Afrique
Si l'on excepte les pays Barbaresques, appartenant virtuellement à TEurope par leur constitution et surtout par leur histoire géologique, puisqu'ils ont été soumis aux mouvements méditerranéens ou alpins, on peut dire que le continent africain est, à un extraordinaire degré, pour son immense surface, indemne de tremblements de terre. Son exploration un peu complète a été trop tardive, sur la plus
* MoiQB Itis pays barbaresques.
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grande partie de son intérieur, pour qu'on ait pu y rassembler encore beaucoup d'observations; mais TAfrique a été parcourue ou traversée par un si grand nombre de voyageurs attentifs à noter tous les phénomènes naturels que, de leur silence même, on doit conclure sans hésitation à sa stabilité générale, et ce résultat est d'ailleurs confirmé par l'absence des relations que, dans le cas contraire, n'aurait pas manqué de faire naître la longue colonisation de ses ports depuis longtemps fréquentés par des Européens.
Tout ce qu'on sait de la géologie africaine, — et ses grandes lignes commencent à être suffisamment connues, — démontre par analogie avec ce qui se passe ailleurs que les tremblements de terre n'y peuvent être ni fréquents, ni dangereux. C'est qu'en effet, l'Afrique a échappé à tout plissement tant soit peu récent, et qu'au nord des 4 2* ou 13' parallèles les terrains secondaires et tertiaires ont à peu près conservé leur horizontalité primitive, tandis qu'au Sud elle constitue une immense pénéplaine, dont le substratum archéen et primaire n'est recouvert que de couches gondwaniennes, de formation exclusivement terrestre, déposées tant à la fin des temps paléozoïques qu'au début de l'ëre secondaire. Pas de plissements tertiaires, mais seulement d'énormes fractures à l'Est, telle est la caractéristique de sa géologie, et l'on sait combien peu souvent ce dernier genre de dislocation donne naissance à des régions à tremblements de terre véritablement dignes de ce nom. L^Afrique jouit donc du repos séismique commun à tous les fragments subsistants du vaste continent austral, maintenant morcelé et effondré entre l'Australie et le Brésil, à la suite de mouvements longtemps poursuivis et commencés au moins au début du Crétacé. Les plus récentes explorations du Sahara, du Soudan et de la région du Tchad ^ indiquent l'existence d'un grand détroit crétacé Nord-Sud vers le Congo, et d'une mer miocène dont les fossiles ne manquent pas d'affinités zoologiques avec ceux de l'Inde ; de sorte que, par le Nord du continent, une vaste communication marine avait depuis longtemps fait disparaître les conditions massives de la terre africaine, circonstances qu'une récente émersion postérieure a reconstituées maintenant. Une rapide revue des contrées où quelques séismes ont été observés permettra de confirmer ces prévisions de stabilité générale.
L'Egypte est, quoiqu'on en ait dit, tout à fait indemne de désastres séismiques. Depuis plus d'un siècle qu'elle a été explorée, étudiée et pénétrée par la civilisation occidentale, on n'a pas eu à signaler
* De Lapparont. Sur de nouvelles trouvailles géologiques au Soudan (C. R. Ac. Se. Paiis, GXXXIX, 1186, 1904).
de tremblements de terre vraiment sérieux. Celui du 7 août 1847 aurait bien détruit ou renversé quelques constructions au Caire, mais leur état de vétusté doit y avoir été pour beaucoup. Les historiens arabes des premiers siècles de THégire ont mentionné quelques tremblements de terre désastreux, toutefois sans détails, ni même sans désignation des villes atteintes, de sorte qu'on ne peut guère se ûer à de tels renseignements probablement fort exagérés, par suite peut-être de l'extrême rareté des phénomènes séismiques dans le pays d'origine de ces chroniqueurs, ou voyageurs. Ceux du bas empire font détruire Alexandrie, en 365, par un tremblement de terre et une vague séismique. Il est bien probable qu'il venait de la Syrie, si ravagée aux iv% v* et vi* siècles. Les dégâts du grand tremblement de terre d'Orient sous Tibère se firent aussi sentir en Egypte. Enfin l'affirmation de Maspéro que Thèbes aurait été détruite en Tan 22 avant notre ère, n'a pas été jusqu'ici soumise à la critique séismologique, que nous sachions du moins. L'expérience des derniers siècles est donc tout à fait contraire à l'opinion que l'Egypte est un pays instable. Il y a plus, que l'on soit rationaliste ou croyant, on doit remarquer qu'il serait absolument étrange que les tremblements de terre ne figurassent point parmi les dix plaies d'Egypte, si ce phénomène y était réellement à craindre. Les anciens monuments ont victorieusement résisté aux attaques du temps, et l'état de conservation de beaucoup d'entre eux ne s'explique que si la détérioration d'autres, souvent très voisins, provient des nombreuses invasions qui ont, à tant de reprises, désolé le pays. Le silence des hiéroglyphes et des papyrus, qui relatent tant de faits véritablement insignifiants au point de vue historique, est bien significatif aussi. De tout cela résulte bien que l'Egypte est une région tout au plus pénéséismique, et où seul le contre-coup des catastrophes de la Syrie a pu quelquefois faire naître des craintes, d'ailleurs exagérées.
En effet, les conditions géologiques et géographiques de l'Egypte ne permettent pas de lui supposer une séismicité notable. Dans le désert libyque, oasis de Baharieh par exemple, on a reconnu que le Crétacé a étéexondé, faille, plissé, et en partie arasé, avant l'Ëocène. Donc, là, pas de motif à grande instabilité, le plissement, qui aurait pu la produire, étant par trop ancien. La basse vallée du Nil s'est vraisemblablement constituée pendant le Pliocène inférieur, par les failles que manifestent les hautes falaises de sa bordure, et l'absence de vrais dépôts fluviatiles, attribuables au Nil, à un niveau notablement supérieur à celui du fleuve, montre que ce n'est pas là une vallée d'érosion ordinaire, mais seulement le résultat de failles etde flexures
Di Uouteuui. — Tremblements de terre. 11
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dont la direction générale diffère peu de la sienne propre. Au commencement du Pléistocëne, elle formait une série de lacs étages, successivement asséchés par le dérasement des digues anciennes qui ont déterminé les cataractes et les rapides du Nil. Les dislocations latérales sont probablement contemporaines de l'ouverture de la mer Rouge et de son prolongement syrien, mouvements qui ne donnent lieu à un grand développement des phénomènes séismiques que dans Textrème Nord, ainsi qu'on Ta vu plus haut, et ont, en particulier, laissé la mer Rouge stable presque partout.
Sandfest^ a cherché à démontrer que le désastre biblique des Egyptiens à la poursuite des Israélites n*a pas eu lieu dans les marais du lac Sirbonique, mais bien à la pointe septentrionale de la mer Rouge. Il y aurait eu, comme à Potidée, et à la suite d'un mouvement séismique, un extraordinaire recul de la mer, suffisamment durable pour qu'ils aient pu franchir l'extrémité du golfe de Suez, tandis que leurs ennemis auraient été engloutis par la vague de retour. Hœrnes * tient cette explication pour vraisemblable eu égard à l'événement historique (?) de Potidée, et surtout en tenant compte de ce que dans des cas analogues (Pisco, 1690; Goncepcion, 1835), la mer s'est retirée pendant plusieurs heures. Il nous semble qu'il faudrait admettre un assèchement bien durable et tous les cas dans lesquels on rapporte des temps suffisamment longs, allant jusqu'à plusieurs heures, résultent de récits anciens, assez peu dignes de foi, et dont les observations scientifiques modernes n'ont pas donné d'exemples authentiques.
■ Les tremblements de terre ne sont pas inconnus non plus le long du haut-Nil, mais ils ne sont pas plus à redouter qu'en Egypte, C'est le cas de Berber, Khartoum, Ladô et Gondokoro. Cependant cette dernière ville pourrait bien être un foyer assez important d'ébranlement. Un peu au Sud, le nom de la montagne granitique et gneissique de Logweck signifierait le « Mont des tremblements de terre », et d'après Kaufmann ', les secousses y seraient fréquentes. Si les observations faites de 1850 à 1860 ne mentionnent pas de vrais dommages, du moins relatentrelles la tradition des anciens indigènes Baris d'après laquelle la terre se serait entrouverte en engloutissant les habitants dont les maisons furent renversées. D'après Morlang, cité par Beltrame \ les secousses sont plus fré-
* Wie sind die Israeliten durch's Rothe Meer gekommen und die iEgypter darin Yerunglûcki (MiUh, d. nalurwiss. Vereins fUr Steiermark. Jahrgg, i890,GTtz, 1891,267).
* Die Erdbebenkunde, 123.
* Dos Gebiet des weissen Flusêes und dessen Bewohner (Brizen, 1861, 11).
* Il fiume bianco e i Dénka (Verona, 1881, 308).
LE CONTINENT APRICANO-BRESILIEN 163
quentes et plus fortes dans les montagnes du Sud qu'à Gondokoro. Ainsi donc, toute la vallée du Nil pourrait bien former une vaste région pénéséismique, d'activité variable. DeLapparent suggère que, de Berber au coude du Sobat, la direction du Nil blanc, dans sa traversée des grès horizontaux du Soudan, résulte de la grande dislocation abyssinienne, dont il sera parlé plus loin ; et Ton peut trouver là une indication sur la cause possible de ces séismes.
L'Abyssinie est certainement une région à tremblements de terre assez fréquents, mais les longues observations d'Ant. d'Abbadie recueillies par Perrey ^ ne laissent pas supposer qu'ils y soient jamais bien graves. Tout au plus peut-on citer d'insignifiants dégâts à Massaouah, en 1884, et quelques éboulements de terrains dans le pays des Gallas. Le massif éthiopien est limité à l'Est par une énorme faille qui a porté à 2 500 mètres et plus le substratum archéen. Le plateau est recouvert de produits éruptifs en nappes sensiblement horizontales, d'âge crétacé ou éocëne et très probablement contemporaines de celles du Dekkan ; occupant l'Amhara et le Ghoa, elles s'étendent au loin dans le pays des Gallas*. Les mers jurassiques s'étaient creusé un sillon, et ceux de leurs sédiments qui ne sont pas cachés sous les laves, forment un grand croissant à concavité orientale, en faisant, du Tigré au Godjam, [le tour du Gondar et du lac Tsana, fosse d effondrement. Il résulte des voyages de d'Abbadie que cet observateur, pendant son long séjour en Abyssinie, n'a guère signalé de secousses que dans des localités de ce territoire sédimentaire, ou en son voisinage. Ge serait dès lors l'exemple d'un synclinal jurassique ayant conservé quelque instabilité à la suite des mouvements qui l'ont ultérieurement exondé. Le long de la mer Rouge, des chocs n'ont été signalés qu'à Souakim, et surtout à Massaouah, c'est-à-dire non loin du Tigré, où commence la région pénéséismique abyssine.
Les tremblements de terre sont très rares à Zanzibar, mais certainement plusj habituels à Mozambique et à Inhambane. On peut jusqu'à nouvel ordre les attribuer à la proximité du géosynclinal de l'époque secondaire, représenté par le détroit. Il ne s'estpoint, pendant l'ère tertiaire, transformé on géanticlinal, ce qui explique dans une certaine mesure les quelques séismes dont il s'agit, opinion corroborée par la direction E.-W. que tous les observateurs s'accordent à attribuer à ces secousses, ce qui revient à les faire provenir du
• Cat. 1857, 7.
' A. Aubry. Rapport sur une mission au royaume du Ghoa et dans les pays Gallas (Archives des Missions scient, et litt., 3* série, XIV, 457. Paris, 1888).
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détroit de Mozambique. D'ailleurs^ des formations charbonneuses de la colonie portugaise ont subi des plissements hercyniens, contrepartie de reffondrement liasique du Canal.
L'accident le plus remarquable de toute l'Afrique est, sans contredit, la zone méridienne des grands lacs équatoriaux. C'est un système de lacs profondément encaissés dans le substratum archéen porté à de fortes altitudes, et son trait le plus caractéristique est de s'ouvrir par des effondrements dans la bande continentale de plus haut relief, ainsi que l'a montré de Lapparent ^ La vallée du Chîré, aux bords abrupts, le fait déboucher sur le Zambëze, tandis qu'au Nord il passe au pied de la falaise éthiopienne pour se prolonger par le fossé de la mer Rouge et ses dépendances jusqu'à la vallée de l'Oronte en Syrie. Ce bourrelet, maintenant en partie effondré, est d*origine fort ancienne, puisqu'il a presque partout servi de frontière occidentale aux mers secondaires et tertiaires de la Somalie et de Zanzibar. Cette ligne de fractures gigantesques a-t-elle rejoué récemment ? On ne sait encore ; mais si l'activité volcanique y a été grande et a construit des cônes superbes, la certitude bien acquise qu'il ne s*y trouve pas de régions véritablement instables, serait favorable à la négative. Quoi qu'il en soit, les régions tout au plus pénéséismiques, dont on peut soupçonner l'existence entre le Zambèze et la mer Rouge, trouvent évidemment une explication au moins générale dans l'énormité des efforts nécessaires à la formation d'une si étonnante zone culminante, puis à son effondrement, malgré l'ancienneté du début de ces vicissitudes.
Le foyer d'ébranlement de Gondokoro, déjà mentionné, dépend peut-être de la zone méridienne de dislocation de l'Afrique équatoriale, si l'on réfléchit au voisinage du Rouvenzori, au nord du lac Albert-Edouard, où le gneiss a été porté à plus de 4 000 mètres au-dessus de la vallée. Gela suppose une poussée colossale, à laquelle, sans grande témérité, nous sommes portés à faire jouer encore un rôle séismogénique. En tout cas, ce centre séismiquo s'étend au moins jusqu'à Kibiro, sur la rive orientale de l'Albert Nyanza. On ne saurait guère non plus le séparer de celui de l'Ouniamouézi, où les tremblements de terre ne sont pas très rares^ non plus que dans l'Ounyaniembé.Oudjiji, sur la rive orientale du Tanganika, et Kavala, île de son bord opposé, ressentent aussi des secousses. Dans le Katanga, des séismes ont été observés à Kambôve par Buttgenbach ' qui, en les
* Soulèvements et affaissements {Revue des Questions scientifiques, 2* série, XIV, 5, 20 juillet 1895, Louvain).
* Tremblements de terre au Katanga, novembre 1902 {Soc. belge de géol, paléont. et hydroL, Séance du 14 juin 1904).
relatant, observe que dans leur propagation tout au moins, ils suivent la direction des couches relevées verticalement ; il y a donc là une certaine indication sur leur genèse possible. D'après Livingstone, cité par Perrey ^ les tremblements de terre ne sont pas rares à Teté, sur le Zambëze, non loin de l'extrémité méridionale du Nyassa ; mais ils seraient totalement inconnus dans le haut du bassin de ce fleuve. Ainsi donc, de Gondokoro à Teté, des secousses modérées se font ressentir dans toute cette partie de la zone de dislocation, sans que jusqu'à présent il en ait été signalé vers la mer Rouge, là où elle entre dans les terrains secondaires.
Sur le haut Congo, Stanleyville et Singatini, l'ancienne résidence du fameux Tippo-Tib, sont parfois ébranlées, sans que l'on sache si ce foyer se rattache à celui de Tanganika. Du foyer de Mahabi, Ton ne sait presque rien non plus.
Durban est un petit centre séismique s'étendant jusqu'au Drakenberg, ancienne dislocation faisant partie du contour primitif du continent africain. A son pied s'est déposé le Crétacé resté horizontal, mais il paraît s'être relevé depuis en exondant ces couches sédimentaires ; ce mouvement joue peut-être un rôle séismogénique. Quelques secousses du Natal et du Transvaal sont peut-être à rattacher aux traces de plissements hercyniens qu'on y rencontre.
La côte méridionale de l'Afrique entre Port Elisabeth et le Cap est rarement ébranlée par des tremblements de terre, ce qu'on devait attendre d'un pays où des couches antérieures au Karoo, seulement découpées en terrasses par des failles, sont restées horizontales ; à peine si Ton peut en citer un, on ne dira pas sérieux, mais de très grande extension, celui du 14 août 1857, ressenti aussi fort loin en mer. Comme le Cap est le seul point des côtes africaines où des vagues séismiques aient jamais été signalées, que d'autre part ces côtes semblent le théâtre de mouvements d'exhaussement, il y a là un ensemble de présomptions favorables à la production de séismes sous-marins dans ces parages, et que l'on ressentirait à terre. C'est presque l'opinion de Ë. Rudolph, et il faut provisoirement s'y rallier.
On ne saurait actuellement rien dire de bien net sur les secousses légères qui agitent de temps en temps le Namaqualand, bourrelet archéen simplement ridé et se prolongeant vers la colonie du Cap par un large ruban de terrains primaires disloqués.
Il faut remonter au Nord jusqu'aux côtes du golfe de Guinée pour rencontrer traces d'instabilité. Mais là, on trouve à Accra et à Saint-
* Gat. 1862, 42.
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George d^EImina un pays où les secousses doivent être assez fréquentes^ si Ton en juge par le irembleinent de terre fort sévère du 10 juillet 1862; il s'est étendu loin dans l'intérieur, h Abomey, où cet événement a été l'occasion de nombreux sacrifices humains, renseignement en faveur de la stabilité habituelle du Dahomey, en l'absence do toute autre information. 11 serait d'ailleurs étrange que ce territoire archéen fut éprouvé par des séismes, et cette prévision doit s'étendre aux massifs schisteux anciens du Kanem, du Sokoto et à celui nouvellement signalé^ entre le 4"* degré de long. E. de Paris et le lac Tchad.
Au Cameroun, une secousse a été observée à Lonji.
Le Sierra Leone éprouve quelques chocs, et deux ont été observés par Borius^ de 1832 à 1836 à Saint*Louis du Sénégal, où les officiers de l'armée coloniale les considèrent comme à peu près inconnus.
Du Sahara l'on ne sait rien, sinon que sa bordure septentrionale, au pied de l'Atlas saharien, ressent des tremblements de terre, mais on entre là dans le domaine des pays barbaresques. D'ailleurs la stabilité du désert ne saurait guère faire de doute d'après ce que l'on sait de son histoire géologique.
Mourzouk et Ghadamès ont donné lieu à deux observations séismiques, pour chacune de ces deux villes, mais on ne peut en tirer de conclusion.
La Tripolitaine est certainement très stable, avec ses couches secondaires et tertiaires peu dérangées et non plissées. Un ou deux séismes seulement y sont connus. On ne peut, malgré l'absence d'observations suivies, supposer qu'ils puissent y être fréquents et graves, même en se reportant à ce renseignement, dû à de Mathuisieulx', que des missionnaires, pour sauver d'anciens monuments romains, servant de carrière aux indigènes, les auraient menacés de tremblements de terre, prédiction ensuite réalisée par un désastre séismique en châtiment de l'infraction faite à cette défense. Ce n'est évidemment là qu'une légende, qui ne saurait rendre authentique un fait, dont la date est d'ailleurs inconnue. Rien ne peut donc faire croire à la séismicité de la Tripolitaine.
' A. de Lapparent. Sur de nouvelles trouvailles géologiques en Afrique (C. R. Ac. Se. Paris, CXXXIX, 1186. 1904).
' Recherches sur le climat du Sénégal {Notices statistiques sur les colonies, III, 211, 1839).
* A travers la Tripolitaine (Le Tour du Monde, 1902, 569, Paris).
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