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cielles ou profondes, peuvent troubler l’action de la pensée sur F3, et entraîner, à défaut de mutisme, la paraphasie. Les troubles de la répétition, de la lecture à haute voix, de l'écriture sous dictée ou de la copie relèvent de lésions des voies qui unissent les centres sensoriels aux centres moteurs : voies distinctes, et non « réseaux indifférents », ce qui résulte de l’interindépendance de ces fonctions et de ces troubles. On peut être paraphasique et bien répéter si on a une voie T1-F3 intacte. Pitres s'arrête devant la dissociation, rare, dans laquelle une énorme paraphasie de la parole spontanée, ou même répétée, peut coexister avec une exceilente récita-
tion. Ces faits ne contraignent-ils pas à penser que les asso-
ciations mnémotechniques, automatiques, utilisent des voies spéciales?
Pitres distingue ici deux mémoires verbales : 1° une mémoire verbale automatique, « mnémotechnique », ayant son appareil cérébral; probablement, dans le cas de la récitation, un mécanisme organisé dans T1-F3; 2 une mémoire verbale intellectuelle et volontaire, fondée elle aussi sur beaucoup d'habitude et de mécanisme, mais qui doit répondre à chaque excitation par des mouvements variés et changeants, et non par un système clos de mouvements stéréotypés, toujours les mêmes.
Cette deuxième mémoire aura dans l'écorce, en decà de F3, un substrat physiologique et anatomique indispensable mais diffus. -
Pitres conclut ainsi : si le paraphasique, qui comprend bien, qui articule bien et qui pense bien, parle mal, c’est du fait de la perte de certaines associations entre les centres moteurs ou coordinateurs d’une part et, d'autre part, les centres sensoriels, les centres d'images et les centres psychiques. La paraphasie peut exister sans qu'aucun de ces centres soit lésé. C’est une aphasie d’association, qu'il faut nettement distinguer des S. V. et des C. V., des aphémies et des agra-
phies. Elle n’est pas un élément, un commencement ou un
Se
reliquat de ces maladies, elle est un syndrome original, comme l’aphasie amnésique.
Dans l’aphasie amnésique, l'évocation est entravée par suite de lésions entre les neurones de la psychicité et les neurones sensoriels ou imaginatifs. Dans la paraphasie, la paralexie, la paragraphie, il y a émission incorrecte, inadéquate de la pensée, par lésion entre les neurones « psychiques » et les neurones « moteurs ».
Voici le tableau des aphasies, par lequel Pitres termine son travail :
Aphasies nucléaires 4° Motrices,
2° Sensorielles.
Aphasies d'association :.
1° Psycho-nucéaires :
Psycho-sensorielles : aphasies amnésiques; Psycho-motrices : paraphémie et paragraphie dans la parole et l'écriture spontanées;
2° Internucléaires
Perte isolée des automatismes de la répétition, de
la lecture à haute voix, de la dictée, de la copie (6).
III. — Etude sur l'aphasie chez les polyglottes , (Rev. de méd., 1875, p. 873-899).
Résumé de nombreuses observations.
Une observation détaillée. Essai de théorie. =
L'ictus et l’aphasie peuvent supprimer une ou plusieurs langues acquises, et respecter remarquablement les autres. Quand il y a récupération, elle se fait ainsi : la langue la plus
(G). Quelques années après son article da 1899, Prrres présidera la-soutenance de thèse de Dumora, sur la paraphasie. Dumora n’y conteste pas les précisions et les distinctions de Prrres; il insiste pourtant sur la parâphasie sensorielle nucléaire, par lésion du P. C. ou de T1, avec S. V., et sur la paraphasie démentielle avec diminution profonde de l'intelligence.
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