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LES SCIGHCES ET LES ARTS

risme spiritualiste du xiv* siècle, passer à la représeDtalion du Trai. Mais les modèles du vrai n'ont jamnis manqué, surtout dans les tableaux sacrés où il fallait représenter des hommes réels et des scènes domestiques : pour la peinture prorane, il suivra de nommer le Bonaparte vmlant les peiliférés à Jaffa, où le procédé classique a cependant peint les haillons et ennobli la soufTrance. Toutefois il ne faudrait pas reproduire la nature sans la pensée et le sentiment de l'artiste, comme le fait la photographie ; l'attentive observation du vrai devrait être dirïgée par l'esprit critique de notre époque.

On a pu s'y conformer principalement dans le paysage, les fleurs, les terres cuites de Napies, et dans les sujets de la vie journalière et ordinaire. Comme il n'y a plus de grandes commissions pour les églises et les palais, et qu'il a fallu se proportionner à la petitesse des appartements, les belles occasions s'offrent rarement de représenter des sujets en grand, avec des idées bien méditées, la fidélité des costumes, le sérieux des scènes, la majesté dans la conduite du dessin, l'émotion des sentiments dans des actions noblement humaines.

Cependant l'Exposition de Paris a offert des modèles de ce genre, en Autriche, on Espagne, en France surtout. Parmi eux, David, Gros, Delacroix, Duval, Muller, Géricault, Ingres qui disait : » Le dessin, c'est la probité de l'art », ont de dignes successeurs dans Laurens, Becker, Silvestre, Boulanger, Delaunay, Fleury, Roll, Glaîze; ce sont des artistes d'un talent puissant dans les scènes de l'histoire ancienne ou de l'histoire contemporaine ou dans des sujets nouveaux , la plupart patriotiques, toujours sérieux, quelquefois tragiques. On admire les toiles fort étudiées de Meissonier. Bien des peintres ont passé du genre philosophique de Delà roche, d'Ary Scbeffer, de Flandrin à l'idolâtrie de la forme, aux coquetteries féminines, et alors, pour se détacher des Italiens, sur lesquels cependant ils se sont formés, ils se sont jetés dans Vampoulé, dans la représentation d'événements horribles, ou de vérités rebutantes. Peu sont personnels et partant originaux, comme Luminais, Regnault, Bouguereau dont le caractère est la force, ou comme le gracieux Corot (1). L'Anglais

(1) UAppel da derniiret victimes de la Tentur, de Moller; VSnlrée de Henri IV, da Oérard ; les Adieux de Roméo et de Juliette, les Deux Foteari, de Delacroix (-f- 18fl3); le Serment du Jeu de paume ei le Bai»y d'Anglas; la Helraile de Rustie, de Meissonier i la Marie-Antoinette, lea Ginmdiw,

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Ruskio s'est pris d'amour pour le xir* siècle, et pour la recherche d'autre chose que le délicat. En Allemagoe aussi on Tait des tableaux sérieusement médités, comme le Zu/Aer de Kaiilbach, et le Charlet-Quint de Mackart.

En général, cependant, la peinture ne prend pas un caractère d'originalité ; si elle a été paisible et rigide au xin* siècle, correcte et spiritualiste au xiv* avec un air de paix et d'amour , dégagée et délicate au xt* siècle, bizarre et incorrecte au XVI*, imitatrice, puis classique au siècle dernier et au commencement du nôtre, maintenant elle est éclectique comme on l'est dans tous les genres ; et même en Italie les beaux noms de Bertini, de De Nittis, de Pasini, de Pagliano, de Zona, d'Induno et de quelques autres ne font pas une exception au goût du jour. Hayez a répandu le goût du dramatique. Dans les grands sujets, on sent encore le genre académique ; il faut excepter les Icsmochutet de Morelli, et le Due d'Athmei d'Ussi. Mariani et le regretté Ji'racassini ont rivalisé avec les meilleurs peintres de fresques. Dans les expositions, on trouve en quantité des paysages, des portraits, des scènes épigrammatiques, plutôt que des sujets médités pendant des années entières. Dans les tableaux de religion, on sent le manque de foi : les saints sont trop humains.

La photographie a enlevé à la peinture bien des portraits, mais elle a aidé la mode si répandue des illustrations. Avec la lithographie et la gravure sur hois on a illustré une foule de livres : citons entre autres le Dante et la Bible de Gustave Doré, le Tour du Monde de Charton, la Troisième Invasion de Véron avec les dessins d'Auguste Lançon ; nous pourrions ajouter que toutes les histoires et tous les romans ont été illustrés. Lie crayon si vif de Cham (-{- 1 879) ne sera jamais oublié.

Bien des auteurs ont écrit l'histoire des arts, souvent en rectlQant, à l'aide de documents nouveaux, les assertions de leurs devanciers. Ainsi ont fait pour Vasari les Milanais Growe et Cavalcaselle, auteurs d'une histoire de la peinture

la Charlotte Corday, Ae Delaroche (ti856); l'Interdit et la Pape Formose, de Laurens ; ie$ Barbares à la vue de Borne, de LnminaiB ; une Exécution à l'Alhambra, de Reguault (tué à Ut bataille de Buienval). Cerlaina chef-d'œuvre se soiit élevés A. des prix fabuleux, eo particulier dans les ventes aux enchère! de Paria et de Londres; il faut en dire autant des éditions rares et des reliures. C'est une mode comme une autre, et quelques banquiers n'hésitent pas à dépenser 1& de* milliers de livres sterling. L'opuscule de Brouet, la Bibliomanie en tST8, est curieux à consulter.

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italienne, comme Lueblie; Miiotz a décrit les monuments de Rome. D'après la biographie détaillée de Passavant, Grimm, Forster, Springer ont écriten Allemagne sur Rapbael, et, dans sa patrie, une société s'est fondée sous le nom du grand artiste. Des idées nouvelles se sont introduites dans la critique : elles n'ont quelquefois d'autre mérite que leur extravagance. Après Rio et Quatremère, il faut nommer, en France, Viardot, Laborde, Coiudet, Gruyer, Siret, Clément, Véron. L'estbétiqne allemande donne dans on idéal qui n'aide point l'art.

L'art, en général, a contracté le vice de notre siècle : il s'est vulgarisé. Les progrès actuels ont fourni des facilités d'exécution, des procédés qui permettent de produire plus vite et avec plus d'abondance, et de se rendre populaire ; mais il n'y a pas li un seul principe de créations originales ni un véritable progrès. Puis il y a on art qui fortifie, élève, purifie la nature humaine, et il y a un autre art qui l'abaisse, la dégrade, la corrompt : ce dernier a ses disciples, lui aussi.

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