Kamtchatka, Kouriles et Sakhallne
Le détroit de Bering a trop peu de profondeur pour constituer un véritable trait géographique structural. Aussi, de part et d'autre, du côté américain comme du côté asiatique, les mêmes circonstances géologiques et pénéséismiques se reproduisent-elles à peu près semblablement sur les portions voisines d'anciennes terres dont le trait d'union n'est qu'ennoyé, et qui tombent à pic sur des abîmes de 6 000 à 8 000 mètres, sans avoir jamais été bordées par une puissante chaîne plissée de surrection récente.
Comme l'Alaska, le Kamtchatka ^ n'est pas au bord même des abîmes océaniques, l'une et l'autre presqu'îles y descendant par des talus à pentes relativement modérées, au contraire de ce qui se passe pour les Aléoutiennes et les Kouriles. La côte orientale du Kamtchatka est hérissée de volcans gigantesques, correspondant exactement à ceux de la côte méridionale de TAlaska, mais avec un développement bien plus considérable, et ils s'échelonnent sur le flanc d'un axe archéen et primaire, tandis que la côte occidentale borde une mer dont les profondeurs ne dépassent pas 2 000 mètres, et montre du Tertiaire, pendant de celui du bas Yukon. La presqu'île est pénéséismique et les secousses de Pétropavlovsk ne sont ni redoutables, ni bien énergiques. On n'en connaît qu'une seule sur le versant intérieur.
Le petit archipel du Commandeur est quelquefois ébranlé, comme son symétrique, celui des îles Pribylov, au nord des Aléoutiennes.
Les Kouriles, sur la crête même de la fosse abyssale, sont exac* tement dans les mêmes conditions pénéséismiques et volcaniques
* Âl. Perrey. Documents sur les tremblements de terre et les phénomènes volcaniques dans rarchipel des Kouriles et au Kamtschatka {Soc, imp, Agric, Hiat. nai, et ArU utiles de Lyon, Séance du 17 Juillet 1863).
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que les Aléoutiennes. Elles ont eu surtout à souffrir de vagues plutôt dues à des conflagrations volcaniques qu'à des tremblements de terre, et leurs dégâts se sont à plusieurs reprises étendus à l'extrémité méridionale du Kamtchatka, au cap Lopatka.
Sakhaline n'est qu'une dépendance de l'île japonaise d'Yézo, dont les zones sédimentaires disposées en longues bandes s'y retrouvent suivant sa longueur. En dépit de quelques secousses, connues à Douyé et surtout à Korsakov, elle est stable, ce qui coïncide avec son grand éloignement de la fosse du Tuscarora, dont elle est séparée par toute la largeur de la mer des Kouriles.