‹ Les tremblements de terreChapitre 34 sur 112 · CHAPITRE vil · texte numérisé non relu

CHAPITRE vil

Le continent sino-sibérien est limité à TOuest par TOural, qui ne le sépare guère du continent nord-atlantique^ au Sud et à l'Est par les géosynclinaux méditerranéen et circumpacifique. Il forme une masse essentiellement stable au point de vue géologique^ qui n'a jamais été morcelée, et c'est une conséquence immédiate de cet état de choses qu'il soit aséismique sur de grandes étendues^ ou seulement pénéséismique par ailleurs.

De l'Oural à Tlénisséï, la Sibérie occidentale ignore les séismes, sauf la région pénéséismique de Nijné-Taguilsk, située à cheval sur la chaîne. C'est là une surface émergée de l'époque carboniférienne, puis recouverte par une mer plate à l'époque oligocène, sans dérangements ni bouleversements postérieurs. La Sibérie orientale montre une architecture tabulaire tout aussi stable.

Au Sud, de Krasnoïarsk à Kirensk et Ourga, s'étend une vaste région pénéséismique, presque même séismique, à un faible degré toutefois ; elle est caractérisée par le lac Baïkal, grand et profond accident tectonique de disjonction, résultant d'efforts très anciens, qui auraient rejoué à l'époque secondaire, et même plus récemment encore, ce qui explique les tremblements de terre de ces parages.

Le géosynclinal de l'époque secondaire, tel que l'a figuré Haug, part de la mer d'Okhotsk pour traverser la Sibérie jusque vers l'embouchure de la Lena, laissant ainsi jusqu'à l'extrême Nord-Est ces

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territoires faire partie du continent nord-atlantique. La géologie de ces pays est très mal connue encore, et en tout cas cette branche annexe du géosynclinal secondaire, d'ailleurs un peu hypothétique, n*a plus rejoué à l'époque tertiaire pour se transformer en géanticlinal plissé, de sorte qu'on retombe à peu près sur les conditions de l'Oural, le district pénéséismique du golfe de Taui correspondant exactement à celui de Nijné-Taguilsk.De ce côté donc, aussi, la séparation des deux aires continentales du Nord est plus apparente que réelle.

Les plateaux parfois montagneux, de très ancienne consolidation, que sont la Mongolie et la Mandchourie ne sont presque jamais ébranlés par des tremblements de terre, pas plus que la Corée, où le Cambrien lui-môme n'a guère été dérangé de son horizontalité première.

La Chine est un môle antique, contre lequel se sont arrêtés les plissements et les surrections d'âge tertiaire de l'Himalaya et de ses dépendances birmanes. L'architecture plissée y domine dans le Sud entre le Fleuve Bleu et le Tonkin, tandis qu'ailleurs les pHssements n'ont pas dépassé l'époque primaire. Y existe-t-il des régions séismiques, au moins dans l'intérieur, car du littoral il ne saurait être question? Oui, si Ton en croit les vieux annalistes de la cour impériale. Mais il est probable que leurs récits sont empreints d'une forte exagération, traduite par la mention d'innombrables catastrophes de tout genre. Comme depuis plusieurs siècles les documents publiés par les missionnaires n'en relatent pour ainsi dire pas d'origine séismique avérée, on est en droit de révoquer en doute ces anciennes relations de désastres dus à des tremblements de terre, ou que ces phénomènes aiu*aient accompagnés. On doit donc admettre, au moins provisoirement, que ce pays ne renferme que des régions pénéséismiques, comme devait le faire prévoir son histoire géologique, encore assez mal connue dans le détail. Qu'il sufGse de mentionner que Ton peut soupçonner, de même qu'en Europe et en Amérique, une dépendance entre les districts plus ou moins ébranlés et les bassins houillers.

L'Indo-Chine est stable. Quelques rares séismes d'Uaïphong se rattachent peut-être aux dislocations du Garboniférien de la baie d'Along.

L'Asie centrale proprement dite est aséismique.

Le catalogue de Mouchkétov et Orlov, déjà mentionné, donne de nombreux renseignements séismiques sur tous ces pays. U en est de même du bulletin du Comité central séismologique permanent de Saint-Pétersbourg (Levitski).

LE CONTINENT SIN0-8IBÉRIEN ISl

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