ATLANTIQUE SUBTROPICAL DU NORD
active au delà des limites de la zone en question. Les séismes se répartissent donc de manière a corroborer Tliypothëse.
La zone séismique sous-marine passe au Sud des Açores, où la présence du Miocène montre bien que ces îles sont au Sud de l'Atlantide supposée. Par conséquent, les mouvements méditerranéens n'auraient laissé de souvenir posthume, sous forme d'instabilité, qu'au fond de la mer qui bordait ces terres au Sud, et cela vient à Tappui de l'opinion de Suess \ à savoir que les accidents produits par les mouvements en question se sont retournés autour du détroit de Gibraltar et qu'on ne peut en chercher la continuation sur le continent africain que dans le prolongement de l'Atlas marocain, au nord de l'Oued Draa, région encore bien mal connue.
Ce passage supposé des plissements alpins au travers de l'Atlantique subtropical ne va cependant pas sans de sérieuses objections, et de Launay, par exemple, ne pense pas que la chaîne alpine se soit jamais prolongée ainsi sous forme de ridements montagneux de direction E.-W., car, même après effondrement, il s'y manifesterait des relèvements de fonds qu'on n'aperçoit pas. D'un autre côté, on vient de voir que les séismes sous-marins s'observent surtout au Sud des Açores, et il en devait être ainsi. En effet, dès l'époque cambrienne une mer intérieure s'étendait sur l'Atlantique actuel entre les points qui sont devenus maintenant l'Espagne et la côte orientale des États-Unis, esquissant de la sorte un prolongement de laMéditerranée future, dont elle était pour ainsi dire une ébauche et le point de départ, Tamorce en un mot. Tout en conservant la même origine en Amérique, cette mer intérieure, entre les masses nord et sud-atlantique, s'est graduellement infléchie vers le Sud, et à l'époque westphalienne elle passait largement au Sud de l'Atlas pour aller englober le bassin oriental de la Méditerranée etrejoindrele Pacifique par le Gobi. On serait tenté de trouver là une explication de la position des séismes sous-marins au Sud de l'Archipel des Açores.
Les Açores sont surtout connues par leurs conflagrations volcaniques ', aussi fréquentes dans la mer d'alentour que sur les îles elles-mêmes, ce qui ne les empêche pas d'être le théâtre do violents tremblements de terre tout à fait indépendants des phénomènes éruptifs. Tel ne doit cependant pas être le cas pour les nombreuses
* Uebcr die Asyminclrie dcr nôrdlichcn Halbkugcl (Siizungsb, d. K. Ak. d, Wisa., Sitzt vom 21 April 1898).
* L. de Araujo. Memorias de Tremoi^ea mais nolaveles e irrupçœs de fogo, aconlecidos nos ilhaa dos Açores, 152i-1800 (Lisboa, 1801).
Âl. Porrcy. Documents sur les tremblements de terre et les éruptions volcaniques dans le bassin de TOcëan Atlantique (Mém. Ac, de Dijon, iSVJ, 48).
GÉOGRAPHIE SËISMOLOGIQUE
secousses qui ont, en 1867, ébranlé Serreta, dans l'Ouest de l'île Terceira, car un mois après, à peine, une éruption sous-marine éclatait dans le voisinage. Leur nature volcanique est donc à peu près indiscutable. Elles font ainsi bien partie de la zone séismique dont la continuité avec celle de lembouchure du Tage, démontrée plus haut, est encore accentuée par le fait que bien des séismes ont ébranlé simultanément le Portugal et l'archipel. Les îles extrêmes de l'Ouest, Flores etCorvo, n'ont pas jusqu'ici donné lieu à des observations de secousses propres, mais on ignore si ce fait ne résulte pas uniquement de ce que ces îles sont beaucoup moins visitées que les autres.
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Fig. 58, — Açores.
On ne saurait passer ici sous silence les intéressants résultats des plus récents sondages, exécutés à bord de l'Hirondelle en 1903. Ils ont été résumés ainsi qu'il suit par Thoulet* : « Les sept îles orien- « taies de l'archipel des Açores apparaissent comme les sommets « d'un immense cratère en demi-cercle dont l'ouverture est tournée ce vers le Sud. Le sol sous-marin est hérissé de pics aux flancs (( abrupts et de caldeiras, véritables cratères adventifs aux pentes « raides. Si l'on supprime par la pensée l'eau qui recouvre le lit « marin, on verra que celui-ci possède une ressemblance parfaite « avec un paysage lunaire, ou, pour prendre une image moins loince taine, avec les Champs Phlégréens près de Naples.» Il n'est guère possible, nous semble-t-il du moins, qu'une structure aussi remarquable et d'une telle ampleur ne résulte que d'efforts volcaniques, et que de gigantesques efforts tectoniques ne soient encore en œuvre et capables de rendre compte des tremblements de terre des Açores. Madère, entourée de toutes parts de grandes profondeurs océaniques, participe de la constitution aussi bien volcanique que sédimentaire (tertiaire) des Açores, surtout de Santa Maria, la plus orientale de ces dernières. D'après Oswald Heer, son émersion serait
* Océanographie de la région des Açores (C. R. Ac, Se, Paria, GXXXVHI, 1643,1904,).