MATÉRIEL ET DÉPENSES DU NETTOIEMENT DES ÉGOUTS
Le wagon-vanne est employé en 1878 au nettoiement des égouts suivants :
Nombre de wagons nécessaires
Collecteur des quais (rive droite), du Châtelet au bassin de l'Arsenal. 5
— Péreire 2
— des Coteaux 21
— RiToli g
— des Petits-Champs 1
— Sébastopol 7
— Henri IV 1
— Debilly 2
— Saint-Denis 5
— Bosquet 3
ToUi
Le nettoiement s'opère au moyen du bateau- vanne dans les égouts à large cunette, savoir :
Nombre de bateaux nécesaaires.
Collecteur d*Asnières, de la fourche à la Concorde 7
— des quais (rive droite), de la Concorde au Châtelet. ... 5
— Joséphine (Marceau) 6
— de la Bièvre 4
ToUl 20
Chaque appareil n'exigerait à la rigueur qu'un seul ouvrier, mais on en met habituellement deux pour faciliter les manœu-
somme de travail suffisante, parce que les godets, une fois pleins de sable, se vidaient en partie à leur sorlie de l'eau, sous raction du courant. On en est revenu à un appareil primitivement employé, un monte-charge composé de deux seaux dont Tun monte plein en même temps que Tautre redescend vide. J*ai cru néanmoins intéressant de donner ici la description de la drague pour montrer combien M. Belgrand ne laissait rien au hasard et s'ingéniait à compléter toutes ses inventions. (Noie de M, Cotiche.)
vres, de sorte que 150 ouvriers suffisent au nettoiement de ces grandes galeries.
Les égouts nettoyés au moyen du wagon-tombereau sont les suivants :
i° Collecteur des Batignolles par le boulevard Péreire et la rue Cardinel, de Tavenue de Clicliy h la rue d*Asnières (type 8);
2"" Collecteur Saint-Germain, de la rue Saint-Dominique au quai d'Orsay (type 5);
3<^ Collecteur Saint-Michel, du boulevard Saint-Germain à la Seine (type 4);
4° Égout de Rennes, de la rue de TAbbaye à la rue de Vaugirard (type 8);
5<* Ëgout Contrescarpe, de la Seine à la rue Daval (type 8);
6° Collecteur de Bercy, du bassin de TArsenal à la rue de Dijon (type 8 modifié) ;
7^ Égout du boulevard Voltaire, entre la place du Trône et le canal Saint- Martin (type 9) ;
8° Collecteur Rivoli, entre la rue de Sévigné et le collecteur du boulevard Sébastopol (type 7) ;
9^ Kgout de la Coutellerie (type 9) ;
10® Égout Rambuteau, entre la rue du Jour et la rue Quincampoii (type 9);
il® Égout Drouot, entre le boulevard des Italiens et la rue du Faul)ourg-
Montmartre (type 9); 12® Égout des Capucines, entre la rue Neuve-des-Capucines et la rue I^ouisle-Grand (type 8) ;
15® Égout de jonction, parles rues Pasquier, d*Anjou, Tronson-Ducoudray et Lavoisier (type 9) ;
14® Égout Saint- Placide, entre la rue de Rennes et la rue du Cherche- Midi (type 8).
Le service dispose de 78 wagons-tombereaux dans ces galeries dont la longueur est d'environ 13 kilomètres.
Le nettoiement des 600 et quelques kilomètres d'égouts publics de Paris et des 150 kilomètres de branchements particuliers abonnés, exige un personnel ainsi composé :
Inspecteur de i^assainissement 1
Contrôleur principal 1
Contrôleurs 5
Sous-contrôleurs 3
Piqueurs 14
Garde-rivière 1
Ouvriers commissionnës 185
Ouvriers auxiliaires 564
Total 572
IjG matériel se compose des objets principaux suivants :
20 bateaux- vannes à 3000 fr 60 000 fr.
45 wagons- vannes à 1600 fr 72 000
68 wagons- tombereaux à 1550 fr ■. 105400
10 wagonnets-tombereaux à 800 fr 8 000
2 wagons-bouleurs pour ciiasser les vases à
1500 fr 3 000
1 monte-charge pour Textraction des sables dans
les bassins à sables 1 500
2 dragues pour lextraction des sables dans les
bassins à sables à 2500 fr 5 000
2 trains pour wagonnets à 300 fr 600
12 margotats, dont 10 avec nacelle 99 500
Total 355000 fr.
Dans ce chiffre ne sont pas comptés les menus objets tels que : échelles, rabots, bottes, seaux, brouettes, etc.
Le crédit total mis cette année à notre disposition pour le service du curage des égouts (1878) s'élève à 1056000 francs*.
* Le crédit du curage des égouls qui, ayant 1870, se montait annuellement h plus de 1 100000 francs, a^ait été réduit, d^uis la fatale année i870, de près de 200000 francs : il avait, comme toutes les autres dépenses affectées aux travaux de la Ville, fléchi sous le poids des économies qui s'imposaientde t<wtes parts. Peu à peu, il fut augmenté, d'année en année, d*une somme proportionnelle au développement annuel des égouts. C'est uinsi qu'en 1878 il était remonté à 1 056000 francs. Nais, à la suite de la campagne engagée par la presse en 1881, sous le nom des < odeurs de Paris », contre l'insalubrité des égouts auxquels on attribuait l'épidémie de fièvre typhoïde qui sévissait alors dans Paris, le Conseil municipal, cédant au sentiment public, éleva brusquement le crédit du curage des égouts de 1 184000 francs à 1 902 000 francs, ce qui permit de curer au moins une «fois par semaine les petites galeries que Tinsuffisance des ressources ne permettait quelquefois de ne curer que toutes les quinzaines.
Chaque année, depuis 1881, le crédit du curage des égoul» est allé en augmentant jusqu'en
d96 LES TRAVAUX SOUTERRAINS DE PARIS.
Le nettoiement de chaque mètre d'égout coûte donc annuel lement 1 fr. 37 c.
J'ai fait voir plus haut les nombreuses incommodités résultant autrefois de Tétat malpropre dans lequel étaient tenus les égouts de Paris, alors qu'ils n'étaient soumis à aucun curage régulier et que Ton comptait sur les pluies pour les laver.
Faut-il de là induire que la profession d'égoutier est une des plus insalubres et que le séjour de ces ouvriers dans les égouts les assujettit à des maladies ou des malaises occasionnés par le dégagement des gaz méphitiques et principalement de l'hydrogène sulfuré? Je ne le pense pas.
L'accident connu sous le nom de plomhj mot synonyme iVasphyxie, a pu être commun autrefois, et même dans la première partie du siècle, alors que deux équipes seulement comprenant 24 ouvriers étaient chargées du nettoiement des égouts; l'intervalle entre chaque curage était assez éloigné pour favoriser des accumulations de matières putrides qui entraient en fermentation ou de vases qui dégageaient des gaz sous les pas des ouvriers .
Mais aujourd'hui, avec le nombre considérable d'équipes qui parcourent les égouts et les soins constants apportés à la propreté des galeries, on peut dire que les accidents sont des plus rares. Je ne prétendrai pas, comme quelques hygiénistes, que l'atmosphère des égouts, dont la température se maintient constamment à 14 degrés environ, est favorable à la santé et produit une sorte d'immunité contre les épidémies. Mais on compte
1884, où il a atteint 2015000 francs. Il permet ainM de procéder, concurremment aTcclc curage continu des collecteurs, à renlèvement quotidien des sables et au nettoiement répété des petites galeries par intervalle de cinq jours en moyenne. (Noie de M. Coudie.)
dans le service un grand nombre d'ouvriers qui travaillent aux égouts depuis vingt à trente ans et dont la constitulion est excellente et n'est nullement altérée par l'atmosphère dans laquelle ils vivent.