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Le Mexique

Sauf pour le détail, la séismologie du Mexique est bien connue maintenant, surtout en ce qui concerne toute la partie centrale du pays^ depuis la publication du grand catalogue d'Orozco y Berra^ des tremblements de terre signalés depuis la conquête. La Société Antonio Alzate a publié les séismes de 1889-90', et l'Observatoire central de Mexico continue depuis cette époque pour les secousses qui lui sont signalées par ses nombreux correspondants disséminés sur toute la surface du pays\ Il n'en est pas de même pour la géologie, encore bien obscure, même pour le centre, et il reste certains problèmes géographiques à élucider. Dans ces conditions, il ne faut pas s'attendre à trouver des tremblements de terre mexicains une explication suffisante, en dehors du fait d'ordre général que ce pays appartient au géosynclinal circumpacifique pour la plus grande partie de sa surface, en particulier pour tous ses territoires instables, qui comptent parmi les plus éprouvés du monde. On en va faire la description du Nord au Sud.

La presqu'île de la Vieille (ou Basse) Californie est une longue arête granitique et schisteuse, à pentes douces sur l'océan, et que borde un abrupt sur l'étroit et peu profond golfe de Californie, ou mer Vermeille. Lindgren* a bien mis en évidence qu'elle ne prolonge pas géologiquement les Coast Ranges de la Californie proprement dite,

* Efemérides slsmicas mejicanas (JHem. Soc. cient, Antonio Alzate, I. 303, Mexico, 1887). -- Jd, Adiciones àlasef. sfsm. mej. (Ici., U, 253,1888-89).

' Puja y Santillàn Aguilar. Catàlogo de los iemblores de tierra y fenômenos volcànicos verificados en la R« Mejicana durante el a&o de 1889, de 1890 [Id. II, III).

* Boletin mensual del ohservatono meteorologico, magnético central de Mexico (sous les rubriques : Slsmologia ; Vulcanologia) .

* W. Lindgren. Notes on the Geology of Baja Galifomia (Proceed. Calif. Ac, Se, I, 113).

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mais bien la Sierra Nevada. Quelques lambeaux de grës crétacés à Coralliochama recouvrent des diorites et des porphyres. Leur peu d'inclinaison paraît indiquer une absence de plissements qui justifierait la stabilité de la presqu'île, où do rares séismes se font seulement sentir dans une petite aire d'ébranlement s'étendant de Loreto à Moleje, précisément du côté de l'abrupt intérieur. On a bien parlé d'une faille longitudinale, ayant facilité la production des phénomènes volcaniques de Las Yirgenes, mais si un tel accident existe réellement, il est visible qu'il s'est stabilisé. Au Nord, Descanso et Santo Tomas ressentent des secousses venant de San Diego, centre séismique important de la Californie proprement dite. Si Tarète de la presqu'île représente la Sierra Nevada fortement abaissée, la mer Vermeille doit par conséquent correspondre de son côté à la dépression, ici submergée et très rétrécie, du Grand Bassin du Lac Salé de TUtah, dont elle partage la stabilité, et dès lors les séismes de Loreto et de Moleje, le long de l'escarpement interne, seraient les homologues bien diminués de ceux de la faille du versant oriental de la Sierra Nevada, se prolongeant au Sud par cet abrupt. Les secousses de Todos Santos ressortissent sans doute au foyer séismique important de Fort Yuma, et on les a mises en relation avec les phénomènes volcaniques plus ou moins authentiques du bas Colorado, et aussi, avec plus de vraisemblance, avec un système de failles parallèles.

La masse continentale mexicaine est bordée à l'Ouest par la Sierra Madré occidentale, dont les roches anciennes ou cristallines font suite aux roches similaires des chaînes de l'Arizona, et son émersion est certainement de date très reculée. Dans le Nord surtout, les produits éruptifs prennent un imposant développement, trachy tes, rhyolites, dolérites, basaltes, etc., vraisemblablement de date tertiaire ou crétacée supérieure comme dans les Antilles, et masquant les gneiss et les schistes cristallins qui se montrent à découvert entre les 27' et 22' parallèles. La Cordillère cristalline est généralement assez stable. Sur la frontière, elle présente à Nogales un foyer d'ébranlement, plus souvent que gravement secoué, et continuant celui de Tucson dans l'Arizona. Le 3 mai 1887, un violent tremblement de terre, suivi de nombreux chocs consécutifs, a eu pour centre Bavispe, ou Moctezuma; il a été extrêmement sévère, presque destructeur même, et ses isoséistes, de forme très allongée et dont l'axe coïncidait bien avec celui de la Sierra Madré, se sont étendues jusqu'au Mexique central et loin dans le N. W., en Californie. Cette diposition suffit à en faire un séisme d'origine tectonique.

C'est du reste ropinion d'Aguilera^ qui, dans une importante étude sur ce séisme, conclut en l'attribuant à une dislocation des roches éruptives anciennes recouvertes par les formations quaternaires. Il va même jusqu'à ne pas croire terminée encore la surrection de la Sierra Madré occidentale et à lui enlever le caractère volcanique qu'on a voulu lui attribuer, mais Sterry Hunt et James Douglas^ ont réduit à leur véritable valeur les phénomènes éruptifs signalés dans le voisinage, et qu'ils regardent comme de simples incendies de forêts. En 1897, un autre tremblement de terre a présenté la même forme d'isoséistes, mais avec son foyer beaucoup plus au Sud '. On est donc bien assuré que les mouvements orogéniques se perpétuent le long de la Cordillère, et peut-être sont-ils la continuation de ceux qui ont facilité la sortie des produits éruptifs par des fractures.

Guaymas et Hermosillo ont été le siège de quelques tremblements de terre dont les axes des isoséistes paraissent avoir été perpendiculaires à la chaîne. Quoiqu'ils n'aient pas été signalés dans la basse Californie, où ils échappent facilement à l'observation, ils auraient eu leurs épicentres dans la mer Vermeille, dans la presqu'île, ou même au delà dans le Pacifique. En août 1902, un raz de marée, peut-être d'origine séismique, aurait balayé la côte autour du port d'Altata (Sinaloa) et des vagues anormales ont été signalées en 1883 aux îles Très Marias.

A l'Est de la Sierra Madré occidentale s'étendent les dépressions sans écoulement, appelées Bolson de Mapimi, qui se relient graduellement au plateau central mexicain, ou Anahuac. Ces steppes stériles, au sol détritique d'alluvions et de tufs, sont coupés sous l'action des pluies d'été par de profondes gorges ou barrancas^ souvent infranchissables, et sont accidentées de chaînons parallèles, courts et morcelés, qui, s'alignantN. W.-S. E. comme la Cordillère, séparent les différents bassins les uns des autres. Le plateau semble donc s'être affaissé entre les deux Sierras, exactement comme le Grand Bassin derUtah,dont il représente en quelque sorte le prolongement. Ainsi les vicissitudes auraient été un peu différentes dans Tentre-deux des Montagnes Rocheuses et dans celui des Sierras Madrés mexicaines, puisqu'on a déjà été conduit à voir aussi dans la mer Vermeille le

* Estadio sobre los fenômenos sismicos del 3 de Mayo de 1887 (Anales del Min, de Fomento de la Rep. Mexic, X. 5. 1888).

• The Sonora earthquakc of May 3'^, 1887 (Trans. seiitn. soc, ofJapan, XII, 29, 1889).

' Toutes les considérations relatives aux isoséistes, mentionnées dans ce chapitre, sont extraites du mémoire déjà cité do Deckert (voir p. 390).

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prolongement du Grand Bassin, ce qui suppose que la Sierra Nevada s'est dédoublée en la Sierra Madré occidentale et en l'arête de la presqu'île californienne. Quoi qu'il en soit, le Bolson de Mapimi, stable, n'est ébranlé que sur ses bords occidentaux, au pied même de la Cordillère de l'Ouest. Ces secousses de Chihuahua, Parral, Cerro Gordo et Durango, correspondraient aussi à celles de la faille longitudinale de la Sierra Nevada, dont il sera parlé plus loin. Dans le Sud du désert, des chaînons longitudinaux de Crétacé et de Primaire le divisent en compartiments dont les dislocations prouvent l'extinction de leur mobilité par l'absence des secousses séismiques.

La Sierra Madré orientale n'appartient pas au géosynclinal, tel du moins que l'a tracé Haug. Toute son ossature est formée de Crétacé inférieur, le Crétacé supérieur ayant disparu sous l'action des agents extérieurs de destruction. La chaîne continue ses analogues stables du Texas, et les séismes ne l'ébranlent guëre davantage ; on en connaît quelques-uns à Linares. Ce n'est cependant pas que cette région n'ait subi de nombreuses révolutions ; à plusieurs reprises, le golfe du Mexique s'est considérablement étendu vers le Nord par le Texas jusque dans le bassin du Mississipi, franchissant même le plateau central actuel du côté du Pacifique. Il n'en est pas moins certain que la poussée orogénique antillienne de l'époque oligocène, transversale à celle des Andes et des Rocheuses, n'a laissé de traces de plissements et, par suite, d'instabilité séismique, ni au Texas, ni dans le Mexique du N. E. Quant à la large côte tertiaire et quaternaire du golfe du Mexique, elle ne ressent nulle part de chocs jusqu'au 21* parallèle.

Les pentes septentrionales du plateau central de l'Anahuac sont parfois ébranlées. Ciudad Galeana, Las Norias, Tula de Tamaulipas et Jacalà ont donné lieu à un certain nombre d'observations, mais on ne saurait rien dire sur l'origine de ces secousses, d'ailleurs rares et peu sévères.

Le plateau lui-même est accidenté par un certain nombre de bassins lacustres fermés, qui constituent une région séismique bien caractérisée, mais où les tremblements de terre fort sérieux n'atteignent cependant pas, à beaucoup près, la même violence qu'au Sud. Mexico et ses alentours ont bien eu à supporter des dommages d'origine séismique, mais les observations scientifiques du xix* siècle sont là pour faire penser que les secousses sévères ou destructives y viennent exclusivement du Sud, du bassin du Rio Mexcala, et que des chocs propres sont peu à craindre. On entre là dans le domaine des roches volcaniques tertiaires et modernes, qui ont couvert d'un

si

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épais manteau une énorme surface triangulaire, coupant en écharpele Mexique central de San Blas à Manzanillo et terminée en pointe à Jalapa, vers le golfe du Mexique. Quelques lambeaux de Jurassique, et surtout de Crétacé, émergent de cette véritable inondation éruptive. La géologie en est encore trop obscure pour que l'on puisse chercher les causes locales d'une instabilité modérée, déjà souvent signalée pour ces grandes nappes plutoniennes.

Plus à l'Ouest, Guadalajara et San Cristobal forment une importante région séismique. Le tremblement de terre du 7 avril 1845 causa beaucoup de dommages à la première de ces villes, mais on ignore quel a été son épicentre réel. En 1875, de très nombreuses secousses les agitèrent toutes deux. Zacatecas aurait aussi souffert en 1622. Enfin Guanajuato ostcélëbreparla série classique des bruits séismiques de 1784, phénomènes qui se sont renouvelés depuis sur une bien moindre échelle, il est vrai'.

Le bord méridional du plateau présente un autre foyer d'ébranlement, Tlalpujalma, Ucareo, Morelia et Patzcuaro. On ne peut cependant pas dire que les séismes y aient jamais causé de désastres, ni de changements topographiques, malgré l'affirmation de Deckert qu'en 1890 le lac de Chapalà aurait, à la suite d'un tremblement de terre, subi un important efiondrement, fait dont l'inexactitude a été établie parBôse*.

Revenant maintenant au versant pacifique de la Sierra Madré occidentale, on voit que là, Mazatlan et Acaponeta ressentent quelques secousses, et qu'elles prennent déjà plus de fréquence à Jala, Ahuacatlan, et autour du volcan Ceboruco, réveillé en 1870 d'une extinction totale depuis les temps historiques, mais aucune n'y a jamais été même sévère.

Au delà du Rio Banderas, on aborde d'après les cartes existantes, même les meilleures et les plus modernes, un énorme escarpement, par lequel jusqu'au delà de Puebla, le plateau central tombe à pic sur la vallée du Rio Mexcala, cet abrupt courant W.-E. et coupant le Mexique de mer à mer. On entre en même temps dans le domaine des tremblements de terre les plus fréquents et les plus violents. Depuis de Humboldt, tous les géographes ont admis la réalité de cet important accident, trait fondamental delà structure du pays, et à leur suite les géologues l'ont considéré comme une gigantesque

* p. Monroy. Las minas de Guanajuato. Tnicnos subterrâneos de Guanajuato {AnaUt del Min. deFomentode laR<^ Mexicana, X, 410, Mexico, 1888).

' Sur les régions des tremblements de terre du Mexique {Mem. Soc, cient, Antonio Alzate, XIX, 159, Mexico, 1903).

fracture ayant découpé le bord du plateau mésozolque central et jalonnant son cours par de nombreux volcans; ceux de l'époque actuelle ne reflétant que bien timidement l'activité de leurs prédécesseurs. Une telle dislocation ne pouvait manquer de jouer un râle séismogénique de premier ordre ; aussi les tremblements de terre du Mexique étaient-ils regardés sans discussion comme ayant une origine tectonique liée à l'effort orogénique correspondant à la cassure, et Deckert n'a pas hésité à les faire dériver du mouvement d'effondrement de la partie méridionale du bloc ainsi coupé en deux. Ces vues paraissaient incontestables, surtout après les travaux géologiques de Félix et Lenk', lorsqu'en 1899 Bôse' est venu étendre

Fig. 68. — Profil de Mexico à l'océan P&ciflque. Direction S. W.

aux volcans du Mexique l'indépendance, vis-à-vis des failles préexistantes, énoncée l'année précédente par Branco. B5se semble bien avoir démontré que la fracture mexicaine, volcanique ou non, n'a pas d'existence réelle, et, par conséquent, il faudrait chercher ailleurs la cause des tremblements de terre de cette partie du pays.

Il ne nous appartient pas de prendre parti en faveur d'une manière de voir qui renverse toutes les idées reçues jusqu'à présent sur la géologie du Mexique ; abandonnant avec regret une dislocation qui rendait si bien compte de ces tremblements de terre, nous nous contenterons de signaler deux observations qui semblent donner raison à Bôse et à Aguilera. On trouve dans le Boletin mensual del Obseroatorio de Mexico (190i] un profil destiné à expliquer la formation des cumulus par tes vents du S, W. frappant la Sierra Madré centrale au sud de Mexico. Coté horizontalement et verticalement, il fait ressortir

' Ueber die (ektoniEchen Verhaltnisie der Republik lieiico [Ztilichr. d. Dtuttch. geol. Gea. iS9i, 303). — ;d. Ueber die MexicaiUKheVulkuupalte[Jf/. ISSl, 678).

' Ueber die Unabhongigkeit der Vulkane von praexisUrenden Sptlten [Inttilulo gtol. de Mexico, Dec. 1899. Mem. Soc. cient. Antonio AliaU, XIV, 1897-1900, I2S).

GÉOGRAPHIE SÉISMOLOGIQUE

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dans la direction S. W. cette particularité^ fort digne d'attention, que la ligne entre Mexico (2239 mètres d'altitude) et La Union de GuerrerOy sur le PaciGque, prolonge exactement la pente occidentale de la Sierra de Guerrero, passe un peu au-dessus de la vallée du Rio Mexcala, suit le fond de la dépression de Tenancingo, puis enGn vient aboutir à la capitale en émergeant de dessous la Gordil* lëre. Sa pente est seulement de 0,66 p* 100, ce qui n'est pas l'indice d'un abrupt comparable à celui en litige. Félix et Lenk^ ont publié les profils longitudinaux des chemins de fer mexicains. La même impression se dégage immédiatement de l'examen de celui qui con« cerne la ligne de Mexico à Puente de Istla sur le Rio Mexcala par Guernavaca. Enfin la carte hypsométrique de Senties et Ochoa Villagomez *, où l'équidistance des courbes est de 500 en 500 mètres, conduit exactement au même résultat. Il faut donc se résigner à accepter la conclusion tirée de ces travaux concordants et admettre que le plateau central mexicain ne tombe pas abruptement, au Sud de la vallée du Rio Mexcala ou de las Balsas, par une dislocation résultant de son démantèlement et de l'efibndrement de sa partie méridionale. Son rôle séismogénique disparait du même coup.

La région instable commence aux environs du Golima. La ville du même nom, au pied du volcan, Zapotlan, Sayula et Manzanillo sont les points qui ont donné lieu au plus grand nombre d'observations de tremblements de terre. Les deux premières villes ont plusieurs fois subi des dommages considérables. Il est possible que ce foyer soit d'origine volcanique.

Un autre foyer d'ébranlement s'étend autour du coude du Rio Mexcala, d'Aguililla à Gohuayutla, Aguas Blancas, Ario et Tacambaro. Il ne semble pas qu'il ait été aussi éprouvé que le précédent, et il pourrait bien ne faire qu'un avec celui d'Ucareo et de Tlalpujahua, déjà mentionné, de l'autre côté de la Gordillère.

Iguala, Tenancingo et Xochitepec forment au S. W. de Mexico un district instable, dont les séismes ne sont peut-être pas indépendants de ceux de cette ville et de La Puebla de Los Angeles.

La grande instabilité de la côte du Pacifique commence bien à Zihuatanejo, La Union de Guerrero, Tecpan de Galeana, et San Jerô* nimo; mais elle ne devient redoutable qu'à Acapulco. De ce port à Jamiltepec, et dans l'intérieur, de Ghilpancingo à Oaxaca, les trem-

* Bol. mens, d. Obs. met. magn. c. de Mexico, 1902.

* Tablas de altoras de la obra : Datos para la Geologia y Paleontologla de la Repùbllca Mexicana. [An, del min. de Fomenlo, XI, 1898, 363. Mexico; traducida del alemàn par Is. Ëpslein) .

De HoRTssaoa. ~ TrenbUmenU de terre. 26

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blements de terre sont continuels, et on ne compte plus leurs désastres. C'est par excellence la région dangereuse du Mexique. Le plus souvent, les isoséistes des grandes secousses ont leur grand axe couché sur le flanc méridional de la Sierra Madré, le thalweg de la vallée du Rio Mexcala, la crête de la Sierra (surtout archéenne) de Guerrero, le littoral et enfin la courbe bathymétrique de 4000 mètres, quatre éléments géographiques à peu près parallèles. La direction perpendiculaire est beaucoup moins fréquente* Ordoûez et Bôse^ ont établi que la profonde vallée du Rio Mexcala n'est pas un accident tectonique et ne résulte que de l'érosion. Aussi ces tremblements de terre ne peuvent-ils y trouver leur origine* Ce n'est pas qu'il manque, dans cette région, de dislocations importantes et pouvant jouer un rôle séismogénique : plissements et failles du Crétacé, surtout de ses couches moyennes, par exemple entre Esperanzaet Tehuacan, ou bien aux environs de l'Ocelotepetl, volcan éteint au S. W. ; mais on reste dans l'impossibilité d'attribuer tel ou tel épicentre à des accidents tectoniques particuliers, dans l'état actuel des connaissances géologiques.

Le rôle séismogénique du talus sous-marin se manifeste à Acapulco par des vagues séismiques, parfois dévastatrices, dont la plus remarquable a été celle de 1837. Par une coïncidence tout à fait digne d'attention, et qui vient bien à l'appui de cette influence, la partie du littoral véritablement instable s'étend du cap Corrientes à Puerto Angeles, près et au Sud de Pochutla, et l'instabilité aux golfes de San Blas et de Tehuantepec en même temps que les isoséistes. En outre, bien des tremblements de terre ne font que la mordre, de sorte que les isoséistes indiquent des épicentres sous-marins. Souvent, des navires partant d'Acapulco ou s'y rendant ont signalé des secousses non ressenties à terre, tant au large de ce port que dans les parages des îles Revilla Gigedo. Gestles auraient même disparu au commencement de janvier 1905, si l'on en croit des informations rapportées par un vapeur, à la suite d'une éruption volcanique, ou d'un formidable raz de marée d'origine séismique sous-marine *• Le fait demande confirmation.

L'instabilité ne se restreint pas exactement au flanc méridional de la Meseta, ou plateau de l'Analmac, elle contourne son angle oriental par Gordoba et Jalapa, mais avec une intensité qui s'éteint graduellement vers La Yera Gruz. Gordoba et Orizaba ne sont pas toujours

* Apuntes p&ra la geologla del valie de Ghilpancingo (Mem. Soc. dent, Antonio AliaU, XIV, 4897-1900).

' Eine verschwimdene Inselgruppe {Die Erdbebenwarle, IV, 161. Laibach» 19(fô).

indemnes de sérieux dommages. Si Ton consulte les profils des voies ferrées^ et en particulier ceux des deux voies, nationale et internationale» qui relient La Yera Gruz à la capitale , on voit que le talus abrupt, dont on admettait l'existence au Sud, est bien plus marqué de ce côté ; des lors, on aurait bien plus le droit d'assigner une influence séismogénique à la fracture qu^il est supposé représenter. On se heurte ici à une nouvelle objection, à savoir que l'instabilité ne dépasse pas Jalapa, tandis que les pentes raides continuent d'exister vers le Nord. On connaît au moins un cas de vagues anormales à La Yera Gruz, mais c'est un fait à considérer comme exceptionnel.

De 1887 à 1895, Carlos Mottl, habitant Orizaba, a observé au séismoscope 1906 petites secousses, notées mensuellement dans les

Echelle

des hauteurs des distances

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