Arabie
L'Arabie est une grande plate-forme massive, à peine coupée transversalement par les hauteurs du Nedjed, et où l'Archéen est recouvert horizontalement par des grès ou des calcaires plus récents, attestant qu'une vaste mer occupait jadis l'emplacement de la presqu'île, en prolongeant la Méditerranée vers l'Océan Indien. Cette plateforme est fortement relevée sur la mer Rouge et celle d'Oman, tandis qu'elle s'abaisse eh pentes douces sur la Mésopotamie et le golfe Persique. La côte rectiligne d'Oman tombe rapidement à 2000 mètres de profondeur, de sorte qu'elle forme sur la mer un talus raide de 4 000 mètres émergé et immergé. Les calcaires crétacés et tertiaires
* A. Sicbcrg. Handbuch der Erdbebenkunde (31 ot 34, Braunschweig, 1904) .
de la vallée du Nil se retrouvent horizontaux sur la côte méridionale de TArabie, de sorte qu'on a pu conclure à la formation de la mer Rouge par une fracture qui a brutalement séparé la péninsule de la masse continentale africaine, à Tépoque pléistocëne, pensent Issel^ et d'autres, quoiqu'elle ait été préparée bien antérieurement. Cet événement s'est produit sans plissements ; aussi les tremblements de terre sontrils en Arabie un phénomène rare el sans gravité, malgré des affirmations contraires. A peine pourrait-on en citer deux simplement sévères, l'un à Mascate et dans le Nedjed en 1884, un autre en 1630 àMédine, ou à la Mecque, on ne sait même pas au juste. Quelques séismes d'Aden peuvent tout au plus rappeler que la séparation s'est faite par soubresauts, mais sans que les mouvements d'exhaussement modernes, décelés par les terrasses coralliennes de la mer Bouge, aient à intervenir, puisqu'elles émergent bien au nord de la petite région pénéséismique de l'Yémen, vers Moka et Taïz, région mise en évidence par les observations recueillies par Agamemnone '. Bref, la stabilité de l'Arabie paraît tout à fait hors de doute.
Quelques tremblements de terre importants de l'Europe orientale agitent parfois tout le Levant, l'Egypte et l'Arabie, et leur surface d'ébranlement est alors ovale, avec grand axe couché sur celui de la mer Bouge; on est en droit de les attribuer aux mouvements qui ont ouvert cette mer au travers de la masse continentale.