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U CHINE

Hung-sea-tsuen , pauvre paysan des environs de Canton, luti^^^. pris d'ambition, avait étudié par lui-même, mais, ne réussissant point à passer ses examens, il tomba malade de dépit. Un missionnaire indigène lui ayant prOté une Bible en chinois, il se passionna pour ce livre, crut que le Père éternel lui avait parlé dans une vision, et commença à prêcher et à essayer des conversions. Pour faire pièce aux mandarins, il s'entoura de tout ce qu'il y avait de mécontents du gouvernement. Un de ses disciples fonda la- secte Taê-ping, c'est-à-dire de la paix universelle. S'étant jetés dans les montagnes parmi les brigands, Hung-seu-tsuen et Hung-jui acquirent bientôt là une grande influence ; ils s'échauffaient à prêcher le peu qu'ils savaient sur le christianisme, la conscience, la fralernité.

l'humanité, l'égalité; toutefois ce n'était qu'un expédient pour soulever contre le vieux monde chinois une tourbe hétérogène et grossière. Dans ce bizarre mélange de théisme et de panthéisme, on reconnaissait Dieu le Père et Dieu le Pils ; quant à l'Ësprit-Saint, c'est Hung-seu-tsueo lui-même. La fraternité est le fondement de celte religion : les lettrés sont les égaux des illettrés. Les sectateurs ne portent plus les cheveux en tresses en forme de queue comme les Tartares ; ils se les font couper à la mode européenne. Ils ont aboli le cérémonial rigoureux sur lequel s'établit tout le système chinois ; ils ne veulent plus de cette hiérarchie d'emplois et de métiers, qui constitue, en Chine, une organisation immobile à cause de la nature même de l'écriture, dont la connaissance a produit la classe des lettrés ; et de là vient que les autres classes sont esclaves, que la pensée est asservie, et que l'essor du génie et les audaces de la critique sont choses impossibles.

Les plus avancés des adeptes ont des visions, dos songes, des extases, des communications avec les anges, des hallucinations prophétiques, des entretiens avec Dieu qui descend vers eux ou les élève à lui.

Il n'est pas besoin, d'ailleurs, de sortir de l'Europe pour savoir comment l'audace suffit souvent à donner la victoire. En s'avançant vers le nord, les Tae-pmga gagnèrent les trois villes de Hang-yuang, Hang-kow, Hou-pi, comprenant, dans leur enceinte ou leurs faubourgs, quatre millions d'habitants. Le mandarin de cette province toi rappelé par la cour effrayée ; il fut décapité. Ce remède tout à fait chinois n'empftcha pas les Tae-pîngs de s'avancer toujours, jusqu'à pren-

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dre Nanking d'assaut, en égoi^^nt les S0,000 Tartares qui y résidaient.

Le. succès amena des partisans i Hung-seu-tsuen , qui compila UD code à la fois légal et religieux, iotitulé .' le Livre de la volonté eéktte et de» mamfettatiotu de la puiuaaee impériale; et se déclara le frère cadet du Christ et le Téritable empereur de la Chine. Dans ce livre, il raconte avec une simplicité biblique comment Dieu le Père, nu jour d'avril, descendit vers lui ; ensuite vint Dieu le Fils ; tous deux lui confièrent des proclamations et des ordonnances destinées à pacifier et à régénérer le monde. II mit en ordre ces documents ; et maintenant il en fait part aux siens, a afin que personne dans notre armée, grand ou petit, homme ou . femme, officier ou soldat, n'ignore la sainte volonté et les ordres de notre ^ère aîné du ciel, et que personne ne les transgresse volontairement, car là sont contenus les commandements les plus importants de notre Père qui est au ciel , et de notre frère aîné. »

Il composa aussi le livre intitulé OrgaaitatioR de [armée Tae-ping, et donna aux officiers de cette armée les titres de divers pays & conquérir ; il imposa des habitudes très sévères ; il interdisait les liqueurs et l'opium ; et renversant les pagodes, les idoles et les antiques superstitions, il prêchait le retour de la suprême pureté et de la dernière félicité. Son étendard était la croix ; ses dogmes étaient l'égalité des hommes, la communauté des biens, l'oubli des injures, la résignation, la charité fraternelle.

Hnng-seu-tsuen, vanté par les adorateurs du succès, qui sont en Chine aussi nombreux qu'en Europe, se fortifia dans Nanking et déclara cette ville la capitale de son empire ; de là il fit marcher une armée contre Pékin, et se mit en relations avec les Anglais, peuple barbare, c'est vrai, mais chéri du ciel parce qu'il possédait d'excellents canons, faisait trembler l'empire chinois, et adorait Christ, le frère atné du nouvel empereur.

Ces insurgés sont grossiers, ils sont illettrés; mais, quelque violents et stupides qu'ils soient, en secouant le vieil édifice de la Chine, en parlant pour la première fois au nom de la nationalité, puis au nom de principes plus élevés et moins vagues, ils aident à renverser les barrières qui séparent de nous cette civilisation si riche, mais stationnaire : on dirait une momie entourée de bandelettes de soie; ils

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font jastice de cette inextricable coorasioD fondée sur de pures conventions, et proclament au moins une vérité : c'est que tout cela est mensonge. Mensonges ces bulletins victorieux que les généraux, envoyés contre les Tae-pings, expédient à l'empereur; mensonge l'empereur Iui-m6me, publiant ses décrets pour d'immenses régions où déjà commande un autre que lui; mensonges ces actes de soumission qui lui arrivent da chefs rebelles ou de grands pays tout entiers.

Les provinces qui produisent le thé et la soie tombèrent bientôt aux mains des Tae-pi:v^s, si bien que les Européens sentirent la nécessité de se uiellre en communication avec eux. Les An^ais, qui les qualiBaiont de bandes de brigands, de troupes d'aventuriers, les appelèrent une armée de braves lorsque le succès eut prononcé en faveur des rebelles. Bien plus, beaucoup de missionnaires leur sont favorables, dans la conviction qu'ils s'acheminent vers le christianisme.

Lorsque, à la Ûu de 1860, lord Elgin eut occupé une partie considérable du Céleste Empire, le chef des Tae-pings lui écrivit, lui demandant de conclure avec lui des traités, semblables à ceux qu'il avait faits avec l'empereur, et de l'aider i répandre la religion par laquelle il renverserait et les rationalistes de Confûcius et les superstitieux adorateurs de Bouddha. A la fin, l'empereur Tung-sei, gr&ce à la valeur du générai Tso et k l'aide d'officiers français, put réprimer les rebelles, reprendre Nanking, et envoyer au supplice Tienwang, leur nouveau chef. Cependant les Tae-pings continuent à infester le pays comme des brigands.

Au milieu des ces événements, quelques insultes aux dra- ^^^ peaux européens, les persécutions contre les chrétiens, et nne mauvaise foi continuelle dans les rapports avec ces Chiem d'étrangert, amenèrent IK.OOO Anglais et 13,000 Français sur le fleuve Jaune. Lord Elgin et le général Grant, le baron Gros et le général Gousin-Hontaubau (depuis comte de Palikao), sachant que dans tous les pays despotiques il faut ftapper au coaur, attaquèrent ensemble Pékin, et, malgré une défense vigoureuse, s'en emparèrent. Le feu fut mis au palais d'été ; il y avait là une merveilleuse bibliothèque, dont le catalogue seul remplissait ISO volumes ; S.OOO autres volumes comprenaient l'Encyclopédie illustrée da œuvres ekinoites, aneienna et modernes. Tout fut livré aux flammes. Le traité de paix établissait qu'aux ports de Canton, d'Amoy, de Facto,

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de Ning-po et de Shang-hal, ouverts aux Européens en 1843, on ajouterait neuf autres ports.

En 187S monta sur le trAne l'empereur Kuang-su : il commandait à 405 millions de sujets ; il avait en outre 28 millions de tributaires, et, parmi eux, les Thibélains,

L'empereur de la Chine semble concentrer entre ses mains toute l'autorité ; mais, comme il ne peut appliquer par luim£me & tous les détails de l'administration cette puissance illimitée, il en délègue l'exercice h des mandarins, nommés d'après des examens plus ou moins sérieux ; les mandarins sont partagés en neuf classes, l'empereur peut les révoquer à son gré. Ceuz-Kii, unis par des intérêts communs, forment un centre de résistance passive opposée aux volontés du souverain; et l'empereur, qui ne sait rien que par leur intermédiaire, ignore le plus souvent leur désobéissance. La nation est muette, la presse n'existe pas; le tribunal des censeurs, composé cependant de fonctionnaires qui dépendent du palais, est plein de respect pour ses collègues. Gbaque mandarin peut donc se permettre des fantaisies que son supérieur ne connaît pas ou ne s'avise point de bUmer ; avec le système le plus complet de règlements, à chaque pas l'indépendance de l'individu se heurte h une loi, à une ordonnance qui autorise l'ingérence du fonctionnaire. De la sorte, l'esprit d'initiative et de progrès se trouve étouffé : l'idée (et cette idée est une véritable religion) que les ancêtres ont atteint le comble de la perfection, détourne les Chinois du progrès.

Lorsqu'enfln le gouvernement, cédant k la force, traita avec les puissances étrangèi'es, et, en admettant leurs représentants à Pékin, reconnut qu'il existait d'autres souverains indépendants, les fonctionnaires se proposèrent en grand nombre de résister et d'empêcher l'introduction de ces étrangers turbulents, capables de bouleverser leurs tranquilles habitudes d'omnipotence ; la foule elle-même, qui considère les autres peuples comme un assemblage de brigands et de pirates, vit de mauvais œil ces bûtes nouveaux, et laissa, loin des cAtes, les mandarins inaugurer un système de concussions et d'intrigues qui, au mépris des traités, rendent encore inaccessible l'intérieur de l'empire.

La misère est une maladie générale en Chine. A Pékin, on compte plus de 70,000 mendiants organisés eu corporations. Le jour, installés jusqu'au bas du palais impérial, ils obtiennent par leur insistante importunité, quelquefois par

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U menace, l'aumAne des citoyens, surtout des négociants. Le soir, quelques centaines de ces mendiants se retirent dans une douzaine d'abris peu spacieux; ils y trouvent parfois à peine un lit de paille ; dans certains endroits , ils ont un peu de riz et de charbon ; les vieillards, ou ceux qui sont particulièrement favorisés, reçoivent une robe l'biver, et un éventail l'été. Le trésor public mal administré ne peut rien faire de plus. La charité privée est peu généreuse, les riches sont peu nombreux ; l'égotsme et l'avarice sont des vices de la nation. En creusant les mines, maintenant à peu près complètement négligées, en multipliant les entreprises lucratives, en établissant une organisation qui augmenterait les revenus du trésor et des douanes, comme l'a déjà commencé le contrôle des étrangers, on pourrait remédier à ces maux. Plus directement encore, les médecins anglais, les soeurs françaises de la charité établies à Ning-po, à Tien-tsin, à Pékin, rendent de grands services.

Les savants chinois, avec une physique, une chimie, une médecine, une astronomie arriérées, admettent les erreurs les plus grossières, les fables les plus extravagantes. La faute en est à la difficulté de l'écriture; car il faut dépenser un temps énorme pour arriver à ne connaître qu'imparfaitement les centaines de caractères chinois qui représentent la pensée. Il y a bien quelque traité élémentaire d'arithmétique, mais le système très compliqué de la numération écrite ne se prête pas à des calculs, où entrent des nombres considérables. Tout progrès dans les sciences d'observation et dans les sciences exactes est peut-être interdit i la Chine, jusqu'à ce qu'on adopte une langue européenne, comme l'ont déjà fait quelques négociants sur les côtes, ou du moins jusqu'à ce qu'on applique l'écriture syllabique à traduire la langue chinoise. Les missionnaires ont adapté notre alphabet à la langue annamite, dont la construction est analogue à celle du chinois et du japonais.

L'écriture idéographique n'a pas nui aux œuvres de pure imagination : les romanciers chinois ont été très féconds ; la poésie est riche et variée.

On peut dire que les Chinois n'ont pas de religion ; la famille leur en tient lieu. Le père réunit souvent en conseil tous les membres de sa famille, il exerce une juridiction non seulement civile, mais criminelle; c'est un ch&timent redouté que d'être exclu de ce conseil. La femme demeure

zecbvGoogIc

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toujoDn dans une condition inférieare. Personne ne peut posséder plus de 2 hectares de terrain. L'État est modelé sur la famille, le chef de l'État est omnipotent; il ; a le suffrage universel restreint aux pères de famille. Une année de 300,000 soldats est organisée h la française.

Les Chinois émigrent par milliers pour aller chercher du travail, on en compte trois millions dans l'Inde au delà du Gange, un million et demi dans la Birmanie anglaise , autant dans le royaume de Siam, 100,000 à Singapour, 85,000 dans la Halaisie, 180,000 i Java, 80,000 à fiocara; ils sont portefaix, ouvriers, négociants, industriels. Telle est leur affluence dans les États-Unis, qu'ils enlèvent le travail aux ouvriers indigènes. A l'opposé des Japonais, ils conservent partout le vêtement et les habitudes de leur pays; ils se tiennent unis entre eux et séparés des étrangers; ils emportent avec eux leur cercueil pour se faire ramener dans leur patrie s'ils meurent (1).

Toutefois, envahie de tant de côtés et recevant chaque année dans ses ports 17,000 navires européens, la Chine se modifie : un collège a été établi à Pékin (1868) pour rétude des langues et des sciences étrangères ; des bateaux k vapeur font un service régulier entre Singapour, Pinzang, Batavia, Somarong, Surahaya. La civilisation touranienne devra succomber devant la civilisation aryenne ; mais 370 millions d'Européens comprennent qu'ils doivent compter avec 535 millions de Chinois, qui nous enseigneront tant de choses, qui ouvriront tant de débouchés à nos produits, qui donneront une nouvelle impulsion à nos progrès, à l'époque, qui n'est plus éloignée, oii cette race pleine d'activité, par laquelle tout travail est reçu comme un bienfait et exécuté avec intelligence, essaimera non seulement à travers les Antilles, & travers les lies de l'Océanie, à travers la Californie et la Nevada, mais dans toutes les eûtes de l'Amérique. Ainsi l'Amérique, an lieu d'être la vraie muraille de la Chine comme l'appelait Voltaire, deviendra le champ où les peuples nouveaux fraterniseront avec ce peuple rajeuni-

Le Japon, avec ses 3,8S0!les, était demeuré séparé du reste du monde, conservant des mœurs très différentes des nOtres. Les indigènes sont fort intelligents et tous y savent lire;

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rimprimerie y est ancienne, on l'a employée môme à raconter l'expédition de Crimée. Mais les États-Unis , devenus maîtres de l'Orégonet de la Californie, ne surent pas se limiter entre les deux Océans ; ils tournèrent leurs regards vers t'archipel japonais qui en même temps était entamé d'un c6té par la Russie, et de l'autre par l'Angleterre.

Pendant la guerre avec la Chine, le commandajit Perry proposa une expédition pour punir des insultes laites au drapeau et aux missionnaires ; il alla à Shang-tiaï et & Nangasalù, explora les baies et les cAtes, essaya de nouer des relations; il fonda un établissement dans l'Indo-Cfaine, péninsule qui comprend deux grands États : le royaume de Siam, et l'empire d'Aanam composé des royaumes de Tonkin, de Cochinchine et de Cambodge. Bientôt les Hollandais, les Russes, les Français et surtout lord Elgin qui continua là son expédition de Cbine s'intéressèrent à cette campagne. Finalement on en vint à un traité, par lequel, le 8 avril 1868, les villes de Yeddo et d'Ozacca et les ports de Kiôga et de Nagato s'ouvraient au commerce.

On sait comment jusqu'en 1158 l'empire spirituel au Japon, appartenait au mikado, et l'empire temporel au talkoun. Ce dernier avait su maintenir en paix les daïmios, ou grands feudataires, entre qui est partagé le pays. Pour les traités conclus avec les États-Unis, le taikoun avait consulté les daïmios; il ne le &t pas pour les négociations avec les Européens : les daïmios réclamèrent, s'insurgèreut vigoureusement; mais la supériorité des forces européennes mit fin à la guerre civile.

Le pays, sous cette double souveraineté, est, à proprement parler, une confédération aristocratique ; le livre rouge tient registre de tous les nobles daïmios qui , par un zèle jaloux de leurs privilèges, se montrent le plus hostiles aux étrangers ; c'est à eux qu'il faut attribuer les fréquents assassinats de soldats, de consuls, de négociants.

Quelques Japonais, venus à l'Exposition de Paris en 1867, i s'y concertèrent pour faire une révolution dans leur patrie : ' ils déposèrent le taikoun et ses daïmios ; au milieu de meurtres et d'incendies, ils proclamèreut mikado un jeune enfant, loi faisant accepter même cette profanation , de recevoir les ambassadeurs étrangers. La féodalité des daïmios étant abolie, on réforma le code pénal, on diminua le nombre des crimes punis de la peine capitale.

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Le peuple s'indtgoa, et se soulagea par la persécution contre tes chrétiens qui s'étaient multipliés au Japon; des milliers d'entre eux furent tués, principalemeut des missionnaires et des sœurs de charité; on les accusait de voler des centaines de petits enfants, ce sont peut-être les enfants qu'on arrachait & un infanticide systématique ou au péril d'être abandonnés. Le sort des chrétiens fut encore pire lorsque la guerre civile éclata : le parti du prince de Satsouma présenta au gouvernement un mémoire contre l'introduction du christianisme dans le Japon ; on y montrait que les préceptes en étaient faux, les pratiques ridicules, que ce n'était qu'un prétexte pour assujettir l'Etat. Ce mémoire ressemblait aux articles et aux brochures que les gouvernements européens font publier par leurs adeptes pour exciter les opinions intolérantes. De fait, à Kioto on discuta les moyens de se défaire des chrétiens; 130 furent appelés au palais du gouverneur de Nangasaki. Après y avoir stationné un jour entier, les parents et les amis qui les avaient accompagnés furent dispersés à coups de b&ton : quelque temps après on vit ces chrétiens se diriger vers le fleuve et s'y embarquer, on n'en parla plus. On croit qu'ils fuient noyés.Onproclamaalorsunéditdemort contre tous les chrétiens indigènes; les exécutions se multiplièrent à Nangasaki, à Sanada et en d'autres lieux. C'était aller contre les conventions stipulées , aussi les puissances européennes réclamèrent parles armes.

Ce conflit fit beaucoup de mal aux Européens qui étaient allés à Yokohama avec de grosses sommes d'argent pour acheter de la graine de vers à soie; ils n'osèrent partir pour Niegato, où les propriétaires peuvent plus facilement faire arriver leur marchandise, car AIzu, un des dalmios rebelles, occupait alors Niegato. En 187i, qui fut peutrètre l'année la meilleure, il y eut sur la place de Yokohama l,8i8,14S cartons de graines de vers à soie ; 690,000 environ furent expédiés en Italie, la moitié seulement en France.

Yesso, une des grandes lies qui composent le Japon, est le dernier asile des races aulochthones, appelées Alnos; ces peuples vivent de chasse et de pèche; ils habitent dans de misérables cabanes, ils ont une apparence sauvage, mais leurs mœurs sont douces.

L'occupation par les Japonais d'une partie des lies Liou- Kiou pourrait amener une guerre avec la Chine. Les Japonais

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