‹ Les travaux souterrains de ParisChapitre 5 sur 104 · ÉTAT DE PARIS AVANT LA CONSTRUCTION DES ÉGOUTS · texte numérisé non relu

ÉTAT DE PARIS AVANT LA CONSTRUCTION DES ÉGOUTS

que la cité. Les rues, non pavées et mal nivelées, offraient à chaque pas des monceaux d'immondices qui s'opposaient au libre écoulement des eaux.

J'emprunte à M. Maxime Paulet le passage suivant d'un ancien historien qui donne une idée de ce que produisait, dans les rues de Paris, ce mélange de boue, d'eaux ménagères et de déjections de tout genre :

« Pendant le séjour que Philippe Auguste fit cette année « dans Paris, il arriva que, se promenant un jour dans la cour « de son palais, il s'approcha de la fenêtre d'où il prenait vo- « lontiers plaisir à voir couler la Seine. Dans ce moment, des « chariots qui vinrent à passer près de là remuèrent la boue « dont les rues étaient pleines, et répandirent une telle in- <r fection aux environs, que le roi eut peine à la supporter, c Ce fut l'occasion qui le détermina à entreprendre un ouvrage « qui, bien que jugé très nécessaire, avait jusque-là effrayé « par son excessive dépense ; mais il était accoutumé de sur- < monter de pareils obstacles : il manda les bourgeois de la « ville avec le Prévôt, et leur ordonna de paver toutes les rues « de pierre, et son ordonnance eut son effet, ce qui rendit la « demeure de Paris et plus saine et plus commode. »

Il faut donc se figurer le sol de Paris couvert d'immondices que l'absence de toute police laissait s'amonceler dans les rues.

Il est facile de comprendre ce qui se passait lorsque les eaux d'une forte averse venaient s'accumuler dans ces cloaques; elles pénétraient dans les maisons avec des torrents de vase infecte. C'est ce qui résulte d'anciens documents et notamment d'une plainte des habitants du faubourg Saint-Honoré qui remonte à 4556.

Mais un obstacle d'une nature beaucoup plus grave s'opposait encore à l'écoulement des eaux.

Le sol sur lequel reposait Paris dans ces temps anciens était

10 LKS TRAVAUX SOUTKRKAINS lIE l'AItlS.

absolument plat, cl torl peu élevé au-dessus des basses eaux de la Seine.

il faut faire abstraction, bien entendu, de la pointe de la montagne Sainte-Geneviève, qui déjà était enclavée dans le mur d'enceinte. Mais le reste du sol de la ville, et même les plaines qui s'étendaient à l'entour depuis l'emplacement actuel du quai Debilly, des rues de la Pépinière, Saint-Lazare, Popincourt, Sainte-Marguerite et de Bercy sur la rive droite, et de la rue du

Vig. t. ~ Orographie de l'ancien Piris.

Cberche-Midi sur la rive gauche, présentaient une surface tout unie; on n'y remarquait pas encore les légères ondulations qu'y ont formées depuis les buttes Meslay, Bonne-Nouvelle, des Moulins, Sainl-Germain-des-Prés. etc. (fig. 4), ou du moins ces collines n'étaient encore qu'en voie de formation, comme je le démontrerai ci-après.

Ces plaines n'étaient pas élevées de plus de 4 à 5 mètres audessus des basses eaux du fleuve '; or les observations faites

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