LÀ DUC PIE S SE
Armand ! si c'est ma vie que vous voulez, je vous la donne, vous ne la prendrez pas !
MONRIVEAU.
Vous vivrez, madame; mais je ne veux pas que vous puissiez torturer d'autres cœurs comme vous avez torturé le mien, et pour cela il faut que le châtiment du mal que vous avez fait soit visible à tous les yeux! (Lui montrant une croix adaptée au bout d'une tige d'acier.) Mes amis font rougir une croix de Lorraine, dont voici le modèle : nous vous l'appliquerons là, bien au milieu du front, pour que vous ne puissiez la cacher par quelques diamants, et vous porterez ainsi à jamais la marque ineffaçable de la justice des Treize ! [Ferragus a reparu avec les Hommes masqués.)
la duchesse, avec exaltation.
Venez donc, messieurs, venez marquer la duchesse de Langeais ! et que ce chiffre rouge la lie pour toujours à monsieur de Monriveau ! Mon front brûle plus que votre fer ! J'attends. (Ils font un pas vers la Duchesse.)
MONRIVEAU.
Non ! non ! c'est impossible !
FE RRAGUS.
Mais tu as juré:
Arrêtez !
Lâche cœur!
MONRIVEAU.
FERRAGUS
MONRIVEAU.
Ah ! Dieu soit loué, c'était au-dessus de mes forces ! Mais sortez donc !... j'ai pardonné !
FERRAGUS
Je ne pardonne pas, moi, et tu vas quitter Paris sans perdre une minute pour aller prendre possession de ton commandement; deux de nos frères ont mission de Raccompagner jusqu'à la frontière d'Espagne. ..
M ON RI VEAU
Et tu as pu croire que je partirais... que j'abandonnerais cette femme?...
FERRAGUS
Cette femme est condamnée.
Oh ! je saurai la défendre contre toi, contre vous tous! (Il saisit deux pistolets sur la table.)
FERRAGUS
Eh bien, obéissez à votre chef. [Les AffMés se précipitent sur Monriveau.
MONRIVEAU.
Trahison! à moi! misérables! à moi! (Ils le désarment , le bâillonnent et V entraînent.)
LA DUCHESSE
Ah ! c'est horrible ! Armand ! Armand !
FERRAGUS
Vous ne le reverrez jamais !
LA DUCHESSE
Je me sens mourir !..
ferragus, à part, entrouvrant une porte latérale. La religieuse est là, c'est bien!