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L'Atlantique méridional

La question de reffondrement^ sur remplacement de rAdantique méridional, d'une communication terrestre entre l'Afrique et TAmérique du Sud^ autrement dit la réunion jusque vers la fin du Jurassique de ces deux grandes terres sous le nom de continent africano-brésilien, est encore assez obscure et controversée. Des communications auraient existé à une époque reculée entre les deux terres. Quoiqu'on ait généralement admis que vers les temps permotriasiques, l'Inde, l'Afrique, le Brésil et peut-être l'Australie ne formaient qu'un seul continent, il y a lieu, dit Stromer von Reichenbach^, de signaler que la formation duKaroo de l'Afrique méridionale n'atteint nulle part l'Océan Atlantique. On a trouvé une flore à Glossopleris dans le centre de l'Afrique orientale, et Van de Wiele *, examinant l'observation précédente, a admis, après beaucoup de géologues, l'hypothèse que les épaisses couches de grès du Congo se rattachent à la formation du Karoo. Mais jusqu'ici, d'après le premier de ces géologues, il n'y a pas d'indice qui permette de réunir ces couches à celles du Brésil, et on ne saurait conclure à une communication terrestre avec l'Afrique à l'époque permienne, mais sans toutefois pouvoir la nier absolument. Ainsi la communauté de flore des deux continents, et les hauts fonds de l'Atlantique à la latitude de la Patagonie, resteraient les seuls arguments en faveur d'une ancienne liaison terrestre, maintenant submergée.

Quoi qu'il en soit, la disposition actuelle des fonds de l'Atlantique méridional moyen n'est certainement pas favorable à l'idée d'une communication, tant soit peu récente tout au moins. En effet, on y distingue deux fosses, séparées par un long seuil suivant le Ib"* méridien et servant de soubassement à des îles volcaniques, l'Ascension, Sainte-Hélène et Tristan da Cunha. Haug interprète cette structure en admettant la formation graduelle d'un grand géosynclinal, dans l'axe duquel un géanticlinal secondaire, ébauche possible d'une future chaîne de montagnes, serait en voie de formation depuis une date relativement récente.

On s'expliquerait bien, dans ces conditions, l'existence d'une ou de deux régions séismiques, purement océaniques, l'une à l'Est du

* Betrachtungen ûber die geoiogische Geschichte Aethiopiens (ZeiUchr. d. deuUck. geol, Oes., LUI, 4, 35, Berlin, 4902).

' Bull. Soc. Belge de géol. paléont. et hydroL, juillet 1902, 153.

GÉOGRAPHIE SÉISMOLOGIQUE

rocher de Saint-Paul, l'autre plus à l'Est encore, et séparées par un intervalle plus pauvre en épicentres entre les 23*' et 26* méridiens. Toutes deux sont comprises entre les 4* parallèles, au Nord et au Sud de Téquateur. La lacune entre elles est assez petite pour qu'on puisse les confondre, et la plus orientale a donné lieu aussi à d'assez nombreuses observations d'éruptions volcaniques sous-marines. Le rocher de Saint-Paul est d'ailleurs lui-même d'origine éruptive. Ces régions

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Pig. 21 . — Région séismique de l'Atlantique équatorial, ou de Daussy .

pénéséismiques ont été découvertes par l'ingénieur hydrographe Daussy \ On connaît dans ces parages restreints aux 17* et 33' méridiens 72 secousses sous-marines, nombre considérable si Ton tient compte des hasards de la navigation qui en rendent l'observation très difficile, en tout cas bien fortuite. L'une et l'autre régions sont entourées d'abîmes de 4000 à 6 000 mètres et même plus, et kraides talus.

Dans une traversée de l'Atlantique, entre Lisbonne et Bahia, Hecker^ a rencontré trois points où les anomalies de la pesanteur présentent des maxima bien marqués, alors que partout ailleurs cet élément montre une remarquable uniformité, garantissant l'exac-

* Note sur l'existence probable d'un volcan sous-marin par environ 0*20 de latitude Sud et 22* de longitude Ouest (C. A. Ac. Se, Paris, VI, 512, 1838 et XV, 446. 1842).

* Bestimmung der Schwerkraft auf dem atlantischen Ozean, sowie in Rio de Janeiro, Lissabon und Madrid (Verûffentlichlung des K. preuss. Oeoddt. Insiilutes, N. F. n* 11. 1903).

titude de ses mesures. Ces anomalies correspondent à des dislocations profondes, comme on l'a déjà fait remarquer pour la Russie méridionale, et l'un de ces maxima correspond à la chute profonde des fonds entre le rocher de Saint-Paul et l'équateur. De Lapparent^ a généralisé cette observation en disant que lorsque ces anomalies sont positives, comme dans le cas actuel, elles permettent de diagnostiquer une région particulière de dislocation au contact de deux compartiments, dont l'un s'affaisse et, par conséquent, doit se comprimer en s'écrasant. L'existence de la région atlantique d'ébranlement trouverait ainsi son explication dans un état de choses que seules les observations d'Hecker ont pu faire découvrir.

L'Ascension, Sainte-Hélène et Tristan da Gunha sont supportées par la croupe, longue d'environ 800 kilomètres, dont on a parlé plus haut. On y connaît respectivement 2, 8 et 4 séismes. Gela n'indique pas une bien grande instabilité, constatation peu en faveur de l'opinion de Haug que ce serait un géanticlinal en voie de formation. Il est vrai que des observations -suivies n'y ont jamais été faites, mais toutes les probabilités sont pour la rareté des secousses, car on n'y en a peu signalé de sous-marines, malgré une navigation fort active. La formation de l'anticlinal serait donc non seulement avortée, mais complètement éteinte.

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