LES EXPÉDITEURS DE MARCHANDISES
Les marchandises expédiées sur les avions, appelées « express », furent considérées initialement par les compagnies de transport aérien comme une source secondaire de recettes ; ce transport se développa vers 1933 et devint rapidement indispensable au point que des services spéciaux de fret ont été créés.
L'organisation de transport du fret fut effectuée par deux groupes qui paraissent se faire concurrence :
— General Air Express : c’est une société organisée par la plupart des lignes aériennes (18) dont le Bureau central est à New-York. A la tête se trouve un directeur chargé de coordonner l'effort de diverses compagnies, distribuant les cargaisons et créant une feuille d’expédition uniforme. Cette société est organisée pour être simple et peu coûteuse ; le service de manutention des colis, prise en charge et livraison, est effectué par la Postal Telegraph, compagnie exploitant des lignes télégraphiques, qui ra-
(18) T. W. À. ; Eastern A. L. ; Northwestern A. L. ; Pennsylvania A. L. ; et Varney Speed A,
DES SRES
masse et distribue les « express » avec l’aide de ses 3.000 employés. Il suffit d’avertir le bureau le plus proche de cette compagnie : celui-ci envoie aussitôt un cycliste chercher le colis. Si le colis pèse plus de 30 livres, un camion est envoyé ; aucun frais supplémentaire n’est perçu pour ce service spécial de livraison. Les tarifs sont calculés sur la base de 4 cents les 100 livres-milles. C’est ainsi que 10 livres de fret entre New-York et Chicago coûtent $ 3,12 et jusqu’à Los Angelès $ 9,60. Un tarif spécial d’assurance est perçu de 15 cents les 100 dollars de valeur déclarée.
— Railway Express Agency : à la suite d’un accord conclu entre les autres compagnies de transport aérien — et spécialement United Air Lines et Pan American Airways — cetie agence se charge de la manipulation des « express ». L'avantage de cette combinaison est d'économiser les frais généraux (car cette organisation sert également pour les chemins de fer) et d’intéresser aux expéditions par voie aérienne toutes les villes non desservies par un aérodrome et qui ont une ligne de chemin de fer. Pour le relevage et la livraison des colis, un représentant de cette société se trouve en contact permanent avec les expéditeurs ; il est même prévu pour les industries travaillant la nuit un service de livraison à toute heure ; en plus, comme le système des livreurs télégraphistes de la Postal Telegraph était très avantageux pour les petits colis, un accord de même nature fut conclus avec une compagnie concurrente, la Western Union, pour que ses livreurs fassent la livraison ou aïillent chercher les colis inférieurs à 20 livres ou à $ 250. Des réductions de prix furent réalisées qui rendirent l’Air Express économique; des colis pesant 12 onces ne coûtaient que 85 cents d’envoi entre deux villes munies d’aérodromes incorporés dans le système R. E. A. et 25 onces envoyées à moins de
150 milles ne coûtaient que 1 dollar ; ces services comprennent ramassage, livraison et assurance au-dessous de 50 dollars de valeur déclarée.
Ces deux organisations concurrentes ont des résultats remarquables et les produits manipulés sont très variés. Le fret se compose en général de tout ce qui est fragile et ne pourrait supporter les longueurs d’un voyage par chemin de fer. Par exemple des fleurs coupées : gardénias, fleurs à parfum de Californie, orchidées venant d’Honolulu par bateau puis par avion jusqu’à Boston en moins d’une semaine (1) ; de même tout ce qui est nouveautés : modèle français de robes, journaux, actualités cinématographiques ou tout ce qui est nécessité par un besoin urgent : instruments de chirurgie, sérum, accessoires de moteurs. Toutes sortes d’objets ont été ainsi expédiés ; à un moment donné (2?) 20 % des expéditions par air furent les nouvelles photographiques d’événements importants, la publicité s’en mêla et apprit à tous l'utilité de ce service de transport de marchandises parcourant 3 milles à la minute.
LA POLITIQUE D’EXPANSION AERIENNE A L’'ETRANGER ; LES PAN-AMERICAN AIRWAYS
Les compagnies américaines de transport aérien n’ont pas de lignes reliant les Etats-Unis et le reste du monde, sauf pour quelques prolongements vers le Canada. Il n’y a qu'une seule compagnie qui s’occupe des relations
(9) Avec le nouveau service des P. A. A. transpacifique, ce temps peut être réduit à 2 jours et demi.
(20) Incendie du « Mourra-Castle ».
np —
aériennes entre les Etats-Unis et les nations étrangères, ce sont les Pan-American Airways, Inc. ; cette compagnie transporte 97,5 % des passagers, la totalité du fret et parcourt 99 % des milles-passagers qui sont effectués dans le trafic américain international.
Pour comprendre l’importance de cette compagnie, nous devons l’étudier du point de vue américain et du point de vue international.