‹ Les tremblements de terreChapitre 32 sur 112 · XV · texte numérisé non relu

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de ceux qui n*ont pas dû manquer de l'ébranler violemment aux

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temps de sa surrection et de sa splendeur. La stabilité de Terre- Neuve, que les plissements hercyniens n'ont peut-être pas atteinte, et l'absence de séismes au sud de la Géorgie et de l'Alabama, où les plis disparaissent tellement bien que seuls les géologues peuvent les discerner sous leur couverture crétacée et tertiaire, corroborent cette explication générale des tremblements de terre de la Nouvelle-Angleterre^ sans qu'il faille pour cela chercher à serrer de plus près leur genèse là où il n'est pas possible d'invoquer des causes locales particulières, ou des mouvements ultérieurs plus récents. Il est regrettable que des renseignements vraiment scientifiques n'aient pas donné conOrmation de la disparition d'une montagne dans les Bald Mountains du Nouveau-Brunswick, annoncée par une dépèche émanée de Caribou (Maine), à la suite du tremblement de terre important du 21 mars 1903, événement qui rappellerait celui de 1663.

Les séismes du Maine présentent à peu près la même fréquence et sont rarement plus intenses que ceux de l'extrême Sud-Est du Canada. Ce sont des côtes à rias et à fjords. Les secousses se font un peu plus fréquentes dans le New I Hampshire, le Massachusetts, le Connecticut et le New Jersey.^ ' Celle du 9 novembre 1727 renversa des cheminées à Newburyport, et fut suivie d'assez nombreux chocs consécutifs jusqu'en 1736. Dépassèrent-ils de beaucoup la fréquence normale? On ne saurait le dire, car des observations suivies n'y ont jamais été faites à d'autres époques que pendant ces dix années. Cette intensité a été rarement atteinte, jamais dépassée. De 1805 à 1812, de nombreii^es et faibles secousses, et surtout de fréquents bruits séismiques àin^ast Haddam (Connecticut), ont fortement attiré l'attention sur un phénomène qui ne s'y est pas reproduit depuis. Rockwood a recherché la cause géologique du tremblement de terre du 10 août 1884, qui s'est étendu jusqu'au delà du Yermont. Le tracé des isoséistes lui a fait conclure à une aire épicentrale très allongée N.E.-S.W., et passant près de New York. La réunion simultanée de plusieurs accidents lui a fait admettre que ce district a été, dès une époque géologique reculée, le siège de dislocations, qui expliquent ce tremblement de terre, et aussi les autres secousses. Ce sont les <c Palissades », étranges nappes de trapp columnaire injectées dans des assises sédimentaires coupées par des failles. Mais l'étendue de ce phénomène pittoresque, qui se poursuit jusqu'à la Nouvelle-Ecosse, suffit à lui faire dénier le rôle que Rockwood veut lui assigner. Il est plus heureux, semble-t-il, en faisant intei*venir les dislocations qui ont là fortement abaissé la grande chaîne Appalachienne et que le

tracé des isobathes montre prolonger loin en mer, au large de Sandy Hook, la dépression du bas Hudson, basse vallée d'érosion, maintenant simplement noyée. Observant enfin que la déviation du fil à plomb se produit du côté de l'océan, il conclut de toutes ces considérations que le tremblement du 10 août 1884 a été causé par une rupture des couches placées immédiatement au-dessous de New York. Mais que cette rupture ait eu lieu, comme il le pense, N. W.-S. E., c'estrà-dire perpendiculairement à la direction du grand axe de l'aire plésistoséiste, est exactement contraire à la direction N. E.-S. W., qui paraît la plus plausible, c'es^à-dire parallèlement à l'allongement des isoséistes, et à tous les accidents appalachiens. L'observation relative à la direction du fil à plomb est à retenir.

Du Maine au New Jersey, les États atlantiques du Nord présentent un certain nombre d'accidents importants, mais on ne peut avec certitude les rapprocher des divers épicentres reconnus, d'ailleurs plus nombreux que riches en nombres de séismes, caractère déjà plusieurs fois mentionné comme propre aux fragments des anciennes chaînes primaires démantelées. Il faudrait pour cela des études bien plus précises que celles qui ont été faites jusqu'à présent sur les séismes du pays.

Le principal foyer d'ébranlement se trouve au sud des White Mountains, massif cristallin stable, aux environs de Concord et des lacs Squam et Winnipiseogee. L'Hudson et le lac Ghamplain forment une ligne de dislocations, le long de laquelle se sont disposés les isoséistes des importants séismes du 4 novembre 1877 et du 27 mai 1897. Leur rôle séismogénique en résulte manifestement.

L'opinion que les efforts de plissement hercyniens continuent à se produire encore de nos joiu*s ne résulte pas seulement d'une exacte coïncidence observée, dans la plupart des pays oii ils se sont exercés, entre les territoires plissés et les régions pénéséismiques : elle ren« contre dans le Massachusetts une démonstration pour ainsi dire matérielle et tangible. On y connaît en effet des carrières de grès dont les blocs à peine extraits subissent des flexions, des ruptures soudaines et des dilatations, preuves d'un état de tension énergique, contre-balancé par le poids des assises supérieures ; on en pourrait citer d'autres exemples. C'est pour les théories exposées ici une confirmation aussi solide qu'inattendue. Ici même la stabilité du massif archéen des Adirondacks non plissés apporte son complément de démonstration.

Plus au Sud, la côte devient beaucoup moins sujette aux tremble-

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menls de terre^ les épicentres paraissent s'aligner de Philadelphie à Deerfield et Maçon, au pied même des Appalaches, et les isoéistes s'allongent suivant la même direction. La séismicité est ici notablement inférieure à celle des États du Nord. Cela se conçoit facilement : la plaine côtière, formée de limons pléistocènes sur le bord même de rOcéan, puis tertiaire et crétacée jusqu'au pied des monts, n'a subi que des oscillations successives d'ensemble, ascendantes et descendantes. Au contraire le versant atlantique de la partie des Appalaches, qui prend le nom de Montagnes Bleues, est une pénéplaine d'Archéen et de Primaire fortement disloquée, le Piedmont des géologues américains, limité à l'Orient par un pli brusque, ou faille, qui se poursuit des environs de New York à Maçon, et même au delà. Elle forme un gradin que les cours d'eau franchissent en rapides et en cascades, d*où son nom de Fall Une. Des après le commencement du Crétacé, elle a borné à TOccident l'extension des mers; les fleuves n'ayant pas encore eu le temps de régulariser leurs cours à son passage^ c'est qu'elle a rejoué très récemment; Me Gee ^ a démontré qu'elle a été le théâtre de mouvements post-tertiaires, et même qu'elle n'a point encore complètement repris son équilibre de nos jours. Bien d'étonnant donc qu'elle soit, à l'exclusion de la chaîne côtière, le siège de secousses plus ou moins fréquentes, mais plutôt modérées. Deckert* fait intervenir l'affaissement du Piedmont, explication qui ne diffère pas essentiellement de la précédente.

Le 10 février 1874, l'extrémité méridionale de cette ligne remarquable fut le siège d'assez nombreuses secousses, qui se continuèrent pendant quelques jours, et furent l'objet d'une étude du professeur Warren Du Pré*. Il conclut à une cause orogénique intéressant les Black Mountain», où se dresse le mont Mitchell, le point culminant des États-Unis en dehors des Bocheuses. L'Archéen y prédomine, les terrains anciens sont plus disloqués qu'ailleurs, les failles sont nombreuses et le relief irrégulier. L'explication de Du Pré est donc fort plausible.

Au point de vue séismique, la Caroline du Sud est célèbre par le tremblement de terre destructeur du 31 août 1886, à Charleslon et Summerville. Cet événement s'est produit dans un pays d'ordinaire

* The geology of the head of Chesapeake Bay [V. S. GeoL Survey. Seuenth Rep. 1885).

* Die Erdhebenherde und Schûttergebiete von Nord-Amerika in ihrcn Beziehungen zn den morphologischen Verh&ltnissen {Zeitschr. d, Ges. fUr Erdkunde zu Berlirtt 1902, n* 5, 367).

* On a séries of earthquakes in North Carolina, commencing on the lO^^i Febniary, 1874 {Ann. Rep. of the SmUhsonian Inst. for 1874. Wash., 1875, 254).

très Stable, et rien dans les annales locales ne pouvait le faire prévoir. Le travail si connu qu'y a consacré Dutton^, n'a cependant pas éclairci la genèse même du séisme, dont ce savant place Tépicentre en deux points différents et distants l'un de l'autre d'une douzaine de milles, particularité qui, si elle est bien exacte, n'a jamais été signalée ailleurs. Quoi qu'il en soit, le tremblement de terre de Charleston doit être regardé comme tout à fait anormal dans cette région, et sa cause reste bien mystérieuse. On peut suggérer que l'Océan Atlantique a été, dans sa partie subtropicale, le théâtre de l'effondrement pléistocène des terres reliant l'Europe à l'Amérique, terres dont le bord méridional occupait un emplacement encore tout à fait inconnu le long du géosynclinal méditerranéen ou alpin, siège de plissements tertiaires traversant l'océan, du Maroc aux Antilles, par un trajet non moins ignoré. A défaut d'autre explication, nous serions donc tentés de voir dans ce séisme un mouvement au sein du géosynclinal, opinion que corroborerait dans une certaine mesure l'instabilité de ces parages maritimes, à l'est et au large des Antilles. Aussi bien, les Bermudes ne sont-elles pas exemptes de secousses. MendenhalP a estimé à 1 300 000 000 000 chevaux-vapeur le travail mécanique développé par ce séisme sur l'écorce terrestre, et Shaler' aurait alors prophétisé que la côte de la Nouvelle-Angleterre est dans le cours des temps destinée à s'effondrer sous l'Atlantique, sinistre prédiction, ravivée, grâce à la presse, dans l'esprit public par les crevasses consécutives au tremblement du 21 mars 1903, dont les dégâts ne furent pas sans importance et qui s'étendit de Baltimore au golfe du Maine.

Ce remarquable tremblement de terre a présenté une circonstance particulière qui a fortement attiré l'attention, à savoir l'existence apparente de deux épicentres bien distincts. Nous pensons qu'il ne faut voir là que des phénomènes de propagation au sein de couches hétérogènes plus ou moins profondes, et cet exemple n'est du reste pas unique, témoin celui de Noto (Sicile) du 14 juin 1904^, qui à ce compte aurait eu quatre foyers différents. Dans les pays hispanoaméricains, on dit que les tremblements de terre « font pont » [hacen pnente)^ lorsqu'ils montrent ainsi des surfaces indemnes, ou moins

' The Charleston c&rthquake of August 31*1 1886 ({/. S. geoL Survey. Ninth Rep. 1889, 201).

' On Ihe intensity of earthquakes (Nature. London, XXXIX, 380).

' Von Bracic. Erdbebennachrichten aus Nordamerica (Die Brdbebenwarte, 1903-1904, 205. Laibach).

^ Arcidiacono. Il terremoto del 14 Giugno 1904 (BulL Soc. min. t7a/.» X, 1904^5, 159).

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fortement ébranlées, au milieu de leur aire pléistoséiste, circons-

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