‹ Les Trente-deux duels de Jean GigonChapitre 9 sur 19 · MARTE GIGON · texte numérisé non relu

MARTE GIGON

Si Jean Gigon avait pu pleurer tout à son aise après la lecture de la lettre simple et touchante de Marie, les trente-deux duels de Jean Gigon n'eussent peut-être jamais vu le jour, mais le pauvre brigadier n'en eut pas le temps.

A peine avait- il ouvert le sachet joint à la lettre, que la voix du chef de poste venait couper court aux tumultueuses pensées qui grondaient dans son cœur et dans sa tête :

— Jean Gigon, disait le sous-officier, le commandant vous demande tout de suite. 11 paraît qu'il y a du nouveau. Allons, ne pleurnichez pas et filez.

— Est-ce que je pleurniche? riposta presque brutalement Jean Gigon qui avait des larmes plein les yeux;

Et il sortit la tête haute, pour aller voir ce qu'il y avait de nouveau chez le commandant.

Page 1