décès survenus aux passagers diminue, le nombre des milles parcourus restant le même. L'unité est le nombre de milles parcourus par passagers décédés; la statistique ne commence qu’en 1930, première année où le relevé des milles-passagers ait eu lieu.

CANGARDEL 6

Tableau n° 11

1 passager meurt tous les

Années Pass.-milles parcourus Décès millions de milles 1930 103.747.249 24 4,332 1931 119.968.577 26 4,700 1932 146.552.387 25 5,860 1933 198.800.079 8 24,850 1954 225.267.559 21 10,72 1935 360.569.431 15 24,03

La courbe, quoique ayant peu de régularité, indique une progression sensible de la sécurité. Le nombre de décès par rapport aux milles parcourus va en diminuant. Ce manque de régularité peut provenir d’une mauvaise saison exceptionnelle, ce qui amène des accidents en nombre anormal. Les avions modernes ayant une grande capacité, la perte d’un avion complètement chargé peut encore bouleverser la statistique. C’est ainsi que les deux premiers mois de 1936 furent exceptionnellement mauvais : le résultat fut 23 victimes pour 63.500.000 milles-passagers, c’est-à-dire un décès pour 2.762.000 passager-mille. Cette grande irrégularité dans les accidents ne permet de juger que la tendance générale, qui indique bien l’augmentation de la sécurité (16).

Sécurité de l'aviation commerciale régulière comparée à celle des autres moyens de transport. — L'avion est devenu d’une sécurité comparable à celle des autres moyens de transport : automobile et chemin de fer. La statistique des milles-passagers parcourus en automobile est estimée d’après la consommation annuelle de l'essence.

(16) Il faut noter qu’Air France n’eut aucun décès à déplorer pendant l’année 1935 sur 36.389.391 pass. kms,

noie

Tableau n° 12

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