UN 5% RETROUVE
À guuvhe de nos personnages s’épauuuissait une éclaircie entre les arbres et les broussailles, À travers cette
écluircie on apercevait les plaines de la Saskatchawan dont les ondulations se
LES TRAPHEURS D£-bA.BAH-D'HUDSON
déruulaient .en.. contours harmonieux comme les vagues de l’océan, . net
C’est de là qu’arrivait le çoup de feu.
Tous les yeux se portèrent. instantané, ment dans cette direction:. D’abord,on ne découvrit rien qui pôt exciter l’intérêt ; mais bientôt deux cavaliers se montrèrent dans le lointain. Ils couraient à toute bride. Les regarûs s’attachèrent à eux, et, deux minutes après, parut une troupe de gens qui poursuivaient les premiers. Cette nouvelle troupe se composait de cinq ou six personnes.
£ —Ce sont des Indiens, dit Saül Van-
er.
—Indiens ou non, répondit Kenneth ; ils semblent en vouloir aux deux premiers, et le troisième a un désir aussi vif de leur échapper.
—Eh! donnez-moi la main, que je puisse leur donner un coup d’æil, des manda Nick.
Kenneth aida le trappeur à se lever.
—Ce sont des Indiens et une squaw, dit Nick, après un moment d’examen.
—Je le crois, affirma Saül.
—-Si je ne me trompe, ils auront fort à faire pour éviter les autres, continua Nick. Ils vont d’un train d’enfer,et leur chévaux sont excellents, mais les vermines lâchées sur leur piste coms mencent à gagner du terram, 6 Dieu, oui! Je voudrais bien être sur le dos de Firebug, en ce moment, je vous secourrais ces deux pauvres créatures, dût-il m'en coûter une autre petite difficulté comme la dernière, oui bien, je le jure, votre serviteur !
Kenneth se hâta de grimper sur une légère éminence, et fixant son mouchoir au bout de la baguette de son fusil, ilse mit à l’agiter. Sans doute, les fuyards comprirent ce signal, car ils s’avancèrent de suite vers le monticule. Mais leurs ennemis les serraient de près en chargeant et déchargeant leurscarabines avec une incroyable rapidité.
—Je distingue un tout jeune Indien, dit Kenneth. Comme les balles siffient autour de lui. On croirait qu'un charme protège ses jours, Voyez;:il'tâche de:se pen entre ses adversaires et la squawrs
l la protège de son corps ! Et le voioi qui se retourne sur sa selle et fait feu, Brave gurçon! ce serait un: malheur
qu'il sucéombât. ‘Je cotrs à son aide!
Saisissant'sa carabine, ie jeune homme vola atissi vite que possible vers les fugitifs. Saül Vander et Hammet le suivirent, le dernier marmottant quelques observations contre la tér.rité des jeunes gens.
Le péril des fuyards devenait de plus en plus imminent. Il semblait qu’un miracle seul pût les sauver. Mais une invincible ardeur les animait. Leurs chevaux paraissaient partager cette ardeur, à laquelle répondait, d’ailleurs, les efforts de l’ennemi. Cette course offrait un spectacle admirable !
Peu à peu, le quaker cessa de maugréer. L’excitation s’empara aussi de lui. Ses pas augmentèrent en longueur et en célérité. Dépassant le guide, il rejoiguit Kenneth, qu’il devança presque aussitôt, malgré: les tentatives du jeune homme pour se tenir à sa hauteur.
Arrivé à quelques verges seulement des deux autres bandes, Hammet bondit comme un limier, Un Indien, monté sur ga gros cheval, voulut lancer sa bête sur lui pour le renverser, muis Abram, sans même se détourner, saisit l'animal. par la bride, et l’arrêtant avec son poignet de fer, jeta l’Indien à terre.
La fiche du quaker brilla une seconde, eu décrivant un arc de cercle et s’abattit comme la foudre sur la tête du cavalier.
S’élançant sur la selle du cheval, et brandissant son arme ensanglantée, Harsmet cria, d’une voix aussi retentissante qu’un clairon sur le champ de bataille :
Arrière, nègres rouges! arrière!
Abram Hammet est ici et Abram Hammet ne frappe qu’une fois !
— Mort aux misérables ! . vociféra Kenneth. Courez au secours de l’Indienne, Hammet ; un des scélérats s’approche d’eile,
Un horrible croassement se mêla, à ce moment aux autres sons qui troublaient le silcnce de la prairie, et le Corbeau de la rivière Rouge, monté sur un cheval bariolé de couleurs, qu’il guidait de ses genoux, de ses pieds et de ses mains apparut soudainement sur le théatre de cette scène tragique. Il battait des aîles come une perdrix au temps des amours, et plein de Penthou-
tive d’un combat, il clamait :
— Je suis un bouleversement, une catastrope, un cataclysme; la terreur: de la terre. , Couah ! cuuah ! couah!
À la vue de ces-renforts, les pourstuvauts ‘intimidés lächèrent pied, à l’exception d’un d’entreux qui fut tait prisonnier. : Mais ils laissmieit sur lo prairie : deux“ces: leurs morts et eux:
mêmes étaient blessés. . i é
Kenneth s'approcha alors du jeiine Indien qui avait si résolêment défendu si compagne.
. —Le Loup! s’écria-t-il, pouvant 4 peine en croire ses sens,
Oui, c’est Le Loup! repliqua l’adoi lescent gonflé par sa victoire. Pied-dé:
renard, pensait le tuer avant que sc griffes et ses dents eussent poussé, muis le Maître de la vie ne l’u pas voulu.
Kenneth se tourn:i, avec uñ treinhiement nouveau, vers l’Indiénneée, : Son cœur battait violkrment d'espérance ++ de crainte. ÆElle-même, à cet instui!, fit un mouvement sur son cheval, liver.
son lâcha un çri de joie, s'éliuet ver:
elle, la saisit dans ses bras, ét la dejoxà terre, en la couvrant de buisers.
C’était Sylveen Vana:r.
Ni lun ni l’autre ne pouvac parka, mais Jeur amour mutucl s'exprime tout ‘ entier dons un muet embrasserac:t.
Elle avait presque perdu connaissance,
uaad Kenneth la remit teudrenient dé les bras de son père dont les larmes et les caresses la ramenèrent bientôt au sentiment.
En vérité, dit le quaker, la main de la Providence nous a guidés. O-h !
—Et je remercie cette Providence !
dit Saül se découvrant respectueusement.
—Pas plusque ce jeune homme, reprit Abram, étendant la main sur l'épaule de Kenneth.
Il s’est montré le plus liave et le plus fidèle des Amis! réplique chalenreusement Saül. Et, ajnutu-t-l, d’un ton rêveur, je voudrais savoir tomme:..
le récompenser.
—Je puis te le dire, ami Saül, dat Abram.
. Faites-le et je serni.vatre-obligé
sjasms que soulevait en lui Ja perspec-
14. LES LR APPBURS: DE jusqu'an dernier : jour de ma ‘vie, vous comprenez!
ponctuu, cette déclaration. :
Accorde-lui.la main de ceite charmante jeune fewme et je te garantis que, tu lPauras récompensé au centuple;
Saül. regarda tour à tour sa fille-et
Kenneth, Kenneth:et sa fille, Le vi-|.
sagc de Sylveen, devint. rougé comme la corolle d’un coquelicot. "
Si elle l'aime, vous gomprenez? fit le guide, en hésitant.
-Cousulte sa physionomie, ami Vandef. à rÉ al) s
Saül, souleya doucement,lu tête de la jeune fille.et une larme roulu lentement sur. sa joue. tannée. ob errreqn
+-Donner:mon Bouton-de-rose, mur cher Boutuu-de-rose!murmura-t4l} mais après:tout, il faudra en: venir là:tôt on tarct,
Prenez-moi cette . jolie : petite : muni
c'esttout.ce que le vieux: Saül dovpner de plus précieux. à
Merci, oh!"merci mille fois de votté inestimable présent !'sécria'Kerrneth au: comble du ravissément: °°
—Müis vous disposez ‘de moi, sans mon consentement ?-balbutia: Sylvéen:; cachant son visage cramoisi dans de sein de suu père. OLA 8
—Ta mine parle, ah! ne parle que trop, petite méchante ! répliqua-t-1.
Eh ! on ne peut tromper un vieux chusseut Comme moi qui connaît son Nordouest, comme tu connuis tes lettres, tü comprends ? :
En vérité, cela est vrai, dit Abram.
Allons; continua Vander, Ivérson, aidéé-la à se remettre en sellé, mon garçon et uyez-en soin , Vous CoMprenez? Nongullous vunter tout çà à Nick Wluffles que voilà là-bas, agitant sou vieux casque de veau-murin.
—Muis que ferons-uous de ce gaillurdlà ? s’enquit Abram, attirunt l’atteutiun sur lé cuptif qu’ils avaient fait,
Kenneth, pour la première fois examiva le prisonnier que Tom Sloconb tenait pur l’épaule. La colère se peignit bientôt sur ses truits, Car sous le déguisement. indien de ce peronds ge, Iversonu reconnut Jean Brand. 1] alluit céder à l’empurtement que lu
puisse
AHons,: mon: garçon ; venez ici: |?
LA BA DHEBSON:
causäit la rencontrede ee-coquin, quand
, ‘re tofun.coupdeæil de Sylveen l’arrêta.
Un: vif. regard, adressé au quaker,|,
-—Je lui pardonne le mal-qu’'il m'a fait, dit-il reveriant à des sentiments plus doux. ‘Comme, d’ailleurs, : il est blessé, sa méchanceté ne: restera: pas tout à fait impunie. Le ciel-se chargera dele châtier comme il le mérite;
—Montagnes Rocheuses! exclama:ile Corbeau, laissez-vous uinsi aller les choses ?
—Oui.
—Eh bien, 1l n’en sera pas de/rmême pour moi. Je serai sa ruine, sa catas+ trophe sa deruière maladie !:Couah !
couah ! couuh !
Et là-dessus, saisissant une baguette de: fusil, il administra à Jean une corréctiou dont celui-ci conserva indubitablement le souvenir jgfu’à la fin deses jours, x è Pendant qu'il IéMistigeait, les autres avaicot-rejvint Nick Whiffles.
» +Pien, ami quaker, vous êtes revenu pour répondre à ma question, dit Nick, après avoir-exprimé le bonheur que lui caushit bi délivrance de Sylveen.
x lu vérite,je ne suis. . ..,commençs LA braim.. AT}
Pas. de : phrases, Largebord. Ma question est : Qui êtes-vous ? oui bien, Je le jure, votre serviteur!
Hammet sourit.
—Je vais te répondre, dit-il, d’un ton ‘cordial.
… Un moment! n'allez pas vous em- ‘pinger dans des diubleries de:phrases, dongues cumme la rivière Rouge, si vous ne voulez pas avoir uue mauilite petite difficulté avec moi.
—Je m'en garderai bien, car nous avons déja eu un différend à ce sujet, quoique ça ne soit pus allé jusqu’au * catuc!ysme d’une maudite petite dificulté,?
réplique Hummet toujours souriant.
—bruvo ! bravo! le quaker s’est enfin envolé, s’écria Nick ouvrant à dehx battauts les portes de son hiuneur cnjouée,
—Mon nom n’est pas Hammet, mais Lverson, reprit-il, et je suis oncle de ce jeune homme...
—Jverson! Mon oncle ! interrorapit kKenneth.
—Oui, Ivérson, votre oncle, mon beau neveu ; mais un vncle que vous n'avez
jamais tconnnp car :Pai: quitté le! Ketis |: | Fe in'ai point d'héritiét, reprit Hadme' | tucky avatitivotre nuisstricé. Ventren!met; mais après avoir voyagé en Et: ce pays je me suis assuci aux membres | ropé ‘ét mêitie ‘enr Asie pour satisfäire deda:compagnie de la“baie d'Hudson,|mes goûts, je songeai à vous, Kenneth, : etai gagné une: assez jolie fortune. Bien | en ‘rentrant dans là mérefpatrie. Met. souvent: ai parcouru: lé Nordiouest.|tant urdre à mes affaires, jé repassai C'est:à-ces voyages. multipliés à travers | l’Atlantique et ätrivai au lieu où vous : le pays ue la connaissance que | étiez! né. On ‘‘m'apprit ‘vôtre dépri je-posséde de ses vicissitudes et dé ses | pour le Nord-ouëst. “Je cotirirs à ‘Môtit: ‘” particularités. Vous avez été plus d’une | réal'où ün agent m’apprit'qtie votisvous! {vis surpris de la confiance que j'avais 1:
étiez engagé au service de la conipagnie * en moi et de ma témérité à uffronter les | de la baie d'HiMson: Il était facile alors périls: Mais cette confiance n’est que te
de vous suivre,,Me joignant à un petit fruit naturel d’une:longue éxpériencé! ms je Montai à la rivière Rouge par Après m'être enrichi dans le commerce | le
s Grands Lacs. A Selkirk,vn me racont ’ des pelleteries je revins en Angleterre
où jé suis né. Votre père, Kenneth,mourait pendant: ce temps, eu vous laissant orphelin, car votre mère avait expiré en
ta votre duél avéc Mark Morrow, et l'en:
trée en campagne dé là brigade des
trappeurs, dont cette jeune 'personiie for: ‘
maitunesi intéressante fraction: Rekbnt
vous-donnint le jéur. Vous fâtes confié aux soins d’un oncle que qui mots rut aussi peu après. "Il vous légua ses biens, à condition-que vous épouseriez sa fille, «fin que la propriété ne! sortit pas de’ la famille. s'uitiul Et je refusui de souscrire à ce mar:
toutes les circonstances; je :conclusique: :
je ne vous trouverais pis loin de cette: : | compagnie de chasseurs:et j'étais éur sœ :' r #3 piste quand, heureusement, je vous:rens ‘: contrai ;avec- votre excentrique ami, © Nick Whiffles. Désirantéprouver votre: !:
caractère, tout en déguisant le mien, je
ché, ce qui m’ubligeu plus tard :à aller chercher ‘fortune ailleurs; s’écria Ken-
tis le maintien: et le langage d’un.qua-. :
er, rôle que j'ai rempli plus ou moins. :;
neth. Ma résolution m'a cuusé bien des tourments, muis li juie que j’éprouve en ce jour compense tout.
Sylveen le remercia par un regard tinide, quoique chargé de tendresse, :
Si, continua le jeune homme, ma cousine avait été jolie, agréuble, je n’aurais: jamais vu.la baie d'Hudson, ui— ajouta-t-il en se penchant à l’ureille de lu file du guide—Sylveen Vunder.
bien, comme vous avez ph en juger, .
—Ce qui fut un :pêéhé de déception:
et rien n’est plus vile -et.-abuminablé.::° O-h! a-h! rejanna Nick. 14 02 0h Abram sourit et Kennèth lui serra la main avec effüusion. Rae —J’ai souvent excité votre curiosité, et vos soupçons, Contintua le premier, is.
souvent même je me suis attiré Ja colè-..
Eh! vous uvez fièrement bien fait de ne pas épouser une maudite petite créature que vous nuimiez pas, dit Niék.
Pour moi, je ne voudrais pas épouser une jupe si elle ne-preuait d'assaut mu naluré intérieure, à Dieu, non!
— La fille du Nuage-à-la-robe-bleue, a fait celu, vous coprenez ? suggéra Suül.
Dans la fammtle dés Whiffles on he lutte jamais contre -les destinées, dit froidement le trappeur, Ce qui doit être sera, et on le suit, Celui qui résiste à lu fatalité est uu fon. Je savitis que ces deux enfants-h se retrouveraient, voilà pourquoi Pai cherché’à les'réunir. Preitez bien soin de Bouton-de-rose, capitaine'; prenez-en bien soin. Elle vous rendra’heurenx, 6 Dieu ! oui,
re de Nick Whiffles, J'ai eu guelquefois plaisir à taguiner et mystifier, notre ami.
suis “le tueur mystérieux.” nos ennemis de la manière et la plus expéditive
e dépéchais 6, afin.de
conserver mon prétendu caractère; et.
aussi pour faire tourner la, lan ue du
commMérage. Sr ce point, je crois avoir .
réussi, n’est-ce ‘pas ? Vos ‘conjectures | m'amusaient bien, je vois jure. J’uile
bras robuste, comme vous voyez jun seul coup de’ cetté hache délivrait de toute peine future, le milhetrreux
Peau-rotge qui se trouvait sir mon passage. Après tout, ma méthorlé était :
charitable et nul ne souffrait, suitf Celui qui méritait un pareil sort. Je suis sûr
C’est moi, vous ue qui ,
la plus piste
nee ue: à
EPA PARENT ET D
que; Vous ne m'accuserez ni de cruauté, hi d’avoir inutilement versé le sang.
—(Ça arrange tout, s’écria Nick, et, en considérant que ceux qui ont profité de votre charité étaient nos ennemis,
nous devons être les derniers à. vous
blâmer. Je vous ai parlé un peu rude queique fois, Lurgebord, mais je pense que vous êtes assez généreux poitt oublier et pardonner. Vous êtes un brave,
et quiconque dira le contraire s’exposera
à une maudite petite dHficulté.
En achevant ces mots, le trappeur
souleva doucement la tête velue de Ca-
lamité, suivant son habitude, et le regarda tendrement dans les yeux.
Kenneth et Sylveen s'étaient assis près du chien et lui prodiguaient des caxesses. à ï —S'ilya quelque chose qui puisse le ravigoter, Pat son de votre voix,
Bouton-de-rose, oui bien, je le jure, votre serviteur ! Voyez comme il dresse les oreilles. Il dundine aussi sa queue, Il y & bien longtemps que ça ne lui était arrivé, car vous devez savoir Bouton-derose que c’est un terrible accès de, ma-
ladie qu'il a eu. es l’a pris comme un coup.de foudre. Toute sa colère contre les vermines rouges était passée, mais il a suivi votre piste jusqu’au moment où il tomba de faiblesse. ILvous flajrait, mam’zelle, car il savait que nous voulions vous tronver. |
—Vous avez tous l’air de vous tenir sur votre propre fond, dit mélancoliquement Goliath ; mais je ne puis m'empêcher de penser à mes pertes. Un si excellent breuvage ! Eau de la rivière Rouge, cinquante pour cent alcool et eau-forte ; je veux être écorché si...
La parole expira sur les lèvres du débitant de whiskey. Il venait d’apercevoir Tom Slocomb s’approchant, monté sur le curieux animal que nous avons décrit,
—Mon cheval, par St.-Michel ! s’écria-il. J’authentiquerai la propriété et
ierai les frais! Il porte un baril d’un côté et un Indien gris de l’autre, À bas, serpent venimeux !
—Je suis la ligne de division, la
de terreur indomptable uu Nord !
Quand à cette rosse, je vous la restitue de bon cœur ; car sa vieille carcasse
osseuse n’est pas séante pour le Corbeau
de la riviére Rouge. J'aimerais mieux gouverner un chaland à boue qu’un pareil animal.
Et Tom Slocomb sauta dédaignense ment à terre. . |
—=Oh ! comment ça Va, mon vieux?
fit-il en s’approchant de Nick. Je vous croyais mort, parule d’honneur. Et le chat-sauvage, hein? Mais il paraît mieux que quand nous nous sommes quittés, hein? Il ne m’a jamais beaucoup aimé, c’est un peu comme tout le monde. Ça ne füit rien. Les lignes de division ne semblent pas très populaires. Ce chien sera votre consolation, Nick. Drôle de chose. Mais vous l’aimez et je vous respecte pour ça, Chacun, son opinion. Couah! cowah!
couah |
En réponse à ces cris, Calamité poussa un hurlement si bien nourri que Nick en tressaillit de joie.
Décidément son camarade recouvrait la santé.
—Le bonheur de ces deux êtres, dit Mme Stont, regardant Kenneth et Sylveen d’un air triste et digne, me rappelle les jours de ma folie, alors que.cet, homme insensible—désignant. Goliath —me déroba. mes affections virginales et ma pureté printaniére que j'aurais conservées si j'avais eu l'expérience que j'ai maintenant, et su, comme je le sais aujourd’hui, ce que c’estque le mariage.
Perscilla Jane joignit douloureusement les mains,et,avec un navrant soupir, contempla le ciel.
Le Loup, quiavait disparu tandis que Tom Slocomb châtiait Jean Brand, déboucha tout-à-conp du bois. Une chevelure sanglante pendait à l’arçon de sa selle. Son visage étincelait d’orgueil. Désignant du doigt l’horrible trophée, il s’écria :
—Le Loup a mordu! il a goûté au sang de son ennemi. Pied-de-renard ne reverra jamais le soleil se lever. I] a dit qu’il voulait me noyer tandis que j’étuis jeune. Le couteau qu’il m’a donné était caché dans ma poitrine. J’ai brisé mes liens, avant d’être jeté dans le lac; et en arrivant au fond, j'ai coupé la corde qui retenait la pierre à mon cou. Puis j'ai gagné la rive; j'ai surveillé Piedde-renard ; je lai surpris, je me suis
ro
HESGTRAPERURS ,DE :JA BALE, D'HUDEON JT
vengé! Lever-du-soleil, il est allé aux territoires de chasse des visages pâles, c’est cette main qui l’y a envoyé, |en travers de l’encolure du cheval, desr Est-il mort? demanda Sylveen en :vant Nick, qui, l’arrangeant soigneusefrissonnant. |ment, le soutint avec la tendresse d’une —Le Maître de la vie l’a appelé. Ce mére pour son enfant. soir, les loups en feront un festin. Déjà | Tout est prêt, dit-il ensuite ; marles oiseaux de proie planent au-dessus | chons ! de lui. Voyez cette fumée qui s'élève | Sylveen se mit en selle sur le cheval des collines lointaines. C’est là que qui Pavait amenée, Kenneth se plaga à sont les miens. Je retourne vers eux. 'la tête de sa monture; Mme Sftout, Jeune fille, uux yeux brillants comme Hammet et Saü] Vander suivirent, tanles rayens du soleil levant, ici nous al- dis que. Goliath se rangeait prudemlons nous séparer. Je vous ai aimée ; mais | ment à l’arriére. le Grand Esprit ne veut plus que je! Pour la première fois, l'esprit de Nick vous aime. Le Loup a adoré en secret. |tourua à la poésie, et il se mit à chanter Il a baisé votre ombre. Il a léché la | sr un air inédit:
ussière de vos pas. Lever-du-soleil pousié pa é Voyez s'avancer le héros victorieux. +1:
adieu! adieu! nous nous retrouverons dans le pays des âmes ! Kenneth et ses amis pue d’un ; Le Loup lâcha les rênes de son che- |éclat de rire, le Corbean battit des ‘ailes val, agita la main et partit comme |êt croassa, Calamité aboya. ps une flèche. 4 | Nous avons tons nos difficultés, dit 11 y eut quelques moments de pénible | Nick en interrompant son chant, maïs silence. lé grand secret de la vie c’est de né po —Ainsi donc, c’en est fait dé Mark | sé laisser abattre par les difficultés. Nôus Morrow et de Chris Carrier, dit enfin | devons les surmonter. Ne sommes-nous pas très-bien, maintenant ? Nous avons
Nick. Il ne reste que cette vermiine | pas très- L de Jean Brand. Autant vaudrait qu’il | üne note en perspective. Il y a eu diantrement des noces dans la famille des
fût avec ses complices. Mais nous de- |tren vrions l’obliger à faire sa confession. | Whiffles. On a vu des mariages, el veux-tül'en voilà. Maisile mariage n*
—C’est fait, répliqua Slocomb. Tout en lui frottant les côtes, je engagehi 4 |pas toujours le bout de nos tiandites petites difficultés terrestres, 6 Dieu,
vider son sac, et il m’en a raconté de Dieu belles. C’est lui qui avait enlevé cette non! La noce conduit quelquefois à..." Enfin, je sais ,ce que je veux dire.
jeune fille que nous avous recueillie près du lac, vous vous rappelez ? Et le bon trappeur jeta un coup d’æil significatif à Mme Stout,
—Oui bien, je le jure, votre serviteur ! un benu brin de femme, ma foi! | Puis, se tournant vers Kenmeth : —Veillez bien sur Bouton-de-rose,
+—J’ai pris au fort des renseignements sur son compte, dit Hammet ; et j'ai ap-|mon garçon. Ne la faites point repenpris qu’elle était fille d’un de mes an-|tir d’avoir eu une préférence puur vous.
Que je ne la voie Jamais en difficulté à
ciens associés de la corupagnie de la baie d'Hudson. Je me chargerai d’elle. | cause de votre conduite, sinon nous noùs On amena le cheval de Goliath près | fâcherons. de Nick qui l’enfourcha. Calamité| Portant alors ses regards bienveillants regardait piteusement son maître. sur Sylveen que ces conseils faisaient : «Donnez-moi le chien, dit le trap- sourire, Nick Whiffles ajouta avec sa peur, bonhomie habituelle et en manière de :.rJe,ne vois pas comment vous le | péroraison : dass pourrez, porter, vous comprenez ? fit, —Oui bien, je le jure, votre sérvi- Saül, teur ! et
.—Non, je ne comprends pas cela. Ù Goliath sonleva l'animal et le plaça
oo