‹ Les trappeurs de la Baie d'Hudson [microforme]Chapitre 32 sur 57 · O-1 ex; -O · texte numérisé non relu

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et ensuite, je vous commamiquerai aussi

EE Pr nn Per TER Je, propose, reprit Kenñeih, de coustrüire pu radeau, et de nous rendre à Ling des Îles.

travérser, si nous le jugeons à propos.

T; & Nous donnera hne chance de couper

ec.

ied.

S —Bien, bien, s’écria Suül ; c’était-là mon idée. . A l’œuvre; le bois abonde autour de nous. Abattéz quelques arbres et liez-les avec des osiers. Si vous, êtes adroit,, nous aurons vite un radeau assez élevé pour traverser le lac à. pied sec. |

“Vous verrez ce dont je suis capable, répliqua Kenneth se, mettant de suite à l'ouvrage. 1, à nu eut bientôt construit une embarcation convenable. A l’une des extrémités, il étendit quelques brauchages qui devaient servir de couche à Saül Vander,

suite il coïpa une perche afin de conduire le radeau aussi longtemps qu’il pourrait toucher le fond, et tailla des rames qui devaient lui servir dans eau profonde.

Je désire, dit le guide, que vous re ardiez cette colline, là-bas, au nord- El Depuis quelque temps, le chien tourne son museau de ce côté. Je l’ai remarqué, tandis que je gisais ici comme une trappe brisée ou une carabine invalide, À défaut d'autre chose, je puis me servir de mes yeux, vous Comprenez ; ca

—Ces organes merveilleux sont parfois plus utiles que les pieds et les mains. Je vais grimper sur ce grand pin, et, de son sommet, je parviendrai, peut-être, à Voir distinctement la colline, répondit Kenneth.

Quoiqu'il eût beaucoup de peine à faire jouer ses muscles encore roidis par leur Tourte, mais rigoureuse captivité, il arriva au faîte de l’arbre avec moins de difficultés qu’il ne craignait d’en éprouver. Dé cette position, il eût une vue distincte du monticule, couvert d’épaisses, broussailles. * D'abord, il ne distin-

pied de l’éminence, il vit un objet qui

.[se mouvait. Regardant:plus attentive-

ment, il découvrit que c'était; un cor humain; et uue plus forte, tension u nerf.optique Jui montra que ç’était un Iudien, Poursuivant, avec anxiété, cette reconnaissance, il remarqua.bientôt d’autres. sauvages; que les buissons [lui avaient cachés en premier lieu. Ils s’avançaient.en file vers la vallée.

Sûr que les Pieds-noirs marchaient sur leur piste, Kenneth se précipita en

bas de l’arbre. AS tre LS —Votre physionomie annonce, une mauvaise. nouvelle, dit Saïül,. Vous avez, l'air découragé. . Mais souvenez vous quil.est peu de difficultés dont un' trappeur ne puise se tirer. Cependant, Lajouta:t-il philosophiquement, :si vous ne pcuvez mieux faire, laissez-moi, et filez tout seul. ET —Je mériterais un sort pire que celui qui nous menace, si j’abandonnais un ‘ami, à, l’heure du, péril, répondit Kenneth avec dignité, J’ai vu les ennemis, cela est vrai. Mais j'espère leur échapper; sinon, soyez Certain que je n6 tomberai, pas loin de votre corps. Le

ciel m'a. jusqu'ici préservé d'abandonner:

un ami.et un camarade blessé; je me confie à la Providence. ,, :, Ces-mots furent dits avec chaleur.et fermeté. ÉLSHeutiNOS —Vous êtes une bonne pâte d’homme, garçon. Vous avez la dureté.et létincelle du caillou qui doit composer le cœur de l’aventurier dans ces régions.

J’admire votre énergie, mais je suis fàché de vous mettre dans un embarras d’où ‘vous ne pouvez sortir avec tout votre cuir, si tant est que vous en emportiez même un Hmmbean, un —Quoiquwil advienne;,' il ne sera ; dit que nous n’aurons pas lutté énsémble avec persévérance. ro EE —Bon, j'aime à vous voir comme ça ; et je vous prouverai que je ne’shis pas encore tout à fait mort, "| “00 Saül se leva et se rendit, eh ”boitant mais sans aide, au radeau que Kenié avait construit, Si) à —Un homme fort vient à bout dé tout, vous comprenez ? dit Vander, d’une

gua rien qui put éVeiller ses soupçons; | voix accentuée, quoique chaqüe pas lui coûtât évidemment une horrible torture, [x 184 LP BL k

il allait même redescendre, quand, au

mité, et poussa: l’éembarcation à flot. ; at Donnes-moi une des TAReSs: dit Saül. 1

+ Vous:ne pourrez vous en:servir..

, +7 V’est ce que vous verrez, mon brae garçon: \

Saisissant un.-des instruments en:question, il le:manœuvra avec habileté, pendant quelques instants. Mais.sa vigueur refusa: bientôt de l’aider.

—-Ça.ne va pas aussi bien que je vou |:

Kenneth; réjoui decette nouvelle:

drais, dit-il, en déposant la rame ;

—Voiei une île en avant; je l'aurai bientôt mise entre la rive et nous,:et.

elle nous abritera contre les yeux trop curieux, dit Kenneth, en renouvelant seseflorts, ,

Il, doubla adroitement: la pointe de l'ile,.et, déjà il. commençait. à nager au milieu des eaux calmes et profondes, quand une voix les ivterpella.

«#"Oh! étrangers ! qu'est-ce que, vous faites-là1 Allez-vous passer sans dire un mot.à l’un de vos semblables ?, :: :::::

-Gette, voix était évidemment partie de l'ile.

1 Qui: est-ce qui, parle ?. demanda Kenneth, pe voyant rien qui tessemblât à une créature humaine, ;

—Serpents-à-sonnettes ! ne me connaissez-vou$ pas, monsicur? Je suis le grand Corbeau rouge et blanc de la Ri- Mar tAuges le Rhinocéros, rôdeur .du Nord!

—Tom Slocomb ! s’écria Kenneth tout surpris.

—C'est le nom banal que l’on me donne, répliqua Tom, montrant son fantastigne personnage, que, jusque-là, il avait tenu caché derrière un arbre. Mais les naturalistes vrais.et consciencieux ne, me classent pas dans cette catégorie, Camarades, je suis l’anneau de jonction dans la chaine de la création, Qu’on me retranche et il y aura rupture générale | Attachez vos yeux sur moi ; VOyez COmme je: suis fait :—peau de daim et rouge d’un côté, habit de ns et blanc de l'autre! \Couah ! couah !

-Calaraité laissa tomber sa queue, éleva son museau. en l’air et articula un grondement mélancolique et désapprobateur.

—Vous m’étonnez ! dit Kenneth. Comment se fait-il. que vous soyez ici ? Cest un-miraolel::

LEsT'TRAPPEURS, PR:

Kenneth.le suivit; enappelant Cala-

LA :BAIES D'HEDSON

u1r-#Qh1i rien de plus'siniples: Ii Hygne

de)division:entredes deuxim3es berponvait:8e, perdre: Cétte: petite vermine rouge (vous lappelez:le-Loup; jelerois), refusa de nous secourir, vous:|vais-rañpelez? Nous allions donc:mousisécourir nous-mêmes, quand un grand gailard arriva au milieu de noùs; et avec force “. tu.et toi ” nous délivra, sans autie mal que des écorchures faites par: les eurdes à nos poignets et à nos: chevilléss ;: ::°

— Et. Nick Whifiles aussi ? s'enquit

i##Nick Whifles et: le trappeur qui était. avec lui. Îls se sont sauvés; moh> sieur,et ils sont bien, à moins qu'ils ne soient, depuis; tombés dansun autrè guêpier, ce qui se pourrait bien, car ilsimé:

ditaient une sorte d'expédition qtand je les quittai. : A vrai dire, ils(ne sem blaient, pas charmés de ma compagnies s'est pourquoi nous nous séparâmes. ‘

:#Quelletoute ont-ils prise. 1 aie Kenneth. 1

—C'est plus que je ne puis dreyusr je ne:le shis pas, monsieur, et:je ne pense pas qu’ils le sachent eux-mêmes:

Es parlaient de cétte ‘jeûne : femme.

Mais si vous m'avez adressé assex’ dé questions, il serait mieux sé vous dé venir. me chercher. ef Ju

Comment avez-vous abordé: à cette île? ‘intérrogea encore Kenneth diri geant le radeau vers le rivage: : °°"

--Sur le dos des animaux, à

Quelsanimaux ?: Lift HA -«sLesichevaux, donc! [9 gore

— Quels chevaux ? Hands le'j euné homme’de plus en plüs intrigué:‘!

Avant, de répondre, le Corbeau decià rivière Rouge croassa vigoureusement:

Calamité lui réplique comme d'ordinuire.

Cela me fait diantrement du Cr de pousser un-couak naturel. ! Oh! sér:

pents-à-sonnettes! Je suis pleiwdé puissance ! On me poursuit. : Pate fière histoire à raconter: : J'ai -ew'h plus grando aventure dont::vous'ayez entendu’ parler. : J'ai ‘enlevé ”plus de quarante têtes de chevaux): la nuit ders nière.: : '# Up

—Eh ! eh ! c’est quelque” chose. Vous êtes un fiméux atout;ét 1°1Comment avez-vons fuit cel î ‘dit Sat avec un vif intérôtst 1070 21 218V0i

del saisile ton. Il n'y & pas un cheval eourant sur ses quatre pieds’que je: ne puisse voler 'Vous saurez donc'que les-wils, reptiles avaient: campé et qe Jj'eus-la chance d'apercevoir leur feu qu'il fât:allumé.

:+-CGomibien|pensez-vous qu ls étaient ?

s’informa: le guide.

‘«+eUnicent; dirai-je bien. Je n’en ai compté que: quatre-vingt-dix, mais il y én avait! une nutre troupe que je:ne

pouvais voir. Aussi, voyant qu’il y en:

avait tantquer.e je pouvais les tuer tous, je:tournai monwattention surles animaux et parvins, comme je vous lai dit, à leur en eñlever une quarantaine environ.

s1--Ceifut-là un beau coup ; mais: quien avez-vous fait ?

:: Oh! j'en emmenai quelques-unsici, pour empêcher les Peaux-rouges de les retrouver, répliqun le: Corbeay, caressant complaisamment le côté barbu-de sou:visage. Si vous avez.de bons-yeux vous pouvez en voir une pair à travers-les. broussailles. :

«Kenneth regarda dans la dirontion indiquée et aperçut le cheval:de:Nick set ile sien ! Il connaissait enfin lé» voleur nocturne qui lui avait causé tant d’ennui. Le jeune Kentuckien ne fut pas maître de sa stupéfäction, mais | ilne savait ce-.qu’il devait admirer le plus déila: froide assurance de Tom Slocomb ou de sa facilité à altérer la vérité, —Où avez-vous rencontré. ce :formidable camp indien que vous avez si bien dépouillé ? dit-il avec un mépris marqué, :

—De Partre côté de ile, répondit Tom, sans perdre la: moindre partie de son; sang-froid.

-:##Gela: m'est pas douteux. Votre superbe récit est, je le vois, fort redevable aux embellissements d’une imagination féconde. Vos cent Indiens se réduisent à deux trappeurs égarés ; et vos quarante che vaux-sont représentés par deux bêtes.surmenées. Vous êtes un corbeau qui ne crousse pas toujours la vérité.

Uneiexpression de stupeur véritable se-peignit surdes traits de Tom Slocomb, qui s’écria d’un ton moitié, mystifié, moitié chagrin: :

1rrMontagnes rocheuses ! Qui aurait cluça 1, Je ‘veux être scalpé si je ne croyais pas avoir tout ce que : je

vous ai raconté. : Il: y'a ‘à: dedansl un:

mystère que je ne puis expliquer. : Cala,

vient ‘peut-être de! ma: doublé, nature, S'il y avait au monde quelqu'un, comès | posé conime je le suis; mélange de deux races, je veux être foudroyé, si’ tout ce qui trotterait dans sa tête n'était. pas confus, tourné à l’envers.

—Je n’en apergais, réplique sèche ment Kenneth,

—Vous avez untas dé finesse à votre disposition, soit ! dit Saül; mais c’est assez de paroles perdues à "votre sujét.

Ce qui est engendré dans une créature doit en sortir d’une façon où d'une autre. Je suis une espèce: de‘voléan

ambulant, qui doit, à ses heures, faire

érruption. Fermez-moi la boithe “et gs terai de quelque autre manière...

:'Tom arrondit sa période: par une répéiition de croassements stridents. Le guide l’arrêta au milieu de’ cette bruy:

ane démonstration, tandis que Kénneth fixait son attention sur un point de la terre s'étendant dans-le lac. Il croyait y volr:an-corps humain. Ce pouvait être une illusion décevante ; ce pouvait être unésréalité ;: Mais quoiqu'il en fût, le jeune homme poursuivait son. extifei

avec la plus vive arixiétée 19 aus, & S8ld

É CAPITER, sx 3. fe NAT UNE ÉPAVB ES 40 baise (Vous avez de: bons yeux, ir mor: garçon, dit Saül Vander qui demeurait assis/sur l6 radeau.” 1" —L'avez-vous aussi remarqué demanda Kenneth:

—Oui, réplique Saül, —Il me semble que c’est une een à demi-cachée par les buissons." 17" —Bast ! Qu'est-ce’ qu'une: femme pourrait faire ici! s’écrin Slocomi ps ton incrédule. L'el MY —C'est ce que vous devriez #mvoir, riposta le guide. : Vous avez un si miér:

veilleux talent pour cnléver les chevaux que vous devez, je crois, mieux fuire les choses qu’une foule de gens. .

—J’ai toujours jouit d’un: instinet ex traordinaire pour découvrir quoique ce soit ayant apparence de femme ; ainsi; laissez-moi jeter nn coup d'œil de:ce côté.

—Il vaudrait, peut-être, mieux nous dire si c’est avec votre œil civiliséon vo:

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