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LA POLITIQUE ET U KORALB

iiuxf* Dans l'étude de l'homme , l'histoire ne sépare point l'è

que, la politique, le droit.

Le siècle dernier aTait travaillé à égaler la puissance laïque à la puissance ecclésiastique qui avait eu la prépondérance au moyen âge. Il avait, pour cela, sécularisé les institutions, diminué l'action sociale du christianisme dans l'éducation,

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dans les œuvres de bienfaisance ; on avait réussi à prendre le dessus grâce à des édits et à des restrictions. Aux gouvernants, qui absorbaient l'autorité à leur profit, les philosophes fournissaient l'appui de raisonnements pour soustraire cette autorité au clergé et la concentrer dans l'État. De même qu'un accord entre des personnes constitue la première société nécessaire qui est la famille, ainsi plusieurs familles réunies forment la commune , plusieurs communes forment l'État, sans que l'une annihile l'autre. L'État devrait être l'explicatioD et la tutelle des droits, des devoirs , des actes humains, la garantie de l'exercice de l'activité libre, dans le but direct de faire prévaloir la justice , eu se renfermant toujours dans les limites des rapports temporels , laissant à l'Église ce qui est divin et étemel , pendant que la famille embrasserait et ce qui est de l'ordre naturel et ce qui est de l'ordre sumatarei. Au lieu d'harmoniser la liberté des membres avec l'unité de l'État, on transforma l'État en un être suprême, vivant par lui-même, arbitre des individus, de la famille, de l'Église.

La grande Révolution favorisa cette tendance. Par l'abus de principes abstraits, elle substitua à la liberté l'égalité, qui ne demandait pas une éducation politique préalable , faisait naître la jalousie de ]'autorité,donnait une idée purement matérielle de la propriété, méprisant les droits personnels, réduisant l'individu ft n'être qu'un chiffre, sans liens moraux avec ses semblables, et sans autres liens que ceux qu'on décrétait. Jamais les gouvernants ne furent aussi absolus que lorsque , sous prétexte d'égalité , ils eurent aboli les franchises de la famille, des communes, de l'Église, des provinces, des jurandes d'arts et de métiers.

Cependant l'État n'est point la société entière, il la représente seulement sous le côté de l'organisation juridique. Son germe est l'individu humain ; l'idée de l'État remonte i l'élément inné de la sociabilité individuelle, si bien qu'entre le citoyen et l'État il n'y a d'autre différence que celle qui se trouve entre le tout et la partie ; et il n'en résulte nullement une divergence dans les principes, quoique cette différence puisse être compatible avec la diversité des deux personnes juridiques. La société n'absorbe pas tout l'homme. L'bomme vit dans la société; dans elle, il accomplit sa carrière ici-bas; mais, hors d'elle, il conserve une personnalité, une volonté, une conscience, pour lesquelles il y a des récompenses, des châtiments, des destinées, autres que celles de la société.

33i LBS TIBHTE DBRniiBKS ANHftEB.

Le Père Ventura a bien tu qu'en déchrùtianiêant la société,le8 systèmes modernes aboutissaieot, dans l'ordre philosophiqae, au rationalisme; dans l'ordre moral, au sensualisme; dans l'ordre domestique, & l'individualisme ; dans l'ordre économique, au communisme; dans l'ordre religieux, au césarisme ; dans l'ordre politique, au despotisme (1).

Alors on trouva nécessaire de réprimer les princes, et on imagina les Constitutions. Elles étaient empruntées aux Anglais, mais l'Angleterre tenait ses Constitutions de l'histoire et conservait ses anciennes immunités ; on voulut les transplanter dans des pays où elles ne trouvaient d'autre base que des décrets.

A un gouvernement établi pour protéger cbaqae individu dans l'association de tous , et garantissant & chacun le droit de foire le bien comme il le veut et comme il le peut, pourvu qu'il ne nuise pas & son prochain; à un tel gouvernement oa sabstitua, avec des droits différents, quelquefois en opposition avec ceux des particuliers, l'État fondé sur la déclaration faite en France des droits de l'homme et de la société. On ne faisait ainsi que transformer l'omnipotence des princes dans l'omnipotence des ministres et des parlements.

Telle fut la situation de la première moitié de ce siècle, et l'histoire s'occupa bien moins des rois que des ministres; ceux-ci étaient toujours les vrais gouvernants, et peu importait que le trAne fût occupé par un enfant, une femme ou un fou.

Les résultats de la révolution de 18i8 ne furent guère meilleurs : le mécontentement continuait, les espérances étaient insatiables. A peine un changement se faisait-il, qu'on sentait le besoin d'un autre changement, et qu'on le préparait on dans les cabinets on par des intelligences secrètes. Journalistes et avocats prévalurent et avec eux des théories improvisées dans des discours lyriques ; on disait tout le mal possible de n'importe quel gouvernement, il semblait qu'il fAt doux de mépriser comme ignorants et immoraux ceux à qui on était bien forcé d'obéir ; on inventait de continuelles transformations , toute innovation s'appelait un progrès , toute opposition prenait le nom de libéralisme; on oubliait que chaque pays a le gouvernement qu'il mérite, et qu'un peuple est libre par ses coutumes , et non en vertu de lois modelées d'après une opinion faussée par les passions et l'ignorance.

(i) Lt Pouvoir poKtiqu».

U POUnOOB BT U MOKALE. 33S

Ainsi, en France , — ce pays est comme la clinique de toutes les maladies sociales, — nous avons tu échouer tons les systèmes : le ^orieux absolutisme de Napoléon I", aussi bien que le respect de la Constitution pendant la Restauration ; le despotisme de la GouTention, comme les saccades du Consulat ; le système des coDqufitas sans bornes, comme celai de la paix à tout prix ; la république socialiste, comme l'empire humanitaire. Non : la Cbarte, le parlement, les élections, les journaux ne serrent de rien pour la liberté ; il faut, pour elle, que chacun puisse se mouvoir librement, en tout lieu, en tout temps, dans son cercle d'action et de justice.

Comme tout autre culte, le culte de la liberté a ses hypocrites, et ceux-ci disent au peuple qu'il est le souverain, pour le tromper comme on trompe les souverains ; ils lui disent qu'il est l'égal des nobles, des riches, des savants, de Dieu ; et le peuple perd le sentiment de cette subordination qui l'emp6che de s'avilir parce qu'elle lui Oze jusqu'à quel point il doit se soumettre. La souveraineté du peuple est un dogme, mais aussi abstrait que le pacte social; et jusqu'à présent~on n'a pu déterminer les moyens d'exercer cette souveraineté ou mdme de l'exprimer. Celui qui la traduit par une supériorité absolue, dispensée de raison et de justice, platt & ceux qui tout à l'heure se prosternaient devant les rois absolus; ceux-là lui portent préjudice qui, mesurant la liberté d'après la quantité des journaux et la prolixité des débats, font prévaloir la place publique sur le conseil , la loge sur la tribune, les conventicules sur les assemblées, un groupe de braillards sur la représentation-légale, l'insolence d'un gazetier sur la responsabilité d'un député ou d'un magistrat.

Ce n'est pas la liberté qui règne, c'est la force, lorsque les améliorations sont imposées à main armée, ou lorsque la décision, est remise au plus grand nombre, en sorte que la minorité des citoyens honnêtes et des penseurs succombe sous l'intrigue, la vénalité, l'illusion. La tyrannie est toujours la même, qu'elle vienne du saint-orace ou de la police, ou bien encore de ces eunuques, rois de l'opinion, qui se font prescripteurs quand ceux qui régnent par les baïonnettes cessent de proscrire, et qui, lorsque les liens du gouvernement se relâchent, stérilisent la pensée par une tapageuse intolérance, en attaquant l'homme dans la forteresse de son honneur et de sa conscience, en violentant la volonté publique par des clubs, des duels, des corps francs ; eu exposant à de

ibïGoogIc

336 LBS TRENTE DEBHIÉSES AIIII6BB.

sournoises îasinaations ou à des diatribes effrontées quiconque ft le courage d'agir raisonnablemeat et avec coastance, non seulement eu face des prisons des ennemis, mais encore en face de l'injustice de ses frères,

Voilï trente ans que la révolution, réprimée pour un mo< ment par les baïonnettes et les cours martiales, s'est déchaînée ; la raison du nombre , c'est-à-dire du plus fort, l'a emporté; les finances ont été épuisées pour le maiotien d'armées de plus en plus nombreuses, et cependant partout on voit des troubles et des insurrections, et ces extravagances qui, en temps de révolution, deviennent épidémiques. Les gouvernants ont été chassés une première fois, une seconde fois; d'autres ont été tués (t); les principautés et les répu-

(I] 184S, juin : attentat contre le prince da PruEse (l'empereur Ouillaume d'aujourd'hui) i Mindea.

1B49, meurtre de Pellegrino Roiai «t de plusieur* ministrsB.

1855, Ktt«i)tat contre ia. reine d'Angleterre; machina infernale dicott.- Tsrte AMiiFseiUe à l'occasiou du voyage ds Napoldon III.

18.13, l'empereur d'Autriche est blesa^ par le Hont^ii Libenj. 18Si, le duc de Parme est tu#.

tSSS, Pianori tire lur Napoléon; autre coQjamtioa eo ISBT; paie, en 18S8, conspiration d'Oraini.

1856, attentat contre la reine leaballe d'Eapa^a; Ageailas Hilsno attaque Ferdinand U, roi de Naplee.

1862, rdtuiliant Becker, à Bade, t!re deux coupe de feu aur la roi de Prusse sane l'atteindre; attentat de l'étudiant Brueios contre le roi de Qrèoe,

136G, •«•a*HinaI de Lincoln, pNsIdent des États-Unia; en 1867, aasassiiiat de Lopei, présidant & Uonlevideo; ea 1S67, aaMaslnat du prince Michel de Serbie; an 18TS, asaaasinat du président de la république da P^rou; en 1S73, aasasBinat du président de la Bolivie; en I87S, assai- ■inal du président de la république de rËqualear;«n 1877, attentat contra le président du Paraguay.

18S6, attentat contre le ciar & Péterebourg; et en 1887, i Paris; puia en 1879.

1871, attentai contre le roi Amédée d'Espagne.

1878, mai, attentat de Boedel; et, en juin, attentat de Nobiling contre l'emperaur d'AUemagna; le 3S octobre, Honcasi attente à la vie du roi d'Espagne; le 17 nOTembre, Paasanante, Scelle du roi Humbert, iiNaples; an décambre, lettre menaçante adressée &la reine d'Angleterre. Le 1" décembre, attentat contre l'empereur d'Allemagne. —Le 30, attentat contre le roi d'Espagne ; c'est le eeptîéme attentat de l'année.

1879, divers attentats; en septembre, attentat contre le sultan. 18SD, 17 rèvrler, on mine la palais impérial é Pétersbourg.

Il vaut la peine de remarquer que la dérenseur d'ofSce de Passananle chercha des eicuaea, ponr im crime qu'il ne pouvait ni ne voulait nier, dans les attaques quotidiennes des journaux contre l'autorité et contre ceui qui la représentent. Du mépris et de la haine qu'on insinue sans

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blîqueKoiitétédépouiUées;ily a OU des carnagessans exemple; l'acarchie et le despotisme ont alterné, et tout cela est causé ou provoqué, ou justifié ou du moins excusé par une presse qui méconnaît la justice et la moralité , qui enlève toute autoriLé au pouvoir juridique en bl&mant jusqu'aux actes destinés à défendre la société.

Les premiers qui invoquèrent le suffrage universel furent les légitimistes de France, dans la confiance qu'il aurait rappelé les Bourbons exilés. Napoléon Ills'en senit habilement; ensuite on y eut recours non seulement pour donner une organisation aux peuples en révolution, mais encore pour bouleverser les peuples qui étaient en paix, et substituer un maUre à un autre; à Nice même et & la Savoie, contrées si tranquilles, on demanda si elles voulaient rester italiennes ou devenir françaises. Le suffrage universel consacrait les actes de Napoléon III quelques mois avant de le maudire. Ailleurs il jette le pays à l'arbitraire d'un ambitieux, sous rballucination de la peur, de la joie, de la colère, de la passion du moment, ou avec le goût vulgaire du changement, tandis que les meneurs de peuples se servent de ce même suffrage pour se grandir, pour absorber les petits États et réduire l'Europe à trois ou quatre États gigantesques, grâce à la domination de la puissance matérielle et à l'argent qui svt&l à acheter des canons et des vaisseaux cuirassés. Qui peut assurer que le plébiscite n'annexera pas la Belgique à la France, la Hollande et la Suisse à l'Allemague, la Serbie à la Russie, la Sicile à l'Angletere , ou qu'il ne détachera pas l'Irlande de la Grande-Bretagne, la Hongrie de l'Autriche, le canton du Tessin et Genève de la Suisse?

Déjà l'État se chargeait d'une partie de plus en plus grande des opérations propres aux familles et h la commune, cette famille plus étendue; il se chargeait d'élever les enfants, de distribuer les emplois. Cette immixtion alla en grandissant; les relations intematioj^ales et la centralisation s'accrurent par les chemins de fer, qui créent une aristocratie nouvelle,

cesie, on a puté aui actes qui eu Eout reipreBeion. C'eat dam c« sens qu'on impntail aux jëEuites lei atlontats de Clément et de Ravaillac.

On attribue aupertounagele plus renommé de l'ilalie une lettre oàildit: n L'aaaasabat politique eet le seul secret pour mener au port la révolution. Ce Boni dei amis du peuple, ceai que lei rois appellent des i Agéailas Milano, Oraini, Flétri, Pianori, ont passé pour aesassins : ourd'hui on les vénère comme des marljre. »

338 LES TRENTE DERHIÈBES ADHÉBS.

avec des bénéfices immenses réalisés tout à coup. L'Europe a 160,000 kilomètres de voies ferrées en activité; l'Asie eu a 16,000 ; l'Afrique, 3,000; l'Océanie, 4,300 ; l'Amérique, 150,000 ; là un chemin de fer réunit les deux Océans, en attendant le moment de faire communiquer leurs eaux par le percement de l'isthme de Panama; en mSme temps des bateaux à vapeur sillonnent le Qeuve Jaune, le Gange, le Mississipi.

Après 1877, on essaya d'envoyer de grands vaisseaux direotement de Londres à Melbourne et à Sidney, sans transbordement de passagers. Dans ce but, on contruisit à Glasgow l'Orient, qui rivalise de grandeur avec le Great Eastem et avec la City of Berlin. Avec une charge de 9,500 tonneaux, VOrient passe par Saint-Vincent et par le Cap, en traversant le canal de Suez; il a quatre m&ts, trois ponts de fer, 113 compartiments, 8 embarcations ; il peut contenir 190 passagers de première classe, 130 de deuxième classe, et 300 de troisième classe.

lia merveilleuse facilité des transports accrut les relations de la vie : la pensée vola sur les ailes du télégraphe ou passa avec ses Sis sous l'Océan ; les hommes furent rapprochés ; on put remédier aux disettes, obvier à bien des désastres ; cependant on n'a pu encore prévenir les inondations, ni l'invasion des épidémies, ni l'irrégularité des saisons. Les progrès de la mécanique ont permis d'exécuter d'étonnants travaux, de dompter la nature pour la soumettre à l'homme, en faisant de notre époque l'époque des projets gigantesques.

On veut sillonner de chemins de fer l'Afrique et l'Océanie ; ouvrir un canal entre la mer Caspienne et la mer d'Aiof. En Angleterre, sous l'influence de Henry Stanley qui a traversé l'Afrique à la recherche de Livingstone, il se forme une société, au capital de 60 millions, pour un chemin de fer qui, partant du fleuve Zambèze, arriverait k la cflte de Zanzibar par un parcours de iOO milles, auxquels il faut ajouter de longs trajets sur les lacs. On étudie je moyen de joindre le réseau trigonométrique de l'Espagne avec le continent africain : outre qu'on pourrait ainsi rectifier les cartes des deux continents, cette étude servirait encore à déterminer le plus grand arc méridien qui, des îles Shetland au nord de l'Ecosse, aboutirait au Sahara. Le dessèchement du Zuiderzée'peut se comparer à celui du lac Fucin.

Pour tous ces travaux, il fallait renoncer au souci de l'économie qui avait été le soin principal des anciens gouverne-

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ments; oa appela désormais prospère l'État ou la commune qui dépensait davantage, c'est-à-dire qui pressurait le plus ses sujets; ou loua le ministre qui, par de nouveaux impôts, effroi du peuple et cause de corruption pour les mœurs (1), arrivait à balancer les recettes et les dépenses, sans parler des institutions de crédit mobilier, apicole, national, des emprunts, des loteries. Par là, ou excitait l'avidité du gain qui envahit la société depuis les basses classes jusqu'aux millionnaires improvisés. Des affaires de banque occasionnèrent des guerres, comme celle du Mexique, et des iniquités sociales; la spéculation devint une étude pour la jeunesse; la Bourse devint son gymnase; le bulletin de la renie fut la partie des journaux qu'on médita le plus. La spéculation a produit le despotisme de l'argent; elle peut, il est vrai, empCcher quelquefois les conflits et obvier aux révolutions.

Une fois qu'on a mis de cAté l'instruction religieuse et qu'on < salarie l'instruction impie, le défaut de connaissances réelles rend possible l'œuvre de la Réforme qui fut de détruire tout caractère théocratique, en soumettant l'homme immédiatement à sa propre conscience. Le vulgaire trouve sou compte à entendre enseigner que l'homme est l'unique Dieu, que le nombre est la seule puissance, que les instincts seuls font loi, et qu'on doit se proposer pour unique but de jouir le plus qu'il est possible. De là un orgueil démesuré, la faaine de quiconque sait davantage ou est plus puissant. On fait consister le progrès à abaisser ce qui est en haut et non à élever ce qui est en bas ; on s'envie réciproquement les jouissances et l'or qui peut les acheter; on s'étourdit, on jouit dans la paresse et la volupté jusqu'à ce que le corps se dissolve dans les éléments chimiques qui le composent, le phosphore et l'alumine.

Tant d'heureux avantages introduits et répandus; la facilité de communication pour la pensée, pour les marchandises, pour les personnes même, au moyen des journaux et des télégraphes (2) ; la présomption de la science, née de la œul-

(1) ■ L'impôt r«cliHe ou pervertit lei mœurs, eicite au tniTail on en dMoarne, élscIrÎM oa paraljas l'indattrle. » MoNrroif.

L'impôt sur la renie et la (axe sur les conEommatioai habituent au men:

(2) Les premier» UUgraphes fuirent inventé* par Morse, en 1832, en Amérique, et à Oceltingue, en tS33, par Onna. En ISTB. il eiislait S00,000 kilom. de lignes, et 1,850,000 kilom. de Bla, dont 63,000 en cibles

HO LES THRNTE DERKIÈRES ARN^BS.

tiplication des écoles; le spectacle du luse déployé par les particuliers et par le gouvernement; la camaraderie des casernes, des faospices, des sociétés coopératives; l'agglomératioD malsaine et immorale dans les grandes villes (1); l'absorption des peUts États par les grands (i) : tout cela a fait non seulement abandonner, mais mépriser les habitudes traditionnelles, le caractère spécial de chaque peuple, le droit historique; on a taxé nos pères d'Ignorance, de grossièreté, de servilité. De là encore, personne n'est satisfait de sa condition ; on aspire toujours à un mieux indéSni ; les besoins sont plus grands, on exagère ces besoins eux-mêmes : de là le paupérisme qui n'est plus seulement une crise accidentelle; do là dos grèves organisées.

Contre la domination de la plutocratie s'élève menaçante la voix des prolétaires qui, avec des appétits aiguisés par les journaux et par le spectacle du luxe et des jouissances, sentent peser sur eux les nécessités, les impdts, le service militaire. D'une voix terrible ils réclament une part meilleure dans la répartition sociale, des salaires plus élevés, une représentation plus efficace ; et après avoir remédié à la destruction des corporations par les associations de métiers ou les sociétés de secours mutuels, ils se dressent redoutables et refusent tout d'un coup leurs services i toute une province ou à des États entiers, en prétendant que le gain doit être par-

Boas-marïoB. Ed Italie, 1« grand-duc de Toacane avait introduit le télégraphe dès 184S; et aujourd'hui, dans toute la PéDiiisule,ily s 33,000 kil. de Lignes, et S3,0O0 kilom. de flU.

(1) Dans les grandes vil les d'Europe, l'accroissement de la populalioa a AU en iOO ans :

Pour Londres de 1,SOO,000 c'est-i dire de M »/,

— Berlin 550,000 — — 220 •/,

— Paris 1,080,000 — — 119 •/»

~ Vienae 330,000 — —106*/,

— Naples 212,000 — — 61 »/,

— Moscou 110,000 — — 50 •/,

— Pétersbourg 187,000 — — 39 %

— Dublin 62,000 — — 20 •/,

Cbacune des 75,371 maisons de Paris contient en moyenne 26 habitants; A Philadelphie, la moyenne est de E seulement, pour 130. OÛO maisons; cependant en certains quartiers les ouvriers s'accumulent dao» les habitations ; à New- York, on en trouve Jusqu'à 21 par maison ; & Boaton, jusqu'à 7 par chambre.

(2) Arant la ^erre d'Italie, il y avait en liurope 56 États; il n'j en a plus que 18.

LA POLITIOUE ET LA HORALB. SU

tagé avec l'ouvrier, puisque son travail ajoute à la valeur de la matière première.

A l'aide de la science, déclarée l'unique Dieu des temps nouveaux, on a abordé le problème des origines, les secrets de l'univers et des causes Anales. On nie tout ordre surnaturel, toute autorité religieuse et domestique; on remplace par la boutique et la banque la cour et l'Église ; on regarde la civilisation comme un progrès inconscient et fatal de l'humanité. Dès lors il Taut bien nier le pouvoir politique en lui substituant aussi la raison et la volonté de l'individu, au moment mCmo où l'on refuse à l'individu toute valeur autre que celle qu'il tire de l'État. L'évolution indéfinie devient la loi universelle; on veut obtenir d'un seul coup, avec de terribles sacrifices, les avantages qu'on pourrait recevoir du temps et du progrès. Au milieu d'une société où les appétits et les instincts sont sensuels, sans autre idéal que le succès et la jouissance, sans autres lois que les doctrines positives et les intérêts matériels, chancelante à cause du vide des croyances, accordant aux autres aussi peu de respect qu'elle en mérite ellemême, enivrée de déclamations et de sophismes; dans une telle société, dis-je, lorsque, sous l'aiguillon du besoin de croire, chacun ne croit qu'en lui-même, parce que tout le reste fait défaut; lorsque les esprits, affaiblis par le monopole admioistiattf, no savent agir que sous l'impulsion du gouvernement ; lorsque les gueux audacieux non seulement envient, mais encore menacent le capital de richesse et de moralité qui s'est accumulé; lorsque l'aspiration au bonheur suprême est étouffée dans Yorganiiation des cinq sens; lorsque toute tradition est rejetée par le caprice personnel ou bouleversée dans le vertige des innovations; lorsqu'on fait reposer sur la science seule le salut et l'espérance, et que cette science s'applique à populariser l'irréligion ; lorsque la philosophie déclare la guerre au sens commun, que les lois minent la propriété, que la littérature attaque la famille; quand le doute et la moquerie renversent les fondements de la civilisation et de la religion, et que ce désastre du bon sens est regardé comme le triomphe de la liberié sur l'absolutisme, de la réalité sur l'idéal, du progrès sur la réaction : alors est-il possible d'arrêter la pensée sur la pente du précipice? Mais, d'un autre c6té, peut-on dormir quand la maison voisine est en feu?

Pendant la première moitié de ce siècle, la politique intérieure aspirait à conquérir et à consolider un système

343 LES THERTE DBBmÈBES AHNÉES.

constituUotinel ; aujourd'hui elleloume àla république. Biea des expériences en ont déjà été faites, bien d'autres se préparent; les souverains eux-m6mes contribuent à diminuer leur prestige par une politique terre à terre, et en éludant les grandes questions au lieu de les aborder; ils ne sont pas des tyrans, mais ils n'ont pas le courage de résister à de petits tyrans ; ils ont peur des méchants et n'ont pas confiance dans les honnêtes gens.

^ La Révolution, non satisfaite d'avoir, avec le césarisme, un trAne, une armée, une organisation, prétend à l'omnipotence aven l'Internationale, qui nous menace de la liquidation sociale , c'est-à-dire d'une réorganisation de la société , où il y aura l'égalité des fortunes, des lois faites par le consentement de tous ceux qui doivent y obéir; aucune dignité ne sera héréditaire; les droits matériels des familles et de la propriété individuelle y seront sacrifiés ; il n'y aura pas de sanction suprême. Le quatrième état hurle contre la tyrannie bourgeoise, et veut non seulement égaler, mais dépasser la classe moyenne, la seule qui aujourd'hui ait une histoire, comme la noblesse en avait une hier.

En Italie, on publia, en avril 1S70, le programme de l'Aaociation républicaine de la Lombardie; on y voit la cause de tous nos maux dans la précipitation du pays à vouloir des plébiscites et k accepter le Statut qui est pour l'Italie « une camisole de force». 11 faut donc refaire les bases de l'État, élire une Assemblée constituante au moyen du suffrage universel, et y discuter ce qui convient le mieux i l'Italie : la monarchie constitutionnelle ou la république, la république unitaire ou la république fédérative. Une fois d'accord sur ce point , on discuterait les pouvoirs de l'État, la loi électorale, la toi sur la presse.

Une chanson a ces mots pour refrain : « Paix, paix aux cabanes du pauvre 1 Guerre, guerre aux palais , aux églises ! Plus de salut pour l'odieux bourgeois qui insulte à la faim et aux haillons I »

\j Alliance universelle républicaine, découverte en 1879, est ' composée de tous les citoyens qui, reconnaissant dans la monarchie la seule et véritable cause des malheurs des peuples, professent une foi ferme et sincère au principe républicain et à la formation des États-Unis d'Europe. On devra inviter le prosélyte à déclarer s'il accepte le programme et le règlement, avant de lui faire prftter le serment que voici : « Pose

LA FOLITIOUB BT LA HORALE. 3i3

la main droite sur les faisceaux romains, et, affranchi de tout préjugé des religions révélées, auxquelles nous ne croyons pas, guidé uniquement par la raison, le devoir, l'honneur, en face de l'humanité et de nos frères républicains, répète avec moi ces paroles :

« Je jure sur mon honneur d'observer scrupuleusement le règlement, le programme, et tout ce que prescrit la formule du serment. »

L'Alliance est divisée en sections mobiles et en sections contribuables, avec un comité général , secret et invisible. Quiconque se rendra coupable de révélation ou d'un acte susceptible de compromettre l'existence de l'association, sera effacé des r&Ies et puni publiquement (?) de la marque des traîtres. Les moyens d'action sont les clubs, les meetings, les journaux, puis les grèves, les insurrections , les assassinats des chefs.

C'est par les assassinats et les incendies (1) qu'en Russie se répand le nihilisme, pour lequel les aspirations des révolutionnaires précédents ne sont que des plaisanteries hors de mode : ûaribaldi et Pyat sont des arriérés; les sanglants incendies de la Commune de 1871 à Paris ne sont qu'un paie rayon de ce que fera l'avenir; la Commune n'a fait qu'un pas dans la révolution sociale , sans oser aller plus loin ; elle n'a fusillé les otages qui: par douzaine, tandis qu'il faut aécessairement une guerre qui ne respecte rien, avec le vol, l'incendie, l'assassinat, le brigandage; une guerre qui doit renverser toute l'organisation de la société bourgeoise |et ensevelir dans ses ruines le vieux monde; alors viendra la confiscation de tous les biens, l'abolition de toute propriété privée , de la famille, de la liberté même qui n'est qu'une idée vide de sens. Ce programme , il faut le réaliser par les armes contre tous les bourreaux, les négociants, les propriétaires; par la terreur, contre tous ceux qui sont d'une opinion différente (2).

{I) En BopUmbre 1879, on eut, en Russie, 3,443 iacendiea a déplorer, la perte fut de 8,498,844 roubles. (Ménager officiel de Peteribourg.) (S) Pierre Leroux, fameux socialiste, formulait ainsi les raisons mises

■ Puisqu'il n'y a plus rien sur la l«rre que des choses matdrieltes, des biens mstérieU, de l'or et du fumier, donnez-moi donc ma part de cet or et de ce fumier ••, a le droit de vous dire tout faomme qui respire.

B — Ta part est faite ■, lui répond le spectre de la société que nous ATons aujourd'hui.

341 LE3 TSEDTE DEBRlëRES ANKÊES.

En somme, dans r.e siéck de trente ans, la face du monde a t«llemeDt changé que, si nous nous reportions aux années de notre jeunesse, nous aurions de la peine à croire qu'il s'agit du même pays, de la même époque. Ce besoin de la

a — Je Ift trouva mal faite «, lui répond l'homme à bod tour.

D — Mail tu t'en contentaiB bien autrefois », dit le spectre.

n — Autrefois, répond l'homme, il ; arait un Dieu dans le ciel, nn paroilia i. gagner, un enfer à craindra. 11 y &rait aussi sur la terre une eociété, j'avaii ma part dans cette sociâté; car, <1 j'étais sujet, j'avais au moins le droit du sujet, le droit d'obéir sans être avili. Mon maître ne me commandait pas sans droit an nom de son égolsme ; son pouvoir remontait à Dieo, qui permettait l'inégalité sur terre. Nous avions la même morale, la même religion; au nom de celte morale et de cette religion, servir était mon lot, commander était le sien. Mais servir c'était obéir à Dieu, et payer de mon dévouement mon protecteur sur la terre. Mais, si j'étais inférieur dans la société laïque, j'étais l'égal de tous dans la société spiritnelle, qu'on appelait l'Église Et cette Église encore n'était

que le vestibule st l'image de la véritable Église, de l'Église céleste, vers laquelle se portaient mes regards et mes espérances... Je supportais pour mériter, je souffrais pour jouir de l'éternel bonheur... j'avais la prière, j'avais tes s&cremeoti, j'avais le saint sacriflce, j'avais le repentir et la pardon de mon Dieu. J'ai perdu tout cela, je n'ai plus de paradis à espérer; il n'y a plus d'Église, Vous m'avez appris que le Christ était un imposteur; je ne sais pas s'il existe un Dieu, mais je sais que ceux qui font la loi a'j croient guère, et font la loi comme s'ils n'7 croyaient pas. Donc je veux ma part de la terre. Vous avez tout réduit i, de l'or et é du fumier, je veui ma part de cet or et de ce fumier.

H Pourquoi parler d'obéissance 1 Pourquoi parler de maîtres, de supérieurs t Ces mots-là n'ont plus de sens. Vous avez proclamé l'égalité de tous les hommes; donc je n'ai plus de maîtres parmi Les bomtnei. Mais vous n'avez pas réalisé l'égalité proclamée; donc je n'ai pas même ce souverain abstrait que vous appelez, tantAt par un mensonge, la nation ou le peuple, et tantôt, par une autre fiction, ta loi. Donc, puisqu'il u'j a plus ni rois, ni nobles, ni prêtres, et que pourtant l'égalité ne règne pat, je suis à moi-même mon roi et mon prêtre, seul et isolé que je suis de tous les hommes mes semblables, égal k chacun de ces hommes, et égal à la société tout entière, laquelle n'est pas nue société, mais un amas d'égolsmes, comme je suis moi-même un égoTsme... »

El comme s'il ei)t assisté d'avance i. la Commune de Paris, il ajoutait :

ce On entend un horrible bruil de combattants qui se heurtent et s« déchirent. Un spectre pile, tremblant, se présente el dit : ce Rentrez dans l'ordre; je suis la Société. 1 Une multitude de voix s'écrient ausaitAt : 0 'Vous nous dites que vous êtes la Société; faites-nous donc justice; nous souffrons, et en voici qui jouissent; donnez-oous autant, ou dites-nous pourquoi nous souffrons, a Le spectre se lait, immobile, et la tête penchée vers la terre. Alors ces hommes, voyant que ce n'est qu'un fantôme impuissant, s'écrient, en reprenant leurs armes : • A bas tout ce qui nous opprime! Pourquoi les inférieurs ne renverseraient-ils pas leurs supérieurst Pourquoi les pauvres ne se mettraient-ils pas i la place des riches I Pourquoi des inférieurs t Pourquoi des pauvres I ■

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