ATLANTIQUE SUBTROPICAL DU NORD
quaternaire, si Ton s'en rapporte aux plantes fossiles trouvées sur son versant septentrional et aux coquilles terrestres qui forment de prodigieux amas dressés en muraille au cap SaôLourenço. Des tremblements de terre autonomes y sont plutôt rares^ en tout cas jamais sévères.
Les Canaries, d'ailleurs toutes d'origine volcanique ^ en partie au moins, forment deux groupes distincts : Lanzarote et Fuerteventura, à l'E., plates-formes allongées, et les autres, à TW., cônes éruptifs s'élevant de grandes profondeurs. Les deux premières paraissent conti*
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^ r. . Canaria
Pilmas
Fi g. 59. — Canaries.
nuer l'Atlas marocain, brusquement coupé au cap Ghir ; aussi des géologues les considèrent-ils comme les fragments d'une ancienne terre effondrée, et dont l'écroulement a favorisé les manifestations éruptives. En général, l'archipel canarien semble assez stable et l'on n'y connaît aucun tremblement de terre désastreux, pas plus qu'on n'a signalé d'éruptions sous-marines aux alentours, comme il y en a eu tant dans les Açores.
Les îles du Gap Vert sont volcaniques aussi, mais il paraît qu'un substratum ancien de gneiss et de granité y prend une certaine importance. Elles constitueraient ainsi un vieux débris, émergeant au bord d'un raide talus de 4 000 mètres et dont le morcellement aurait favorisé par fracture la sortie des produits éruptifs. Aucune trace de plissement récent n'y a été relevée, ce qui s'accorde bien avec leur stabilité plus grande que celle des Canaries, car le tremblement de terre destructeur signalé par C. W. Fuchs pour le 5 mars 1873 ne paraît guère authentique.
* L. de Buch. DesciHption physique des îles Canaries (Paris, 1836). Sainte-Glaire Deville. Études géologiques sur les îles de Ténériffe et de Fogo (Paris. 1847).
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Les Bcrmudes ferment au N.W. la partie de TAtlantique dont il s'agit ici. On y connaît un certain nombre de secousses, d'ailleurs sans gravité. Suess considère leurs parties les plus élevées comme un lambeau isolé de la grande plaine tertiaire de la Floride. Ces tles devraient alors jouir de la même stabilité que la presqu'île américaine et les Bahamas, de sorte que ces séismes ne leur seraient pas propres et proviendraient du fond atlantique instable à des degrés divers jusque dans ces parages^ et dont les profondeurs sont excessives jusqu'aux Antilles. D'autres auteurs, comme de Lapparent, regardent les Bermudes comme édifiées par des coraux au sommet d'un cône volcanique tronqué et pensent que plusieurs vicissitudes y auraient laissé leurs traces depuis la fin des temps tertiaires. Dans cette supposition, les séismes trouveraient une origine tectonique plus certaine.
On a suggéré plus haut que le golfe du Tage doit indirectement sa séismicité au voisinage du trajet suivi au travers de l'Atlantique par les plissements méditerranéens. De la même façon, à l'autre extrémité de la zone océanique d'ébranlement, se rencontre sinon une région séismique, du moins un point : Charleston, qui, le 31 août 1886, a été dévasté par un tremblement de terre. Cette symétrie de position avec Lisbonne permet de penser que, là aussi, les mouvements tertiaires peuvent avoir eu cette conséquence posthume, rappelant la catastrophe de 1755. Cette hypothèse doit cependant n'être énoncée que sous les plus expresses réserves, parce que les secousses sousmarines ne dépassent pas les Bermudes au Nord, contrairement à la continuité séismique bien reconnue entre le Portugal et les Açores.