Sicile et lies adjacentes
Les îles éoliennes ou Lipari et Ustica sont d'origine volcanique, les premières en partie encore actives. Situées non loin des grands fonds de la mer Tyrrhénienne, elles sont le siège de secousses modérées, et celles du Stromboli ne s'étendent guère aux autres îles. Le caractère volcanique de ces séismes paraît donc assez probable.
Si Ton excepte le massif ancien et cristallin des monts de Messine, ou Péloritains, qui ont été séparés de la Galabre par une faille que Cortese date de la (in du Pliocène inférieur, la Sicile, où le Trias s*appuie contre ces terres démembrées, a été morcelée par une série de cassures déjà bien dessinées au Pliocène. Cette grande île est caractérisée par un ensemble très complexe de collines arrondies, et ses terrains sont de plus en plus récents du Nord vers le Sud. Rien ne peut laisser prévoir une instabilité exagérée, ce que confirment bien les observations.
L'Etna s'élève au milieu d'un cirque d'effondrement circulaire, autrefois occupé par un golfe, au milieu duquel il s'est graduellement érigé en le remplissant par ses projections. Il est très malaisé de faire pour la plaine de Catane et pour la périphérie du cône de 3 300 mètres qui la domine, le départ entre les secousses d'origine volcanique et celles dont la cause tectonique doit être probablement recherchée dans la formation même de l'ancien golfe circulaire. Mais, tout en tenant compte des paroxysmes volcaniques, il semble que les tremblements de terre de dislocation du pourtour doivent prédominer, puisque Riccù et Franco *■ ont établi la stabilité habituelle de l'observatoire de l'Etna. Les désastres de Catane, lorsqu'ils ne résultent pas de coulées volcaniques, ou des tremblements de terre calabrais, ont été certainement aggravés par le peu de consistance des matériaux de projection sur lesquels cette ville est édifiée,
* La siabilità del suolo deir osservatorio etneo {Bol, Ace. Gioenia di se. nat, \n Catania. Fasc. LXV, novembre 1900).
3i4 GÉOGRAPHIE SÉISMOLOGIQCE
et d'ailleurs les anciennes chroniques paraissent les avoir exagérés.
Au Sud de TEtna, le massif du Monte Lauro présente un foyer d'ébranlement qui s'étend jusqu'à Syracuse, ^-iUe qui, du moins, a eu à en souffrir.
A la suite de l'étude d'une petite série de secousses en mars 1901, Arcidiacono *■ attribue l'existence de ce foyer séismique à un effet purement mécanique, produit sur les sables supportant les fondations des édlGces de Nicosia par le gonflement des argiles sous-jacentes du Miocène moyen, à la suite de pluies abondantes.
De Gefalii à Marsala et de Sciacca à Girgenti, les côtes de Sicile sont faiblement ébranlées. Corleone est peut-être un centre d'instabi* lilé ; celte ville semble située dans une aire d'affaissement, limitée au Nord par une falaise calcaire surmontée par deux ruines du moyen âge, Gastello Sovrano et Gastello Sottano, châteaux qui auraient été renversés en 1537 par l'effet d'un tremblement de terre, à moins que ce bouleversement topographique, la formation des falaises, n'ait été lui-même la cause première des séismes, question que Crescimanno ' ne résout point.
Au Sud, les côtes de Sicile émergent d'un large socle sans profondeur dont une partie est le banc de l'Aventure, sur les bords duquel s'élèvent Pantelleria, l'île volcanique éphémère Julia et Malte, tandis que les régions instables de la Sicile, Messinese, Etna et Syracuse, c'est-à-dire la côte orientale, se dressent le long duraide talus de l'isobathe de 1 000 mètres venant de la mer Ionienne. Les tremblements de terre sont plutôt rares à Pantelleria, où un léger paroxysme séismique, en 1891, a accompagné des manifestations volcaniques, et en même temps, paraît-il, un sensible relèvement de sa côte et (le la pointe Karuscia'. Malte, indépendamment des secousses qui lui viennent de la mer Ionienne, est assez souvent ébranlée ; les nombreuses failles qui coupent ses couches miocènes en divers sens dénotent une zone affaissée dont elle représente, avec Gozzo, les derniers témoins. Ces deux îles, ainsi que Linosa et Lampedusa, parfois secouées, se trouvent au bord d'une fosse profonde, située entre la Sicile et la Tunisie, dont un effondrement a rompu l'unité territoriale, événement qu'attestent les phénomènes volcaniques sousmarins de d831 à l'île Julia, ou Ferdinandea, comme conséquence des fractures concomitantes.
* Il terremoto di Nicosia del 26 Marzo 1901. BoU. Ace. Gioenia di se. nat, in Calania. (Kasc. LXIX, Giugao).
* I tcrremoti di CorLeone (BoU. del vulcanismo ilaliano, 111,97, 1876).
* M. Baratla. Gli odierni fenomeni endogeni di Pantelleria (Milano, 189f).