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CHAPITRE XXI

LES SCIKHCBS ET LES AtTS.

LHHiaM. La première moitié de ce siècle sera certainement une des époques les plus remarquables par le mouvement intellectuel; les sciences physiques et naturelles ont immensément grandi; les sciences sociales se sont entièrement renouYclées; quelques- unes, en apparence secondaires et accessoires, ont fixé l'attention et se sont particulièrement développées : toutes ont prétendu remonter aux origines.

^Jjjg^ Ce mouvement s'est continué et s'est augmenté, s'enrichissant d'une foule de faits nouveaux et d'admirables découvertes. L'espace s'est agrandi à mesure qu'on a sondé plus avant les abîmes des cieux ; t l'aide du télescope de six pieds de Ross, on adécomposé les étoiles doubles et même la nébuleuse d'Orion ; avec le spectroscope, la constitution physique du Soleil et des astres a été soumise & l'analyse par Bunsen, Kirchhof, Secchi qui a étudié la composition de 3,000 étoiles et confirmé la théorie de l'unité de la matière cosmique ; on a trouvé de nouveaux métaux, le cssium, le rubidium, lethallium, l'indium; on a découvert d'autres satellites d'Uranus, de Mars, de Saturne avec un nouvel anneau, et la grande planète de Neptune (1846), sans parler des planètes intra-mercurielles et des astéroïdes dont la série va toujours en grandissant : on a déterminé jusqu'aux lois des comètes et des étoiles filantes (Schiaparelb) Babinet, Littrow) ; on a inventé l'astronomie physique [Donali, Zôibier, Huggina, Jtmssen, Rayel, Ta)'chini..,);l.eyernet A donné le code définitif et complet des calculs astronomiques, les tables du mouvement apparent du Soleil, la théorie des planètes internes et des planètes externes, et, après avoir écrit la dernière page de son œuvre, U disait avec le vieillard Siméon : u PftMc dimillU fervum tman, Domine, n et mourait. Aujourd'hui on compte 20,374,304 étoiles visibles; quelques-unes d'entre elles mettent 94, 1 92 ans ifnous envoyer leur lumière. L'éclipsé de 1860, visible eh Espagne, fut la première ob l'on étudia la physique solaire ; elle fut suivie de celle de 1SS8 dans les Indes, et de celles de 1870 et de 1871. Le

LES SCIENCES ET LES ABTS. ZBl

passage de Vénus sur le Soleil, eu décembre 1874, aida à préciser les parallaxes et la rorme des planètes et de la Terre. La-photograpbie, une des plus admirables inventions de ce siècle, quoiqu'elle soit d'un usage commuD, ne se borne pas à servir nos affections et à venir en aide à l'art du dessin, OD l'emploie dans les industries et les sciences; on s'en sert poar fixer les phénomènes instantanés du ciel, comme la hauteur et la forme des ondes marines.

I^ méléorologio travaille, sinon h régler, du moins à prévoir les changements atmosphériques et même à donner les lois des tempêtes {Mawy, Dove, Paddinglon) parfois déduites des perturbations solaires. L'analyse ne s'arrête plus aux trois dimensions ; pour elle, la science suprême est celle des quantités de tbmps, d'espace et de force. L'arithmétique, par des méthodes graphiques, représente de difficiles problèmes numériques, et trouve des applications jusque dans les faits sociaux [Arithmétique politique , arithmographie). La physique et la chimie se sont accordées dans la plus belle conception de notre siècle, l'unité et la conversion des forces. D'après cette théorie, tout phénomène du monde matériel consiste dans le mouvement; il n'y a plus que des transmissions et des transformations du mouvement que nous désignons par les noms de lumière, de chaleur, d'électricité, de magnétisme.

Gela suppose l'existence réelle de particules qui changent entre elles de position; pour les' connaître, l'observation a besoin d'abord de l'idée préalable de l'être. Mais quelle immense subdivision du travail est nécessaire pour étudier l'immensité du firmament et la chanson populaire ou les contes des enfants, les hiéroglyphes et les oscillations de l'axe de la terre, les lignes de Frauenhofer et les foraminifères! Dans toutes ces études, nous avons le secours d'instruments de plus en plus délicats : le chronographe , le depsipsom&tr e, les éclinomëtres, l'hélice calculatrice, le météorographe, le siphonograpbe, le baromètre anéroïde.

Nous n'en finirions point s'il fallait énumérer les inventiens nouvelles et leurs applications. Brewster (i7gi-1858)a trouvé la polarisation de la lumière ; Faraday, qu'on appelle le grand ékctricien, la lumière électrique; Regnaull, la chaleur spécifique et son équivalent mécanique; d'autres faits furent découverts par Becquerel, Payen, Avogadro, Poggendorf, RUhmkoriT. Gerhard mit en avant la théorie des

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types; Wtirtz la combattit par l'atomicité. La chimie a acquis l'ozone, l'acide phénique, la santonine, la stéarine, la nitroglycérine, le coton fulminant, l'aluminium, la dynamite; elle a pénétré le secret des combinaisons moléculaires, espérant arriver à déconvrir l'essence'de la force à laquelle obéissent les éléments simples. Perrens a découvert le moyen de distiller Teaude mer;Liebig, lechloral, et le pain et le bouillon économiques. On a tiré du goudron des essences délicates et les brillantes couleurs anilines.

L'électricité a eu des applications inattendues. 11 faut remarquer, entre autres, les télégraphes de Caselli et de d'Arlincourt qui donnent jusqu'à seize mots par seconde ; ceux de Cowper qui impriment et reproduisent des dessins i la distance de 600 à 800 kilomètres. On l'a appliquée aussi à l'agriculture et à la zootomie ; on a essayé de s'en servir pour mouvoir les navires et de l'employer comme force; aujourd'hui on tiche de la subdiviser si bien qu'elle porte dans chaque maison lumière, chaleur et force.

Les fournaises continues d'Hoffmann et de Siemens et le baromètre de ce dernier datent de notre temps, aussi bien que les ciments hydrauliques , le verre irisé et le verre trempé. L'usage du fer s'est bien étendu : on l'emploie pour construire des palais, des voûtes très larges, des ponts : pour établir les piles de ces ponts, on utilise l'air comprimé qui a été aussi une source de mouvement. Bessemer a pu, au moyen d'un courant d'air, 6ter le carbone de la fonte, et la ramener ainsi à l'acier. Dans les hauts fourneaux on utilise l'air chaud, et où l'on n'obtenait autrefois que de 3 à 5,000 kilogrammes de fer par jour, on en obtient aujourd'hui S0,000. On songe à employer la vapeur pour chauffer des villes entières (Holly).

Kônig a inventé le stéthoscope; Edison, le téléphone, la plume électrique et beaucoup d'autres instruments de ce genre; Lenoir, le moteur à gaz; Secchi, le météorographe; Geste a vulgarisé la pisciculture. Aux vaisseaux on a appliqué l'hélice et les cuirasses d'acier; l'optique a acquis le stéréoscope et le téiestéoroscope ; le phonographe, le téléphone de Bell et Grower, le microphone de Hughes et le sonomètre sont venus aider la voix; le peuple peut user de mille inventions très utiles. Ericsson (1805-1869) a fait des découvertes moins meurtrières que ses terribles moniton. Pendant qu'uue habile tricoteuse en chaussettes fait 80 points à la minute, le

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