‹ Les trappeurs de la Baie d'Hudson [microforme]Chapitre 4 sur 57 · SAUL VANDER · texte numérisé non relu

SAUL VANDER

Le soleil d’une agréable matinée de printemps brillait joyeusément Na la petite tente blanche de :Saül Vander, vis-à-vis de l’embouchure de l’Assini:

boine.

Saül Vander était un ancien résident, généralement connu dans le pays sous le rom de Vieux, Saül, le Guide. On lui donnait la réputation méritée de connaître à fond les.bois, prairies, montagnes, rivières et lacs. Il avait une physionomie honnête et ouverte qui prédisposait beaucoup en sa faveur.

Cependant, ses traits,endurcis par,la fatigue et les intempéries, annonçaient une volonté opiniâtre. Le son de. sa voix dénotait aussi un homme ferme et résolu. Il avait habituellement l'air grave ;. mais rarement cette gravité dégénérait en tristesse. Nous mentionnerons ‘leux particulurités de son caractère: Saül Vander considérait que la légèreté et la rodomontade étaient indignes d’un homme ét il supportait dificilement les contradictions.

a LES HhAPPADNS De LA BAIN TDHUDSON

At moment où nous le-présentohs ati lécteur, Saül Vandér, nssis à la Iporté.de

sa ténte, fourbissait les armes nécessaiii rés sa profession: Près délui, së'tel nait une jeune béartté de ‘ses formes ct la grâce de son altitude; était bién propre à iuspirer de Pmtsrèt. ‘Petite de tille, mais admirablement faite, elle rappelait les chefsd'œuvre de ln statiaire antique. L'idée dela perfection s’attachaît ’naturelle- . miént' aux contours classiques do‘sa tête, de son col délicieusement posé'!snr: un

btiste adorable, et de sës'pieds’et'de.ses

mins, dont le galbe délicat éut séduit lés plus grandes dames.

‘Sylveen Vatider avait la bouche mi:

gñonne, les dents blanches comme Pi-

voire, les joués roses sous ‘une légère

nnäfice olivâtre qui en réhanssait l’é:

clat;'les' yeux vifs, percants, le nez mo:

délé avec amour, tine fossette at métiton; le'‘tout était encatlré par une brune chei: vélüre, dônt lus boncles folètres ondüy:

aïent'stir ‘ses épanlés: Adcoudée près:

duguide, elle frimait: dvéc ni tin/contrastro fipipant. ° Féi régnañent kx'scnsi: | bilité, la doücéur, H'’beatté datis tonte:

leur ‘richesse. Là c'était la! forec'i la ‘rndesse, l’éhergic' dans toutélour

puissance. 10 5 “EM vôis, petite, que'je mots tout en ordre pour partir encore. ‘Il ne faut pes té’lé vieux 'Saül reste longtemps oisif} il se rouillerait bien vite, dit le ‘gtride, en suspeñndant son travail et regardant téhdrément sa fille. ‘ni ose —Savez-vous à quoi je pensais, mon péré ? démaända Sylvecn avec ‘un: peu ’JEhŸ commett potirraije savoir cé qui passe à travers cette petite tête:

là ‘dans le 'éonfañt d’une journéé ou d’une minute ? quelque caprice qui n’a péut-ôtre pas le sens commun, hein ?

"Je me suis déterminée, dit Sylveen, se redressant en croisant Jes bras sur sa poitriné et battant le 6ol de son pied, à suivre la brigade. his Le vieux Saül, le guide, laissa tomber

la platine de sa carabine, qu’il astiquait

vigoureusement avec un moreécai de péau de daim, et, jetant un coup d'œil sur la béllé enfant, partit d’un long et bruyant éclat de rire.

Elle supporta cette joyeuse moquo-

sonne qui,” par I&

riéidé l'air te pins calicetiolplustranqüitle qu'it soit possible d'iniéginbrs:rr:

“Quind vons anrez ass: bi,- Snül Vürider, ditcelle enfin, nous recommen:

cerons et vérrois si nots polwvons nous accorder. Jai fuit une remarque; il me semblés °°" RAGE 160 v PYEt arss 4 Oui, ma chère filestu a certaines: :

mént' fait’üne rémarque;-vépliqua ia guide en‘haussant les-épaules. 1171:

“Je vetix'üller avecilu .brigatle; re prit Sylveën d'un'ton:décidés 1 :».

Vander fronça légèrement les sonréils; :

mais ses yeux rencontrant ceux ide Sykveën, il sourit. 4e) ME il

— Parle, toujours ; Bonton-de-rose:;.

j'aime :à :t’entendre ; ta: voix résonnoi coftime ‘des clochettcs d'argent: laux!

oréflles du vieux Saül,le guides: 151553?

2uMon:pèro; vous Pentendresichaqne!

jow del’année, ou’je ne suis pas sois

cière; dit Sylvoen: en caressant, de'ses :

blanchés mains, le: visage‘ tanné: du::

guides: : SEE OH BR AOF 91H06

auPuics bien: la ‘plus grande soroière::

qué’jé suche, ditorgucilleusement Saühi’

JupPai sérieusement songé àdredtte af:

fäiré, Mmon:père, répondit la: jenhe fie:

et mé-stis décidée à vous acoohpàgrer »

dois: Mi” prochaine | campagnes1l iest'; 'vrü que (A suis joune-et : pou dècontur4!

mée aux privations; mais, mjouta-t-e lie!

chaleureusement, je puis n°y habituer; ” iii ef #h

je le‘suis.

=C’est l’école qu'il te fant, :ma po vre enfant. ‘Tu serais brisée après li:

prengère journén de ‘marche avèbc'la:

brigade. 5 (OP RGU HO onu Non, répliquit-elle, en faisane: un:

signe de tête déterminé. Ohrere pe =Réfiéchis un peu aux dangers de la vie de trappour; ma chérie}: objeetn lé guidé qui ‘la : contemplait passionnément. b Sainitninogen C’est ce à quoi je pense nmitiet jour, mon excellent père, fit-clle: d’un ton piein de donceur.: Quand vousètes :

parti je me dis: A :présènt mon père traverse de sombrés défilés, ouril tend ses pièges près des dangereuses: res traites des Piods-noirs.' Peut-être à ec moment est-il blessé ct n'a personne:

pour le soigner. Ah! ces:idées m'ermpêchent bien souvent de dormir, ‘ —Bouton-de-rose, :je crois” qho':tu m'aimes bien, dit Suül vivement ému.

LRSTRAPPEURS DE LA /RAÏR ;D'RUDSON 13

dpi sin ed 2 ses bras

surson seinctajonta:avec feat si re

avec M brignde sis 21 |: Hhodos Püis, Sylveen porta ses regards vers

un:groupe de tentés dont lescônes blan- “ei

Châtrea 3e montaient. en aval:de ln rivière. ÆElle::remarqua :tout-à-coup| deux intlividus-qui savançaient, à;cheval. L'un montait:un::gtos chevet hai et iPantre tn: petit animal aux. poils longs ethérissés:: : Unrchien, à Paspeet misanthropique et aux praportions :gigantosques; los suivait. : Le plus vicux des deux cavaliers-—celni qaiavait.enfourché. le::fetit chaval--était d’une.

stature un ponau-dessus de.ly mpyenne, Ibayait le corps assez minee, maisimuscitleux; les pommettes les joues saillan, tes, les yeux éveillés, une bouche: pres:

quê comique;lenez anguleux et proémi+ nent, le front d’une largour suffisante, une’ chevelure et-une barbe d’un:rouge flanboyant. Le costume do.ce person, nage: était: ‘onduit d’une, conthe.de poussière et de graisse, Si bas:

LE ee ‘notre: hommé: en:matière.

richesses teraporelles; son visgge af frmaitiéloquemment qu’il était ot vouhit être heureux; sans se. soucier. des circonstances extérienres, ei en. dépit de la pauvreté et des périls. IL y avait, chez Nick Whifflee une bonne dose de

philosophieret. d’excentrioité. :: Que, le

ventfitiragé on non; que:la fortune füt bonne ou mauvaise, il était conteñt et rs ar ot son: sort, Bo tout au monde. trio rs “Bon:compagnon était benneaup plus jenne:ét d’unoi-physionomie. différente, Les yeux perçants de. Sylveon, Vander reconnurent de suite qu’il était plus enclin'anx raffinements:du cabinet de toi-

plus éloigué que PES

ricsité Ph à unc autre aa

ter nn, jeun h gars, LTIMETCS tout . pr qu'il comprend ; et. ignorc tout pe qu'il, ne sait, pas... Il s’appolle,

neth, Iverson. dr de. “coupalire,

mieux, quand vous aurez, fait connais sange.aveo lui... Je suis qn.termes irèa,

intimesavec lni ;ic9r une -f0is, *élait ma, foi l'hiver dermien, je Ini ai donuéle.

meillourfouet quil ait jp su dan sa vie; oui bien, je le Du LE ne ‘Kenneth: devint rouge:

voine ; il jeta: uu regaxd Sri ape probatour. à Nick, qui Jeu embarras. Hcrrot nè tr M Iverson, nous AIR. aveg..ae bonnes recommandations, dit, PARA baissant à demi. les yeux, Mon :ami Wiufiles m'a ce ment rendu un immense servico,. sn es qua Kenneth, qui se mordais- Jen lèvres de dépit, C'est cette baguette qui, a fait Pat faire, poursuivit Nick, en tonchant..dn doigt la baguette de sa sr Quand

letéë que l’honnôte Nick.Elle fut aussitôt | je leus -fauetté, dela: bell

convainené qu'il n’appartenait pas. au commun desaventuriers, La modestie Pempêcha de l’observer bien particulièrement;: mais $a bonne mino.. et. lélégance de :sataille n’échappèrent Lol à Ia jeune: filé, Le

En approchant, Kenncth Ivorson arrôta sn vue sur Sylveen, avec un sentimont de curiosité fort naturel à l’âge qu'il avait. Mais, quand il n’en fut

Q. NC vous savez, je metronvai si: s A Aa 2 aurait.pu me, renverser. axec la barbo d’uno plume.

-+Qu’avait donc fait votre RE Syiveon eu appuyant sur le dernier mot, ur-mériter uno parcille discipline ?

maligne jeune fille, fidèle aux jai tincts de son sexe, voulait punir Kon neth de Pavoir fait rougir par la. fixoté de son regard.

JS: Whiffics allongea. son bnp. dpit droit it,, avec un accent .de Sérieux sp es.)

88 gelait, ‘mamselle} voilà. ce

quel fusaits On l'avait assommé, laisachever,

4 pour! mort, et.le froid allait D que Lj'arivai et, grâce au fouet que je

donnai libéralement, il revint à la mul C’est. Chris Carrier et Jean Brand, ces deux, misérables, qui avaient fait ce beau coup. J'espère

drons la monnaie de leur pièce. Si je uvais, seulement lancer irebug. sur pe trace—Firebug est mon coursier,— uyé par Calamité,— qui est mon ne ne m'arrôterais pas avant de leur avoir fait faire connaissance avec Humbug (Blague) qui est ma carabine. | t —I1 me semble, dit le guide, que vous avez de bizarres.idées sur les noms.

Je ne. vois,, pardieu, pas, la cenvenance.

d'appeler FREE une carabine ; ,Gar a AU west rien au monde de moins lague) qu’une carabine. us Nowehasiendtez tous, j'espère, Qu'il yaune certaine quantité de Ayrm Céuit t} en elle, quandelle envoie à :

verges de distance une balle de corps mortel d'un Peau-rouge.on. d’un, animal. Nous ayous, tous nos petites particularités au sujet. d’une: chose on d’yne autre, et les miennes, s’attachent à des noms. J'aime à.ce qu'ils se ressemblent un peu, afin de me les mieux rappeler.

Ce chien—et Nick désigna du doigt le colossal mâtin—n’est pas tout à fait beau à voir; mais il a bou cœur, je vous jure.

Il est, je l’avoue, d’une humeur hargneuse, et pas mal disposé à regarder les habitants de la terre comme ses ennemis naturels, C’est la terreur des malfaiteurs, des jupons, et de fait, de tout le monde à. peu près.

Tandis que Nick discourait sur le nom et, les qualités de son chien, Kenneth hasardnit des rogards admirateurs sur Sylveeu. Whiflles aurait sans-doute pas-

sé à Véloge de son cheval et démontré,

la propriété de son nom, si l'arrivée d’an

autre personnage n’eût changé. le.cours de là conversation. Le nouvean venu était beaucoup plus vieux que Kenneth, un. peu plus grand, et d’une conformation moins musçuleuse et moins symétrique.

Il avait le teint plus bronzé, les yeux

quil viendra un.

temps, Saül Vander, où nous, leur ren-

Fee

ERA aus, c | ee tas

\ pRtites ces. étroitement . GOmprir dents blanches, et ur gèroment: Lau RAA Mn rfait, Resa ses por unerbar SE guée pate soin, En -approghan TE une .inclinaiion. mur

sa fille, ue Fa pois 1 Nik È Whiffles, par te, à peine pnatillee et ne sur OS der

rapide et inquisiteur. ul F

—Une belle matinée, mon:

Je Dre que vous en. aves He

row, dit Vander.—C'est Nick

parler. Ce jeune homme M trant ER nibone son ami. IL ge me... [verson, je crois. Monsieur Îvgte.

son, Mark Morrow. ostil

Mark Morxow, qui avait.mis TS terre, daigna à e1ne, FOMAL neth, et le peu | re pa Fe rh qu CRYOYEr: AR ; Dr a UL #iov a jomment vont vos M là campagne de cet été, mon. emit.

mando Mare, tont en. considérant, veen,, qui. semblait disposée à À RUE sons Ja tente. nt Jitéri —Je pense que Pair. du métin ne

fexa pas ou mal, paie enles Ver e ajouta-t-il, en surprenant, son et sans atéandre la JPpRuR du air du. matin LUN personne, répliqua-t-e en tn» ne —Les affaires marchent assez: , répliqua. Vander à la question. de. | row. Bientôt, nos hommes seront. pa route vers les ç es des castor, et les retraites des 4e 9 hit fines -Je vous souhaite cordialement du, succès ; et si. l'espérance n’est, pas, 1 vaine chimère, vous en aurez, ti promptement Morrow. Si vous éties un jeune blanc-béc-il Nr ipogeres je a’aurais pas grand’foi en yoixe.on treprise ; mais comme, vous À les d'ine autre trempe, il n’est pas douteux que :

vous roveniez chargé de pelleteries, Kenneth, qui,se tenait près de son cheval, le bras droit jeté négligemment sur la selle, étudiait minutieusement:

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