SERVICES ACCESSOIRES DES ÉGOUTS
Conduites d'eau. — Nous avons vu que depuis longtemps on avait reconnu l'avantage de poser les conduites d'eau dans les égouts ; ces appareils y sont faciles à visiter ; les prises d'eau pour les services public et privé s'y font sans ouvrii' de tranchées dans la rue, et le petit tuyau en plomb qui puise dans la conduite publique l'eau nécessaire à la maison passe dans l'égout particulier de cette maison sans gêner la voie publique en quoi que ce soit.
J'ai dit que Ton avait d'abord reculé devant l'augmentation de dépense qu'exigeait cette destination accessoire des égouts, mais que l'objection avait été levée par l'adoption du profil ovoïde emprunté aux Anglais. L'égout moderne de Paris, qui est le type 12 (voir la planche IV de l'Atlas), ressemble à un œuf dressé sur son petit bout; à la naissance de la voûte, c'est-àdire dans le renflement correspondant au gros bout, on peut placer deux conduites d'eau sur des consoles en fonte.
mètres, non compris les branchements de bouches et de regards, il en résulte que le prix dVntretien du mètre courant n*a pas sensiblement va rie depuis 1878, puisqu'il revient h fr. 45 c.
On voit facilement par l^inspeclion de ce type que les deux conduites de petit diamètre qui le meublent ne gênent ni la circulati(Mi des ouvriers ni les opérations du nettoiement.
J'ai démontré plus haut que Ton a combiné la distribution (Peau et le réseau des égouts de telle sorte que les conduites maîtresses correspondent aux ^[outs de grande section.
C'est dans les égouts de moyenne section, types n°' 7, 8, 9 et 10, que sont placées la plupart des grosses conduites d*eau, jusqu'au diamètre de 0™,60 inclusivement.
Les conduites plus grandes, de 0",80 à 1",10, ne peuvent être placées que dans les grandes galeries n" 2, 3, 4, 5 el 6.
On a cherché à affranchir le collecteur général de cette servitude, qui n'y serait pas sans danger.
Ga%. — On a voulu aussi introduire les conduites de gaz dans les égouts. Un essai a été fait, il y a longtemps, dans la galerie des Martyrs ; mais des accidents nombreux, causés par les explosions, ont fait renoncer à cette disposition.
Tous les habitants de Paris ont pu remarquer que lorsqu'on relève une conduite de gaz, le sol environnant est entièrement noir et exhale l'odeur si caractéristique de l'hydrogène carboné provenant de la distillation de la houille. Les fuites sur ces conduites sont donc très nombreuses ; la Compagnie parisienne n'évalue pas les pertes de gaz à moins de 12 à 15 pour 100 de la consommation totale.
Sans doute ce chiffre de pertes apparentes est dû en grande partie à la difficulté de bien apprécier la consommation de Téclairage public et privé; mais une partie aussi doit être attribuée aux fuites, et on comprend sans peine quel danger présenteraient les mélanges qui en résulteraient dans Fatmosphère des égouts.
L'Administration municipale de Paris a donc renoncé d'une manière absolue à poser les conduites de gaz dans les égouts, du moins jusqu'à ce qu'on ait trouvé le moyen d'éviter les fuites ou les explosions.
Télégraphie électrique. — Il y a 42 ou 15 ans qu'on voyait passer au-dessus des rues et des toits des maisons les nombreux fils télégraphiques qu'exigent les relations de Paris avec la France et l'Étranger.
Les inconvénients de ce système étaient évidents pour tous. Le principal, c'est que le service pouvait être compromis à chaque instant par la malveillance, ou même par des accidents qui étaient d'autant plus fréquents et plus graves que Técartement des supports des fils était souvent très considérable.
L'Administration des lignes télégraphiques a cherché à remédier à ces inconvénients en plaçant les fils en terre dans une gaine en bitume.
Mais on reconnut que le remède était pire que le mal.
Tous les services qui fouillent ainsi la voie publique, les Égouts, les Eaux, le Gaz, étaient autant d'ennemis pour leurs nouveaux voisins. Chaque tranchée ouverte sur la voie publique, malgré toutes les précautions prises, produisait d'inévitables tassements dans le sol qui supportait les câbles. De là des fissures dans l'enveloppe des fils, et la conséquence de chaque fissure était une interruption de service, ou du moins une déperdition d'électricité.
Dans le sol si mouvant de Paris, recouvert presque partout de 2 à 3 mètres de plâtras, les tassements et les fissures se produisaient sans cause apparente. Il était alors d'autant plus difficile de remédier au mal qu'aucun indice révélateur n'indiquait, comme cela a lieu pour l'eau et le gaz, le point où l'avarie avait lieu. Les recherches et les réparations étaient donc très difficiles.
Depuis longtemps on avait songé aux égouts, mais on n'avait pas encore trouvé de moyen simple et économique de préserver l'enveloppe des fils de l'action de l'atmosphère des égouts.
Toutes les matières analogues au bitume, au caoutchouc, à la gutta-percha, etc., qui sont solubles dans les huiles essentielles et les éthers, s'y détruisent en peu de temps.
Le directeur des lignes télégraphiques de Paris, M. Baron, a eu la très heureuse idée de renfermer les (ils enveloppés de gutla-percha dans des tuyaux en plomb très minces assemblés à froid. Chaque tube renferme neuf fils.
Des essais ont été faits d^abord dans 1 egoutRiyoli, et le succès a été complet. La déperdition d'électricité a été trouvée nulle et le service des plus réguliers.
Aujourd'hui, presque toutes les relations télégraphiques sont établies par les égouts.
C'est un nouvel avantage de nos grands types, que j'ai eu si souvent à défendre contre le reproche d'exagération, et que Londres et les autres capitales regretteront probablement bientôt de n'avoir pas adoptés ^
J'ai pensé qu'il ne serait pas sans intérêt de donner des vues perspectives des galeries principales, avec tout l'ameublement qui les orne. Le travail de reproduction en était difficile, car la photographie seule pouvait en rendre fidèlement tous les détails, et la lumière des lampes dont on disposait seulement était insuffisante pour obtenir de bons clichés.
On dut 'recourir à une installation provisoire de lumière électrique, qui permit d'obtenir des épreuves ne demandant que quelques retouches.
C'est ainsi que l'on obtint les planches XII, XIII, XIY, XV et XVI de l'Atlas, reproduites par la photogravure. On trouvera
* Cette prédiction s'est réalisée. 1^ ville de Londres Tient d'envoyer (juin iS85) une délégation de la Commission des égouts (Sewers Gommittee) étudier k Paris l'installation des conduites d'eau et des communications pneumatiques, télégi*aphiques et téléphoniques. Cette Commission est partie en exprimant à Tunanimité le regret que les types d'égouts adoptés à Londres fussent trop petits pour rendre possible d'imiter ce qui se fait à Paris.
Ainsi, à mesure que le temps s'écoule, la supériorité de l'œuvre de M. Belgrand sur les ouvrages similaires faits à l'élranger apparaît plus incontestée. Personne, je crois, n'a su au même dej;rc allier, au plus rigoureux esprit d'économie dans l'exécution, les larges conceptions qui font la part de Tavenir. (Note de M. Cimche.)
au bas de chacune de ces planches une légende indicative des objets qui y figurent.