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CHAPITRE IX

LE CONTINENT AFRICANO-BRESILIEN

L'Arabie, TAfrique, à l'exception des pays barbaresques, et le Brésil reproduisent exactement les mêmes circonstances que les terres précédentes et cet ancien continent morcelé, tout aussi stable pour les mêmes raisons, et à cheval sur l'Atlantique méridional, est limité par les trois géosynclinaux : mozambique, méditerranéen et circumpacifique.

Au Natal, au Mozambique, à Zanzibar et à Mascate, quelques secousses rappellent, comme celles de l'Imérina, le voisinage du géosynclinal du détroit et des dislocations concomitantes, mais sans arriver à dépasser la pénéséismicité. Ce peu d'activité des secousses vient de ce qu'à l'époque tertiaire il ne s'est pas transformé en géanticlinal par la surrection d'une chaîne, et qu'aucun mouvement orogénique ne s'est traduit à sa surface. On retombe donc là sur les conditions de rOural et de la mer d'Okhotsk, avec ce que l'on pourrait appeler les géanticlinaux avortés. De môme qu'au nord du géosynclinal méditerranéen, les aires continentales nord-atlantique et sino-sibérienne n'en forment pour ainsi dire qu'une seule au point de vue séismique, il en est de même, au Sud, pour les deux continents australo-indo-malgache et africano-brésilien.

II est tri^s digne d'attention que le principal accident géographique de l'Afrique, c'est-à-dire la ligne des grands lacs équatoriaux, ne présente que des régions pénéséismiques, Ounyamouézi, Gondokoro, Lado, ce qui tient vraisemblablement à ce qu'il s'agit là d'un tr^it géologique d'origine trës reculée. Par contre, il se continue par TAbyssinie, où les tremblements de terre sont fréquents, sinon destructeurs, jusqu'à la côte de la mer Kouge, autour de Massaouah. Cette mer est bien d'ouverture récente au milieu du massif et se prolonge par une série de dépressions, golfe d'Akabah, mer Morte, vallée du Jourdain, Cœlésyrie enGn entre le Liban et l'Antiliban ; c'est une ligne un peu sinueuse de voûtes effondrées par fractures

154 GÉOGRAPHIE SÉISMOLOGIQUE

longitudinales dans les assises crétacées non plissées, et où ne se rencontre qu'une seule région séismique, la Cœlésyrie ; car c'est à tort que l'Egypte et l'Arabie ont été considérées comme instables par certains voyageurs ou séismologues *. C'est encore à l'absence de plissements qu'il faut attribuer le repos séismique de ces régions, situation qui s'étend à tout le reste du continent africain, dont les formes massives attestent une grande simplicité de structure générale.

Des avant le Miocène, l'Afrique et l'Amérique du Sud étaient séparées, et cet événement, de date très controversée, n'a laissé de traces que par les abîmes océaniques avoisinant le rocher de Saint- Paul, avec une région pénéséismique s'étendant à TEst, en plein océan équatorial ; on doit la découverte de cette dernière à l'ingénieur hydrographe Daussy, dont elle porte le nom.

En Amérique, quelques tremblements de terre ébranlent bien Rio de Janeiro et Ouro-Preto, mais ils n'ont ni grande fréquence, ni gravité. C'est aussi le cas de Buenos-Ayres, au nord de la région très anciennement plissée de la Yentana. A cela seul se réduit la séismicité de tout le versant atlantique, à l'exclusion du Venezuela et des provinces occidentales de l'Argentine, de Salta à Mendoza, deux régions appartenant au géosynclinal circumpacifique, et dont il sera parlé ailleurs.

Par conséquent, tout le continent africano-brésilien doit son état de repos séismique à sa condition d'antique plate-forme continentale non récemment plissée, ou disloquée, et depuis bien longtemps transformée en pénéplaine sur la plus grande partie de sa surface.

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