‹ Les tremblements de terreChapitre 33 sur 112 · TS · texte numérisé non relu

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Fig. 15. — Dooble épicentro da tremblement de terre de Charleston du 13 août 1886.

tance qui tend à se répéter aux mêmes lieux, comme cela s'observe

à QueUaltepeque pour les séismes de San-Salvador (Amérique centrale), dernière observation plus favorable à notre explication qu'à celle qui fait intervenir des secousses de relai. Davison' a dernièrement étudié d'une manière approfondieMe

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mécanisme de ce qu'il appelle les tremblements de terre jumeaux, Twinearthquakes, qui se produisent à peu près simultanément avec des foyers très voisins, et donnent l'apparence de séismes à doubles épicentres. Sans différer essentiellement des tremblements de terre de relai, ils résultent de mouvements dans des parties différentes d'un même accident, faille ou pli, soit simultanément, soit que le premier séisme en provoque d'autres au voisinage, les parties intermédiaires, pour une cause ou une autre, pouvant rester en repos. Cette distinction parmi les tremblements de terre de relai n'a rien

* T^riD-euthqaokes (Quart. Jaurn. of the Geol. Soe„ LXI. 13. 190S. London).

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d'indispensable, mais le séismologue anglais a précisé les circonstances de ces phénomènes, et il s'est appuyé pour cela sur les relations détaillées d'un certain nombre de tremblements de terre importants, parmi lesquels celui de Gharleston

Le versant occidental des AUeghanys : Tennessee, Kentucky, Ohio, Indiana, Illinois, Missouri et Arkansas, est le siège d'épicentres sporadiques clairsemés et pauvres en séismes. C'est le caractère particulier aux terrains primaires, et surtout carbonifériens, affectés par les plissements postérieurs. Tel est bien le cas de ces territoires qui ont constitué un noyau ancien du continent américain actuel, symétrique du massif des Rocheuses, de l'autre côté de la mer crétacée qui s'est si longtemps étendue entre le golfe du Mexique et les terres arctiques du Canada septentrional. On y connaît des fractures postérieures aux plis arasés, mais les véritables épicentres sont trop mal déterminés pour qu'on puisse les leur attribuer en détail. Quoi qu'il en soit, les tremblements de terre s'étendent au delà du Mississipi jusqu'au pied des monts Ouachita, où des dislocations font reconnaître les racines d'une ancienne chaîne hercynienne plissée, dépendance des Appalaches élargis, mais rabotés jusque-là. Il est probable que ces secousses doivent s'étendre, en même temps que ces accidents, jusqu'au Territoire Indien et à l'Oklahoma, où disparaissent définitivement les terrains primaires. Si les observations séismiques ultérieures justifient cette prévision, l'influence séismogénique des dislocations post-carbonifériennes deviendra tout à fait évidente pour toute cette région centrale des États-Unis à l'ouest des Appalaches.

Les célèbres tremblements de terre de 1811 à Memphis et aux environs n'ont pas encore été clairement expliqués. Ils ont dépassé en nombre et en intensité tout ce qu'on doit normalement attendre dans ce pays, même en tenant compte de l'exagération naturelle aux témoins oculaires, pour la plupart colons et pionniers un peu en marge de la civilisation, dans ce qui était alors un Far-West reculé et à peine connu. Us se sont produits dans la contrée marécageuse appelée la « Sink » ou « Sunken Country », et au bord de la plateforme de l'Est, c'est-à-dire le long d'une remarquable ligne tectonique. Aussi a-t-on fait appel pour les expliquer soit à des tassements de ces terrains sans consistance, soit à un mouvement du bord de l'escarpement. La mobilité des dislocations hercyniennes peut tout aussi bien être invoquée, si on lui suppose un paroxysme exceptionnel.

Cette même région aété, depuis 1811, le siège d'un certain nombre

de séismes, toutefois beaucoup moins forts. Ceux de 1883 et de 1895 ont été les plus remarquables. Paducah et Memphis sont apparemment deux foyers indépendants. Les ingénieurs américains du service fluvial ont depuis longtemps attiré l'attention sur les modiûcations progressives qui se produisent dans le régime du Mississipi et de ses affluents, et sur le danger de plus en plus grand de leurs débordements. C'est en grand nombre que les cours d*eau convergent vers la Sink Country, qui s'inonde de plus en plus, accusant ainsi l'affaissement de tout le pays, mouvement que, d'après Deckert, John-T. Campbell aurait constaté en comparant les nivellements de 1880 et de 1900. Il aurait observé que, sur 12 milles d'étendue le long du bas Wabach, s'est produit entre les deux opérations un affaissement de 10 pouces anglais dans la direction de la Sink Country, et cet ingénieur en rendrait responsable par contre-coup le grand tremblement de terre de 1886 à Charleston, opinion difficilement soutenable. G. K. Gilbert considère comme hors de doute un lent affaissement de la partie occidentale de la région des Grands Lacs vers le S. W., de sorte qu'il suffirait de cinq siècles pour que le Lac Michigan finisse par s'écouler vers le Mississipi par la rivière Des Plaines et l'IUinois, à la suite d'une sorte de gauchissement jusqu'à la Sink Country. On sait, d'ailleurs, combien est jeune le cours actuel du Tennessee, qui vient maintenant se jeter dans le Mississipi en aval de Paducah, après s'être si longtemps écoulé dans l'Alabama vers le golfe du Mexique. Cette théorie

d'une ancienne « Rivière Appalachienne », résumée et illustrée par Chamberlin et Salisbury ^, mais contestée par D. W. Johnston S concorde trop bien avec les phénomènes séismiques à expliquer, pour que nous ne soyions point enclins à l'admettre au moins sous réserves. L'affaissement a appelé les fleuves, et Deckert attribue à ce phénomène l'instabilité séismique de la région ; son opinion, en quelque sorte corroborée par les quelques secousses qui agitent l'Indiana et l'Illinoisdansla direction du Michigan, paraît bien plus plausible que les suggestions précédemment signalées, y compris même le plissement hercynien. Il est du reste possible que toutes ces causes aient une part dans les séismes et ajoutent leurs effets, complication qui se rencontre quelquefois ailleurs.

Le versant occidental des Appalaches dans le Tennessee mérite encore une mention spéciale. On connaît, en effet, un foyer d'ébranlement peu intense de Knoxville à Chattanooga et Hunts ville. Or il

* Geology, I, 164, 1904.

■ GeoL journ., Chicago, XHI, 194, 1905.

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se trouve là un accident extrêmement remarquable, la grande vallée, (c Great Valley »^ dépression bordée à TEst par des crêtes de plus de 1 000 mètres et qui^ se développant sur 30 à 100 kilomètres de largeur, correspond aux cours du Tennessee et de la Coosa. Ce seraient les tronçons d'une seule et unique rivière appalachienne, qui aurait coulé à la fin de Tépoque crétacée jusqu'à l'Alabama, à la suite d'une dislocation de la pénéplaine primaire. Des mouvements tertiaires auraient rajeuni l'accident et coupé l'ancien fleuve en deux. Il est bien possible que les secousses de ce foyer leur soient attribuables.

Le 19 septembre 1884, un séisme important a ébranlé la province canadienne de l'Ontario, entre les lacs Erié et Huron, ainsi que les états de Tlndiana, de TOhio et du Michigan. Rockwood^ l'attribue à des mouvements qui continueraient à se produire au sein d'un anticlinal courant vers le N. N, E., et rencontrant l'extrémité occidentale du lac Érié entre Toledo et Sandusky. Cet accident s'est produit entre le Silurien inférieur et le Silurien supérieur et, passant près de Bellefontaine, non loin de l'épicentre, il est à peu près parallèle aux plis des Appalaches. Une telle attribution d'un rôle séismogénique aune dislocation aussi ancienne serait fort hasardée si Rockv^ood ne rappelait l'opinion de Newberry que, dans la série des temps géologiques postérieurs, elle a continué à être une ligne de dérangements. Il est vrai que l'axe de l'aire pléistoséiste, d'Akron, au sud de Cleveland, à Indianapolis, fait un certain angle avec la direction de l'anticlinal; .mais, par contre, l'axe de Taire totale ébranlée coïncide assez bien avec lui. Il est donc admissible que la relation invoquée soit exacte, si l'on suppose que l'aire pléistoséiste ait été mal tracée sur la foi de renseignements insuffisants. On peut attribuer la même origine à d'autres séismes analogues observés dans cette région.

De la Floride au Rio Grande, les côtes du golfe du Mexique sont extrêmement stables . Seules, quelques rares et insignifiantes secousses en viennent parfois troubler la quiétude, commune aussi à l'archipel des Bahamas. En particulier la Floride, formée de Tertiaire récent resté à peu près horizontal, est la partie la plus moderne des États-Unis. Il semble qu'avant son émersion post-pliocène, elle constituait un vaste plateau sous-marin relativement peu * profond, prolongeant celui où se déposaient les couches identiques des Bahamas ; elle n'a donc, ainsi que ces îles, eu à subir que des mouvements verticaux et des cassures, de sorte que l'absence de tout plissement explique l'immunité séismique de ces régions. Les

* American Journ. of Science (CLXXIV, 432).

états du bas Mississipi n'ont été soumis, de même, qu'à des vicissitudes semblables et sans influence séismogénique postérieure.

L'architecture tabulaire des anciens territoires mexicains, Texas, Colorado et Nouveau-Mexique, seulement accidentés de failles, à la vérité gigantesques, et de bombements laccolitiques, en a assuré la stabilité, malgré l'intensité de phénomènes volcaniques à peine éteints.

Enfin les séismes sont à peu prës inconnus dans toutes les grandes plaines des États-Unis à Test des Rocheuses, comme aussi dans le Canada jusqu'aux terres arctiques. C'est que les immenses plaines crétacées, qui s'étendent des monts Ouachita du Texas à l'embouchure du Mackenzie, sont un très ancien fond de mer, à peine dérangé, et qui n'a subi que des oscillations verticales sans plissements ; autrement dit, c'est un antique synclinal non transformé postérieurement en ride montagneuse, d'où son immunité séismique.

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