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Italie continentale

Le versant italien des Alpes occidentales est relativement peu exposé aux tremblements de terre, quoique ce soit de ce côté qu'est venue la poussée orogénique à laquelle la grande chaîne doit sa surrection. D'une façon générale, la vallée proprement dite du Pô est très stable; autrement dit, relativement peu de secousses y prennent naissance. Au contraire, de nombreux centres d'ébranlement s'échelonnent sur tout le versant des montagnes, mais les chocs redoutables y sont plutôt rares.

Au sud de Cuneo (Coni), Boves a souffert quelques dommages le 23 mai 1835 ; mais on n'en connaît pas d'autres cas. Yinadio et Valdieri ressentent des secousses d'un caractère très local. Le bassin inférieur de la Stura aurait peut-être plus à craindre, si l'on en croit les chroniques de la ville de Cuneo, mais s*agit-il de séismes propres? C'est fort douteux ; il est bien plus probable qu*ils étaient d'origine ligurienne. Les hautes vallées du Pellice, du Chisone et de la Dora Riparia forment une région séismique fort importante allant jusqu'à Suse, et franchissant peut-être les Alpes jusqu'à Briançon. Le tremblement de terre désastreux de 1808 a été suivi d'innombrables secousses consécutives. Enfin Ceres et Lanzo, dans la vallée de la Stura du Nord, terminent cet ensemble de régions presque contiguës d'ébranlement. Cette partie des Alpes occidentales est caractérisée par une série de hautes cimes cristallines depuis longtemps émergées et qui ont servi de noyau à la sédimentation. D*aprës Zaccagna^, les poussées orogéniques s'y sont manifestées par trois fois, avant le Carboniférien, à la fin du Lias et à la fin de l'Éocène ; si le premier mouvement a suffi à donner à la chaîne sa forme arquée, c'est plus tard qu'elle a atteint sa plus grande altitude, et l'ancienneté relative du dernier mouvement donnerait la clef de la stabilité, relative aussi, que l'on vient de constater et qui rappelle celle des Pyrénées, de surrection contemporaine.

* Nota sulla geologia délie Alpi occidentali (BoU. Com, geol. Ualiano, VIII, 346).

Plus au Nord, il faut remonter jusqu'à la vallée d'Aoste pour retrouver un foyer tant soit peu notable; mais au sentiment de MercalliS quelques dommages parfois éprouvés dans les villages au débouché dans la plaine doivent être attribués à ce qu'ils sont construits sur des terrains morainiques sans aucune consistance. Des centres isolés et locaux se rencontrent sur les pentes jusqu'à la vallée du Tessin ; ce sont ceux des environs de Biella, de Yarallo et de rOssola. Les grands lacs de la haute Italie, lac Majeur, lac de Lugano et lac de Côme, sont des vallées d'érosion, surcreusées par les anciens glaciers, et barrées par des moraines; leur stabilité prouve Textinction totale des accidents qui en ont permis le creusement grâce à un relèvement du massif. En amont du lac de Côme, la haute vallée de l'Adda, ou Yalteline, est plus riche en épicentres à secousses assez fréquentes, mais on n'y connaît pas de tremblements de terre vraiment graves; la catastrophe de Piuro du 4 septembre 1618 n'avait rien de séismique, due qu'elle était à un ;grand éboulement de terrains, phénomène fréquent dans les Alpes italiennes. ...

. La rive occidentale du lac de Garde présente aux environs de Salô et de Yestone une région d'instabilité qui descend dans la plaine jusqu'à Mantouè et se prolonge le long de la frontière du Trentin jusque vers Asiago, par le pays des Sette Gomuni. Brescia et ses environs ont parfois eu à souffrir sévèrement, mais pas au point de constituer une région très dangereuse, car il faut dans une assez large mesure tenir compte de l'exagération habituelle des chroniqueurs du moyen âge. Les secousses sont fréquentes à Desenzano, plus encore au Monte Baldo, au bord faille et chevauché, où l'on connaît des séries de chocs et de bruits séismiques. En résumé, toute cette région du lac de Garde est largement pénéséismiqué et se rattache à celle du Trentin et de la Judicarie, dont on a déjà parlé et dont elle n'est séparée que par la frontière politique entre l'Autriche et l'Italie. Le lac de Garde est une dépression tectonique synclinale, qui remonte aux temps mésozoïques, mais dont la configuration définitive actuelle résulte de mouvements divers ; les principaux ont eu lieu vers le commencement du Miocène, avec la surrection et la dislocation du Monte Baldo, puis vers la fin du Plio-^ cène avant le dépôt de l'étage « villafranchien », et finalement vers la fin de la période glaciaire. Ils sont donc assez récents pour expliquer une instabilité qu'on pourrait presque s'étonner de ne pas voir

' / terremoii délia Liguria, e del Piemonie^ 134 (Napoll, 1807).

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plus grande. Bettoni^ explique les secousses du lac de Garde parles nombreux accidents tectoniques particuliers qu'on y rencontre avec une grande multiplicité des épicentres particuliers. Baratta* attribue à des mouvements de la fracture de Tregnano, val d'Illasi, le tremblement de terre du 7 juin 1891. Dans le travail où il formule cette conclusion, ce séismologue donne une esquisse des nombreuses failles qui accidentent les Tredici Comuni et les Sette Comuni, et qui peuvent rendre compte de leurs épicentres plus nombreux que riches en secousses.

Le Bellunais est la région séismique la plus importante du versant italien des Alpes, et le tremblement de terre du 29 juin 1873 a donné lieu de la part des géologues autrichiens Bittner' et Hôfer^ à des travaux de la plus grande valeur. Son foyer se trouvait entre Bellune et le lac de Santa Croce^ à une petite distance de cette ville. Le tracé des homoséistes, c'est-à^ire des courbes lieux des points où l'ébranlement s'est fait sentir simultanément, a fait connaître à Hofer cette très remarquable particularité qu'ils sont trilobés dans les directions N. W.-S. E. et W.-E., ou respectivement vers Innsbruck, vers l'Adriatique et vers Laibach, ou mieux Laak en Gamiole. Cette disposition lui a fait penser que le tremblement de terre était dû à un mouvement simultané de deux séries d'accidents tectoniques, ainsi qu'on va le voir d'après ce savent séismologue. Il est assurément contraire à la réalité des faits de parler d'une faille adriatique, mais on rencontre tout un système de dislocation? S. E.-N. W., qui, au N. W. de Bellune, se montrent dans la vallée du Gordevole et se prolongent jusqu'à la remarquable dépression du Brenner, en plein cœur de la chaîne principale des Alpes ; c'est une direction jalonnée par des foyers secondaires d'instabilité. Dans l'azimuth diamétralement opposé, on se trouve dans l'exact prolongement de la ligne extérieure des îles dalmates, c'est-à-dire de la limite orientale de l'effondrement adriatique. L'autre direction, Bellune-Laak, est la limite méridionale des terrains rhétiens le long de laquelle les couches carbonifériennes, triasiques et crétacées sont tellement enchevêtrées les unes dans les autres par des chevauchements que leur disposition primitive est absolument méconnaissable. Gette même ligne est aussi d'une très grande impor-

* n terremoto del 31 Ottobre 1901 {Bull, soc, sism. UaL, \l\h 162).

* U lArremoto veronese del 7 Giugno 1891 (Ann. -delV Officio eentr, met, e geodinam. Série II, Parle III, XI, 1889. 54. Roma. 1892).

' Beitr&ge zur Renntniss des Erdbebens von Bellano von 29 Jttni 1873 {SiUungêàer. d, K. Ak, d. Wisê., nai. CL, LXIX, IV, 541, 1894).

' Das Ërdbeben von Bellano am 29 Juni 1873 (M., LXXIV» V, 819).

tance dans la tectonique des Alpes orientales, car elle sépare des Karawanken les Alpes Juliennes qui se dirigent ensuite vers le S. E. La forme des homoséistes montre que le double système d'accidents qui se croisent près de Bellune a joué en même temps le 39 Juin 1873, à l'exception du prolongement occidental du second.

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.Bellune

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FiR. iO.— HomoBâUtedalremblementdc terre daBellDiie du!9 juin 1873 (d'aprâsHafe^.

vers le val Sugana dans le Trentin, puisque ces courbes ne présentaient pas un quatrième lobe vers l'Ouest dans cette direction. C'est justement cette dernière observation qui empêche de voir dans la forme trilobée des homoséistes le simple résultat d'un phénomène de plus facile propagation du mouvement séismique, le long de3 accidents, et conduit à y voir un réel mouvement de dislocation, sauf vers l'Ouest.

A l'est de Bellune, le Frioul renferme des épicentres importants.

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Claut, Tolmezzo, Udine, etc., sans compter beaucoup d'autres moins riches en séismes. Il faut sans doute faire intervenir les dislocations de la ligne Bellune-Laak, dont on vient de parler, et lui attribuer les tremblements de terre qui s'y font parfois sentir sévèrement. C'est à des phénomènes d'éboulements par dissolution que Haidinger * attribue les bruits séismiques du mont Tomatico près de Feltre.

La vallée proprement dite du Pô est stable, en dépit des désastres signalés par exemple en grand nombre à Venise ; mais trëscertaine* ment tous, d'ailleurs exagérés par les chroniqueurs, étaient dus à des secousses venant de l'extérieur, et il en est de même pour la plaine littorale jusqu'à Trieste, oii l'effondrement adriatique doit jouer un rôle ; quant aux épicentres locaux, l'épaisse couverture alluvionnaire empêche de faire à leur sujet aucune suggestion tectonique plausible. Il est cependant très vraisemblable que les secousses de Milan et de Bergame, ville située au bord faille de la chaîne des Alpes, sont en relation avec l'effondrement qui a donné lieu à la vallée, ancien golfe ultérieurement soulevé et comblé. Aussi bien, le pied des monts ne manque pas de dislocations particulières, capables ici ou là d'avoir leur influence, et c'est ainsi que Baratta' a pu faire intervenir plusieurs fractures lors du tremblement de terre de Lecco, du 5 mars 1894 ; il n'est pas impossible non plus que certaines secousses faibles et locales soient dues au simple tassement des matériaux détritiques sans consistance.

i. — Italie péninsulaire.

On peut dire que, de la Ligurie à la Basilicate et à la Galabre, la chaîne des Apennins est exposée aux plus violents tremblements de terre, quoique ça et là se présente quelque adoucissement à leur énergie et à leur fréquence^ C'est que sa surrection est extrêmement récente, puisque le Pliocène y est souvent porté à plus de 1000 mètres d'altitude; le versant adriatique est plissé, tandis que son opposé tyrrhénique est surtout fracturé. Les Apennins se sont érigés en deux fois, tant à la fin de TÉocène en même temps que les Pyrénées et la Provence qu'après les Alpes, par compression entre l'Adriatide et la Tyrrhénidé, dont les ruines sont la Corse, la Sardaigne, la Calabre, les monts métallifères de Toscane et l'Arclupel de l'île d'Elbe, tandis que la contre-partie du mouvement d'élévation a été Teffondrement

* Das Schallph&nomen des Monte Tomalico bei Fellrc (Jahrbuch d. K. K. geol. Reichsanstalt.y. 566, Wien).

' Il icrremoto di Lecco dcl 5 Marzo 1894 [Boll. soc. sism, iicU., 1, 19).

de ces deux terres. On observera que la périphérie de cet affaissement occidental est, en Espagne, dans le Midi de la France, en Italie et dans les pays barbaresques, tout entière auréolée d'épanchements éruptifs ou d'évents volcaniques soulignant ces divers mouvements.

La région séismique ligurienne commence en France vers Nice, et s'étend jusqu'à Yarazze pour diminuer beaucoup d'instabilité à l'Est dans la Rivière du Levant, ce que Mercalli explique par la résistance de roches serpentineuses très développées qui, commençant entre Âlbissola et Yarazze, se continuent jusqu'à Sestri Ponente, aux portes de Gènes. La Ligurie a de tout temps payé un large tribut de vies et de dommages aux secousses de son sol, et le tremblement de terre du 23 février 1887, présent à toutes les mémoires, a été l'occasion des fort importants travaux d'Issel *, Taramelli et Mercalli ', pour ne citer que ceux dont nous adopterons les conclusions.

Il semble bien que ce mémorable événement a pris naissance en plein golfe de Gênes, à quelques 15 milles de la plage entre San Remo et Oneglia, ce qui est conforme au tracé des isoséistes de Taramelli et Mercalli, et c'est aussi Topinion de DeRossi', qui place, il est vrai, l'épicentrc sous-marin beaucoup plus à TEst, à tort selon nous.

Issel a fait une étude approfondie des divers mouvements positifs et négatifs les plus récents des Alpes de Ligurie — c'est intentionnellement que nous employons cette dénomination au lieu de celle d'Apennins, cette dernière chaîne ne commençant réellement qu'au col de Giovi, ou d'Altare. Issel résume ainsi qu'il suit les derniers mouvements de ce territoire : haute surrection pendant le Messinien et creusement des vallées, maintenant submergées, en avant de la côte de la Rivière du Ponant, vallées que décèle nettement le tracé des isobathes ; grand affaissement pendant le Pliocène et formation de dépôts littoraux, actuellement très relevés par suite d'un second soulèvement du début du Quaternaire à environ moitié de l'amplitude du premier mouvement; c'est alors que se sont formés les dépôts terrestres néolithiques, remplissant, au-dessus du niveau de la mer, les grottes qui ont fourni tant de précieux documents pour la pré-

* II terremoto del 1887 ia Ligaria (SuppL al Boll. del /?. Corn, di Geol. Roma, 1888). Il terremoto del 1887 in Liguria {Suppl. al Boll. d. R. Com. geol. dltalia^ anno 1887,

Roma, 1888).

• Il terremoto ligure del 23 Kebbraio 1887 (Ann, del Off, c. di met. e di geodinam., VIII. Parte IV. Roma, 1888).

' Relazione a S. V,. il Ministro di Agricoltura, Industria o Gommercio del Direttorc deli* Archivio Gcodinamico, sui tcrrcnioti del Febbraio 1887 (Gazelta ufficiale 12 Marzo 1887; Bull. del. vulc. ilal., XIV, 5. Roma, 1887).

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histoire. Ce géologue pense que de violents tremblements de terre ont certainement secoué le sol de laLigurie pendant la série de ces grandes transformations d'ensemble , compliquées elles-mêmes d'autres modifications de détail en divers sens ; il est même peu rassuré sur l'avenir réservé à ce pays, toujours exposé à subir de nouveaux désastres. Le grand séisme de i887n'estpasleseulàavoireuson épicentre en mer, comme le témoignent les tracés d'isoséistes donnés par Mercalli pour plusieurs grands tremblements de terre antérieurs (/. c, 7). Cette côte est d'ailleurs exposée à des vagues séismiques de Nice à Savone exclusivement, ce qui coïncide exactement aussi avec le resserrement des isobathes qui, au contraire, sur le méridien de Savone, se rejettent brusquement vers le Sud pour laisser la Rivière du Levant beaucoup plus stable, avec son talus sous-marin notablement plus doux. C'est donc que, sans doute, l'effondrement des terres tyrrhéniennes intervient encore, et Tarnutzer, dans son catalogue des séismes suisses pour 1887, admet expressément que le 23 février de cette année unvoussoir sous-marin s'est brusquement enfoncé en profondeur.

C'est à partir du col de Giovi que commence, avons-nous dit, le véritable Apennin ; mais la chaîne a laissé un témoin comme égaré dans la plaine du Pô, le massif miocène des collines du Montferrat, qui justement ne laisse pas que de former une région isolée d'ébranlement d'une certaine importance.

Il serait hors de proportion avec les limites imposées à cet ouvrage de détailler les innombrables centres d'instabilité qui, de Parme au Monte Pollino sur le golfe de Tarente, s'échelonnent pour ainsi dire sans interruption le long des versants des Apennins, mais ne les dépassent guère, de sorte que, sauf des exceptions locales, les côtes sont relativement à l'abri des tremblements de terre, ou du moins en ressentent peu qui leur soient propres. Dans ces conditions, nous nous contenterons de mentionner les quelques rares suggestions géologiques possibles, les séismologues italiens ayant jusqu'ici peu dirigé leurs efforts dans cette voie.

Les Alpes Apuennes sont, avec la dépression de la Garfagnana, le théâtre de secousses plus nombreuses que redoutables, encore que les tremblements de terre y soient de temps à autre assez sévères, mais non vraiment destructeurs. Ce district des marbres si célèbres de Carrare, triasiques et jurassiques, est fort disloqué, mais depuis assez de temps pour n'avoir subi comme vicissitude post-miocène que l'assèchement du bassin lacustre, de sorte qu'aucun accident important et très récent n'est venu apporter une influence séismo-

génique sufQsamment accentuée pour devenir vraiment dangereuse.

Sur l'autre versant, les salses et les terrains ardents du Modenais correspondraient, d'après Yélain \ à une fracture des masses suba-pennines, ouverte dans une direction sensiblement parallèle à la crête, mais qui, ainsi, qu'il arrive généralement, n'a donné lieu qu'à une instabilité modérée, au moins relativement. Le versant des Romagnes à l'est du Monte Gimone est plus souvent et plus gravement ébranlé, et l'on entre là dans les couches plissées par la surrection apen« nine. Mais un nouveau facteur séismogénique s'introduit aussi, l'in*fluence des failles périadriatiques de Suess, quoiqu'il soit difficile de faire le départ des secousses qui leur sont dues. Elles se manifestent près d'Ancône par le petit massif du Monte Gonero, fragment de l'ancienne Adriatide affaissée. C'est ainsi que, sans qu'on ait pu déterminer son épicentre, le tremblement de terre du 12 mars 1873 a donné des isoséistes allongées S.E.-N.W., en rapport avec la supposition que le séisme dépendait de ces mouvements, et c'est aussi le cas de plusieurs autres du Ferrarais.

La région séismique du Modenais se prolonge au Sud, et en dehors des Apennins, jusqu'au delà de Florence, par les collines du Chianti vers Orvieto, avec une pointe occidentale vers Livourne par les collines toscanes et le Val d'Eisa ^ Yerri ' considère les tremblements de terre du Yal di Chiana et de la haute vallée du Tibre comme ^yant été un facteur important dans les révolutions qu'ont subies ces bassins depuis le Pliocène inférieur; la dernière serait tellement récente que les traits géographiques décrits par Strabon et par Pline auraient déjà été notablement modifiés. Il y a là des éléments de mobilité qui ne peuvent que jouer un rôle séismogénique effectif. .Une faille post-pliocène importante suivrait d*ailleurs la vallée du Tibre sur une grande longueur. Ces considérations de Yerri concordent avec celles de Ponzi sur les tremblements de terre dans les collines subappennines, à la fin de Tépoque tertiaire^.

Les Apennins de l'Ombrie et des Abbruzes, hautes terres plissées, renferment un nombre considérable d'épicentres, dont plusieurs fort importants, et les désastres d'origine séismique n'y sont pas rares.

* Les Volcans; ce qu'ils sont, ce qu*%lsnous apprennent (Paris, 1884).

* M. Baratta. Alcune considerazloni sintetiche sulla dislribazione topograûca dei terremoti nella Toscana (Riv, Geogr, ital., I, fasc. X, dicembre 1894 ; II, fasc. I, Gennaio 1895).

' Azioni délie forze neil' assetto délie valli (Boll, soc, geol, itaL, \, n« 3). Id. Sui movi* menti del Valdi Chiana, e loro influenza nell' effetto idrograûco del bacino del Tevere {Rend, del R. insL Lombardo di se. e lett,. Série II, X, fasc. XVIII. Milano, 1877) .

* I terremoti délie epoche subappenine (Boll, del R, Comitalo geol, d'Italia, Marzo- Aprile 1875, 175).

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Yerri peitse que les parties supérieures des vallées instables, creusées pendant le Pliocène, ont passé par des phases lacustres, ou palustres, dues à des ressauts ou à des barrages produits par des tremblements de terre, et ensuite colmatées et finalement comblées par l'apport des produits de l'érosion. Il n'y a pas de raisons pour que ce processus ait, à l'époque actuelle, dit son dernier mot.

Le versant oriental, ou les Marches, est comparativement plus stable, mais sans que les secousses du sol y perdent leurs droits. Baratta ^ pense que plusieurs d'entre elles ont leur origine sous l'Adriatique, comme celle du 21 septembre 1897, et en fait bien des tracés d'isoséistes confirment l'influence des mouvements périadriatiques.

Dans beaucoup de ses écrits, De Rossi a insisté sur le rôle des fractures des Monts Âlbains et du Latium, mais on peut dire que ses efforts se sont surtout appliqués à démontrer le caractère volcanique de secousses en somme relativement rares et faibles. Naturellement, Rome est beaucoup plus stable que ne le feraient supposer les innombrables tremblements de terre que sa longue histoire a permis de lui attribuer, faute d'autres renseignements. De Rossi' expliquait les séismes de Rome, de Pompéi et de la région, par les mouvements d'une fracture N.N.W.-S.S.E. passant par le Vésuve (?), et à peu près parallèle au littoral. Ce faisant, il obéissait aux idées de son temps, alors que les appareils volcaniques étaient considérés comme surgissant au-dessus de failles ; tant que ladite fracture n'aura pas été suivie sur le terrain, cette explication restera tout à fait incertaine et douteuse.

' La Sabine possède une structure karstique, et parfois elle est le siège de secousses nombreuses, qui ne laissent pas d'être sévères. C'est le cas d'une série en 1901 à Monte Catino, Monte Rotondo et Palombara. Après une visite sur les lieux, Cancani' attribua le phénomène à un manque de soutien des couches calcaires, à la suite d'un lent travail d'érosion souterraine, et, en effet, il a pu citer, à l'appui de cette explication, des exemples d'affaissements locaux vraiment indé-

I ' Sul terremoto di Sinigallia dcl 21 seitembre 1897 (Boll. Soc. geol, ital., XVl, fasc. 2.

\ ' Intorno al terremoto che devast6 Pompei nell'anno 63 c ad un bassorilievo

I votivo pompciano che le rappresenta. Centenario deL sepellimcnto di Pompei per l'eru-

zione vesuviana del 79 (BulL del. Vulc. ilal., VI, 109). Id. Le fratturc vulcaniche laziali ed i terrcmoti del Gennaioi873 {Atti délia R. Ace. dei yuovi-Lincei, XXVI). Id, Analisi dei tre maggiori terremotl italiani neL 1894 in ordine spccialmente aile fraUure del suolo (Id. XXVIII)-.

* Sul periodo s'rsmico iniziatosi il 2i aprilc 1901 ncl ierritorio di Palombara Sabina (Boll, soc. sism, ilal.. VII, 169, 1901-1902).

niables. On peut dire qu'il a pris sur le faîl ce processus séismique particulier, bien souvent avancé sans preuves.

Assurément, Naples a eu fréquemment à Bouiïrir de tremblements de terre ; mais il est encore bien douteux qu'une région séismique véritable se trouve tout autour de son golfe ; autrement dit, si l'on en excepte les secousses généralement peu étendues lui venant du Vésuve, ou des Champs Phlégréens, le sol de Naples est en somme

FiK, SO. — Uchia.

beaucoup plus stable que le ferait peut-être penser sa position au centre d'un golfe d'effondrement, actuellement comblé jusqu'au pied des hauteurs par une épaisseur de plus de 500 mètres de tufs et de cendres volcaniques ; le peu de consistance de ces matériaux a eu plusieurs fois l'occasion d'aggraver les elTets de secousses plutôt modérées.

Non loin de là, Iscliia est célèbre par ses tremblements de terre désastreux de 1881 et de 1883, dont le caractère, très local en dépit de leur extrême violence, les a fait attribuer à l'Epomco, volcan éteint depuis le xiv* siècle. Dubois ' a fait observer que Casamicciola se trouve à l'intersection de deux fractures, se rencontrant en cela avec Ualdacci* qui nomme celles de Dagni d'Iscbia-Forio et de Lacco Ameno-Testaccioetle long desquelles, pense-t-il, se mainttentl'activité

' Pttrlher noies on the carUiquakea at [scliia {Trans. leitin. toc. ofJapan, Vltl, 9û). ' Alcnne oiservailonj buI tcrremoto swenuto ail' isota d'hcliid il !8 Luglio 1SB3 [Boit, dtl R. Comilalo geol. d'ilalia, 1S83, n- 7-8|.

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volcanique résiduelle de l'Epomeo, en môme temps que Tinstabiliié séismique. Le désastre du 28 juillet 1883 a donné naissance à une littérature séismologique considérable, au sujet de laquelle il nous sufûra de citer les théories principales. Stefanoni^ l'attribue à l'écroulement d'un pilier souterrain d'argile érodé par les eaux thermales, et Vélain * donne une grande importance à leurs effets locaux, ainsi qu'à la tension de leurs gaz accumulés, opinion partagée parDaubrée*.

Mercalli ^ considère l'existence des fractures invoquées, et précédemment désignées, comme peu vraisemblable surtout en ce qui concerne la première, tangente à TEpomeo, tandis que les évents volcaniques en présentent le plus souvent de radiales, dit-il. D'après ce savant, le caractère volcanique des tremblements de terre de l'île d'Ischia résulte de la forme des aires épîcentrales, ellipses allongées dont le grand axe coïncide avec un rayon de l'Epomeo, c'est-à-dire une fente radiale, accusée par les fumerolles de Monte Gito et d'Ignazio Yerde et les sources chaudes de Rita et de Capitello. Les perturbations observées, lors des séismes, dans le régime des unes et des autres, prouveraient que ces phénomènes ont la même origine que les tremblements de terre. Enfin, dernier argument qui nous semble moins probant, avant 1762, il n'a pas été relaté de grand séisme sans éruption ou manifestation d'activité du volcan. Mercalli conclut que, depuis cette date, les grands tremblements de terre d'Ischia ont eu leur foyer près de Casa Menclla et à peu de profondeur, ce qui démontre leur origine volcanique. Il nous semble que la démonstration repose surtout sur leur caractère toujours très local et ne s'étendant jamais au dehors.

LaMolise, laProvincede Bénévent, et surtout la Basilicate' doivent à leurs catastrophes séismiques une triste réputation, trop bien méritée. De nombreuses dislocations de l'Apennin doivent sufQre à les expliquer, mais on est loin de pouvoir encore définir les accidents particuliers auxquels elles sont dues. Dans son bel ouvrage, à juste titre classique, sur le grand tremblement de terre du 16 décembre 1857, Mallet' a principalement étudié l'influence de la structure du sol et

* Il Messagero (Roma, 2 e 3 Agosto i883).

' Le tremblement de terre d'Ischia du 28 juillet 1883 (La Nature, n* 553, 18 août 1883» 182, Paris).

' Rapport sur le tremblement de terre ressenti & Ischia le 28 juillet 1883 ; causes probables du tremblement de terre (C. R. Ac. Se. Paris, XCVII, 768, 1883).

* L'isola d'Ischia ed il terremoto del 28 Luglio 1883 (Mem. del R. ht, Lombardo- Milano (1884).

* M. Baratta. L'acquedotto pugliese e i terremoti (Voghera, 1903).

* The firêl principles of observational seismology aa developed in the report to the

de ses accidents tectoniques sur la propagation du séisme, ainsi que ' sur son action dans les différents centres habités, mais sans s'attaquer le moins du monde à la cause géologique de Tévénement ; le problème ne pouvait guère être alors abordé utilement. L'Apennin napolitain est affecté d'accidents nombreux et considérables, nouveau genre de structure qui prend graduellement la place des plissements de rOmbrie et des Abruzzes. Parmi ceux auxquels on peut vraisemblablement assigner un rôle séismogénique, il faut citer la dépression du Val di Diano au pied du mont Marta.

Baratta S s'appuyant sur les travaux de De Lorenzo sur la géologie de l'Apennin de la Basilicate méridionale, attribue le tremblement de terre de Yiggianello, du 28 mai 1894, aux fractures dirigées N. W.- S. E., qui accidentent le groupe montagneux du Monte PoUino, composé de Trias, de Lias, de Crétacé et d'Éocëne, et dont les prolongements passent par cette ville, ainsi que par Rotonda, les localités alors le plus vivement secouées. Il ajoute que les foyers séismiques de Lagonegro et de Mormanno, les seuls centres habités de ces parages, doivent reconnaître la même origine.

Toutefois, il faut bien se garder, ainsi qu'on l'a fait d'après les anciennes théories relatives aux volcans, d'invoquer une ligne particulière de dislocations sur laquelle se serait érigé le volcan éteint, le Yultur, au bord du bras de mer pléistocène longeant la plate-forme des Pouilles; De Lorenzo ' a en effet démontré la non-existence d'un accident de ce genre. Il y aurait là, pour les séismologues italiens, de très intéressantes études à entreprendre.

Revenant à l'Adriatique, on trouve avec le Monte Gargano jusqu'à Foggia, et tout autour de la lagune de Lésina, un important foyer d'ébranlement, celui de la Gapitanate, étudié spécialement par Baratta'. Ce massif du Monte Gargano est tout à fait indépendant de l'Apennin et c'est un reste des terres respectées par l'effondrement adriatique ; il forme en effet, avec les collines de la Pouille^ une chaîne unique se reliant à travers la mer au système de l'Europe sud-orientale, dont elle a été détachée par affaissement ; cette disjonction aurait eu lieu à la fin de l'Éocène ou au commencement du

Royal Society of London of Ihe expédition mode by cotnmand of the Society inlo the interior of the Kingdom ofNaplei, lo investigcUe the circumstances of the great earth' quake of December 1857, 2 vol. in-S, London, 1862.

* n terremoto di ViggiaDello (BasilicaU) del 28 Maggio 1894 (Boll, Soc. Sitm. ital. I. 82).

* Atti delV Ace. Se. di Napoli (X. sér. 2o, n« 1, 1900).

* Sulla atUvilà sismica nella Capitanata (Antim delV Vff. cenlr. di Met, e di *geodin., XVI. Parte I, Roma, 1894).

GÉOGRAPUIE 6ÉISM0L0GIQUK

Miocène, époque à laquelle TAdriatique ne communiquait pas avec la Méditerranée, mais formait peut-être un grand lac de direction parallèle à celle des deux chaînes de la Fouille et de TAlbanie. Beaucoup de tremblements de terre du littoral de la Gapitanate ont dû avoir leur épicentre en mer dans les parages des îles Tremiti, qui ne présentent pas une instabilité en rapport avec celle que pourrait faire supposer

Fig. 51. ^- Monte Gargano. Séismcs à épicentres sous-marins.

leur nom : c'est qu'il provient, non d'une fréquence particulière des secousses, mais bien seulement de la contraction des mots « Isole de tre Monti », qui rendent bien leur aspect à distance, explication tirée par Baratta (/. c. 23, p. 41) d'un ancien auteur, Coccarella*.

Les Fouilles proprement dites sont très stables, et ne ressentent •guère que le contre-coup des tremblements de terre de la mer Ionienne et de la Dalmatie méridionale.

Les Calabres sont une des régions séismiques le plus instables de TEurope et plusieurs de leurs désastres ont laissé des traces impérissables dans les annales historiques, de sorte que la bibliographie de leurs tremblements dé terre, telle que l'a établie Mercalli*, mentionne

* Cronica isloriale di Tremiti (p. ii, Venezia, 1606).

^ / terremoU delta Calabria mendionale e del Messinese. Saggio di una monografxa sismica régionale (Ronia, 1897).

pour celte seule province le nombre considérable de 139 mémoires particuliers.

L'ossature de la presqu'île calabraise est constituée par les deux importants massifs archéens, ou cristallins, du Sila et de l'Aspromonte, faisant ti l'extrémité méridionale de l'Apennin l'exact pen-

Vig. m. — Cultbre et SicUe da N.E.

dant des Alpes Liguriennes, comme si ta surrectioa de la chaîne s'était faite entre ces deux piliers restés fixes. Les mêmes terrains ^anitiques et gneissiques se retrouvent en Sicile, dans les monts Péloritains, situés de l'autre côté du détroit de Messine, de sorte qu'on ne peut logiquement les séparer nî au point de vue géologique, ni relativement aux tremblements de terre qui leur sont très souvent communs. Le Crétacé et l'Ëoc!.'ne disloqués frangent les anciens massifs, tandis que le Pliocène supérieur a été porté en couches presque horizontales à plus de 1000 mètres d'altitude. Les golfes lobés de Santa Eufemîa et de Gioja résultent d'effondrements, mais on ne saurait regarder ces mouvements comme causes de séismes, parce que d'autres semblables accidentent la cûte tyrrlié-

320 GÉOGRAPHIE SÉI8M0L0GIQUE

nienne, qui depuis Gênes jouit d'une assez grande stabilité» en même temps que les isobathes entourent au milieu de la mer italo-sarde un abîme de 3 000 mètres et s'éloignent beaucoup du littoral, qu'elles touchent presque au contraire au pied des Alpes de Ligurie si instables.

Parmi les innombrables et éphémères explications qui ont été données des tremblements de terre des Galabres et du détroit de Messine, la plus connue et la plus en vogue est, sans contredit» celle de Suess^ Malgré la haute autorité qui s'attache à tous les travaux de ce grand géologue, Mercalli (/. c, 25, p. 148) n'a pas craint de montrer que sa théorie est en contradiction formelle avec les faits d'observation. Le savant autrichien estime que les centres des secousses dont il s'agit se répartissent suivant une ligne courbe qui, partant des monts Madonie en Sicile, passe par l'Etna, franchit le détroit de Messine à Ali, suit le bord occidental de l'Aspromonte par Santa Cristina, Oppido, Terranova, Soriano et Girifalco, et se prolonge par la vallée du Crati vers le Mont Sila. Les tles Éoliennes, ou Lipari, forment comme le centre de ces séismes périphériques ; enfin d'autres lignes, partant de ces îles, correspondent à des secousses radiales. Suess^ pense que sa grande ligne enveloppante a joué en 1783 en divers de ses points, que dans l'aire limitée par la fracture de 1783, Técorce terrestre s'affaisse en cuvette et qu'en même temps il se forme des failles radiales convergeant vers les Lipari ; si ce mouvement s'accentuait, il finirait par y avoir effondrement ou disparition du massif vaticanique, des falaises de Scylla, et du môle des Peloritani et des Madonie. Il est clair que, dans son opinion, les tremblements de terre des Galabres et du Messinese préparent cet effondrement. Les cartes séismiques de Mercalli montrent bien que des foyers d'ébranlement se répartissent sur la ligne Ali, Reggio, Oppido, Polistena et Girifalco, et ne sont pas indépendants les uns des autres, mais que, d'autre part, les centres des Madonie et de la vallée du Crati se sont toujours montrés autonomes, à plus forte raison celui de Catanzaro et d'autres encore.

De son côté Gortese' fait intervenir, ce nous semble avec raison, les très récentes dislocations orogéniques qui ont donné sa structure actuelle au massif calabrais, et en particulier deux d'entre elles : la faille du détroit de Messine qui se prolonge au S. S.W. vers l'Etna

* Die Erdbeben des sûdlichen Italiens (Denkêchriflen d. Mat, naturwiss. Cl. d. K. Ak. d, V/i98. in Wien, XXIV. 1874).

' La Face de la Terre, I, 107-113.

' Descrizione geologica délia Caiabria (Geotettonica e sismologia) (Jlfem. del A. Com. yeol. d'Jtalia. Roma, 1895).

et au N. N.E. parla vallée du Mesima jusqu'à laPunta dell' Alice dans le Cotronese,et celle qui traverse la dépression de Catanzaro, entre les caps Suvero et Stalletti. Il faut se rallier sans réserve à une explication pleinement concordante avec les tracés d'isoséistes donnés par Mercalli» et que, du reste, accepte Baratta*. Cortese' avait préludé lui-même à sa théorie générale des tremblements de terre calabrais par une étude antérieure sur le séisme de Bisignano, du 3 décembre 1887, pour la genèse duquel il fait intervenir la faille du Crati.

Des phénomènes bradyséismiques ont été observés en Calabre ', mais on ne peut leur faire jouer aucun rôle séismogénique puisqu'ils affectent aussi la presqu'île de Tarente et d'Otrante, privée de séismes propres, du moins de séismes sévëres.

Les nombreux tracés d'isoséistes donnés par Mercalli pour les tremblements de terre calabrais ne laissent pas supposer d'épicentres sousmarins, observation qui va tout à fait à l'encontre de la théorie de Suess; et cependant, de Naples à Messine, le littoral est exposé à des vagues apparemment d'origine séismique.

Riccô ^ a fait une trës intéressante étude détaillée des anomalies de la pesanteur dans l'Italie méridionale et la Sicile, et voici la conclusion du savant directeur de l'Observatoire géophysique de Catane : <c Traçant sur la carte des courbes isanomales de gravité « les aires séismiques principales, telles qu'elles résultent de la Carta « sismica dCItalia du D*^ Baratta et qu'elles ont été reproduites par M Gerland, on observe que ces aires se trouvent là où les isano- (( maies irrégulièrement rapprochées et fortement repliées, indi- « quent les lieux de plus grand manque d'équilibre de la gravité, « comme il était à prévoir. Cela peut expliquer pourquoi la Sicile « orientale et la Calabre occidentale sont particulièrement dévastées « par les tremblements de terre, ainsi que la Basilicate, les Abbruzes « (^t la région garganique. » De son côté Platania *, entrant davantage dans le détail en ce qui concerne les alentours de l'Etna, a

* I terremoU di Calabria (Hiv.geogr, ital., IL Roma, 1893).

' Il terremoli di Bisignano del 3 Dicembre 1887 (Ann. délia Met. Ual., Série II, VIII. Parte IV, 4886. 69. Roma. 1888).

' Â. Issel. Supposto sprofondamento del golfo de Santa Eufemia (Annali idrografd, I, Roma, 1900).

* ControUo délie osservazioni di gravita faite en Sicilia e Calabria (Doit. delV Ac. Gioeniadi sc.nat. in Calania, Fasc. LVI, Dicembre 1898). — Zona e Saija. Differenza de longitudine tra Catania e Palermo e determinazione délie anomalie délia gravita in Catania. (Id. Fasc. LX, Giugno, 1899). — Riassunto délie deteiminazioni di gravita relativa faite nella Sicilia orientale, in Calabria e nelle isole Eolie [Rendiconti délia R. Ac. dei JAncei, CL di Se. fis. mat. e nal,, XII. Seduta del 21 Giugno 1903).

* Sur les anomalies de la pesanteur et les bradysismes dans la région orientale do l'Etna (C. R. Ac. Se. PaHê, CXXXVIII, 8S9, 1904).

Os Moimsscs. — Tremblements de terre. 21

ta GÉOGRAPHIE SÉISUOLOGIQUE

rapproché ces anomalies des mouvements bradyséismîques que l'on

ùitrbts tsanBfuxies ohsereies

y a observés. De Lapparent ' a fait siennes les conclusions de Riccô

et leur a donné la signification tectonico-séismologique qui leur manquait. Nous noterons cependant que, dans le détail, les résultats des observations de Biccô ne sont pas aussi probants qu'ils le paraissent : en effet, les isanomales dessinent pour ainsi dire sur ritalie méridionale deux thalwegs, là où précisément elles se replient fortement; Tun suit la crête des Apennins et en partie celle des Calabres, instables, mais l'autre coïncide avec la ligne médiane de la presqu'île stable de Tarente et d'Otrante ; cette opposition n'est pas sans appeler un certain doute sur lesdites conclusions.

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