‹ Les trésors de Cornelius a Lapide (volume 2)Chapitre 10 sur 97 · IV · texte numérisé non relu

IV

Nuit et jour, dit l’Apôtre, je n’ai point cessé d’avertir chacun de vous avec larmes : Nocte el die non cessavi cum lacrymis monens unumquemque vestrum ( Act. xx. 31 ).

Je mets toute ma sollicitude à procurer votre salut, dit Papôtre saint Jude : Omnem sollicitudinem faciens de communi vestra salute (3).

Nous sommes, dit le grand Apôtre, les délégués du Christ, Dieu exhortant par nous. Nous vous en conjurons par le Christ, réconciliez-vous avec Dieu : Pro Christo legatione fungimur, tanquam Deo exhortante per nos. Obsecramus pro Christo, reconciliamint Deo (EL. Cor. v. 20 ). Montrons-nous en tout comme ministres de Dieu, par une grande patience dans les tribulations, dans les nécessités, dans les anxiétés, sous les verges, dans les prisons, dans les séditions, dans les travaux, dans les veilles, dans les jeünes, dans la pureté, dans la science, dans la longanimité, dans la mansuétude, dans lEsprit-Saint, dans un amour non hypocrite , dans la parole de vérité, dans la force de Dieu, par les armes de la justice à droite et à gauche, par la gloire et lhumiliation, par la mauvaise ou la bonne renommée; comme séducteurs, quoique véridiques dans nos paroles; comme inconnus, quoique très-connus; comme mourants, quoique nous vivions; comme tristes, et toujours dans la joie; comme pauvres, et enrichissant plusieurs ; comme n’ayant rien, et possédant tout (1).

À cause de l’œuvre du Christ, il a été tout près de la mort, don nant sa vie, dit saint Paul parlant d’Epaphrodite : Propter opus Christi usque ad mortem accessit, tradens animam suam (Philipp. 11, 90 )..

Je poursuis, dit cet apôtre, pour atteindre le but auquel j'ai été destiné par le Seigneur Jésus, Je crois l’avoir atteint; maïs oubliant ce qui est en arrière, et me portant à ce qui est devant moi, je tends au terme, à la récompense à laquelle Dieu m’a appelé en J. C. (2)

(1) In omnibus exhibeamus nosmetipsos, sicut Dei ministros, in multa patientia, in tribulationibus, in necessitatibus, in angustiis, in plagis, in carceribus, in seditio: nibus, in laboribus, in vigiliis, in jejuntis, in castitate, in scientia, in longanimitate, in suavitate, in Spiritu Sancto, in charitate non ficta, In verbo veritatis, in virtute Dei, per arma justitiæ a dexteris et a sinistris; per gloriam et ignobilitatem, per infamiam et bonam famam, ut seductores ct veraces, sicut qui ignoti, et cogniti; quasi morientes, et ecce vivimus; quasi tristes, semper autem gaudentes; sicut egentes, mullos autem locupletantes; tanquam nihil habentes, et omnia possidentes (IL. Cor. vr -4-10).

(2) Sequor, si quomodo comprehendam in quo et comprehensus sum a Christg

PRÈTRE (LE). 83

J. G. a passé faisant le bien et guérissant tous ceux que le démon tenait sous sa puissance, parce que Dieu était avec lui, dit l’apôtre saint Pierre : Pertransit benefaciendo, et sanando omnes oppressos a d'iabolo, quoniam Deus erat cum illo (Act. x. 38).

Aaron fit des prodiges devant le peuple, dit l’Exode, et le peuple crut; il apprit que le Seigneur avait visité les enfants d'Israël et qu'il avait vu leur affliction ; et, s’inclinant, tous l’adorèrent : Fecit signa coram populo, et credidit populus; audieruntque quod visitasset Dominus filios Israel, et quod respexisset afflictionem illorum ; et proni adoraverunt (iv. 30. 31). Comme Aaron, le prêtre zélé fait des merveïlles ; les peuples croient, ils voient que Dieu les visite dans sa miséricorde par ce bon pasteur; et ils se consacrent au service de Dieu...

Comme Judas Machabée, le prêtre zélé arme les âmes, non point de lances ni de boucliers, mais de fortes paroles et d’exhortations (IL. Hachab. xv. A1). Il engage à combattre vaillamment et à rester debout jusqu’à la mort pour les lois, pour l'Eglise (I. Machab. xmr. 14).

Il faut que le prètre puisse dire avec le Seigneur dans Ezéchiel : Moi-même je chercherai mes brebis, et je les visiterai, et je les rassemblerai de tous les lieux où elles avaient été dispersées dans les jours d’orages et de ténèbres ; et je les amènerai dans leur terre (dans la grâce, la vertu, la gloire), et je les ferai paitre sur les montagnes, le long des ruisseaux, et dans toutes les régions les plus habitables. Je les conduirai dans les pâturages les plus abondants; les hautes montagnes seront leurs pâturages : là, elles se reposeront sur l'herbe verdoyante. Je ferai paitre mes brebis, je les ferai reposer, Je chercherai celles qui étaient perdues, je relèverai celles qui étaient tombées, je banderai les plaies de celles qui étaient blessées, je forti fierai celles qui étaient faibles, je conserverai celles qui étaient fortes : Quod perierat requuam, et quod ahjectum erat reducam; et guod confractum fuerdt alligabo, et quod infirmum fuerat consolidabo; et quod forte custodiam (xxxIv. 11-16).

Ecoutez saint Grégoire expliquant ces dernières paroles dans son Pastoral : Les brebis tombées sont relevées, lorsque, renversées par le péché, elles sont rappelées à l'état de justice par le zèle du bon prêtre. 11 bande les plaies de celles qui sont blessées, lorsqu'il fait disparaitre la faute par la discipline, et qu’il ne la laisse pas s’aggraver.

Ecoutez l’admirable explication de saint Clément : Le prêtre, dit-il,

Jesu. Ego me arbitror comprehendisse, Unum autem quæ quidem relro sunt oblivisceñs, ad ca vero quæ sunt priora extendens meipsum , ad destinatum persequor; ad bravium supernæ vocationis Dei in Christo Jesu ( Philipp. ur. 12-14 ).

Peines et travaux du prêtre.

aime les fidèles comme ses enfants, il les cultive, les caresse comine la poule qui soigne ses petits. Il garde ceux qui sont fermes, il les nourrit; il soutient ceux qui sont faibles, en les surveillant, les éclairant, les encourageant ; il guérit les malades en les instruisant, en leur procurant la grâce; il cicatrise les blessures par l’huile de la douceur, de la charité; il ramène les égarés par sa bonté, sa miséricorde (Lib. IL. Sérom.).

Ecoutez aussi le grand Augustin : Croyez, dit-il, que je suis la mère de vos âmes, et que je veux vous prodiguer les plus tendres soins , afin qu’au tribunal de l’éternel Juge il n’y ait en vous ni tache ni rouille. Désirant procurer à vos âmes , non-seulement des ornements, mais des remèdes, je m’applique à unir ce qui est désuni , à réparer ce qui est déchiré , à guérir ce qui est blessé, à blanchir ce qui est souillé, à retrouver ce qui est perdu , et à orner de plus en plus de pierres précieuses ce qui est conservé (1).

Si Jacob, qui paissait les brebis de Laban, veillait et travaillait avec tant de zèle, dit saint Grégoire, quels ne doivent pas être les travaux, le zèle, la vigilance de celui qui paît les brebis de Dieu? Si sic laborat et vigilat, qui pavit oves Laban, quanto labori quantisque vigilus debet intendere, qui pascit oves Dai? (Pastor.)

Si quelqu'un désire l’épiscopat (la charge de pasteur), il désire une œuvre bonne, dit saint Paul à son disciple Timothée : Sv quis episcopatum desiderat, bonum opus desiderat (1. m1. 4). C’est une œuvre qu'on désire, un rude travail, dit saint Jérôme, non une dignité; de grandes occupations, non des délices; c’est une œuvre qui doit porter à s’humilier, non à s’enorgueillir : Opus, non dignitatem ; laborem, non delicias ; opus, per quod humilitate decrescat, non intumescat fastigio (Epist. Lxxxim ad Oceanum).

Celui qui désire le sacerdoce, désire une œuvre pénible ; il désire les travaux, les sueurs, les épines, les contradictions, les privations, les persécutions, ete...

Antigone, roi de Macédoine, voyant son fils se conduire avec insolence à l'égard de ses inférieurs, lui dit : Ignorez-vous, mon fils, que notre royauté est une splendide servitude? (Anton. in Meliss.)

(1) Me putate matrem esse animarum vestrarum, et ita vos velle componere, ut in vobis, nec macula nec ruga possit ante tribunal æterni judicis apparere, Animabus cnim vestris, non solum ornaincnta, sed ctiam medicamenta desiderans providere, Studeo dissuta consuere, conscissa sarcire, vulnerata curare, abluere sordida, reparare perdita, et ca quæ sunt integra, spiritualibus margaritis ornare { De Morib.).

Le prètre est soumis à une dure servitude , aux peines, à la douleur, à tous les sacrifices... Reconnaissez, dit saint Grégoire, qué vous n'avez pas reçu le nom de pasteur pour le repos, mais pour le travail. Ce que vous êtes quant au nom, soyez-le à l’œuvre : Vomen nos pastoris, non ad quietem, sed ad laborem suscepisse, cognoscite. Exhibeamus ergo in opere quod signamur in nomine (Lib. IV, epist. v).

Peines ettravaux du prêtre en chaire... au confessionnal.:.,auprès

des malades... , etc. Que de soucis, que d’insommies, etc.! Quelle terrible responsabilité !.… Je vois tous les saints pénétrés de terreur à la vue de l’accablant fardeau du divin ministère, dit saint Cyprien : Æeperio omnes sanctos, divini ministerit , ingentem veluti molem, formidantes (Epist. ad Cler. rom.).

Rien n’est plus pénible et plus dangereux que les fonctions du sacerdoce, dit saint Augustin : Offcio (sacerdotis) nthil laboriosius et periculosius (Epist. xxIr).

Le compte qu’on aura à rendre des dons sera grand à proportion de ces mêmes dons, dit saint Gregoire : Cum enim augentur dona, rationes etiam crescunt donorum (Homil. 1x in Evang.).

Les vertus du prètre ne peuvent être médiocres ; car, non seulerent il ne doit point commettre de fautes graves, mais doit éviter les plus légères, dit saint Ambroise : Non mediocris esse debet virtus sacerdotalis, cui cavendum non modo ne gravioribus flagitiis sit affinis, sed ne minimis quidem (Lib. IT, epist. xxv ).

S’il est vrai que chacun pourra à peine rendre compte pour soi au jour du jugement, que sera-ce des prêtres, à qui Dieu demandera un compte terrible de toutes les âmes? dit saint Augustin: 82 pro se unusquisque vix poterit in die judicü rationem reddere, quid de sacerdotibus futurum êst, a quibus omnium animeæ requirendæ ? (Homil. vir. Alias, Serm. xv in App. de Div. ).

Si les prêtres vivaient dans le péché, tout le peuple tomberait dans le péché , dit saint Chrysostome. C’est pourquoi chacun rendra compte de son péché; mais les prêtres rendront compte des péchés des autres : Si sacerdotes fuerint in peccatis, totus populus convertitur ad peccandum. Ideo unusquisque pro suo peccato reddit rationem , sacerdotes autem pro omnium peccatis (Homil. xxxur in Matth. ).

Ecoutez ces terribles paroles de saint Chrysostome, qui, cependant, paraissent outrées : J’ignore si quelqu'un d’entre les prêtres

peut se sauver : Miror, si potest aliquis rectorum salvari (Epist. xXxIv ).

Dangers que court le prêtre.

Del'obligation de travailler au salut des

âmes,

L’empereur Léon disait : Que celui qu’on prie de se faire prêtre se retire; que celui qu'on invite prenne la fuite; qu'il n’y ait d’admis que celui qui n’a pas de raison de refuser, et qu’on l’oblige en vertu de l’obéissance : Rogatus discedat, invitatus effugiat ; sola illi suffragetur necessitas excusandi (Lib. XXXI de Episcopis et Clericis).

Celui qui sollicite pour être prêtre, est déjà jugé, dit saint Ber-, nard. Ne pressez, ne forcez à entrer que ceux qui reculent et qui refusent : Qui pro se rogat (ut sit sacerdos), jam judicatus est ; cunctantes el renuentes coge et compelle intrare (Lib. I de Consid., c. v).

L'art des arts, c’est le gouvernement des âmes, d’après saint Gré-

goire : Ars artium regimen animarum (Pastor. ). Je le dis’sans témérité, je le pense ainsi, dit saint Chrysostome, je ne crois pas qu'il y ait beaucoup de prêtres sauvés ; le plus grand nombre , à mon avis, sera perdu : Von temere dico, sed ut affectus sum, sentio ; non arbitror inter sacerdotes mullos esse qui salvi fiant , sed multo plures qui pereant (Homil. nr in Acta ).

Dieu, dit le Psalmiste , s’est assis dans l’assemblée des dieux, et au milieu d'eux, il juge les dieux : Deus stetit in synagoga deorum , in medio autem deos dijudicat (1xxxr. 1).

Ne cherche point à devenir juge, si tu n’as pas la force de briser Viniquité, dit l’Ecclésiastique : Moli querere fieri judex, nisi valeas virtute irrumpere iniquitates (vit. 6). Gelui qui est écrasé par le poids de ses iniquités ne doit pas se faire juge des iniquités d'autrui...

Grande dignité, mais grande responsabilité, dit saint Laurent Justinien : Magna dignitas , sed magnum est pondus (Præl., c. xt).

C’est chose éminemment divine que d’être coopérateur dans la conversion des âmes, dit saint Denis l’Aréopagite : Divinissimum est cooperatorem fieri in conversione animarum ( De Eccles. hier., c. 111).

Saint Ambroise appelle les prêtres, les guides du troupeau de J. C.: Duces gregis Christi (De Div. sac,, c. 11).

Si vous voulez exercer Le devoir du vrai prêtre, opérer le salut des âmes, que ce salut soit votre trésor, dit saint Jérôme : Si officium vis exercere presbyteri, aliorum salutem fac lucrum animeæ tuæ (Epist. xin).

Selon saint Anselme, le propre du prêtre est d’arracher les âmes au monde pervers et de les donner à Dieu : Sacerdotis proprium est animas e mundo eripere, et dare Deo (In Monologto).

Souvent les prêtres, au dire de saint CGhrysostome, ne se perdent pas par leurs propres péchés, mais par les péchés d'autrui qu’ils

n'ont pas empêchés : Sæpe non damnantur (sacerdotes) propriis peccatis, sed alienis queæ non coercuerunt { Homil, mr in Act, ).

Celui qui est obligé de prêcher, vécüt-il d’ailleurs saintement, s’il ne reprend pas, ou par respect humain ou par crainte, ceux qui vivent mal, se perdra avec tous ceux qui se perdent par son silence, dit saint Prosper, Et que lui servira de n’ètre pas puni pour luimême, s’il est puni pour les péchés des autres? (1)

Les péchés des autres deviennent les péchés du prêtre, s’il ne les combat pas, dit saint Chrysostome ( Æomil. ii in Act. Apost. ).

Selon saint Isidore, les prêtres sont damnés par liniquité des peuples, s’ils ne les instruisent pas et ne les reprennent pas : Sacerdotes populorum iniquitate damnantur, si eos aut ignorantes non erudiant, aut peccantes non arguant (Lib. HI Sentent., c. xLvI).

Et, d’après saint l'homas, si le prêtre, par ignorance ou par négligence, n’expose pas au peuple la voie ‘du salut, il sera coupable auprès de Dieu de ces âmes qui ont péri sous sa direction : Sisacer-. dos, ex ignorantia vel negligentia, non exponat populo viam salutis, reus erit apud Deum animarum üllarum, quæ sub ipso perierunt (Opusc. Lxv).

Si le prêtre se propose seulement de sauver son âme et qu'il néglige les autres, il sera précipité dans le feu éternel avec les impies, dit saint Chrysostome : St sacerdos suam tantum disposuerit salvare animam, et alienas neglexerit, cum ümpiüis detrudetur in gehennam (Homil. x1).

Pour vous, dit saint Paul à Timothée, veillez et ne vous refusez à aucun travail; faites l’œuvre d’un évangéliste; remplissez votre ministère : Tu vero vigila, in omnibus labora, opus fac evangeliste ; ministerium tuum imple (KE. 1v. 5).

Selon saint Basile, les prédicateurs doivent être 1° des pasteurs... ; 20 des médecins... ; 3° des parents et des mères nourricières.. ; 4° les aides de Dieu... ; 5e des planteurs d’arbres dans le domaine du Seigneur.….. ; 6° des architectes du temaple de Dieu (Æomil. in Psal.).

C’est une chose bien précieuse qu’une âme qui est rachetée du sang de J. C., dit saint Bernard : Magna res anima quæ Christi sanguine redempta est (Serm. in Pass.).

(1) Ii cui dispensatio verbi commissa est, etiamsi sancte vivat, et tamen perdite viventes arguere aut erubescat, aut metuat, cum omnibus qui, eo tacente perierunt, perit. Et quid ei proderit non puniri suo, qui puniendus est alieno peceato ? ( De Vita contempl., lib. 1, c. xx.)

Mérites immenses de travailler au salut des âmes,

Rien, dit saint Chrysostome, ne peut être égalé à une âme, pas même le monde entier. C’est pourquoi, fissiez - vous d’immenses aumônes aux pauvres, vous faites beaucoup plus, si vous convertissez une âme (1).

Entre toutes les perfections les plus divines, la plus grande est d’être coopérateur pour ramener les âmes à leur Créateur, dit saint Denis : Divinarum omnium perfectionum, divinissima est perfectio, Dei cooperatorem esse in reductione animarum ad suum Creatorem (De Cœlest. hier. ).

Donnez-nous du pain, disent les peuples aux pasteurs : pourquoi mourrons-nous devant vos yeux ? Notre salut est entre vos mains : Da nobis panem. C'ur moriemur, te vidente ? Salus nostra in manu tua est (Gen. xLvir. 15. 19. 25. Popul. ad Jeh.).

Selon saint Hilaire , les prédicateurs sont les semeurs pour l’éternité (Lib. IV).

Mes frères, dit Judith , puisque vous êtes les prêtres des enfants de Dieu , et que leur âme dépend de vous, élevez leur cœur par vos paroles : Fratres, quoniam vos estis presbyteri in populo Dei, et ex vobis pendet anima illorum, ad eloquium vestrum corda eorum erigite Cvir- 91)

Montez sur le sommet de la montagne , vous qui évangélisez; élevez la voix avec force ; criez encore plus haut , dit Isaïe : Super montem excelsum ascende tu, qui evangelizas; exalta in fortitudine vocem tuam ; exalta (x1. 9). Elevez-vous jusqu’à Dieu pour être vu de tous, et afin que tous entendent votre voix...

Rrex ne prouve mieux la fidélité au service de Dieu , et l'amour de J. C., dit saint Chrysostome, que de travailler à sauver ses frères ; c’est le plus grand acte de charité ( Æomil. xxx1 ad pop. Antioch. ).

Dieu lui-même ne s'occupe que d’une seule œuvre, dit Clément d'Alexandrie , c’est de sauver l’homme : MVihil aliud est Domino curæ, prœterquam hoc solum opus, ut homo salvus fiat (Admon. ad Gentes).

Rien n’est agréable à Dieu , ne lui est à cœur, comme le salut des âmes, dit saint Chrysostome : MVihil ita gratum Deo, et ita curæ, ut animarum salus (Homil. n1 in Gen.).

(1) Nihil est quod animæ possit æquiparari, ne universus quidem mundus. Itaque, etsi immensas pecunias pauperibus croges, plus tamen effeceris, si converteris animas (Homil. 111 in Act. Apost.).

Voulez-vous véritablement honorer Dieu ? dit saint Laurent Justinien : vous ne l’honorerez jamais mieux qu’en sauvant les âmes : Deum honorare conoris? non aliter melius quam in hominis salutem poteris actitare (De Contempl., p. IE, no 3).

Saint Chrysostome enseigne que le salut du prochain est préférable au martyre ( Æomil. ).

Ceux qui travaillent au salut des âmes sont des nuées fécondes qui s'élèvent, qui versent la pluie de la doctrine; ils tonnent par les menaces des jugements de Dieu, ils brillent par leurs vertus et leurs bons exemples...

Autant d’âmes on sauve, autant de couronnes et de trônes on se

procure dans le ciel... Travailler au salut des âmes , c’est travailler avec J. C.; c’est être soi-même un autre J. C., un autre Sauveur, un autre Rédempteur..….

Mes frères, dit l’apôtre saint Jacques , si l’un de vous s’égare de la voie de la vérité, et que quelqu'un l’y ramène, il doit savoir que celui qui ramène le pécheur de l’'égarement, sauvera son âme de la mort, et couvrira la multitude de ses péchés (1).

Quelle récompense , quelle gloire dans le salut des âmes! Cela se prouve, 10 par le prix de lâme...; 2° par l’exemple de J. G...; - 30 c’est l’œuvre des anges, bien plus, de Dieu lui-même...; 4e cela se prouve par les exemples desapôtres et des autres saïnts...; 5° dans cette œuvre consiste la perfection de la charité et de la vertu..; Go cela est démontré par la récompense promise. On sauve son âme de la mort et celle du prochain; on couvre la multitude de ses péchés et de ceux d'autrui...

Et, comme le dit saint Grégoire, si celui qui sauve le corps de la mort, ce corps qui doit un jour mourir, est digne d’une grande récompense, de quelmérite, de quelle gloire ne se couvre pas celui qui délivre de la mort une âme qui doit vivre éternellement dans le ciel ! (2)

On se fait autant de couronnes qu’on gagne d’âmes à Dieu , ajoute le même saint : ot coronas sibi multiplicat, quot Deo animas lucrifacit (Moral., lib. XIX, c. xvi).

(1) Fratres mei, si quis ex vobis erraverit a verilate, et converterit quis eum, scire debet, quoniam qui converti fecerit peccatorem ab errore viæ suæ, salvabit animam ejus a morte, et operiet multitudinem peccatorum ( v. 19.20).

(2) Si enim magnæ mercedis est a morte eripere carnem quandoque morituram; quanti meriti erit, a morte animam liberare in cœælesti patria sine fine victuram ! (Moral., lib. XIX, ec. xvt).

Récompenses pour avoir travaillé au

salut des âmes.

90 PRÊTRE (LE), y

Vous avez sauvé une âme, vous avez prédestiné la vôtre, dit saint Augustin : Animam salvasti, animam tuam preædestinasti (In Isai.).

O vous qui travaillez au salut des âmes , écoutez ce que vous promet l’apôtre saint Pierre : Lorsque paraîtra le Prince des pasteurs, vous obtiendrez la couronne de gloire qui ne se flétrit point : Cum apparuerit Princeps pastorum, percipietis immarcescibilem gloriæ coronam (I. v. 4). Cette couronne sera immense et magnifique; car, 4° elle sera en rapport avec l’immense charité des hommes de Dieu...; 2 avec leur zèle admirable... 3° La gloire du troupeau serg la gloire du pasteur. Aïnsi les saints pasteurs auront autant de couronnes qu’il y aura de brebis conduites par eux au salut éternel.

Au jour du jugement, dit saint Grégoire, saint Thomas mènera avec lui les Indes; André, l’Achaïe; Jean, l'Asie; Paul, l’univers entier (Pastor.).

Saint Paul, en voyant la couronne, disait : Je n’ai point couru, je n'ai point travaillé en vain : Non in vacuum cucurri, neque in vacuum lakoravi (Philipp. 11. 16).

Les prètres qui gouvernent bien, dit l’Apôtre, reçoivent un double honneur (tous les honneurs), surtout ceux qui s'appliquent à Ja parole et à l’enseignement ; Qui bene præsunt presbyteri, duplici honore digni habeantur ; maxime qui laborant in verba et doctrina (I. Tim. v, 17).

Celui qui aura vaincu, je ferai de lui une colonne dans le temple de mon Dieu, dit J. C. dans l’Apocalypse, et il n’en sortira plus ; et j'écrirai sur lui le nom de mon Dieu, et le nom de la ville de mon Dieu , de la nouvelle Jérusalem, qui de mon Dieu descend du ciel, et mon nom nouveau (rt. 12).

Et l’on chantait dans le ciel, dit l’Apocalypse, et l’on disait : Seigneur, vous nous avez faits rois et prètres pour le service de notre Dieu, et nous règnerons : fecisti nos Deo nostro regnum, et sacerdotes, et regnabimus (v. 9. 10).

L'âme qui bénit prospérera, et celui qui enivre sera enivré, disent les Proverbes: Anima quæ bencdicit, impinguabitur ; et qui inebriat, ipse quoque inebriabitur (x1. 25).

Et qui bénit comme le bon prètre? Qui enivre d’une ivresse divine comme le saint pasteur? Lui aussi sera béni, sera enivré des délices célestes...

On peut avec raison appliquer au prêtre qui sauve les âmes ces

éloges que l’Ecriture fait de Moïse et d’Aaron : Il a ét6 chéri de Dieu et des hommes, et sa mémoire est en bénédiction. Le Seigneur l’a égalé en gloire aux saints des premiers jours. Il l’a glorifié en présence des rois et il lui a montré sa gloire, Il a élevé son frère Aaron, qui l’égalait en piété. Il à fait avec lui une alliance éternelle; il lui a donné le sacerdoce de son peuple et il l'a enivré de bonheur et de gloire; et il l’a ceint d’une ceinture d'honneur, et il l’a couronné d’un diadème éclatant (Æecli. x1v ).

Les peuples, dit le saint concile de Trente, jettent les yeux sur les prêtres comme dans un miroir; et c’est là qu’ils prennent leur modèle : Zn eos, tanquam in speculum, reliqui omnes oculas conjiciunt, ex disque sumunt quod inütentur (Sess. XXIE, c. 1). J. G. dit de saint Jean-Baptiste : Il était la lampe ardente et luisante ; //le erat lucerna ardens et lucens (Joann. v. 35). Ne faire qu’éclairer, c’est chose vaine, dit saint Bernard; être seulement ardent, c’est peu ; mais éclairer et être embrasé, c’est la perfection. Jean - Baptiste était la lampe ardente et luisante. Il n’est pas dit : Lampe luisante et ardente , parce que la lumière de Jean vient de son ardeur, et non son ardeur de sa splendeur (1).

Saint Grégoire de Nazianze dit de saint Basile : La voix de Basile - était un tonnerre, parce que sa vie était un éclair : Basili vox erat tonitru, quia vita ejus erat fulqur (Orat. xx).

Montrez-vous en tout un modèle de bonnes œuvres, dit le grand Apôtre à Tite, dans la doctrine, dans l'intégrité, dans la gravité; afin que celui qui est contre nous rougisse, n’ayant aucun mal à dire de nous (2).

La lumière du troupeau, c’est le bon exemple , le zèle enflammé du pasteur, dit saint Grégoire. Il est important que le pasteur brille par ses mœurs et sa vie sainte, afin que le peuple qui lui est confié puisse trouver dans sa vie, comme dans un miroir, ce qu'il doit imiter ou éviter (3).

J’honorerai mon ministère, dit l’Apôtre aux Romains : Winisterium

(1) Tantum lucere, vanum ; tantum ardere, parum; ardere et lucere, perfectum. Ille erat lucerna ardens et lucens. Non ait : Lucens et ardens, quia Joannis ex fervore splendor; non fervor prodiit ex splendore ( Serm. de Nativ. S. Joann.).

(2) In omnibus teipsum præbe.exemplum bonorum operum, in doctrina, in integritate, in gravitate; ut is, qui ex adverso est, vereatur, nihil habens malum dicere de nobis (11. 7.8).

(3) Lux gregis flamma est pastoris, Decet enim pastorem moribus et vita clarescere;

Bon exemple que doit le prêtre.

meum honorificabo (xt. 13). Vous honorerez votre ministère, dit saint Bernard , par la gravité des mœurs, la sagesse des conseils, l’honnèteté des actions. Voilà ce qui ennoblit et orne infiniment le ministère. Vous honorerez votre ministère par des mœurs sans tache, par votre application aux choses spirituelles, par vos bonnes œuvres (1).

J. G. dit à saint Pierre jusqu’à trois fois : Paissez mes brebis; pour montrer que les pasteurs doivent nourrir leurs troupeaux de trois manières, par la parole de vérité, par l'exemple de la vie et par laumône..….. Paissez, dit saint Bernard, par l’âme , paissez en parole, paissez en œuvre. Paissez par l’oraison de l’âme, par lPexhortation de la parole, par les bons exemples : Pasce mente,

pasce ore , pasce opere. Pasce animi oratione, verbi exhortatione, exempli exhibitione (Serm. 11 de Resurrect.).

Le chemin est long par les préceptes, il est efficace et court par les exeraples, dit Sénèque : Longum est iter per præcepta, efficax et breve per exempla (Lib. TI, epist. vr).

Si vous comprenez bien, dit saint Bernard, vous serez un réservoir, et non un canal; car Le canal rend ce qu’il reçoit; mais le réservoir attend, pour donner, d’être plein, et alors il donne de sa surabondance sans se nuire. Mais aujourd’hui nous avons beaucoup de canaux dans l'Eglise, peu de réservoirs. J. C., la source de la vie, plein en lui-même, remplit le ciel de bonté, et descendant sur la terre, il sauve les hommes par sa surabondance. Il visite la terre et l’enivre. C’est ainsi que vous devez faire : soyez d’abord plein vous-même, ensuite travaillez à répandre de votre plénitude (2).

Le prédicateur de la sainte Eglise, dit saint Grégoire, veille attentivement sur lui-même en tout ce qu’il dit , afin d'éviter le vice de la vaine gloire dans ce qu’il prêche de bien, de crainte que sa vie

quatenus in eo, tanquam in vitæ suæ speculo, plebs commissa, et eligere quod sequatur, et videre possit quod corrigat (Lib. VII, epist. xxxr1).

(1) Honorificabis gravitate morum, maturitate consiliorum, actuum honestate. Hæc sunt quæ officium maxime nobilitant et ornant. Honorificabitis ministerium vestrum, ornatis moribus, studiis spiritualibus, operibus bonis (Lib. IT de Consid. ).

(2) Si sapis, concham te exhibebis et non canalem : hic quidem pene simul et recipit et refundit; illa vero donec impleatur, exspectat , et sic quod superabundat, sine suo damno, communicat. Verum multos canales hodie habemus in Ecclesia, conchas vero perpaucas. Ipse fons vitæ (Christus) plenus in seipso, secreta cœlorum omnia implevit bonilate, et tune demum erupit in terras, ac de superfluo homines salvavit. Visitavit terram, et inebriavit eam. Ergo et tu, fac similiter. Implere prius, et sic curato effundere ( Serm, xvit1 in Cant.).

ne s’accorde pas avec ses paroles, de crainte qu’en vivant mal, quoique parlant bien, il ne perde la paix qu'il annonce dans l'Eglise. Mais il s'applique avec grand soin à fermer la bouche à ses ennemis, en vivant de manière que sa conduite appuie ses paroles et que ses paroles soient la justification de sa conduite. Et en tout cela, il ne cherche point sa gloire, mais celle de Dieu; et en s’humiliant, il est toujours grand (1). .

Ecoutez saint Jérôme écrivant à l’évèque Héliodore : Votre maison et votre conversation sont comme des miroirs, et sont des règles de discipline pour le public. Tout ce que vous faites, tous prétendent pouvoir le faire. Prenez garde de ne rien faire qui puisse être repris avec raison, ou qu'on ne puisse imiter sañs pécher (2).

Faites-vous le modèle du troupeau, dit l’apôtre saint Pierre :

.Forma facti gregis ex animo (I. v.3).

Sénèque, s'adressant à un prince, lui dit : 1] ne vous est pas donné, non plus qu’au soleil ; de vous cacher : Vous êtes au sein de la lumière ; tous les yeux sont fixés sur vous : 7'bi non magis quam soli latere contingit ; multa contra te lux est, omnium in istain conversi oculi sunt (Lib. I de Clementia, c. vrir ).

Théodoric dit du gouverneur d’une ville : Une telle élévation ne permet pas d'agir sans que le peuple le sache; placée au milieu de tous , elle attire les yeux de tous; et la voix, le jugement du peuple promulgue la vie entière. Ce que vousfaites en secret ne peut être caché, vos portes sont des lumières; et quand même vous les tiendriez fermées avec soin, il est nécessaire que chacun vous connaisse, qu’on vous regarde de toute part, et que vous soyez toujours dans la lumière (Ita Cassiodorus, lib. IT).

Les meilleurs pâturages des brebis, ce sont les exemples des pasteurs, dit saint Grégoire : Optima ovium pascua sunt exempla pastoris ( Pastor. ).

Nous sommes en spectacle au monde, et aux anges, et aux hom-

(1) Sanctæ Écclesiæ prædicator, in cunctis quæ dicit, solerti cura se inspicit; ne in eo quod recta prædicat, vitio se elationis extollat; in vita a lingua discordet; né pacem quam in Ecclesia annuntiat, in seipso, dum benc dicit, et male vivit, amittat. Sed studet summopere contra maledicos rumores adversantium, et defendere loquendo quod vivit, et ornare vivendo quod dicit. Nec in his omnibus suam, sed äuctoris glüriam quærit. Dum se infra dejicit, super est (Lib. XXIIL Moral, c. 1).

(2) Domus tua et conversatio quasi in specula constituta, magistra est publitæ disciplinæ. Quidquid feceris, id sibi omnes faciendum putant. Cave né committas quod aut qui reprehendere volent, digne lacerasse videantur; out qui imitari, cogantur delinquere ( Ad Heliod. episc.).

mes, dit saint Paul : Spectaculum facti sumus mundo, et angels, et hominibus (1. Cor. 1v. 9 ).

La conversation et la vie des pontifes (et des prêtres) doivent être telles, que tous leurs mouvements et leurs démarches, et toutes leurs œuvres ne respirent que la grâce céleste, dit saint Jérôme : £'a debet esse conversatio et vita ponlificis, uf omnes mous el gressus, atque universa ejus opera cœlestem redoleant gratiam (Epist. XLMT ).

Vivez d’une manière digne de l'Evangile du Christ, dit saint Paul : Digne Evangelio Christi conversamint ( Philipp. 1. 27). Ge que vous avez appris, et recu, et entendu de moi, et vu en-moi, faitesle; et le Dieu de paix sera avec vous : Queæ didicistis , et accepistis, et audistis , et vidistis in me, hæc agite; ct Deus pacis erit vobiscum (Philipp. 1v. 9).

Soyez l’exemple des fidèles, écrit ce grand apôtre à Timothée, dans les discours, dans la façon de vivre, dans l’amour , dans la foi, dans la chasteté : £'remplum esto fidelium in verbo, in conversatione » in caritate , in castitate ([, 1v. 42). :

Que vos œuvres ne confondent pas vos discours, dit saint Jérôme à Népotien, de peur que lorsque vous parlerez dans l'Eglise publiquement, chacun ne réponde en secret : Pourquoi ne faites-vous pas ce que vous dites? Que les œuvres précèdent les paroles; bien plus, sans les bonnes œuvres, les discours sont inutiles, dit saint Ambroise (1).

La voix de celui qui se recommande par sa vie pénètre bien facilement les cœurs des auditeurs, dit saint Grégoire : /lla vox libentius auditorum corda penctrat, quam dicentis vita commendat (Pastor., p.ILe.ux).

Les discours sans les bons exemples sont un sujet de honte, dit Tertullien : Dicta, factis deficientibus, erubescunt (Lib. de Patientia ).

Les exemples sont beaucoup plus puissants que les paroles, dit saint Léon; et l’enseignement par les œuvres opère mieux que par les paroles : Vadidiora sunt exempla quam verba; et plenius est opere docere quam voce | Serm. in Nativ.S. Laurent. ).

Si le prêtre, quoique instruit, ne donne pas de bons exemples, il est à craindre que sa vie stérile ne nuise plus que sa doctrine ne

(1) Non confundant opera tua Sermonem tuurm, ne cum in Écclesia loqueris, tacius quilibet respondeat : Cur ergo, hæc quæ dicis, ipse non facis? (Epist, 1.) Dictis facta præcedant; imo sine factis dicta nihil prosunt ( Serm. LxxIx ).

pourra nourrir, dit saint Bernard : Si pastor, doctus quidem fuerit, non sit autem bonus, verendum ne non tam nutriat doctrina uberi, quam sterili vita noceat ( Serm. Lxxvt in Cant. }.

Ils sont puissants en œuvres et en paroles les prêtres dont les mœurs sont parfaites, dont les œuvres sont héroïques , dont les discours sont pleins de science, dont les prières assidues sont ferventes, dont la vie est grave, dont la charité est persévérante, dit saint Bernard (1). 6

Ouvrez la voie, dit Isaïe, montrez le chemin, écartez tout ce qui s’opposera à la marche de mon peuple : Viam facite, prœbete iter, auferte offendicula de via populi mei (1vir. 14).

Le troupeau suit les œuvres, non les paroles... Pourquoï, dit saint Grégoire de Nazianze, armer sa langue quand on reste les mains liées? Ce n’est pas celui qui est sage dans ses discours qui me paraît sage ; mais c’est celui qui, parlant peu des vertus , les montre pleinement par ses exemples, et assure par sa vie la foi et l'autorité à ses discours. La sagesse démontrée par les œuvres est beaucoup plus grande que celle qui s’appuie et brille par de beaux discours (2).

Soyez moins savant en paroles qu’en œuvres ; faites les grandes choses, au lieu d’en discourir, dit saint Paulin à Jovien : Von tam lin-

. Qua quam vita sis eruditus ; non tam disseras magna quam facias (Epist.)

Jamais l’autorité du prêtre ne sera efficace s’il ne la place dans le cœur des fidèles par ses bons exemples, dit l’abbé Chæremon (Apud Cassianum, coll. xt, c. tv): -

Les prêtres , dit Salvien, doivent être des modèles de vertus pout tous ; ils doivent surpasser tous les autres en dévotion; comme ils les surpassent en dignité; car il n’y a rien d'aussi honteux que d’être le premier en autorité, et le plus méprisable en bassesse: Qu'est-ce qu’une domination sans mérite, sinon un titre d'honneur chez celui qui n’est plus homme? ou qu’est-ce qu’une dignité chez un indigne , sinon une perle dans la fange? C’est pourquoi les prêtres, qui sont si élevés en fonctions, doivent mener une vie qui soit à la hauteur de leur ministère ( Lib. ad E'ecles. ).

(1) In opere et sermone sunt potentes, qui habent in moribus honestatem, in operibus virtutem, in sermone scientiam, devotionem in orationis assiduitate, gravitatem in conversatione, perseverantiam in amore ( Serm. de tribus Ordinibus).

(2) Cur, manibus vinctis linguam armamus ? Nec enim qui in sermone sapiens est, hic mihi sapiens est ; sed is qui, pauca quidem de virtutibus verba facit, cæterum per ea quæ agit, multa demonstrat : ac fidem et auctoritatem sermoni suo per vitam conciliat. Præstantior est sapientia, quæ per opera demonstratur, quam quæ oratione nitet et splendescit( 7x tstich.).

Sainteté et perfection que doit avoir le prêtre.

Que le prêtre, dit saint Chrysostome, se souvienne qu'il est la sentinelle de tous, afin de donner aux brebis de gras pâturages, des eaux pures aux agneaux, d’exterminer les loups, d’éloigner les bètes nuisibles, de guérir les blessés, de ramener ceux qui s’égarent, d’instruire les ignorants, de relever ceux qui tombent, d’éclairer tout le monde en général et chacun en particulier ; d’exciter tout le troupeau par ses bons exemples. Que sa doctrine soit dans les paroles et les œuvres; qu’il ne soit en rien le dernier, lui qui est à la tête de tout. Qu'il resplendisse en grâces , qu’il brille par ses devoirs. Qu'il soit humble dans son autorité, sublime dans son humilité (Homil. de eo qui incidit in latrones). |

L'évioue, dit saint Paul à Tite (et le prêtre de même, puisque l’épiscopat n’est que la plénitude du sacerdoce ), doit être irréprochable comme le dispensateur de Dieu ; point arrogant, point colère, point violent, point avide d’un gain honteux; mais hospitalier ; aimant le bien, tempérant, juste , saint, continent (1).

Il faut qu’on puisse appliquer à tous les prêtres cet éloge que saint Grégoire de Nazianze fait de saint Athanase : En louant Athanase, je ferai l'éloge de La vertu, dit-il : Afhanasium laudans, virtutem laudabo (In Orat. de S. Athan.)

Il est nécessaire, dit saint Grégoire, que le prêtre soit pur dans ses pensées , édifiant dans ses œuvres, prudent dans son silence, utile dans sa parole; qu’il se rapproche de tous par sa condescendance; qu’il excelle sur tous par la contemplation; qu’il s’unisse à ceux qui font le bien; qu’il s'élève contre ceux qui font le mal ; qu’il ne néglige pas ses devoirs extérieurs, ne s’occupant que de son intérieur , et qu'il n’oublie pas ses devoirs intérieurs, en donnant exclusivement ses soins à l'extérieur (P. II Pastor., c. vi).

Le prêtre qui est à la tète du troupeau doit surpasser les fidèles par ses vertus ; comme le soleil surpasse les autres astres, dit saint Chrysostome. Il faut qu’il soit un ange ; qu’il ne soit sujet à aucune agitation humaine ni à aucun vice. Le Seigneur nous a choisis pour ètre des flambeaux, pour être des colonnes , les maitres , les guides des autres; pour vivre en anges au milieu des hommes ; comme des hommes parfaits parmi des enfants; comme spirituels au milieu

(à) Oportet epistopum sine crimine esse, sicut Dei dispensatorem ; non-superbum, non iracundum, non percussoreiñ, non turpis lucri cupidum; sed hospitalem, benignum, sobrium, justum, sanctum, continentem (1. 7. 8).

des hommes charnels ; afin que les peuples tirent pour eux d’immenses richesses de notre sainteté et de notre perfection {Homil. x in Tim. ni).

De quelle sainteté et de quelle perfection ne doit pas être orné le prêtre , lui que saint Jean Climaque appelle le légat, le patron et l’avocat du monde; l’homme qui peut faire violence à Dieu, le collègue des anges, la profondeur de la science, le dépôt des célestes mystères, le gardien des secrets divins , le salut des hommes, le dominateur des démons, l’exterminateur des vices, le maitre des corps! (Grad. 1x.)

Ecoutez saint Bernard écrivant au pape Eugène : Considérez, lui dit-il, que vous devez être la forme de la justice, le miroir de la sainteté, le modèle de la piété, le protecteur de la vérité, le défenseur de la foi, le guide des chrétiens, l’ami de l’Epoux céleste, le paranymphe de l’Epouse, le pasteur des peuples, le maître des insensés, le refuge des opprimés, l'avocat des pauvres, l’espérance des malheureux , le tuteur des pupilles, le juge des veuves, l'œil des aveugles, la langue des muets , le bâton des vieillards, le vengeur des crimes, la terreur des méchants, la gloire des bons, le sceptre des puissants, le marteau des tyrans, le sel de la terre, la lumière de l’univers , le prêtre du Très-Haut, le Christ du Seigneur (1). Toutes ces qualités sont nécessaires à tous les ministres de Dieu...

Grande dignité que celle des prêtres, maïs grande responsabilité, dit saint Laurent Justinien. Placés au degré le plus élevé, il faut aussi qu'ils soient au sommet des vertus; autrement ils se trouvent au premier rang , non pour être couronnés, mais pour être sévèrement jugés (2).

Les prêtres ont une charge plutôt qu’une dignité : Sacerdotes honorati, dicam autem onerati ( S. Pierre Chrys., serm. 111).

Salvien dit que Dieu se contente de conseiller la perfection aux

(1) Considera oportere te esse formam justitiæ, sanctimoniæ speculum, pietatis exemplar, assertorem veritatis, fidei defensorem, christianorum ducem, amicum sponsi, sponsæ paranymphum, pastorem plebium, magistrum insipientium, refugium oppressorum, pauperum advocatum, miserorum spem, tutorem pupillorum, judicem viduarum, oculum cæcorum, linguam mutorum, baculum senum, ultorem scelerum, malorum metum, bonorum gloriam, virgam potentium, malleum tyrannorum, sal terræ, orbis lumen, sacerdotem Altissimi, Christum Domini (Lib. IV de Consid., c. iv).

(2) Magna dignitas, sed magnum est pondus. In alto gradu positi, oportet quoque ut in virtutum culmine sint crecti; alioquin non ad meritum, sed ad proprium præsunt judicium (De Just, prœlat., ©. xt).

IY. 7

laïques, et qu’il l’impose aux prètres comme un devoir : Clericis suis Salvator, non ut cœæteris, voluntarium, sed imperativum officium per fectionis indicit (Lib. I de Eccles. cath. ).

Saint Ambroise dit que pour bien offrir le sacrifice, le prêtre doit d’abord se sacrifier lui-mêmé, et s’offrir tout entier à Dieu : oc est enim sacrificium primitivum , quando unusquisque offert hostiam , et a se incipit , ut postea munus Suum possit offerre (De Abel., c. vi).

Le prêtre doit avoir une vie sans tache, dit saint Chrysostome : Sacerdos debet vitam habere immaculatam (Homil. x in Tim. ur ).

La sainteté du prêtre doit être bien supérieure à celle des laïques, dit saint Ambroise : 1Vihil in sacerdote commune cum multitudine (Epist. vi ad Iren. ).

Il convenait, dit saint Paul aux Hébreux, parlant de J. C., que nous eussions un tel pontife, saint, innocent, immaculé, séparé des pécheurs, et plus élevé que les cieux : T'alis enim decebat ut nobis esset pontifex, sanctus , innocens, impollutus, segregatus a peccatoribus , et excelsior cœlis factus (vu. 26). Et tel doit être le prêtre, qui tient Ja place de J. C.

Dans tous nos mystères, dit saint Chrysostome , il n’y a rien de terrestre , tout est céleste et spirituel; ce sont des hymnes angéliques, ce sont les clefs du royaume des cieux, c’est la rémission des péchés; notre vie devant être céleste, comment pourrions - nous vivre d’une manière terrestre ? (1)

Cherchez parmi vous, mes frères, dirent les apôtres à la multitude , des hommes de bonne réputation, pleins de l’Esprit-Saint et de sagesse , que nous puissions préposer à l’œuvre de la distribution quotidienne : Considerate viros ex vobis bont testimonit plenos Spiritu Sancto et sapientia , quos constituamus super hoc opus (Act. vi. 3).

Il faut que J. C. puisse dire de chaque prêtre ce qu’il disait de Paul : Gelui-là m’ést un vase d'élection : Vas electionis est mihi iste (Act. 1x, 15).

L'essentiel pour les prêtres, d’après saint Grégoire de Nazianze, c'est d’exceller tellement en vertus, qu’ils soient, en un mot, célestes ;que d’abord ils soient eux-mêmes sans tache, afin de pouvoir purifier les autres ; qu'ils soient remplis de sagesse, pour rendre les autres sages; qu'ils soient des soleils, pour éclairer les peuples; qu'ils

(1) Hic in nostris mysteriis, nihil terrestre est, sed omnia cœlestia, et spiritualia; ubi hymni angelici, ubi claves regai cœlorum, ubi peccatorum remissio ; ubi nostra conversatio in cœlis est, quomodo non cœlestia sunt quæ apud nos sunt? ( Homil.)

soient près de Dieu, pour y conduire les âmes ; qu’ils soient saints et parfaits, afin de pouvoir sanctifier les autres (1).

Selon saint Ambroise, le prêtre doit autant surpasser en sainteté les laïques, que la grâce qui lui est donnée est au-dessus de celle des simples fidèles : Vifa sacerdotis præponderare debet, sicut præponderat gratia (Lib. IIL, epist. xxv).

Saint Grégoire enseigne que le prêtre doit être mort au monde et à toutes les passions, pour vivre d’une vie toute divine : Mecesse est ut (sacerdos) mortuus omnibus passionibus, vivat vila divina (Pastor., Hk, GR)

Il faut que le prêtre soit une colonne par la foi, une règle par l'équité; il faut que son intention soit pure, qu'il soit sublime par la contemplation, qu’il soutienne les autres par des paroles de consolation, par ses prières, par ses exemples...

Le prêtre doit être comme un autre saint Bernard, dont l’historien fait le tableau suivant: Bernard était d’un visage serein, d’une tenue simple et modeste, circonspect dans ses paroles, prudent dans ses actions , assidu à la sainte méditation, fervent dans la prière, Magnanime dans sa foi, ferme dans l'espérance, plein de charité, sublime en humilité, modèle de piété, admirable dans ses conseils, plein d'énergie dans ses entreprises, joyeux dans les affronts, réservé dans sa condescéndance; ses mœurs étaient très-douces; il était parfait en mérites; la sagesse surabondaïît en lui, ainsi que la vertu et la grâce devant Dieu et devant les hommes.

Le soleil, dit saint Ambroise, est l’œil du monde, la beauté du jour, la splendeur du firmament, la mesure des temps, la force et la vigueur des étoiles... Tel doit être le prêtre : Sol est oculus mundi, Jucunditas diei, pulchritudo cœli, mensura temporum, virtus et vigor stellarum (Lib. I Offic., c. vi).

Vous serez saints à mes yeux, dit le Seigneur dans l’Exode : Viri sancti eritis miht (XXI. 31).

Ne voyez-vous pas, dit saint Ambroise, qu’on ne doit rien trouver de terrestre dans les prêtres, rien qui ressemble à la multitude, rien de commun avec elle? La grandeur du sacerdoce exige la gravité, une vie parfaite. Comment le peuple pourrait-il respecter, honorer le prêtre qui lui serait semblable? Que pourrait-il admirer

(1) Hæc summa est, ut virtute tales existant, ut, uno verbo, dicam, cœlestes sint ; ac possint purgari primum, deinde purgare ; sapientia instrui, atque ita alios sapientes reddere ; lumen fieri, et alios collustrare ; accedere ad Deum, et alios adducere;

. sanctificari, et aliis sanctitatem afferre (In Distich.).

100 PRÈTRE (LE).

dans le prêtre si celui-ci vivait comme lui ? Si le peuple ne trouvait rien de particulier dans le prêtre, il le mépriserait. Que penserait-1l du prêtre en qui il trouverait les mêmes imperfections qu’en luimême ? Soyons donc au-dessus des autres hommes par notre vie, et vivons de manière à fermer la bouche à nos adversaires. Que notre conduite soit irréprochable, notre vertu supérieure, notre vie exemplaire, notre foi sublime, notre héroïsme persévérant, et notre direction invariable vers le ciel (Æ'pist. vr ad Iren.).

Que le pasteur soit le premier en bonnes œuvres, dit saint Grégoire, afin de montrer, par sa sainteté et sa perfection, le chemin du ciel à son troupeau; et que celui qui suit Ja voix et‘les mœurs du pasteur, aille de vertus en vertus, guidé par ses bons exemples encore plus que par ses bons discours (1).

La vie des prédicateurs, dit encore saint Grégoire, est retentissante et ardente; elle est ardente en désirs, retentissante en paroles. Il faut qu'ils soient puissants en préceptes, compatissants envers les faibles, terribles dans les menaces divines, suaves dans les exhortations, humbles dans l’exercice de leur autorité, supérieurs aux choses périssables par le mépris, pleins d'énergie pour supporter les adversités (2).

Faites ce que vous me verrez faire, dit Gédéon à ses soldats : Quod me facere videritis, hoc facite (Judic. vir. 17). 1° Lorsque je sonnerai de la trompette, imitez-moi..... 2% Lorsque je crierai, criez aussi... 3° En me voyant briser mon vase de terre, brisez le vôtre... 4e Je tiendrai ma lampe dans la main gauche, vous ferez ainsi... 50 Je tiendrai la trompette de la main droite, je sonnerai: suivez mon exemple...

Je susciterai pour moi un prêtre fidèle, qui agira selon mon cœur et mon âme, dit le Seigneur; et je lui bâtirai une maison stable, et tous Les jours il marchera devant mon Christ avec assurance : Suscitabo mihi sacerdotem fidelem, qui juxta cor meum et animam meam faciet ; et ædificabo ei domum fidelem, et ambulabit coram C'hristo mea cunctis diebus (1. Reg. 11. 35).

(1) Sit pastor operalione præcipuus, ut vitæ viam subditis vivendo denuntiet; et grex qui pastoris vocem moresque sequilur, per exempla melius quam per verba gradiatur (P. II Pastor.).

(2) Vita prædicantium et sonat et ardet : ardet desiderio, sonat verbo. Oportet ut prædicatores sint fortes in præceptis, compatientes infirmis , terribiles in minis, in exhortationibus blandi, in ostendendo ministerio humiles, in rerum temporalium contemptu dominantes, in tolerandis adversitatibus rigidi ( Pastor.).

Vous, à mon fils, en annonçant les oracles divins, devenez divin, s’écrie saint Denis : Tu autem, o fili, divina loquendo, divinus effcere (De Cœlesti hier. ).

Le prêtre doit être, en sainteté et en perfection, autant au-dessus du peuple, que l’homme est au-dessus de la brute, selon saint Chrysostome : Z'antum præcellat subditis, quantum homo præcellit brutis (Homil. n11 in Act. ).

L’évèque et ses prètres doivent être si parfaits, selon Denis le Chartreux , qu’au milieu des passions et des chutes des peuples, ils persévèrent inébranlables en toute vertu , en splendeur de raison, en lumière de sagesse, afin de vaincre le mal par le bien, de réprimer et de réformer, par leur vie céleste, les vices des hommes; car ils en sont le modèle et la règle ( De Sacerd. ).

Le prêtre, dit saint Isidore de Péluse, doit aimer la solitude; il doit être plein de foi, de dévotion , d'amour du travail, habile à trouver des moyens de salut, d’un caractère irréprochable, d’une extrême exactitude pour la discipline, d’une ponctuelle assiduité dans l’oraison; jamais les menaces même de la mort ne doivent l’effrayer (1).

La première qualité d’un bon prètre , c’est l’innocence de la vie, V'austérité et la sainteté; la seconde, la retraite et la contemplation; la troisième, la liberté de parler et de reprendre ; la quatrième, une

‘invincible patience et un courage héroïque; la cinquième, un zèle ardent pour l’honneur et le culte divin...

[l est dit dans l’Ecriture que Judas Machabée choisit des prêtres sans tache , observateurs de la loi de Dieu. Et ils purifièrent le sanctuaire : Zlegit sacerdotes sine macula , voluntatem habentes in lege Der, Et mundaverunt sancta (1. Mach. 1v. 42. 43).

Les fontaines qui coulent et qui arrosent , sortent d’un lieu élevé, dit saint Chrysostome; nous, prêtres, soyons aussi dans une grande élévation d’âme; dès lors la miséricorde descendra et vivifiera : Fontes ex quibus irrigua ducitur aqua, in summis locis debent oriri. Igitur Si us et nos animo sublimes, et statim misericordia diffluet (Homil.).

D’après saint Isidore de Péluse, la sainteté du prêtre doit différer de celle de tout fidèle, autant que le ciel diffère de la terre : Tanfum inter sacerdotem et quemlibet probum interesse debet, quantum inter cœlum et terram discriminis est ( Lib. IL, epist. cav ).

(1) Sacerdos habitator solitudinis est, fide plenus, devotione summus, in laboribus fortis, industria solers, excellenti ingenio præditus, in exercitatione disciplinæ rectus, in sancta meditatione assiduus, metuque mortis intrepidus (Lib. If, epist. ccv),

Saint Augustin dit que le clerc, dansle même moment où il prend la cléricature, s’impose l'obligation d’être saint : Clericus duo professus est, sanctitatem et clericatum (Serm. 1xxxin de Divers. ).

Le. vêtement sacré, l’état lui-même réclament une vie sainte, d’après saint Jérôme : Clamat vestis clericalis, clamat status professi anime sanctilatem (Epist. LVTn ).

Nous voyons parles conciles de Nicée (Can. x), par lerv°de Carthage (Can. 1xvim), d’Elvire (Can. Lxxv), de Tolède (Can. xxx), que pendant onze siècles on a exclu de la cléricature quiconque avait commis un seul péché mortel depuis le baptème.

Il faut, dit le saint concile de Trente, que dans les clercs tout soit saint ; que leur tenue, leurs gestes , leurs discours, et tout le reste, soient pleins de gravité et inspirent la piété (4).

Les clercs, dont Dieu est le partage, doivent vivre loin de la s0ciété du siècle, dit le concile de Carthage (Can. xziv). Si Dieu est leur partage, qu’ils ne vivent que pour Dieu, dit saint Ambroise : Cui Deus portio est, nihil debet curare nisi Deum (Lib. Il de Fuga secul., ©, 11).

Celui qui est sujet à quelque vice, ne doit pas être admis aux ordres sacrés, dit saint Thomas : Qui est aliquo vitio irretitus, non debet ad ministerium ordinis admitti (Suppl. q. 36. art. 4),

Les prêtres, dit encore saint Thomas, médiateurs entre Dieu et Le peuple, doivent avoir une conscience sans souillure vis-à-vis de Dieu, et une excellente réputation devant les hommes : Qui sicut medii inter Deum et plebem, debent bona conscientia nitere quoad Deum , et bona fama quoad homines (Suppl, q. 26. art. 4 ad 2).

Quelle audace ne serait-ce pas, dit saint Grégoire , de se présenter devant Dieu comme intercesseur pour les crimes d'autrui, étant soimême coupable des mêmes iniquités! Quantæ hoc audaciæ est, quod apud Deum locum intercessoris obtineo, cui me familiarem esse per vitæ meritum non agnosco ! (Pastor., p. [.)

Ceux qui sont préposés pour corriger les autres, doivent être irrépréhensibles, dit le pape Hormisdas : Zrreprehensibiles esse convenit, quos præesse necesse est corrigendis (Epist. oz ).

Nul, dit saint Denis, ne doit oser se faire le guide des autres, à moins qu'il ne se soit rendu par ses vertus très-semblable à Dieu : /n divino

(1) Decet omnino clericos in sortem Domini vocatos, vitam moresque componere,

nt habitu, gestu, sermone, alisque rebus nisi grave ac religione plenum pra se ferant (Sess. XXIT, c. 1 de Refor.).

PRÈTRE (LE). 103 om non est audendum aliis ducem fieri , nisi secundum omnem habitum suum factus sit Deo simillimus (Eccles. hier., c. 1 ).

La main qui doit s'occuper de laver les souillures des autres, doit elle-même être pure, dit saint Grégoire : Oportet ut munda sit manus, quæ diluere aliorum sordes curat (Pastor., p. [, c. 1x).

Ceux qui exercent les saintes fonctions, doivent être parfaits en vertus , dit saint Thomas : /{li qui in divinis mysterüs applicantur, perfecti in virtute esse debent ( In 4 sent. dist. 24. q. 3. art. 1).

Les prêtres doivent vivre comme Dieu, et parler en oracles divins..….

Les prêtres doivent imiter le soleil , 10 dans son unité.…..; 20 dans sa pureté et sa splendeur...; 3° dans l’étendue de son action.….; 40 dans son élévation. ; 3e dans sa fixité.… ; 6° dans son efficacité sa chaleur, sa beauté , sa fécondité...

0 prêtres , soyez le soleil du monde comme saint Paul : soleil dans l'Eglise , soleil sur les places publiques, soleil dans l'étude , soleil en chaire, à l’autel, au tribunal sacré, en conversation, à table; partout lancez des regards de sainteté et de perfection.

Le grand pontife de l’ancienne loi portait la ceinture, la robe, la tunique, l’éphod, des sonnettes d’or, le rational, des lames d’or, la tiare. Ces ornements signifient les qualités, les vertus que doit avoir le prêtre. Le rational exprime la plénitude de la science sacrée; le manteau qui couvrait les épaules marque lés bonnes œuvres; la tunique à couleur d’hyacinthe, la vie céleste; les sonnettes, la prédication de la divine parole; la tunique de lin, la consommation de la chasteté ; la ceinture, la continence ; la mitre, la garde de tous les sens ; la couronne sur la mitre, la royauté et la sainteté...

Le prêtre doit mériter les éloges que l’Ecriture donne à Simon fils d’Onias : Il a soutenu la maison du Seigneur et fortifié le temple. Durant ses jours les eaux des fontaines ont coulé. Il a eu soin de son peuple et l’a délivré de la perdition. I] a agrandi la ville, il s’est couvert de gloire en conservant le peuple; il a agrandi l’entrée de la maison du Seigneur. Il a brillé comme l'étoile du matin, et comme la lune dans sa splendeur ; et comme un soleil resplendissant, 1l a lui dans le temple de Dieu. Il a été comme l’are qui brille dans des nuées de gloire, comme les roses du printemps, comme les lis qui croissent sur le bord des eaux, et comme l’encens qui s'élève; comme une flamme qui étincelle, et comme les parfums qui s’exhalent du feu ; comme un vase d’or orné de pierres précieuses ; comme un olivier verdoyant, et comme un cyprès qui s'élève vers le ciel. Alors tout

le peuple venait en foule et se prosternait la face contre terre pour adorer le Seigneur son Dieu, et pour répandre des prières devant le Tout-Puissant, le Dieu très-haut ( Z'ecli. 1).

Saint Grégoire de Nazianze, dans son xxI° discours à la louange de saint Athanase, entre autres choses dit de ce grand saint : Athanase était d’une vie sublime, d’une profonde humilité ; il possédait tant de vertus que personne n’osait aspirer à tant de perfection. Plein de charité, chacun pouvait aller facilement à lui; il était la douceur même, jamais il ne connut la colère ; il était tout miséricorde; admirable dans ses paroles, il était encore plus admirable dans ses mœurs. Sa figure était angélique, son âme, plus angélique encore ; il plaisait, il était calme, même en reprenant, en corrigeant ; il était puissant à instruire. Ses corrections étaient pleines de charité... Voilà la sainteté et la perfection. Tel doit être le prêtre...

Ecoutez Sénèque lui-même : Ainsi que les rayons du soleil descendent jusque sur la terre, mais ne quittent pas le soleil, de même une âme élevée et sacrée est envoyée sur la terre pour nous faire connaître les choses divines ; elle vit avec nous à la vérité, mais elle est attachée à sa divine origine (1).

L’observateur se tient sur un lieu élevé et non en bas, dit saint Grégoire; il veut voir au loin ce qui se passe ; ainsi le prêtre, qui doit surveiller les peuples, doit se tenir élevé par une vie sainte, afin de pouvoir porter secours. C’est pourquoi le prophète Isaïe donne cet avertissement : Montez sur le sommet de la montagne, vous qui évangélisez Sion, afin que celui qui doit annoncer la parole de vie, s'élève par de bonnes œuvres ( Homil. in Ezech.).

Saint Bernard dit excellemment au pape Eugène quels sont ceux qu’il doit admettre à la prélature et même au sacerdoce : Admettez ceux qui ont le jugement sain et droit, ceux qui sont prudents dans leurs conseils, discrets dans leurs ordres, habiles à régler toutes choses, courageux pour agir; ceux qui ne font pas un trafic de leur mission, qui ne cherchent pas l'argent, mais le salut ; ceux qui opposent aux rois Jean-Baptiste, Moïse aux Egyptiens, Phinées aux fornicateurs, Héli aux idolâtres, Elisée aux avares, Pierre aux menteurs, J. C. aux vendeurs et acheteurs ; ceux qui ne méprisent pas le peuple, mais l’instruisent; ceux qui ne caressent pas les riches,

(1) Quemadmodum solis radii, contingunt quidem terram, sed ibi sunt unde mit= tantur; sic animus magnus et sacer, et in hoc demissus, ut propius divina nossemus, conversatur quidem nobiscum, séd hæret origini suæ (Epist. xLit).

mais les effraient saintement; ceux qui ne surchargent pas les pauvres, mais les soulagent; ceux qui ne craignent pas les menaces des grands , mais les méprisent; ceux qui ne se mêlent pas à la foule, qui ne se fâchent pas ; ceux qui ne spolient pas les églises, mais qui les réparent; ceux qui sont bons pour les malheureux, qui nourrissent les cœurs, corrigent les pécheurs ; ceux qui ont soin de leur réputation, qui ne portent pas envie à celle des autres; ceux qui ont l’amour de la prière, qui la pratiquent constamment, et qui en toute chose comptent plus sur le secours de Dieu qu’ils implorent, que sur leur industrie ou leur travail. Admettez ceux dont les discours sont édifiants, dont la vie est justice, dont la présencé procure la grâce, dont la mémoire est en bénédiction; ceux qui sont aimables, non en paroles, mais en œuvres; ceux qui sont respectables, mais par leur vie pleine de saintes actions , et non par le faste; ceux qui sont humbles avec les humbles , innocents avec les innocents; ceux qui reprennent fortement les hommes qui n’ont point d’entrailles ; ceux qui contiennent les méchants, qui châtient les orgueilleux ; ceux qui ne cherchent pas à s’enrichir ou à enrichir les leurs des dépouilles de la veuve, du patrimoine du malheureux; ceux qui donnent gratuitement ce qu’ils ont recu gratuitement, rendant justice avec désintéressement à ceux qu’on opprime injus- ‘tement, vengeant les nations, reprenant les peuples coupables (1).

IL y a beaucoup de prêtres, dit saint Chrysostome, et peu de prêtres; beaucoup de nom, et peu en œuvres. Voyez donc comment vous vous êtes assis sur la chaire; car la chaire ne fait pas le prêtre, mais le prêtre la chaire : Le lieu ne sanctifie pas l’homme, mais c’est

(1) Qui sint in judicio recti, in consilio providi, in jubendo discreti, in disponendo industrii, in agéndo strenui; qui quæstum legationem non æstiment, nec requirant datum, sed fructum. Qui regibus Joannem exhibeant, Ægyptis Mosen, fornicantibus Phinees, Heliam idololatris, Elisæum avaris, Petrum mentientibus, negotiantibus Christum. Qui vulgus non spernant, sed doceant ; divites non palpent , sed terreant ; pauperes non gravent, sed foveant; minas principum non paveant, sed contemnant; qui cum turba non intrent, nec cum ira exeant; qui ecclesias non spolient, sed emendent; qui marsupia non exhauriant, sed corda reticiant, et crimina corrigant; famæ provideant suæ, nec invideant alienæ. Qui orandi studium gerant, et usum habeant, ac de omni re orationi plus fidant, quam suæ industriæ vel labori. Quorum sermo ædificatio, quorum vita justitia, quorum præsentia a gratia, quorum memoria in benedictione. Qui se amabiles præbeant non verbo, sed opere ; reverendos exhi= beant, sed actu, non fastu. Qui humiles cum humilibus, et cum innocentibus inno= centes, duros dure redarguant, malignantes coerceant, reddant retributionem superbis. Qui non de dote viduæ, ét patrimonio crucifixi, se, vel suos ditare festinent; gratis dantes quod gratis acceperunt ; gratis facientes judicium injuriam patientibus, vindictam in nationibus, increpationes in populis ( Lib. IV de Consid., c, 1).

Prudence et sagesse que doit avoir le prêtre.

l’homme qui sanctifie le lieu. Celui qui s’assiéra bien sur la chaire en est honoré : celui qui s’assiéra mal, insulte à la chaire; car vous êtes assis pour juger. Si vous vivez sainfement , et que vous instruisiez parfaitement, vous serez le juge de tous ; si au contraire vous instruisez bien, et que vous viviez mal, vousne jugez que vous seul. Car, vivant bien et enseignant bien, vous apprenez au peuple comment il doit vivre ; mais en enseignant bien et vivant mal, vous dites à Dieu les raisons qu’il a de vous condamner (1).

Selon saint Thomas, les prêtres sont tenus à une plus grande sainteté que les religieux eux-mêmes, à cause des sublimes fonctions du sacerdoce , surtout dans le saint sacrifice de la messe (2. 2. q. 184. art. 8). D'où il conclut que le prêtre pèche plus grièvement , toutes choses égales , que le religieux qui n’est pas prêtre (UE supra). Combien saints et parfaits doivent être les prêtres, qui portent J. C. dans leurs mains et le reçoivent en eux-mêmes !.…

Si Dieu exigeait une grande sainteté dans les lévites de l’ancienne loi, qui lui cffraient des taureaux et des brebis, combien plus grande doit être, dit Bellarmin, la pureté, la sainteté de celui dont la fonction est d'offrir à Dieu son propre Fils, l’Agneau divin? Si tanta sanctitas requirebatur in sacerdotibus qui sacrificabant boves et oves , quid , queæso, requiritur in sacerdotibus qui sacrificant divinum À gnum ? (In Psal., lib. X, c. 1x).

N’est-il donc pas nécessaire , dit saint Chrysostome, que la main du prêtre qui touche le corps d’un Dieu, cette bouche qui se remplit du feu céleste, cette langue qui se rougit du sang de J. C., brillent plus que le soleil par léclat de leur sainteté et de leur perfection ? (2)

Vous êtes le sel de la terre, dit J. C. à ses apôtres. Que si le sel s’affadit, avec quoi salera-t-on? Il n’est plus bon qu’à être jeté dehors et foulé aux pieds par les hommes : Vos estis sal terræ. Quod si

(1) Multi sunt sacerdotes, et pauci sacerdotes : multi nomine, et pauci in opere. Videte ergo quomodo sedeatis super cathedram, quia cathedra non facit sacerdotem, sed sacerdos cathedram : non locus sanctificat hominem, sed homo locum, Qui bene sederit super cathedram, honorem accipit ab ea : qui male sederit, injuriam facit cathedræ. In judicio enim sedes, Si bene vixeris, et bene docueris, judex omnium eris : si autem bene docuecris et male vixeris, tui solius. Nam bene vivendo et bene docendo, populum instruis quomodo vivere debeat : bene autem docendo et male

vivendo, Deum instruis quomodo debcat te condemnare (Homil. xzur in Matth., ©. XXII ).

(2) Quo solari radio non splendidiorem oportet esse manum earnem hanc divi-

dentem, os quod igne spirituali repletur, linguam quæ tremendo nimis sanguine rube= scit? ( Homil. v1 ad pop. Antioch.)

PRÈTRE (LE). 107

sal evanuerit , in quo salietur ? Ad nihilum valet ultra, nisi ut mittatur foras , el conculcetur ab hominibus (Matth. v. 15).

Pourquoi J. CG. appelle-t-il ses apôtres le sel de la terre, plutôt que l’or, l’argent, les pierres précieuses de la terre ? En voici les raisons : 4° Le sel est très-utile...; 2 on s’en sert constamment. 30 1l est nécessaire... 4° Le sel indique l'office, la force et la dignité des apôtres... 5° Le sel est le symhole de la sagesse. Les apôtres sont le sel de la terre, parce qu'ils corrigent par leur sagesse les mœurs molles et corrompues du monde, et les rendent sages et parfaites... 6o Le sel contient principalement du feu et de l’eau; les apôtres sont remplis du feu de l’amour et de l’eau de la grâce... 7° Le sel rend agréables les choses insipides : ainsi les apôtres... 8° Le sel préserve de la corruption; de même les apôtres... 9o Le sel excite la soif; les apôtres font de même dans les âmes et les cœurs... 10° Le sel, par son acreté, est stimulant, pique, sèche , brûle ; ainsi les apôtres, par leurs paroles et l’austérité de leur vie, attaquent les vices des hommes, les frappent, les brèlent et les font disparaître. Toutes les qualités du sel sont dans les apôtres, et doivent être dans tous les prêtres : tous doivent être le sel de la terre : Vosestis sal terre.

Si nous sommes du sel , dit saint Grégoire, nous devons assaisonner les âmes des fidèles ; ce que le grain de sel est aux animaux, le prêtre doit l’être aux peuples; afin que quiconque-suit le prêtre, porte avec soi ce sel qui donne la saveur-de la vie éternelle (1).

Les apôtres ont fait plus que le sel; car le sel préserve seulement de la corruption et ne guérit pas ce qui est corrompu; mais les apôtres ont relevé les peuples de la corruption, et les en ont ensuite préservés. Ainsi fait le bon prêtre...

Les qualités d’une bonne mère se retrouvent dans le pasteur, dit saint Bernard : lorsqu'il reprend , il est doux; lorsqu'il caresse, 1l est simple; il a l'habitude de sévir avec bonté, d’adoucir sans flatter, de se fâcher sans perdre patience , de s’indigner sans manquer à l'humilité : Zona mater est in pastore : cum arquit , mitis est; cum blanditur , simplex est; pie solet sœvire, sine dolo mulcere, patienter trasci, humiliter indignari (Serm. in Cant.).

Souvent, dit un poëte , le crime se couvre de l’apparence du zèle;

(à) Si sal sumus, condire mentcs fidelium debemus : quasi inter bruta animalia petra salis, debet esse sacerdos in populis ; ut quisquis sacerdoti jungitur, quasi € salis petra æternæ vitæ sapore condiatur {-Homal, xvnt),

108 | PRÈTRE (LE).

mais celui qui puise sa sagesse et son zèle au ciel, est exempt du péché :

Sæpe scelus cœlum zeli velamine texit.

Cui zelus cœlum est, non facit ille scelus.

Que celui qui dirige les autres voie toutes choses, en dissimule beaucoup et en châtie peu, dit saint Bernard : Æector omnia videat, multa dissimulet, pauca castiget (Lib. de Consid. ).

Voilà, dit J. C., que je vous envoie comme des brebis au milieu des loups; soyez donc prudents comme des serpents , et simples comme des colombes : Æcce ego mitto vos sicut oves in medio luporum. Estote ergo prudentes sicut serpentes , et simplices sicut columbæ (Matth. x. 16).

Si quelqu'un parle, que sa parole soit comme venant de Dieu, dit l’apôtre saint Pierre ; si quelqu’un exerce un ministère, que ce soit comme conduit par la vertu de Dieu, afin qu’en toutes choses Dieu soit glorifié : Si quis loquitur, quasi sermones Dei ; si quis ministrat, tanquam ex virtute, quam administrat Deus ; ut in omnibus honorificetur Deus (I. 1v. 11 ).

Saint Basile demande ce que doivent être les prédicateurs de l’Evangile , et il répond qu’ils doivent être 1° comme les apôtres; 2% comme les panégyristes du ciel...; 3° comme la règle de la piété.…; 4° comme l’œil dans le corps ( Zn Psal. ).

Aimez la justice , la sagesse, vous qui jugez la terre, dit l’Esprit- Saint : Diligite justitiam , qui judicatis terram (Sap. 1. 1).

Le Seigneur était avec Joseph, dit la Genèse, et dirigeait de sa main tout ce qu’il faisait. Et Joseph gouvernait la maison qui lui était confiée, et tout ce qui avait été remis à ses soins. Et le Seigneur bénit Ja maison de l’Egyptien à cause de Joseph, et il multiplia tous ses biens, tant à la ville qu’à la campagne (1).

Que le roi choisisse un homme sage et plein d'intelligence, et qu’il le place à la tête de toute l'Egypte, dit Joseph à Pharaon : Provideat rex virum sapientem et industrium, et præficiat eum terræ Egypti (Gen. xLI. 33).

Que le prètre sache ménager les coupables et faire disparaître les

(1) Fuitque Dominus cum eo, et erat vir in cunctis prospere agens. Præpositus omnibus, gubernabat creditam sibi domum, et universa quæ ei tradita fuerant. Benedixitque Dominus domui Ægyptii propter Joseph, et multiplicavit tam in ædibus quam in agris cunctam ejus substantiam (xxx1x, 2-5),

fautes, dit saint Grégoire : Culpis discrete noverit parcere, et pie resecare (Pastor. ).

L'homme prudent prendra le gouvernail , disent les Proverbes : Intelligens gubernucula possidebit (1. 5). 4° Le pilote se tient au gouvernail , ainsi doit faire le prêtre... 20 Le pilote examine tout le navire...; 30 il fait attention aux voiles, aux vents, aux tempêtes, aux dangers, au chemin, etc..; 40il ne cherche point ses aises, mais 1l s'attache à remplir son devoir...

Celui qui ne sait pas obéir ne sait pas commander. ; celui qui se conduit bien sait bien conduire les autres... Nul ne peut diriger les autres, si l’on ne peut le diriger lui-même... Il n’y a que celui qui se laisse diriger, qui soit capable de diriger les autres... ; et celui qui ne peut se dominer lui-même, ne se laisse pas non plus dominer... Là où 1l n’y a point de chef, le peuple périra; mais le salut se trouve où abonde la sagesse des conseils, disent les Proverbes : Ubi non est gubernator, populus corruet : salus autem , ubi multa consilia (xt. 14).

Gouverner l’homme me paraît être avant tout l’art des arts et des sciences , dit saint Grégoire de Nazianze : Profecto ars artium, et scientiarum mihi esse videtur, hominem regere (In Distich.). C’est aussi ce que dit saint Grégoire pape, que l’art des arts, c’est de conduire les âmes : Ars artium regimen animarum (Pastor.).

Les conseils du sage demeureront comme une source de vie, dit lEcclésiastique. Le cœur de l’insensé”est comme un vase brisé ; il ne peut contenir la sagesse. Que l’homme prudent entende une parole sage , 1l la louera et en profitera. La grâce repose sur les lèvres du sage. La parole du sage est écoutée dans les assemblées , etles hommes méditeront ses paroles dans leur cœur. La sagesse est pour l’imprudent comme une maison ruinée (xx1).

Souvent, dit «saint Grégoire, la fracture devient plus douloureuse et moins guérissable, si on la bande mal. Il est nécessaire que, lorsqu’on veut guérir une blessure, on agisse avec prudence et modération; le prêtre doit exercer les droits de la discipline , sans perdre les entrailles de la charité, de la miséricorde. Il faut reprendre, corriger, punir, avec la bonté d’une mère, avec la sévérité d’un père, et l’expérience d’un habile médecin, afin que la sévérité ne se sépare point de la douceur (Pastor.).

Le pasteur doit se rappeler qu’il faut conduire chacun selon son rang, son âge, son élat, ses forces, son caractère, ses lumières. Les hommes doivent être avertis de telle manière ; les femmes de telle

Lumière et science que doit avoir le prêtre.

autre manière : autrement les jeunes gens, autrement les vieillards; les riches différemment des pauvres; les cœurs joyeux différemment des cœurs tristes; il faut telle lecon aux supérieurs, telle autre aux inférieurs ; tel conseil aux serviteurs, tel autre aux maïtres. Ïl faut savoir ce qui convient aux personnes qui sont dans le célibat, et aux personnes engagées dans les liens du mariage, ete...

Le pasteur qui est sans sagesse et sans prudence est comme le soleil obscurci, comme l’oiseau privé de ses ailes, comme le pilote sans gouvernail, comme l’agneau sans berger, comme le soldat sans arme, elc...

J’ai pris deux houlettes, dit le prophète Malachie : l’une que j’ai appelée Douceur, et l’autre Fouet, et j’ai conduit le troupeau : Z# assumpsi mihi duas virgas; unam vocavi Decorem, et alteram vocavi Funiculum ; et pavi gregem (xx. 7).

Que les prêtres apprennent ici la manière de conduire et de paître leurs troupeaux; et qu’autant qu'il est en leur pouvoir, ils soient doux , humains, charitabies , cléments, miséricordieux, bienfaisants en paroles et en actions. C’est ainsi que Dieu gouverne l’univers ; sa sagesse atteint d’une extrémité à l’autre avec force, et disposé toutes choses avec douceur : Affingit a fine usque ad finem fortiter, et disponit omnia suaviter (Sap. vu. 1). Pour ceux qui sont durs de cœur, qui sont incorrigibles, la verge est nécessaire; une main forte doit paraître, mais toujours guidée par l'amour, toujours tempérée par la douceur et la prudence...

Voici des houlettes, des verges indispensables aux pasteurs , et très-précieuses : 4° l'humilité ; 2 l’affabilité; 30 la bienveillance, l'égalité d’âme; 4e la magnanimité; 5° la patience ; 60 la bonté; 70 la candeur d’âme et la douceur; 8 la charité; 9 l'honnêteté, l’'urbanité , la grâce de bien dire et de bien agir...

Vous êtes la lumière du monde, dit J.C. à ses apôtres. Une ville située sur une montagne ne peut être cachée; et l’on n’allume point une lampe pour la mettre sous le boisseau, mais sur un candélabre, afin qu'elle éclaire tous ceux qui sont dans la maison. Qu’ainsi votre lumière luise devant les hommes, afin qu'ils voient vos bonnes œuvres, et glorifient votre Père qui est dans les cieux (4).

(1) Vos estis lux mundi. Non potest civitas abscondi supra montem posita. Neque accendunt lucernam, et ponunt eam sub modio, sed super candelabrum, ut luceat omnibus qui in domo sunt. Sic luceat lux vestra coram hominibus, ut videant opera vestra bona, et glorificent Patrem vestrum qui in cœlis est ( Malth. v. 14-16).

PRÊTRE (LE). at4

Le saint vieillard Siméon dit de l’enfant Jésus qu'il tient dans ses bras, qu’il sera la lumière qui éclairera les nations : Lumen ad revelationem gentium (Luc. 11. 32). Ainsi doivent être les prêtres. ….

En J. C. était la vie, dit l’évangéliste saint Jean, et la vie était la lumière des hommes. Et la lumière luit dans les ténèbres : /n ipso vita erat, et vita erat lux hominum. Et lux in tenebris lucet (1. 4.5). Il était la vraie lumière, qui éclaire tout homme venant en ce monde : £rat lux vera quæ illuminat omnem hominem venientem in kunc mundum (1. 1. 9). Les prêtres doivent imiter ce grand modèle de lumière et de science...

Il faut que Le prêtre puisse dire avec son divin maitre : Je suis la lumière du monde; celui qui me suit ne marche point dans les ténèbres, mais il aura la lumière de vie : £go sum lux mundi : qui sequitur me non ambulat in tenebris, sed habebit lumen vitæ (Joann. vur. 42).

Je suis la lumière du monde : Lux sum mundi (Joann. 1x. 5). Je suis la lumière venue en ce monde : Z'qo lux in mundum vent (Joann. xII. 46).

Soyez irréprochables et purs, dit le grand Apôtre, enfants de Dieu, sans tache au milieu d’une génération dépravée et perverse, où vous luisez comme des lumières dans le monde : U# sifis sine querela, et simplices filii Dei, sine reprehensione, in medio nationis praveæ et berversæ : inter quos lucetis sicut luminaria in mundo (Philipp. xv.92).

Je t’ai établi pour être la lumière des nations, dit le Seigneur aux Actes des apôtres, afin que tu sois un instrument de salut jusqu'aux extrémités de la terre : Posui te in lucem gentium, ut sis in salutem usque ad extremum terræ (xui. 47).

Vous êtes lumière dans le Seigneur, dit saint Paul aux Ephésiens; marchez comme des enfants de lumière : Lux in Domino; ut fili lucis ambulate (v. 8).

Vous êtes des enfants de lumière et des enfants de Dieu, dit cet apôtre aux Thessaloniciens ; nous ne sommes point de la nuit et des ténèbres. Ne dormons donc point comme les autres, mais veillons et soyons sobres : Ümnes vos filit lucis estis, ef filii Dei. Non sumus noctis, neque tenebrarum. Igitur non dormiamus sicut et cœteri, sed vigilemus et sobrii simus (v. 5. 6).

Pour être lumière, il faut être instruit... Le devoir du prêtre, c’est d'interpréter la loi , dit saint Jérôme : Legis inter pretatio sacerdotis officium est (Comment. ).

Conservez le dépôt, dit l’Apôtre à Timothée, évitant les profanes nouveautés de paroles et le vain étalage d’une science qui ne mérite

pas ce nom : Depositum custodi, devitans profanas vocum novitates, et apparitiones falsi nominis scientiæ (1. vi. 20). Annoncez la parole, lui dit-il encore , reprenez en toute doctrine : Prædica verbum, argue in omnt doctrina (X. 1V. 2).

Le prêtre doit briller par la science sacrée, comme le soleil parmi les étoiles... Nous devons être des phares, pour éclairer les voyageurs et les empècher de faire naufrage au milieu de la nuit et des ténèbres du siècle, et leur montrer le chemin du port du salut...

Jusqu'à ce que je vienne, écrit saint Paul à Timothée, appliquezvous à la lecture, à l’exhortation et à l’enseignement; méditez ces choses, soyez-y tout entier. Veillez sur vous-même et sur l’enseignement, veillez-y sans relâche ; car, cela faisant, vous vous sauverez, vous et ceux qui vous écoutent (1).

Aiïmez la science des Ecritures, et vous détesterez Les vices charnels, dit saint Jérôme : Ama scientiam Scripturarum, et vitia carnis non amabis (Epist. xLnI ).

Qu'est-ce que le cœur du prêtre, sinon l’arche du testament, dans laquelle la doctrine spirituelle est en vigueur, et où se trouvent les tables de la loi? dit saint Grégoire : Quid est sacerdotale cor, nisi arca testamenti , in qua spiritualis doctrina viget , tabulæ legis jacent ? (Pastor.).

Pour toi, dit le Seigneur à Moïse, demeure ici avec moi, et je tapprendrai tous mes commandements, et mes cérémonies, et mes jugements que tu leur enseigneras, afin qu’ils les accomplissent : Tu vero hic sta mecum, loquar tibi omnia mandata mea, et cæremonias, aique judicia, quæ docebis eos, ut faciant ea (Deuter. v. 31).

Gédéon donna à ses soldats des trompettes à la main et des vases de terre vides et des lampes au milieu : Dedit tubas in manibus eorum , lagenasque vacuas, ac lampades in medio lagenarum (Judic. vin. 16.)

Remarquez , dit Origène, que les soldats choisis par Dieu combattent avec des lampes. C’est ainsi que J. G. les avait armés, disant : Ceignez vos reins et ayez en vos mains des lampes ardentes ( Luc. xIr. 35 ). Le soldat de J. C. doit combattre avec ces lampes ardentes, brillant par la lumière de la science et des œuvres. Armés de cette trompette et de ces lampes, nous triomphons de nos ennemis, nous les mettons en fuite, quelque nombreux qu'ils soient. Que dans cette

(1) Dum venio, attende lectioni, exhortationi, et doctrinæ. Hæc meditare, in his esto. Attende tibi et doctrinæ ; insta in illis : hoc enim faciens, et teipsum salvum facies, et eos qui te audiunt (1, Cor. 1v, 13.15, 16).

guerre la lumière de nos œuvres, la vertu de la science, la prédication de la divine parole nous précèdent : Præcedat nos hoc bello operum lux, scienticæ virtus, divini verbi prædicatio (Homil. v ).

La voie du juste, disent les Proverbes, est comme le soleil levant qui s’avance et croit jusqu’au milieu du jour : Justorum semita, quasi lux splendens, procedit et crescit usque ad perfectam diem (1v. 18).

Exainine avec soin ton troupeau, dit le Seigneur, et considère tes brebis : Diligenter agnosce vultum pecoris tui, tuosque greges considera (Prov. xxvrr. 23). La pratique de ce devoir est dans ces paroles de J. C. : Je connais mes brebis, et mes brebis me connaissent : Cognosco oves meas, el cognoscunt me meæ (Joann. x.14).

Ces chérubins dont parle Ezéchiel (1. 10), qui sont le type des apôtres et des prêtres, avaient quatre faces : une face d'homme, une face de lion , une face de bœuf et une face d’aigle.

Le ministre de l'Evangile, dit Alvarez, doit être un homme qui sache compalir aux faiblesses et aux misères des pécheurs; il doit être union pour rugir contre les crimes et faire entendre le tonnerre des divines vengeances; un bœuf, pour soutenir le fardeau du saint ministère ; un aigle, pour contempler les choses du ciel; mépriser celles de la terre et s'élever vers Dieu (/n Ezech.).

Dieu a donné à Moïse ses préceptes et la loi de vie-et de science , -pour apprendre son alliance à Jacob et ses jugements à Israël : Dedit illi prœcepta et legem vitæ et disciplinæ, docere Jacob testamentum suum, el judicia sua Israel (Ecchi. xzv. 6).

Où sont les savants? demande Isaïe ; où sont ceux qui pèsent toutes : les paroles de la loi? où sont les maitres des petits «enfants? Ur est litteratus ? ubi legis verba ponderans ? ubi doctor parvulorum ? (xxxur, 18). Les gardiens de ce troupeau sont aveugles et sans intelligence ; leurs chiens sont muets, ne pouvant crier, ne voyant que de vains fantômes, dormant et se repaissant de songes. Les pasteurs sont sans intelligence : Speculatores ejus cæci omnes, nescierunt univers : canes :muti non valentes latrare, videntes vana, dormientes et amantes somnia. Ipsi pastores ignoraverunt intelligentiam (\sai. Lvr. 10. 11).

Ah! qu’il est à désirer que tous les prêtres soient du nombre de ceux dont parle Jérémie : Je vous donnerai des pasteurs selon mon cœur, et ils vous nourriront de science et de sagesse : Dabo vobis

pastores juxta cor meum, et pascent vos scientia et doctrina (ur. 15). Qu'il serait à souhaiter que chaque prêtre püt dire avec Isaïe : L’esprit du Seigneur repose sur moi; le Seigneur m'a donné lonction

114 PRÈTRE (LE).

divine ; il m’a envoyé pour prècher son Evangile aux pauvres, pour relever le courage de ceux qui sont abattus, pour annoncer aux aveugles la lumière , aux captifs la liberté ; pour consoler les affligés , pour tarir les larmes de ceux qui pleurent, pour changer la cendre de leur tête en une couronne, leurs pleurs en joie , leurs vêtements lugubres en des vêtements de gloire (1x1. 1-3). Quel triomphe éclatant pour la religion, si tous les prêtres méritaient l’application de ces paroles d’Isaïe : On les appellera les arbres de la justice et le germe de la gloire du Seigneur. Ils peupleront d’édifices les lieux déserts , ils relèveront les anciennes ruines, ils rétabliront les villes abandonnées. Vous serez appelés les prêtres du Seigneur, les ministres de notre Dieu (1).

Parce que les pasteurs ont été des insensés et qu’ils n’ont point cherché le Seigneur, dit Jérémie, ils n’ont plus rien compris, et tout leur troupeau a été dispersé : Quia stulte egerunt pastores, et Dominum non quæsierunt : propterea non intellexerunt, et omnis grex eorum dispersus est (x. 21).

J’établirai des pasteurs sur mes brebis, et ils les feront paître, dit le Seigneur par Jérémie : Suscitabo super eos pastores , et pascent eos (xxur. 4). Vous présidez pour être utiles, à prêtres du Seigneur, dit saint Bernard. Le pasteur a trois principaux devoirs à remplir, la bonté, l’enseignement, la science : la bonté attire, l’enseignement corrige, la science nourrit; la bonté rend aimable, l’enseignement imitable, la science docile (2). On demanda à saint Dominique quelles étaient les occupations de son ordre? Il répondit : Il y en a trois, que le Psalmiste a renfermées dans ce verset : Faites-«moi connaître le bien, Seigneur; enseignez-moi la sagesse et la science : Tria ista sunt , quæ Psaltes hoc versu complexus est : Bonitatem, et disciplinam , et scientiam doce me (axvi1r. 65. — In ejus vita).

Le prêtre doit être tout œil et tout intelligence. Si les yeux dorment, tout le corps dort : les pasteurs sont les yeux du peuple. Or, dit J. C., si un aveugle conduit un aveugle, ils tomberont tous deux dans la fosse : Cæcus si cæco ducatum præstet, ambo in foveam cadunt (Matth. xv. 14).

(1) Vocabuntur fortes justitiæ, plantatio Domini ad glorificandum. Et ædificabunt deserta a seculo, et ruinas antiquas erigent, et instaurabunt civitates desertas. Vos autem sacerdotes Domini vocabimini, ministri Dei nostri dicetur vobis ( Lxr. 8.4.6).

(2) Præsis ut prosis; pastori tria congruunt, bonitas, disciplina, scientia : bonitas attrahit, disciplina corripit, scientia pascit : bonitas amabilem, disciplina imitabilem, scientia docibilem reddit ( Zx Sentent.).

Une loi de vérité a été dans sa bouche, dit le prophète Malachie 4 les lèvres du prêtre garderont la science, et l’on recevra de sa bouche l'interprétation de la loi, parce qu’il est l’envoyé du Seigneur des armées: Lex veritatis fuit in ore ejus. Labia enim sacerdotis custodient screntiam , et legem requirent ex ore ejus; quia angelus Domini exercituum est (11. 6. 7).

Saint Ambroise dit que les prêtres sont les yeux de l'Eglise, et que par eux tout le corps reçoit la lumière (Z46. de Dign. sacerd., e. vi). . (Voyez Science.)

Cuaovs jour, dit saint Sylvestre, le clerc, oubliant toute autre chose, doit s’unir à Dieu par la prière et la méditation : Quotidie clericus , abjecta cœterarum rerum cura, uni Deo prorsus vacare debet (In Lect. Breviar. die xxx1 decembr.).

Nous prions pour vous sans cesse, dit le grand Apôtre aux Colossiens : Semper pro vobis orantes (1. 3). Nous n’avons cessé de prier pour vous, et de demander que vous soyez remplis de la connaissance de la volonté de Dieu, en toute sagesse et intelligence spirituelle ; afin que vous marchiez d’une manière digne de Dieu, cherchant à lui plaire en tout, fructifiant en toute bonne œuvre, et croissant dans la science de Dieu (1).

Je vous recommande à Dieu et à la parole de sa grâce, dit le méme apôtre, à celui qui a la puissance d’édifier et de donner l’héritage parmi tous ceux qui sont sanctifiés : Commendo vos Deo et verbo gratiæ ipsius , qui potens est ædificare et dare hœæreditatem in sanctificatis omnibus ( Act, xx. 32).

Pour nous, disent les apôtres , nous nous adonnerons à la prière et au ministère de la parole : Nos vero orationt et ministerio verbi instantes erimus ( Act. vI. 4); afin, dit saint Grégoire , de se remplir par la contémplation , et de faire part de leur plénitude aux peuples divers : Ut quieti contemplantes sorbeant, quod occupati erga proximos loquentes refundant ( Pastor. ).

Moïse dit à Aaron : Approchez-vous de l’autel, priez pour vous ét pour le peuple : Accede ad altare, et deprecare pro te et pro populo (Levit, 1x. 7.):

Ils sont puissants en œuvres eten paroles, dit saint Bernard, les

(4) Non cessamus pro vobis orantes, et postulantes ut impleamini agnitione voluntatis ejus, in omni sapientia et intellectu spiritali. Ut ambulelis digne Deo per omniä placentes ; in omni opere bono fructificantes, et crescentes in scientia Dei (r. 9.410).

Le prêtre doit être un homme de prière,

Esprit d’obéissance que doit avoir le prêtre.

prêtres qui sont fervents et assidus à la prière : Zn opere et sermone sunt potentes, qui habent devotionem in orationis assiduitate (Serm. de Tribus ordin.).

Que les prêtres et les ministres du Seigneur pleurent entre le vestibule et l’autel, dit le prophète Joël, et qu’ils s’écrient : Pardonnez, Seigneur, pardonnez à votre peuple : /nter vestibulum et altare plorabunt sacerdotes, ministri Domini, et dicent : Parce, Domine , parce populo tuo (nn. 17).

Onias dit en vision à Judas Machabée , parlant de Jérémie qui lui était aussi apparu : Celui-ci est l’ami de nos frères et du peuple d'Israël : c’est lui qui prie pour le peuple et pour toute la sainte cité : Hic est fratrum amator et populi Israel ; hic est qui multum orat pro populo, et universa sancta civitate (Il. Mach. xv. 14).

( Voyez Méditation et Prière. )

Jz suis descendu du ciel, dit J. C., non pour faire ma volonté, mais la volonté dé celui qui m’a envoyé. Or, telle est la volonté de mon Père qui m’a envoyé, que de tout ce qu’il m’a donné, rien ne se perde (1).

Jamais le prètre ne doit cesser de mettre en pratique ces paroles, et d’imiter J. C..... Et si ses supérieurs lui ordonnent quelque grand sacrifice, qu’il se souvienne du calice amer du Sauveur au jardin des Oliviers, et des paroles qu’il adressa à son Père : Mon Père, s’il est possible, que ce calice s'éloigne de moi! Cependant, qu’il en soit, non pas comme je veux, mais comme vous voulez: Pater mi, si possibile est , transeat a me calix iste ; verumtamen , non sicut ego volo, sed sicut tu (Matth. xxvr. 39).

Obéissez à vos conducteurs, et soyez-leur soumis, dit PApôtre; afin que, veillant comme devant rendre compte de vos âmes, ils le fassent avec joie, et non en gémissant; car cela ne vous est pas utile (2). Si ces paroles regardent les fidèles à l’égard des prêtres, elles regardent également Les prêtres à l'égard de leurs évêques.

L’Esprit-Saint m'avertit, ditl’Apôtre, que des chaînes et des tribulations m'attendent à Jérusalem; mais je ne crains rien de tout

(1) Descendi de cœlo, ut faciam voluntatem ejus qui misit me. Hæc est autem voluntas ejus qui misit me Patris: ut omne quod dedit mihi, non perdam ex eo (Joann. vi. 38. 39 ).

(2) Obedite præpositis vestris, et subjacete eis. Ipsi pervigilant quasi rationem pro

‘animabus vestris reddituri; ut cum gaudio hoc faciant, et non gementes ; hoc enim

non expedit vobis ( Hebr, xx, 17).

cela, pourvu que j’accomplisse ma course et le ministère que j'ai reçu du Seigneur Jésus : Vincula et tribulationes me manent. Sed nihil horum vereor, dummodo consummem cursum meum , let ministerium quod accepi a Domino Jesu (Act. xx. 23-24),

Soyez soumis à votre pontife, dit saint Jérôme, et aimez-le comme le père de votre âme. Que les évêques sachent qu'ils sont prètres plutôt que maîtres; qu’ils honorent les clercs, les simples prêtres, et que ceux-ci honorent les évêques, comme étant évêques (1).

Vous avez promis obéissance à votre prélat, dit saint Bonaventure, à cause du Seigneur, et pour le royaume des cieux; et vous ne vous appartenez plus, mais vous êtes à celui à qui vous vous êtes livré : c’est pourquoi il ne vous est pas permis de vous conduire par vousmême, sans sa volonté. Car il est lui-même le maitre de votre volonté, et prendre une chose qui n’appartient pas, sans le consentement du maître, c’est un vol; or, le voleur ne se procure pas le ciel (2).

( Voyez Obéissance. )

Parssez mes brebis, mais ne les tondez pas, dit saint Bernard : Pasce oves meas, non tonde (Declam., c. 11, n° 49).

Le sacerdoce est le négoce des âmes pour le ciel, et non un négoce d’orgueil, dit saint Ambroise (Jn c. 1 /sai.).

Et moi, quand je serai élevé de terre, j’attirerai tout à moi, dit J. C. : Et ego, si exaltatus fuero a terra, omnia traham ad meipsum (Joann. xnr. 32).

Le prêtre désintéressé, bienfaisant, détaché des biens de la terre, attire les âmes et les mène au ciel.

Quiconque combat pour Dieu, dit saint Paul à Timothée, se garde de s’immiscer dans les affaires du siècle, afin de satisfaire celui à qui il s’est voué : Veémo mulitans Deo implicat se negotiis seculuribus ; ut ei placeat, cui se probavit (IE. 11. 4).

Ne portez ni bourse, ni sac, ni chaussures, dit J. C. à ses apôtres: Nolite portare sacculum, neque peram, neque calceamenta (Luc. x. 4).

(1) Esto subjectus pontifici tuo, et quasi parentem animæ ama. Sed episcopi sacerdotes sciant se esse, non dominos : honorent elericos, ut ipsis episcopis quasi episcopis a clericis honor deferatur (Epist. ad Nepotianum).

(2) Te prælato dedisti propter Dominum, et propter regnum cœlorum; et jam non es tuus, sed ejus cui te vendidisti. Et ideo nihil tibi licet agere de te sine ejus voluntate. Ipse enim est dominus voluntatis tuæ; et contreclatio rei alienæ, invito domino, furtum est; fur autem cœlo non appropiat (Episé.).

Désintéressement du prêtre,

Que les pasteurs recoivent du peuple l’entretien qui leur est nécessaire, dit saint Augustin, mais qu'ils attendent du Seigneur la récompense de leurs travaux; car le peuple n’est pas capable de payer les services de ceux qui le servent dans la charité de l’Evangile (1).

Si les miens ne me dominent pas, dit le Psalmiste, je serai sans tache , je serai même lavé d’un grand péché : St mei non fuerint domimali, tune immaculatus ero, et emundabor a delicto maximo (xvnx. 44).

10 Le prêtre avare pèche, et son péché est plus grave que chez les laïques; car sa profession est de s’occuper de Dieu, des choses célestes, et de mépriser les choses temporelles. IL a dit : Le Seigneur est la part d’héritage qui m’est échue. Si Dieu est sa part, pourquoi ambitionne-t-il d’autres parts sur la terre? 2° L'expérience prouve que les biens des prêtres qui passent entre les mains des laïques, disparaissent bien vite; les héritiers les dévorent; Dieu le permet pour le châtiment et du prêtre avare, et des héritiers avides... 30 Ce prêtre scandalise l'Eglise de Dieu. L’avare se moque de l'Evangile; car J. G. a surtout ordonné le mépris des choses terrestres, et l’a pratiqué... 40 Le ministère du prêtre avare est stérile, nul... Au contraire , le ministère du prêtre désintéressé est bienfaisant et trèsfécond.….….

Nous lisons dans l’Ecriture que le Seigneur dit à Aaron : Vous ne posséderez rien dans la terre des enfants d'Israël, et vous n’aurez aucune part avec eux : je suis votre part et votre héritage au milieu des enfants d'Israël : Zn terra eorum nihil possidebitis, nec habebitis partem inter eos : ego pars et hæreditas tua in medio filiorum Israel (Num. xvnr. 20). C’est ce que dit aussi l’Ecclésiastique : Le prêtre ne doit point hériter de la terre des nations; il n’a point de part au milieu de son peuple; car le Seigneur est sa part et son héritage : Cœterum in terra gentes non hæreditabit, et pars non est illi in gente : ipse enim est pars ejus et hœreditas (xuv. 27).

Que les prélats et les prêtres de la loi nouvelle écoutent et méditent ces paroles; car elles les touchent de plus près qu’Aaron et ses enfants.

Pour vous, à prêtre, Dieu est votre héritage, héritage magnifique, céleste et divin; pourquoi en cherchez-vous un terrestre, vil, caduc ?

(1) Accipiant pastores sustentationem necessitatis sum a populo, mercedem vero dispensationis a Domino : non enim est idoneus populus reddere mercedem illis, qui

sibi in caritate Evangelii serviunt ( Serm. de Pastor., e. 11).

pourquoi préférez-vous la terre au ciel, l'argent à Dieu ? Vous vous montrez juif et non chrétien, et même plus dégradé et plus mauvais que le juif. O âmes courbées vers la terre , et nulles pour le ciel !.…

Les princes ( les prêtres), devenus infidèles et avares, complices des voleurs, aiment les présents, dit Isaïe : Principes tui infideles , socù furum, diligunt munera (1. 23).

Malheur aux pasteurs d'Israël qui se paissent eux-mêmes! Les pasteurs ne doivent-ils donc pas faire paître leurs troupeaux, dit le prophète Ezéchiel? Vous mangiez le lait, et vous vous couvriez de la laine : Væ pastoribus Israël, qui pascebant semetipsos ! Nonne greges à pastoribus pascuntur ? Lac comedebatis, et lanis operiebamini (XxXxXIV. 2.3).

( Voyez Aumône, Avarice, Désintéressement. )

Le monde, dit saint Grégoire , est plein de prêtres, et cependant on trouve peu de bons moissonneurs dans l’abondante moisson de Dieu ; nous nous chargeons du ministère sacerdotal, mais nous ne l’accomplissons qu'avec tiédeur, négligence : Æ'cce mundus totus sacerdotibus plenus est, sed tamen in messe Dei rarus valde invenitur operator ; quia officium quidem sacerdotale suscepimus, sed opus fidei non implemus (Homil. xvur in Evang. ).

Le prêtre tue l’âme qu’il laisse périr par son criminel silence, dit encore saint Grégoire. Nous tuons autant d’âmes que nous en voyons aller à la mort sans nous en inquiéter, parce que la tiédeur nous domine et nous enchaîne : le péché de la brebis devient le péché du pasteur qui vit dans la torpeur , l’engourdissement, la tiédeur. Voici donc ce qu’il a à faire, pour ne pas périr si la brebis se perd : qu'il sorte de sa tiédeur, qu’il veille, qu'il s'oppose aux œuvres mauvaises, comme il est écrit ; Fais maintenant ce que je te dis, et dégage-toi : hâte-toi, cours, presse ton ami, refuse le sommeil à tes yeux, l’assoupissement à tes paupières (1).

Soyez attentifs et à vous et à tout le troupeau sur lequel Dieu vous à établis surveillants pour gouverner l'Eglise de Dieu qu’il a acquise de son sang, dit l’Apôtre : Aftendite vobis et universo gregi,

(1) Ipse hunc occidit, qui eum tacendo, morti fradidit, Tot occidimus quot ad mortem ire quotidie tepidi et tacentes videmus : peccatum subditi, culpa esse præpositi, si tacuerit, reputatur. Est ergo quod faciat, ut etiam, moriente subdito, se liberum reddat ; surgat, invigilet, malis actibus contradicat, sicut scriptum est : Discurre; festina, suscita amicum tuum ; ne dederis somnum oculis tuis, nec dormitent palpebræ tuæ (Prop. vi. 3. 4. — Lib. XXI Moral.)

Tort que la tiédeur fait au prêtre.

in quo vos Spiritus Sanctus posuit episcopos regere Ecclesiam Dei quam acquisivit sanguine suo ( Act. xx. 28 ).

Eh quoi! nous portons du secours à celui qui est attaqué par les voleurs, à celui qui succombe sous un fardeau, à celui qui se noie ou qui se brûle; et nous n’en portons pas à une âme qui tombe dans Penfert.…

Ne négligez point la grâce qui est en vous, qui vous a été donnée par la prophétie, avec l'imposition des mains des anciens, écrit le grand Apôtre à Timothée : Mo/i negligere gratiam, que in te est, quæ data est tibi per prophetiam, cum impositione manuum presbyterii {IL 1v. 44 ).

Quoi! s’écrie saint Chrysostome, si douze hommes ont porté le levain de la foi dans le monde entier, voyez quel est notre peu de valeur, notre coupable lâcheté! Nous qui sommes si nombreux, nous ne pouvons pas ramener les restes des nations, nous qui devrions suffire à mille mondes! (1)

Les fautes des inférieurs, dit saint Bernard, doivent être attribuées par-dessus tout aux prêtres tièdes et paresseux : Znferiorum culpæ, ad nullos magis referendæ sunt , quam ad desides negligentesque rectores (Lib. de Consid. ).

Gédéon renvoya un grand nombre de soldats de son armée : lo Tous ceux qui avaient peur, tous les timides; de même J. C. répudie, comme des soldats lâches et indignes, les prêtres qui ne portent pas sa croix, qui se croient trop faibles, qui se reposent dans la tiédeur..…. 20 Gédéon refuse ceux qui avaient bu en courbant les genoux; de même J. G, rejette les prêtres qui, pleins de pusillanimité, de tiédeur, ne font rien, s’inclinent vers les choses de la terre et s’y attachent.

Les prêtres tièdes veulent présider, mais ils ne se mettent point en peine de se rendre utiles, dit saint Pierre Damien : Præesse inhiant , prodesse non curant (Lib. IE, epist. 11).

Malheur à vous, pasteurs (tièdes)! dit le Seigneur par Ezéchiel. Vous n’avez pas fait paitre mon troupeau, vous n’avez pas fortifié les faibles, vous ne guérissiez pas les malades , vous ne pansiez pas les brebis blessées, vous n'avez point relevé celles qui étaient tombées , et vous n’avez point cherché celles qui s'étaient perdues. Et

(1) Si duodecim homines, totam pene farinam orbis fermentarunt ; animo versa quanta sit,nostra malignitas atque ignavia, qui, cum jam innumeri simus, has gentium reliquias convertere non possumus, qui vel mille mundis satisfacere. deberemns ! (Homil. 1n èn Act.).

PRÊTRE (LE). 121 mes. brebis ont été dispersées, parce qu’elles n'avaient point de pasteur (1).

. Les pasteurs qui se contentent d’enseigner, mais qui mènent une vie tiède, dit saint Grégoire, tuent leurs auditeurs en ne faisant pas ce qu'ils disent, quoiqu’ils les nourrissent de la parole; ils perdent, par leur négligence, ceux qu'ils paraissent soutenir du lait de la doctrine (2). ;

Donnez-leur, Seigneur, dit le prophète Osée. Et que leur donnerezvous? Donnez-leur des entrailles stériles et des mamelles arides : Dabis eis, Domine. Quid dabis eis? Da eis vulvam sine liberis, et ubera arentia (1x. 14). Ceci a lieu dans les prédicateurs, les pasteurs, les prélats, les confesseurs, et tous ceux qui doivent enfanter des âmes à Dieu. Car, lorsqu'ils s’efforcent de remplir leur ministère par le pur zèle de la gloire de Dieu et du salut des âmes, ils brillent par le nombre et les vertus de leurs enfants spirituels; mais s'ils se cherchent eux-mêmes, s’ils cherchent l’argent, leurs aises, leur repos , bientôt leurs entrailles deviennent stériles, et les mamelles de la grâce se desséchent; tellement qu'ils ne peuvent plus engendrer des enfants spirituels à J. G., ni les allaiter et les élever, C’est ce que dit J. G. : Gelui qui ne demeure pas en moi sera jeté dehors comme le sarment, et il séchera, et on le ramassera pour le jeter au. feu et le brüler. Comme le sarment ne peut porter du fruit de soimême , s’il ne demeure attaché à la vigne, ainsi vous ne le pouvez non plus, si vous ne demeurez en moi :-parce que sans moi vous ne pouvez rien faire... (Joann. xv.4-6.) Car toute la séve et la vigueur de la grâce, par laquelle nous vivons, nous croissons, nous nous fortifions , nous produisons de bons fruits, vient de J. C.....

Je susciterai sur la terre, dit le Seigneur par Zacharie, un pasteur qui abandonnera les brebis délaissées , qui ne recherchera pas celles qui s’égarent. Pasteur imutile, qui délaisses ton troupeau : Æece ego suscitabo pastorem , qui derelicta non visitabit, dispersum non queæret. O pastor et idolum , derelinquens gregem ! (xt. 16. 17.)

(1) Gregem meum non pascebatis; quod infirmum fuit non consolidastis, et quod ægrotum non sanastis, quod confractum est non alligastis, et quod abjectum est non eduxistis, et quod perierat non quæsistis : et dispersæ sunt oves meæ, eo quod non esset pastor (xxxiv. 3-5).

: (2) Magistri vigilantes quidem scientia, sed vita dormientes, auditores suos, quos

per vigilias prædicationis nutriunt, dum quod dicunt, facere negligunt, per somnum

torporis occidunt ; et negligendo opprimunt, quos alere verborum lacte videbantur . (Moral. ).

Du péché d’incontinence dans le prêtre.

L’exserenemenr donné par les bonnes mœurs est pur et efficace ;

mais les discours prêchés par celui qui a des mœurs dépravées, sont des paroles sans vie. La langue impure souille Y'Evangile en le rèchant..….

Celui qui cherche à corriger les vices des autres, doit en être exempt, dit saint Grégoire; parce que l’œil qui est plein de poussière ne peut voir parfaitement la tache, la souillure qui est dans les membres; et une main pleine de fange ne peut essuyer la boue qui apparait. David, homme de sang, ne peut élever un temple à Dieu, le Seigneur le lui défend (Paral. xx1r. 8). Celui qui se livre encore aux actes de la chair doit rougir d'enseigner et de conduire spirituellement les âmes d’autrui (1).

Il faut, dit Tertullien, appuyer la force de l’enseignement sur l'autorité d’une vie pure, pour que les paroles ne soient pas un sujet de honte quand elles ne sont pas soutenues par les bonnes actions : Oportet constantiam commonendi propriæ conversationis auctoritate dirigere, ne dicta, factis deficientibus, erubescant (Lib. I de Patient., c. 1.),

A moins que vous n’ayez d’abord purifié votre cœur de toute souillure du péché, vous ne pouvez offrir un remède aux autres, dit saint Ambroise, Commencez donc par vous guérir vous-même, par établir la paix en vous, afin que , rétabli vous-même dans la paix, vous puissiez la donner au prochain. Car comment pouvez-vous purifier les cœurs des autres, sans avoir avant tout purifié le vôtre ? (2)

U n’y a de vrais prêtres de! Dieu que ceux qui ont une vie pure, dit Clément d’Alexandrie : Soli qui puram habent vitam sunt Dei sacerdotes (Lib. III Strom. ).

Que la pureté sacerdotale soit non - seulement exempte de toute action déshonnête , dit saint Jérôme , mais même de tout coup d'œil indécent : Pudicitia sacerdotalis non solum ab opere immundo , sed etiam a jactu oculx sit libera (In o. 1 Epist. ad Titum).

(1) Mundus esse a vitiis debet qui curat aliena corrigere; quia nequaquam pure maculam in membro considerat oculus, quem pulvis gravat ; et superpositas sordes tergere non valet manus quæ lutum tenet, David vir sanguinum, templum Deo ædificare prohibetur ; quia quiadhuc actibus carnalibus incumbit, necesse est ut instruere spiritualiter mentes proximorum erubescat (Lib. VIL Moral., c. xvi).

(2) Nisi tu prius interiora tua vacua feceris ab omni labe peccati, non potes aliis ferre medicinam. A te igitur pacem incipe, ut cum fueris ipse pacificus, pacem aliis feras. Quomodo enim potes aliorum corda mundare, nisi tuum. ante mundaveris? (Lib, V in Luc, c. vr.)

Si la pureté fait les prêtres, dit saint Isidore , l’impureté détruit la dignité des prêtres : St pudicitia sacerdotes creat, libido sacerdotibus dignitatem abrogat (Lib. KL, epist. 1xv).

O prêtres corrompus, s’écrie saint Pierre Damien, vous êtes les victimes des démons, destinés à l’éternelle mort; et le diable se nourrit et s’engraisse de vous comme du mets le plus exquis : Vos estis dæmonum victimeæ , ad œternæ mortis succidium destinati ; et vobis diabolus, tanquam delicatis dapibus, pascitur et saginatur (Lib. IV, epist. 111). Comment, ajoute le même saint, vous qui prèchez la chasteté, vous ne rougissez pas d’être le triste esclave du vice impur? Qui prœdicator es castitatis, non te pudet servus esse libidinis ? (Eod. loco. )

Selon Innocent II, on ne doit admettre aux ordres sacrés que celui qui est vierge, ou dont la chasteté est depuis longtemps éprouvée : Nemo ad sacrum ordinem permittatur accedere, nisi aut virgo , aut probatæ castitatis existat (A multi, de ætate et qual. ord.).

Pour ceux qui doivent être le temple et le tabernacie du Saint- Esprit, c’est une abomination d’être les esclaves de l’impureté, dit Innocent IT : Cum üipst templum ct sacrarium Spiritus Sancti esse debeant , indignum est eos immunditiis deservire (C. Decernimus, dist. XXvITT ).

Ecoutez saint Grégoire : Que celui qui, après avoir reçu les ordres sacrés, tombe dans le péché de la chair, soît tellement privé de l'exercice de son ordre , qu’il ne s’approche point du saint autel : Qui post acceptum sacrum ordinem lapsus in peccatum carnis fuerit, sacro ordine îta careat, ut ad altaris ministerium non accedat (In C. Pervenit, dist. L).

L’impudique ne viole-t-il pas le temple de Dieu? dit saint Pierre Damien. Ah! ne changez pas en vases d’ignominie les vases consacrés à Dieu :Nonne templum Dei violant ? Nolite vasa Deo sacrata in vasa contumeliæ vertere (Opuse. x, d. 11, c. 11),

. Les peuples sont scandalisés à la vue d’un prêtre corrompu ; loin de les secourir, il est pour eux un sujet de honte, de confusion, de mort:

Les prophètes et les prêtres se sont souillés, et j’ai vu leur iniquité, dans ma maison dit le Seigneur par Jérémie : Propheta et sacerdos polluti sunt ; et in domo mea inveni malum eorum, ait Dominus (xxnr. 11).

Comment l’or s'est-il obscurci? s’écrie Jérémie dans ses Lamentations. Comment son éclat s’est-il changé ? Comment les pierres du sanctuaire sont-elles dispersées à l’entrée de toutes les places?

Quomodo obscuratum est aurum, mutatus est color optimus ; d'isperst sunt lapides sanctuarii in capite omnium platearum ? (1v. 1.)

Les fils de Sion (les prêtres) étaient beaux , revêtus de l’or le plus pur; comment ont-ils été traités, comment sont-ils devenus des vases de terre et de boue? (Zament. 1v. 2.) Ceux qui se nourrissaient des mets les plus exquis sont morts dans les chemins; ceux qui vivaient dans les délices de la maison de Dieu se sont jetés sur les immondices: Qui vescebantur voluptuose , unterierunt 1n vis; qui nutriebantur in eroceis ampleæati sunt stercora (Ibid. 1v. 5).

Lorsque le prêtre, dit saint Grégoire, se charge du soin du peuple , il s’en approche comme le médecin auprès du malade. Si donc les passions de la chair vivent encore en lui, par quelle témérité veut-il porter remède au blessé, lui qui porte sa blessure mortelle au visage (1).

Les prêtres impurs insultent au Dieu qu'ils reçoivent; ils l’outragent autant qu’il est en eux, et ils le souillent en quelque sorte lui-même en voulant l’associer à leurs impuretés, dit Clément d'Alexandrie ; Deum in ipsis habitantem corrumpunt, quantum in se est ; et vitiorum suorum conjunctione polluunt (Pædag., lib. IT, c. x).

Qui sera assez impie, dit saint Augustin, pour oser monter à l’autel les mains pleines de boue : Quis adeo impius erit, qui lutasis mantbus sacratissimum sacramentum tractare præsumat ? (Serm. coxLrv de Temp.) Ah ! s’écrie ce saint évèque, que les mains qui sont rougies dans le sang de J. C. ne se souillent jamais par le crime : Ne manus queæ intinguntur sanguine Christi, polluantur sanguine peceati (Serm. xxxvir Tract. ad Jerem. ).

0 prêtre, qui devez offrir la sainte victime , ne vous sacrifiez pas d’abord vous-même , et ne vous donnez pas en victime à l'esprit malin , dit saint Pierre Damien : O sacerdos , qui debes offerre, noli prius teipsum maligno spiritui victimam immolare (De Cœlest. sacrificio, c, 111),

Les prêtres impurs osent toucher les chairs sacrées de l’Agneau immaculé , dit saint Bernard, et plonger leurs mains dans le sang du Sauveur! Audent agni immaculati sacras contingere carnes, et intingere in sanguine Salvatoris manus , quibus paulo ante carnes attractaverunt! (In Declam.)

(1) Cum curam populi electus præsul suscipit, quasi ad ægrum medicus accedit. Si ergo adhuc in ejus corpore passiones vivunt, qua præsumptione percussum mederi properat, qui in faciem vulnus portat? (Pastor., p. I, c. 1x.)

Celui qui prononce les paroles sacramentelles d’une bouche impure, crache à la face du Sauveur, dit Pierre de Blois; et lorsqu'il met dans sa bouche infâme la chair sacrée , il la jette dans un cloaque (1).

Avec quel soin ne doivent pas garder la chasteté ceux qui se nourrissent tous les jours des chairs sacrées de l’Agneau, dit Cassien : Qua puritate oportebit custodire castitatem ; quos necesse est quotidie sacrosanctis Agni carnibus vesci ? (Lib. VI, c. vu. )

Il est nécessaire , dit saint Chrysostome , que le prètre soit si pur, que s’il était placé au ciel, il püt s'asseoir avec honneur au milieu des célestes vertus : Mecesse est sacerdotem sic esse purum, ut si in ipsis cœlis esset collocatus, inter cœlestes illas virtutes medius staret (De Sacerd. , lib. INT, c. 1v). É

Aussi saint Paul disait-il à son disciple Timothée { Conservezvous pur : Z'eipsum castum custodi (1. v. 22). Conservez - vous pur comme étant la maison de Dieu, le temple de J.C., dit saint Ignace martyr (£pist. x ad Honor. diacon. ).

Heureux ceux qui ont le cœur pur; car ils verront Dieu, dit J. C.: Beati mundo corde : quoniam ipsi Deum videbunt (Matth. v. 8).

La chasteté, purifiant les âmes des hommes, fait voir Dieu, dit saint Augustin : Castitas mundans mentes hominum, præstat videre Deum -(Serm. cexuix de Temp. ).

Mais par la luxure, dit saint Thomas, l’homme s'éloigne infiniment de Dieu : Per luxuriam homo maxime recedit a Deo (1.2, q. 37. art. bd). |

Dès que quelqu'un commence à s’abandonner à l’impureté, il commence à s'éloigner de la vraie foi, selon saint Ambroise : Ubi cœperit quis luxuriari, incipit deviare a vera fide (Epist. 1 ad Sabin. ).

Quiconque brûle de la flamme de la concupiscence charnelle, et ne redoute pas de monter au saint autel, dit saint Pierre Damien, celui-là est consumé parle feu de la vengeance divine : Quisquis carnalis concupiscentiæ flamma œstuat , et assistere altaribus non formidat , ille divinæ ultionis igne consumitur (Opusc. xxvr1 de Comm. vit. Can., C. 111). Que peut-on espérer, dit ailleurs ce grand saint, de celui qui , admis à la table céleste, non-seulement n’est pas revêtu

(1) Qui sacra illa verba sacramenti ore immundo profert, in faciem Salvatoris spuit; et cum in os immundum sacrätissimam carnem ponit, eam quasi in luturn projicit (Serm. xxXVII).

Du péché de scandale dans le prêtre.

126 PRÈTRE (LE).

de la beauté de la robe spirituelle, mais qui répand au loin Îles odeurs empoisonnées de la luxure ? (1)

Saint Thomas enseigne que l’impureté engendre l’aveuglement de l'esprit, la haine de Dieu, l'amour du siècle présent, l’horreur du siècle à venir (2. 2. q. 153. art. 4). Les vices de la chair, dit ailleurs ce grand docteur, étouffent le jugement de la raison, parce que la luxure entraine l’âme tout entière au plaisir : Vifia carnalia exstinguunt judicium rationis, quia luxuria totam animam trahit ad delectationem (2. 2. q. 53. art. 6 ad 3).

Ni les avertissements, ni les conseils, ni quoi que ce soit, ne peuvent sauver une âme plongée dans la passion impure, dit saint Chrysostome : Nec admonitiones, nec consilia, nec aliquid aliud salvare potest animam libidine periclitantem (Homil. contra Luxur. ).

Aussi saint Augustin dit : En servant cette passion , elle se change en habitude; et en ne résistant pas à cette habitude, elle devient une nécessité : Dum servitur libidini, facta est consuetudo ; et dum consuetudini non resistitur, facta est necessitas (Lib. VIII Confes., 6. xxv).

Il viendra, il viendra ce jour, ou plutôt cette nuit, s’écrie saint Pierre Damien, où cette passion brutale se changera en poix, dont se nourrira le feu perpétuel, qui dévorera vos entrailles sans que jamais vous puissiez l’éteindre (2).

Oh! qu'il est malheureux et digne de pitié, celui qui est dévoré par cette cruelle passion! Qu'il a besoin de prières!.…

La conduite du prètre scandaleux est la ruine morale du peuple, dit saint Bernard : Misera conversatio, plebis subversio est (In Convers. S. Pauli).

Les mauvais prêtres sont les causes de la perte des peuples, dit saint Grégoire : Causæ sunt ruinæ populi sacerdotes mali (Lib. XIV, epist. zxiv). Les peuples, dit encore ce grand docteur, se croient autorisés à faire ce qu'ils voient faire à leurs pasteurs, et ils s’ahandonnent au crime avec plus de licence : Persuadent sibi id licere quod a suis pastoribus fieri conspiciunt, et ardentius per petrant (Pastor., p. L, c. 11).

(1) Quid ülli sperandum qui, cœlestibus tricliniis intromissus, non modo non est spiritualis indumenti decore conspicuus, sed ultro etiam faœtet, sordentis Jluxuriæ squalore perfusus? (In Opusc. xvitr, diss. 1, ©. 1v).

(1) Veniet, veniet profecto dies, imo nox, quando libido ista tua vertetur in picem,

qua se, perpetuus ignis, in tuis viscetibus inexslinguibiliter nutriat (Opusc. xvir de Cœlest. sacerd.).

Les fautes des inférieurs viennent principalement des fautes des supérieurs , dit saint Bernard (Lib. ITL de Consid., c. cpxxxIv ).

Dans le Psalmiste , le Seigneur dit au prêtre scandaleux : Est-ce à toi qu'il appartient de publier mes volontés? Pourquoi ta bouche annonce-t-elle ma parole? Tu hais l'ordre, et tu as rejeté ma loi loin de toi. Tu as partagé l'héritage des adultères (1).

C'est aussi le langage de saint Paul : Et toi , dit-il, qui enseignes les autres , tu ne t’enseignes point toi-même : tu prescris de ne point dérober, et tu dérobes; tu défends l’adultère, et tu es adultère ; tu as en abomination les idoles, et tu commets le sacrilége ; tu te glorifies dans la loi, et tu outrages Dieu en violant la loi. Car par vous le nom de Dieu est blasphémé parmi les nations (2).

Bien enseigner, et vivre dans le scandale, qu'est-ce autre chose que se condamner par sa propre bouche? dit saint Prosper : Bene docere, et male vivere, quid aliud est quam se sua voce damnare? (In Epist. ad Rom. }.

C'est chose monstrueuse , selon saint en , qu'un rang élevé et une âme vile; une première place, et une vie basse; une langue qui parle du ciel, et une main oisive; beaucoup de paroles, et aucun fruit; un visage grave, et des œuvres vides et futiles; une grande autorité, et point de stabilité ; une figure âgée, et des discours légers (3).

Le prêtre scandaleux est semblable à un puits dont les eaux lavent et qui cependant a besoin d’être nettoyé. Il est semblable à un poteau qui, placé le long d’un chemin , indique la voie, sans faire un pas, restant là jusqu’à ce que, pourrissant , il tombe et serve d’aliment au feu... Il est comme les eaux baptismales qui purifient de la tache originelle, et qui descendent elles-mêmes dans un cloaque, dit saint Grégoire...

Il n’y a rien de plus honteux, dit Salvien , que d’être fort élevé ,

(1) Peccatori dixit Deus : Quare tu enarras justitias meäs, et assumis testamentum meum per os tuum? Tu vero odisti disciplinam; et projecisti sermones meos retrorsum. Cum adulteris portionem tuam ponebas ( xzix. 16-18 ).

(2) Qui alium doces, teipsum non doces : qui prædicas non furanduin, furaris ! qui dicis non mæchandum, mæcharis : qui abominaris idola, sacrilegium facis : qui in lege gloriaris, per prævaricationem legis Deum inhonoras. Nomen enim Dei per vos blasphematur inter gentes (Rom. 11. 21-24).

(3) Monstruosa res est gradus summus; et animus infimus; sedes prima et vita. ima; lingua magniloqua, et manus otiosa ; sermo multus, et fructus nullus; vultus gravis, et actus levis; ingens auctoritas, et nutans stabilitas; facies rugosa, et lingua nugosà (Lib. II de Consid. ).

et être en mème temps méprisable par une vie scandaleusé : Nihil turpius est, quam excellentem esse culmine, et despicabilem vilitate (Lib. Tad Eccles. cathol.).

Un grand nombre, considérant la vie infâme du prêtre scandaleux, dit saint Bernard, deviennent chancelants; ou plutôt, souvent ils perdent la foi, ils n’évitent plus les vices, ils méprisent les sacrements , ils n’ont plus horreur de l'enfer, ils ne désirent plus le ciel (1). |

Que fera autre chose le laïque que ce qu’il verra faire par son ‘père spirituel? dit Pierre de Blois: Quid faciet laicus, nisi quod patrem spiritualem viderit facientem? (Serm. Lvrt ad Sacerd. )

À la vue du prêtre scandaleux, les peuples ne peuvent-ils pas répondre aux bons prêtres qui leur reprochent leurs égarements : Pourquoi nous parlez-vous de nous corriger? Les laïques ne fontautre chose que ce qu’ils voient faire au prêtre ; et vous voulez nous obliger de faire autrement que lui! Quid mihi loqueris ? Ipsi cleriei non aliüd faciunt ; et me cogis ut non faciam! (S. Aug. de Verbo Domini, serm. LxIX.) En effet, dit saint Jérôme , tout ce que fait un prêtre, tous pensent qu'ils peuvent le faire : Quidquid feceris , id sibi omnes faciendum putant (Ad Heliod., epist. ur). Prenez garde, continue saint Jérôme, de rien faire qui engage à pécher les laïques disposés à nous imiter : Cave ne committas quod qui volunt imitari cogantur delinquere (Ut supra).

Lorsque le pasteur marche à travers les précipices, il est tout naturel que le troupeau y tombe, dit saint Grégoire : Cum pastor per abrupta graditur, consequens est, ut ad prœæcipitium grex feratur (Pastor., p. I, hb. IE).

Nous péchons, nous qui devions arrêter le cours’des péchés ! dit saint Grégoire. Considérez donc ce que devient le troupeau lorsque Jes pasteurs deviennent des loups. Qui intercédera pour ce prêtre qui se précipite dans l’abime, lui qui était destiné à intercéder pour les autres? (2) Et de quelle valeur doit être son intercession pour les autres , étant lui l’ennemi de Dieu ?..

David écrivit une lettre à Joab; et cette lettre ; Qui ordonnait de

(4) Plurimi considerantes clerici sceleratim vitam, et ex hac vacillantes, imo multoties deficientes in fide, vitia non evitant, sactamenta despiciunt, nou horrent inferos, cœlestia minime concupiscunt ( De XII Pœnit. imp., Serm. xIX ). .

(2) Ipsi peccamus qui compescere peccata debuimus. Considerate ergo quid de gregibus agatur, quando pastores lupi fiunt. Quis ei intercessor remauet, cum ille se, transgrediendo præcipitet, qui ad intercedendum pro aliis ordinatus est ? (Pastor.)

PRÊTRE (LE). 129 faire mourir Urie, fut portée par Urie même (IL. Æeg. x1, 14). Les prêtres instruits, qui savent et enseignent, et ne pratiquent pas, portent les lettres de leur propre mort, dit saint Thomas. Ce sont des lettres sans sceau , c’est la science sans la bonne vie ; c’est pourquoi , on ne croit pas en eux (1).

Comment est-1l tombé , comment a péri l’homme puissant qui sauvait le peuple d'Israël ? Quomodo cecidit potens qui salvum faciebat populum Israel ? (1. Machab. 1x. 21.)

Nul ne peut, en se tenant dans la vallée, parler du haut de la montagne, dit saint Chrysostome; mais du lieu où vous vous trouvez, faites entendre votre voix, ou restez au lieu d’où vous parlez. Si votre esprit est sur la terre, pourquoi parlez-vous du ciel? Il vaut mieux agir et ne pas instruire, que d’instruire et ne pas agir ; parce que celui qui agit corrige quelques personnes par son exemple ; mais celui qui enseigne et n’agit pas, non-seulement ne corrige personne, mais de plus en scandalise beaucoup. Gar qui n’est pas tenté de pécher, lorsqu'on voit pécher les docteurs mêmes de la justice? (2)

Vous êtes établi pour régir, non pour ravir, dit saint Bernardin de Sienne ; pour gouverner, non pour détruire; comme ministre, non comme tyran; comme dispensateur, non comme dissipateur ou usurpateur; comme tuteur, et non pour dévorer (3).

Elie ferma le ciel, arrêta la pluie, et amena la famine sur Israël pendant trois ans. Ce prophète agit ainsi afin de punir les Juifs criminels. Le prêtre scandaleux fait de même au spirituel pour la perte des âmes... Elie, dit saint Chrysostome , poussé par un saint zèle, obtient la cessation des pluies et la sécheresse de la Judée : soudain la terre est frappée de stérilité, le ciel est desséché, tous sont dévorés par la soif, les fontaines ne coulent plus; toute végétation disparaît; Pair est chaud, le soleil brûle, le repos forcé est un supplice; les nuits

(1) Litteras mortis suæ portant viri litterati, qui sciunt et docent, et non faciunt. Istæ sunt litteræ sine sigillo, id est scientia sine vita, et ideo non creditur ci (Præf. in Epist. canon.). ;

(2) Nemo potest in valle stare, et de monte loqui; sed, aut ubi stas, inde loquere ; aut unde loqueris, ibi sta. Si in terra est animus tuus, ut quid de cœlo loqueris ? Melius est facere et non docere, quam docere et non facere; quia qui facit, aliquos corrigit suo exemplo; qui autem docet et non facit, non solum neminem corrigit, sed insuper multos scandalizat. Quis enim non movetur ad peccandum, cum viderit ipsos doctores justitiæ peccantes? ( Homil. 1x ef x in Matth.)

(3) Rectorem te posuerunt, non raptorem; rectorem, non destructorem; quasi ministrum, non tyrannum; quasi dispensatorem, non dissipatorem vel usurpatorem ; ut tutorem, non devoratorem ( /n ejus vita).

comme les jours sont dévorants par la chaleur; les moissons sont perdues, les arbres sont malades, les prés ont disparu, les forêts sont pâles; la terre jeûne, n’a plus d'humidité, elle détruit les herbes qu’elle a produites; toute créature est témoin de la colère de Dieu. La famine se fait cruellement sentir. Tous ces maux temporels sont reproduits au spirituel par les prêtres scandaleux ( Æomil, in lib. Reg.). Les âmes sont télaissées et abandonnées à l’ennemi; elles sont dans le deuil , elles languissent, elles meurent... Prêtre scandaleux, tu peux emprunter ces paroles d’Isaïe et dire en toute vérité: J'ai profané mon héritage : C'ontaminavi hæreditatem meam (x1vix, 6). J'ai profané mon Dieu, le ciel, mon âme, l'Eglise, les âmes qui m'avaient été données en héritage; héritage que je devais cultiver et que j’aitperdu !.…

Si le Seigneur, dit saint Bernard , a donné son propre sang pour le rachat des âmes, ne vous paraît-il pas évident qu’il souffre une plus cruelle persécution de celui qui, par son scandale, lui enlève les âmes qu’il a rachetées, que de celui qui fut la cause de l’effusion de son sang? (1)

Si quelqu'un du peuple s’égare, il périt seul , dit saint Bernard ; mais l'erreur du chef en enveloppe plusieurs, et les maux qu’il occasionne sont d'autant plus grands qu'il est plus élevé ; Si quis de populo deviat, solus perit ; verum principis error multos involuit, et tantis obest quantis præest (Epist. Cxxvu1).

Lorsqu'un arbre jaunit, se dessèche, on voit que ses racines sont attaquées; de même, lorsque vous voyez un peuple sans religion, vous pouvez conclure qu’il a eu, ou qu'il a des pasteurs scandaleux...

Les prètres qui s’abandonnent au mal, y entrainent les peuples, ils tuent et se tuent, dit saint Bernard ; Non parçunt suis qui non parcunt sibi ; perimentes pariter et pereuntes (Serm, Lxxvn in Cant.).

Ce prêtre scandaleux, qui devait conduire les âmes à la vie, est l’auteur de leur éternelle mort, dit saint Grégoire : Vos populo auctores mortis existimamus , cut esse debuimus duces ad vitam (Homil, XVII in Evang.).

Qui cherche une eau pure dans un cloaque? Jugerai-je propre à me donner de bons conseils, celui qui n’en suit que de mauvais?

(1) Si Dominus proprium dedit sanguinem in pretium redemptionis animarum, non tibi videtur graviarem sustinere persecutionem ab illo qui, seaudali occasione, avertit ab eo animas quas redemit, quam ab illo, qui sanguinem suum fudit? (Servx. in Convers. S. Pauli.)

PRÈTRE (LE). 131 dit saint Bernard ; Quis in cœno fontem requirat ? An idoneum putabo qui mir det consilium , qui non dat sibi? (Ad Cæecil., ce. xx. )

Les prètres ignorants et vicieux sont dans l'Eglise une dangereuse peste qui fait des ravages affreux, surtout parmi les faibles, dit encore saint Bernard : Per indoctos prælatos malosque, in sancta Ecclesia , nulla pestis ad nocendum infirmis valentior invenitur (De Ordine vitæ,c.1).

Ce sont les prêtres scandaleux qui détruisent le sanctuaire de Dieu, dit saint Jérôme : Propter vitia sacerdotum, Dei sanctuarium destitutum est (Epist. XLvIIT).

Par eux, dit Salvien, la loi chrétienne est critiquée et méprisée : In nobis lex christiana maledicitur (Lib. IV ad Eccles. cath. ).

Le prêtre scandaleux est un hamecon empoisonné qui prend, séduit et tue les âmes, dit saint Ephrem : Cum primum fuerit capta anima, ad alias decipiendas fit quasi laqueus (Serm. rv).

Rien ne fait plus de mal à la cause de Dieu, que le prêtre qui, placé pour édifier, donne des exemples de corruption et de mort, dit saint Grégoire : Mullum ab alüs puto majus præjudicium tolerat Deus , quod eos quos ad aliorum correptionem posuit, dare exempla pravitatis cernit (Homil. xvir). Les prêtres scandaleux, dit encore ce saint pape, sont coupables d'autant d'homicides spirituels, qu’ils ‘donnent de mauvais exemples : Si perversa perpetrant , tot mortibus digni sunt, quot ad subditos exempla transmittunt (Pastor., p. IL, admon. v). (

Plusieurs sont catholiques dans leurs discours, et sont hérétiques dans leurs actions , dit saint Bernard. Ce que les hérétiques faisaient par leurs dogmes erronés et corrompus, les prêtres scandaleux le font par leurs mauvais exemples; et le mal qu’ils font l’emporte d’autant plus sur celui que font les hérétiques , que les œuvres sont plus efficaces que les paroles (1).

C’est par la négligence et le scandale des mauvais prêtres que les hérésies ont pullulé, dit saint Pierre de Blois : Propter negligentiam sacerdotum hæreses pullularunt (Serm. L. ad Sac.). À cause des péchés des mauvais prêtres, ajoute-t-il, la sainte Eglise de Dieu a été foulée aux pieds, et elle est devenue un objet de mépris : Propter peccata sacerdotum , data est in conculcationem et in opprobrium sancéa Dei Ecclesia (Serm. 1x in c. v Osee).

(4) Multi sunt catholici prædicando, qui sunt hæretici operando. Quod hæretici

faciebant per prava dogmata, hoc faciunt plures hodie per mala exempla; et tanto graviores sunt hæreticis, quanto prævalent opera verbis ( Ad Past. in synod.).

Gravité des péchés du prêtre.

En scrutant les histoires anciennes, dit saint Jérôme, je ne puis trouver que l'Eglise a été déchirée, et les peuples séduits, que par les mauvais prêtres : Veteres scrutans historias invenire non possum scidisse Ecclesiam , et populos seduxisse, prœter per eos qui sacerdotes a Deo positi sunt (Yn Cant. ).

Les mauvais pasteurs ont ravagé ma vigne, dit le Seigneur par Jérémie ; ils ont foulé aux pieds mon héritage; ils ont changé en une affreuse solitude l’héritage que j'avais choisi. Ils l’ont désolé; j’ai vu sa ruine : Pastores multi demoliti sunt vineam meam , conculcaverunt partem meam : dederunt portionem meam desiderabilem in desertum solitudinis. Posuerunt eum in dissipationem | xxr. 10. A1 ). ,

Les gardiens de la loi ne m'ont point connu, dit le Seigneur, les mauvais pasteurs ont violé mes préceptes; ils ont parlé au nom de Baal , et ils ont couru après les idoles : Sacerdotes tenentes legem nescierunt me, et pastores prœævaricati sunt in me; prophetaverunt in Baal , et idola secuti sunt (Jerem. 11. 8). Mon peuple a été un troupeau perdu ; leurs pasteurs les ont égarés, et les ont fait errer dans les montagnes arides; ils les ont dévorés : Grex perditus factus est populus meus ; pastores eorum seduxerunt eos, feceruntque vagari in montibus : comederunt eos (Jerem. L. 6. 7). .

Lorsqu'une brebis ne suit pas un bon berger, dit saint Clément, elle est exposée aux loups; et lorsqu'elle suit un mauvais berger, sa mort est certaine, elle est dévorée. C’est pourquoi il faut fuir les pasteurs assassins (1).

I n’y a certainement pas dans le monde une bête aussi cruelle qu'un mauvais prêtre, dit saint Jérôme : Nulla certe in mundo tam crudelis bestia , quam malus sacerdos ( Epist. ad Damas. ).

La dignité des prêtres est grande, maïs grande aussi est leur ruine, s'ils pèchent, dit saint Jérôme : Grandis dignitas sacerdotum , sed grandis ruina eorum si peccant (Lib. III in Ezech., c. xrv ).

Quoi de plus élevé que le ciel? dit saint Pierre Chrysologue. Il tombe du ciel, celui qui pèche dans les choses célestes : Quid altius cœlo? De cœlo cadit , in cælestibus qui delinquit (Serm. xxvr).

Les péchés du prêtre sont grands, 10 à raison de son caractère sacré..….; 20 à raison deson élévation. ; 30 à raison de ses lumières…; 4o à raison de ses fonctions.….; 5° à raison des grâces abondantes qu’il

(2) Ut enim ovis, cum non sequitur bonum pastorem, lupis exposita est; sic rursum, cum malum pastorem sequitur, certus est ovis interitus a malo pastore, qui eam devorabit. Quare fugiendi sunt pastores interfectores ( Lib. I Sérom.).

PRÊTRE (LE). 133 a reçues...; 60 à raison de son ingratitude...; 7° à raison de ce que les peuples attendent de lui...; 8° à raison des ravages qu’il fait par son péché...

Tomber de si haut, c’est une chute grave et terrible...

Il y a bien des fautes qui ne sont que vénielles pour les laiques, et qui sont mortelles pour les clercs, dit Innocent ITT : Multa sunt laicis venialia, quæ clericis sunt mortalia ( Serm. 1 in Const. pont. ).

Les bagatelles dans la bouche des laïques, sont des bagatelles , dit saint Bernard; mais elles peuvent être des blasphèmes dans la bouche des prêtres : Vugæ in ore laicorum , nugæ sunt ; in ore sacerdotum blasphemie.……..

Vous vous êtes retirés de la voie, dit le Seigneur par le prophète Malachie, vous en avez scandalisé plusieurs; vous avez rendu vaine mon alliance. Cest pourquoi je vous ai livrés au mépris des peuples : Vos recessistis de via, et scandalizastis plurimos : irritum fecistis pactum , dicit Dominus. Propter quod et ego dedi vos contemptibiles omnibus populis (11. 8.9).

Il est juste que le prêtre qui méprise Dieu, qui méprise son ministère, son âme, les fidèles, soit méprisé par le peuple. Il est juste que celui qui déshonore et souille le sacerdoce , soit déshonoré luimême , et tombe dans un mépris général et souverain...

Prêtres qui ne voulez pas m’entendre, qui ne voulez pas rendre gloire à mon nom, qui ne vous respectez pas, qui ravagez ma vigne, j'enverrai sur vous la détresse, et je maudirai vos bénédictions, dit le Seigneur : .…. Mittam in vos egestatem, et maledicam benedictionibus vestris (Malach. 11. 2 ).

Instruisez- vous, vous qui jugez la terre, dit la Sagesse. Prêtez l'oreille, vous qui commandez aux peuples. La puissance vous est donnée par le Seigneur , et la force par le Très-Haut, qui interrogera vos œuvres et scrutera vos pensées ; car étant les ministres de son royaume , vous n’avez pas jugé équitablement , vous n'avez pas gardé la loi de justice, et vous n’avez pas marché selon la volonté de Dieu. Il vous apparaîtra formidable et soudain; car un jugement très-rigoureux est réservé à ceux qui règnent. La miséricorde est accordée aux petits; mais les puissants seront puissamment tourmentés. Aux plus grands est destiné le plus grand supplice (1).

(1) Audite, et intelligite, discite judices finium terræ. Præbete aures vos, qui continetis multitudines, Quoniam data est a Domino potestas vobis, et virtus ab Altissimo,

Châtiments des mauvais prêtres.

Voici le temps, dit l’apôtre saint Pierre, où doit commencer le jugement par la maison de Dieu : Tempus est ut incipiat judicium à domo Dei (TX. 1v. 17).

Dans les châtiments décrits au neuvième chapitre d’Ezéchiel, Dieu voulut que les prêtres fussent punis les premiers : À sanctuario meo incipite (1x. 6).

A celui qui a reçu beaucoup, dit J. G., on demandera beaucoup ; et de celui à qui l’on a confié beaucoup, on exigera davantage : Omni cui multum datum est, multum quæretur ab eo ; et cui commendaveruné multum , plus petent ab.eo ( Luc. xtr. 48 ). Ÿ

Le laïque n’aura à répondre que de lui-même, mais le pasteur rendra compte de tout le troupeau... Je redemanderai son sang à ta main, dit le Seigneur : S'anguinem ejus de manu tua requiram (Ezech. ui. 48). Mes brebis ont été dispersées, parce qu’elles n’avaient point de pasteur, et elles sont devenues la proie de tous les animaux, et elles ont été dispersées. Cest pourquoi, Ô pasteurs, écoutez : Voici ce que dit le Seigneur Dieu : Je viens moi-même à ces pasteurs; je redemanderai mon troupeau à leurs mains (Ezech. xxx1v.5. 9. 10).

Malheur aux pasteurs qui perdent et déchirent le troupeau de mon pâturage ! dit Le Seigneur: Væ pastoribus, qui disperdunt et dilacerant gregem pascuæ mec | dicit Dominus (Jerem. xxnr. 4). Les prètres se sont souillés, et j’ai vu leur iniquité dans ma maison, dit le Seigneur. Cest pourquoi leur voie sera un chemin glissant au milieu des ténèbres; on les poussera, et ils se heurteront, et j’amasserai sur eux tous les maux, dit le Seigneur (Jerem. xxur. 41. 42).

Quelle joie pour l’enfer quand le mauvais prêtre y entre! Tout l’enfer se met en mouvement pour aller au-devant de ui, dit Isaïe : Infernus subter conturbatus est in occursum adventus sui. Omnes principes terræ surrexerunt de soliis suis (XIV. 9). Tous les princes de cette terre de misères se lèvent pour le laisser passer et descendre jusqu’au fond de l’abime , et laisser à ce prêtre réprouvé la première place à côté de Lucifer : tous élèvent leurs voix, et disent : Eh quoi! tu as été blessé comme l’un de nous; tu es devenu semblable à nous! (Id. x1v. 10.)

qui interrogabit opera vestra, et cogitationes scrutabitur : quoniam cum essetis mini stri regni illius, non recte judicastis, nec custodistis legem justitiæ, neque secundum voluntatem Dei ambulastis. Horrende et cito apparebit vobis; quoniam judicium durissimum his, qui præsunt, fiet. Exiguo enim conceditur misericordia; potentes autem potenter tormenta patientur, Fortioribus fortior instat cruciatio ( v1. 2-7. 9).

RièRE se dit dans la langue de l'Eglise orafio, qui viént de o7is Qu'est-ce que

ratio, la raison de la bouche, La raison, en effet, se mani- ! prière! feste par la parole et surtout par la prière ; car la prière a

été donnée à l’homme par Dieu pour suppléer la raison : ce qué la

raison , obscurcie par le péché, ne peut atteindre et, comprendre, la

prière le saisit...

La prière, prisé en elle-même, est une élévation de l’âme vers Dieu...

Dexaxorz, dit J. C., cherchez, frappez : Petite, quærite, pulsate Nécessité dela (Matth. vir. 7). Voilà trois impératifs; et lorsque Dieu parle à l’im- prière. pératif, c’est toujours un ordre qui oblige à l’obéissance. 11 faut toujours prier et ne se lasser jamais, dit encore le Sauveur : Oportet semper orare, et non deficere (Luc. Kvir. 1). La prière est nécéssaire dans les tentations. Veillez et priez, dit J.C., pour ne point entrer en tentation; l’esprit est prompt, mais la chair est faible : Vigilate et orate, ut nôn intretis in tentationem ; Spiritus quidem promptus est, caro autem infirma (Matth. Xxv1. 4 ). Celui qui ne prie pas est comme üne ville sans défense, énvironnée, et même pleine d’ennemis..….

La prière est nécessaire dans le triste état du péché, pour en

La prière éstnécessaire pour obtenir la grâce..….

Ce que l’eau est au poisson, la prière l’est à l’homme, dit saint Chrysostome : UE piscis vita est aqua, ita tibi deprecatio (Lib. Il de Orand. Dom. ).

Cé que le soleil est à la nature pour la vivifier étfla féconider, ce que l'air est à nos poumons, le pain à la vie matérielle, larme au soldat, l’âme au corps, la prière l’est à notre âme...

Nous ne sommes pas capables de produire quoi que ce soit par nous-mêmes ét comme de nous-mêmes, dit le grand Apôtre ; mais Dieu nous en donne la faculté. Donc il faut prier : Non quod sufficientes simus cogitare aliquid a nobis, quasi ex nobis ; sed Sufficientia

nostra ex Deo est (II. Cor. 111. 5). Priez sans interruption, dit cet apôtre : Sne internussione orate (I. Thess. v. 17).

Le Roi-Prophète comprenait bien lui-même la nécessité de prier, lorsqu'il disait : Je vous adresse ma prière, Seigneur, exaucez-moi selon la multitude de vos miséricordes. Retirez-moi de la fange; que je n’y demeure pas enfoncé. Délivrez-moi de mes persécuteurs, arrachez-moi du sein de l’abime, Que la tempête des eaux ne me submerge pas, que l’abime ne m’engloutisse pas, que le gouffre ne referme pas sa bouche sur moi. Exaucez-moi, Seigneur, selon l’étendue de votre clémence; ne délournez pas votre visage de votre serviteur : je suis en proie aux angoisses ; hâtez-vous de me secourir. Venez délivrer mon âme, arrachez-moi à la fureur de mes ennemis (1). Seigneur, inclinez l'oreille et exaucez-moi, car je suis pauvre et indigent : /Znclina, Domine, aurem tuam, et exaudi me ; quoniam inops et pauper sum ego (Psal. Lxxxv. 1). J'ai étendu mes mains vers vous ; comme une terre altérée, mon âme a soif de vous, Seigneur ; hâtezvous de me secourir; mon cœur a défailli : Zxpandi manus meas ad te ; anima mea sicut terra sine aqua tibi ; velociter exaudi me, Domine ; defecit spiritus meus (Ibid. exit. 6. 7 ).

Celui qui veut être avec Dieu doit prier, dit saint Isidore; toutes les fois que le péché veut s'emparer de nous, il faut prier : Qui vult cum Deo esse, debet orare ; quoties quolibet vitio tangitur, toties orationem subdat ( Lib. de Saummo bono ).

Mon fils, dit l’Ecclésiastique, ne vous délaissez pas vous-même en votre infirmité, mais priez le Seigneur , et il vous guérira : F'ili, in tua infirmitate ne despicias teipsum ; sed ora Dominum, et ipse curabit te (XXXVIIT. 9).

Que les prêtres, dit le prophète Joël, et les ministres du Seigneur pleurent entre le vestibule et l’autel, et qu’ils s’écrient : Pardonnez, Seigneur, pardonnez à votre peuple, et ne permettez pas que votre héritage soit voué à l’opprobre : Znter vestibulum et altare plorabunt sacerdotes, ministri Domini, et dicent : Parce, Domine, parce populo tuo, et ne des hœæreditatem tuam in opprobrium (11. 17).

Après le baptème, dit saint Thomas, la prière continuelle est

(1) Ego vero oralionem meam ad te, Domine. In multitudine misericordiæ tuæ exaudi me.Eripe me de luto, ut non infigar; libera me ab iis qui oderunt me, et de profundis aquarum.Non me demergat tempestas aquæ, neque absorbeat me profundum; neque urgeat super me puteus os suum,. Exaudi me, Domine, quoniam benigna est misericordia tua. Et ne avertas faciem tuam a puero tuo ; quoniam tribulor, velociter exaudi me, Intende animæ meæ, et libera eam; propter inimicos meos eripe me (LxvHr 44-19),

PRTÈRE. 137

nécessaire à l’homme : Post baptisma necessaria est homini jugis oratio (2. 3. q. 5. art.8).

La prière est donc nécessaire parce que Dieu l’ordonne ; elle est nécessaire pour vaincre nos ennemis, pour sortir du péché, pour ne plus le commettre, pour opérer notre salut, pour obtenir la grâce sans laquelle point de salut : mais point de grâce sans prière ; elle est nécessaire pour nous fortifier dans notre faiblesse ; elle est nécessaire pour pratiquer la vertu, pour arriver au port du ciel, pour monter au ciel...

Jésus-Carisr, dit l’évangéliste saint Mare, se levait de grand matin, et s’en allait prier dans un lieu désert : £'# diluculo valde surgens , abiit in desertum locum, ibique orabat (1. 35). Il s’en allait d’autres fois sur la montagne pour prier : Abüt in montem orare (Marc. vi. 46). Et saint Luc nous dit qu’il s’en allait sur la montagne pour prier, et qu’il passait toute la nuit priant Dieu: Æ'rüt in montem orare, et erat pernoctans în oratione Dei ( vi. 12). C’est pendant qu’il priait qu’il se transfigura devant ses apôtres (Luc. 1x. 28). Toutes les fois qu’il voulait opérer des miracles, il priait auparavant. Il prie au jardin des Oliviers , il prie sur la croix. Sa vie entière est une vie de prière...

Prerre est jeté en prison, chargé de chaînes; l’Eglise ne cesse de prier pour lui, disent les Actes des apôtres : Petrus servabatur in carcere. Oratio autem fiebat sine intermissione ab Ecclesia ad Deum pro eo (xu. 5).

Saint Etienne priant même pour ses ennemis qui le lapident (Act. vi. 60), est un modèle pour tous les chrétiens.

Tous les premiers chrétiens priaient constamment : Æ/i omnes erant perseverantes unanimiter in oratione ( Act. 1. 14). Pour nous, disent les apôtres, nous nous adonnerons à la prière : Nos orationi instantes erimus (Act. vI. 4).

Nous prions sans cesse pour vous, dit saint Paul aux Colossiens: Semper pro vobis orantes (1.3). Nous ne cessons, ajoute-t-il, de demander que vous soyez remplis de la connaissance de la volonté de Dieu, en toute sagesse et intelligence spirituelle ; afin que vous marchiez d’une manière digne de Dieu, cherchant à lui plaire en tout, fructifiant en toute bonne œuvre, et croissant dans la science de Dieu (4).

(2) Non cessamus pro vobis orantes, et postulantes ut impleamini agnitione volune

LS

Exemple que . C. nous

donne de la prière.

Exemples des saints sur la prière,

Excellence de la prière.

138 PRIFRE.

Tous les patriarches, tous les prophètes, tots les saints dé l’ancienne et de la nouvelle loi ont été des hommes de prière... Lisez la vie des saints, vous n’en trouverez aucun qui n’ait été un homme de continuelle et fervente prière...

Un diamant entre les mains de celui qui n’en connait pas la valeur, a autant de prix qu'entre les mains d’un lapidaire qui sait l’estimer, dit saint Jordan ; de même , la prière est si excellente en elle-même, qu’elle a autant de valeur chez un ignorant que chez un savant (Surius, én ejus vita).

Ecoutez saint Ephrem : La prière, dit-il, est la gardienne de la tempérance, le frein de la colère, la répression d’une âme orgueilleuse , le remède contre la haine, la juste constitution des lois et du droit, la puissance des royaumes, Le trophée et l’étendard d’une juste guerre, la protectrice de la paix, le sceau de la virginité, la fidélité conjugale, le soutien des voyageurs, la gardienne de ceux qui sommeillent, la fertilité pour les cultivateurs , le salut des navigateurs, l’avocate des coupables, la consolation des afiligés, le plaisir de ceux qui se réjouissent , la ressource de ceux qui pleurent, la bonne fin des mourants. Il n’y a point, pendant toute la vie de l’homme, de trésor comparable à la prière (1).

L’Apocalypse nous dit que les anges dans le ciel sont devant Agneau, ayant chacun des harpes et des coupes d’or pleines de parfums, qui sont les prières des saints : Æabentes singuli citharas et phialas aureas plenas odoramentorum, quæ sunt orationes sanctorum (v. 8). Les prières, celles des âmes ferventes surtout, sont comparées à un délicieux parfum répandu. En effet, 1° La prière monte comme l’encens vers les cieux ; 2° elle répand d’odoriférants parfums. 3° Comme l’encens chasse la mauvaise odeur, ainsi la prière chasse l’odeur infeete du péché, chasse les démons et calme la colère de Dieu. 4e L’encens brûle et fume au feu ; de même la prière s’enflamme dans le feu des tribulations. 5° Les parfums se compo. sent d’aromates broyés; ainsi la prière doit partir d’un cœur humble et mortifié. 6° On ensevelit les morts avec des aromates vour les

tatis ejus, in omni sapientia et intellectu spiritali ; ut ambuletis digne Déo per omnia placentes; in omni operehono fructificantes,et crescentés in scientia Dei(Co/oss.1.9.10.) (1) Oratio est temperantiæ custodia, iracundiæ frænum, animi elati repressio, odii médicina, recta legum jurisque consfitutio, regni potentia, vexillum trophæumque beili, tutela pacis, virginitatis sigillum, fides nüptiärum, viatorum præsidium, dormientium custos, agricolarum fertilitas, navigantium salus, reorum patrona, mœrentium consolatio, lætantium jucunditas, lugentium solamen, morientium sepultura, Nulla est alia in tota vita humana pretiosior oratione possessio ( Tract, de Orat.).

préserver de la corruption; de même il faut ensevelir l'âme dans la prière, pour qu’elle n’en sorte pas, et qu’elle conserve l'incorruptibilité..….

* La prière, dit saint Augustin, est la forteresse des âmes pieuses , Jes délices de l’ange gardien, le supplice du démon, un service agréable à Dieu, tout le mérite de la pénitence et de la religion, la gloire parfaite, l’espérance assurée , la guérison incorruptible (1).

La prière est un colloque avec Dieu; elle est le prélude de la béatitude éternelle, l'occupation des anges, la victoire de toutes les difficultés , le remède de celui qui est infirme dans la voie de Dieu , la correction de l’âme, sa fécondité, l’'embrasement du Saint-Esprit, la joie ét l’allégresse. ….

Les Pères de l'Eglise et les théologiens'enseignent qu’il y a trois espèces de bonnes œuvres auxquelles toutes les autres œuvres se rapportent comme les membres à la tête : Ta prière, le jeûne et l’aumône. La prière paie ce qui est dû à Dieu; le jeüne, ce que nous nous devons à nous-mêmes; l’aumône, ce qui est dû au prochain.

La prière est comparée à la rosée. Comme la rosée tempère la chaleur de lété et rafraichit les corps brûlés par les ardeurs du soleil ; ainsi la prière, cet entretien familier avec Dieu, éteint toutes Les flammes dévorantes des concupiscences et des passions...

L’oblation du juste (qui est aussi la prière ) engraisse l’autel, dit l’Ecriture , et exhale en présence du Très-Haut une agréable odeur: Oblatio justi impinguat altare, et odor suavitatis est in conspectu Altis simi (Eccli. xxx. 8).

Dans la prière, dit saint Bernard, on boit le vin céleste qui réjouit le cœur de l’homme; le vin du Saint-Esprit qui enivre l’âme, et fait oublier les plaisirs charnels. Ce vin répond au besoin d’une conscience aride et desséchée ; il convertit en la substance de l'âme les aliments des bonnes œuvres, ilen remplit toutes les facultés, fortifiant la foi, consolidant l’espérance, donnant de la vigueur et de l’ordre à la charité, et affermissant les mœurs (2).

La prièré est comme de belles et suaves fleurs qui charment les

(1) Oratio est animæ sanctæ præsidium, angelo bono solatium, diabolo supplicium, gratum Deo obsequium, ét pœnitentiæ ac religionis laus tota, perfecta gloria, spes certa, sanilas incorrupta (Ad Prob.). ,

(2) Orando bibitur vinum lælificans cor hominis; vinum Spiritus, quod inebriat, et carnalium voluptatum infundit oblivionem. Humectat interioraarentis conscientiæ, escas bonorum actuum digcrit et deducit per quædam animæ membra ; fidem roborans, spem confortans, vegetans ordinansque Caritatem, et impinguans mores ( Serm. xvinr in Cant.).

Heureux effets, efficacité, fruit, avantages infinis de la prière.

40 On obtient de Dieu ce qu'on lui demande par la prière. J. CG.

lassure.

yeux de Dieu , et dont la divine odeur monte jusqu’au trône de Dieu mème. Elle a le parfum des violettes, la blancheur du lis, la beauté et l'éclat de la rose. C’est une fleur d’or qui renferme les plus riches couleurs, les parfums les plus exquis; elle. réjouit Dieu lui-même, et remplit l’âme des délices célestes.

Dewanrez, et l’on vous donnera; cherchez, et vous trouverez; frappez, et l’on vous ouvrira. Car celui qui demande, reçoit; celui qui cherche, trouve; et l’on ouvrira à celui qui frappe : Petite, et dabitur vobis ; quærite , et invenietis ; pulsate , et aperietur vobis. Omnis enim qui petit, accipit ; et qui quærit, invenit ; et pulsanti aperietur (Matth. vir. 7. 8). Quel est celui de vous , continue J. C. , qui donne une pierre à son fils quand celui-ci lui demande du pain? ou, s’il lui demande un poisson, qui lui donne un serpent? Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner à vos enfants des choses bonnes, combien plus votre Père, qui est dans les cieux, vous donnera-t-il ce qui est bon , quand vous le lui demanderez? (4) Tout ce que vous demanderez à mon Père en mon nom, je le ferai; afin que le Père soit glorifié dans le Fils. Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai : Quodcumque petieritis Patrem in nomine meo. hoc faciam ; ut glorificetur Pater in Filio. Si quid petieritis me in nomine meo , hoc faciam (Joann. xiv. 13. 14). Et pour confirmer de plus en plus cette promesse, il dit encore : En vérité, en vérité je vous le dis: Si vous demandez à mon Père en mon nom, il vous donnera. Jusqu’à présent vous n’avez rien demandé en mon nom : demandez , et vous recevrez, afin que votre joie soit pleine (2).

J'ai crié vers le Seigneur, et il m'a exaucé, dit le Psalmiste : Woce mea ad Dominum clamavi, et exaudivit me (rx. 8). Au milieu de ma prière , vous m'avez exaucé, Seigneur : Cum invocarem, exaudivit me Deus (Psal. 1v. 2). Le Seigneur m’exaucera lorsque j’élèverai la voix vers lui : Dominus exaudiet me cum clamavero ad eum (Psal. 1v. 4). Le Seigneur m'a entendu, il a été attentif à la voix de ma prière: E'zaudivit Deus, et attendit voci orationis meæ (Psal. Lxv. 19). Ileriera

(1) Quis est ex vobis homo, quem si petierit filius suns panem, numquid lapidem porriget ei? aut si piscem petierit, numquid serpentem porriget ei? Si ergo vos, cum sitis mali, nostis bona data dare filiis vestris; quanto magis Pater vester, qui in cælis est, dabit bona petentibus se ? (Matth. vi. 9-11.)

(2) Amen, amen dico vobis, si quid petieritis Patrem in nomine meo, dabit vobis, Usque modo non petistis quidquam in nomine meo ; Petite, et accipietis, ut gaudium vestrum sit plenum | Joann, xvr. 23, 24),

vers moi, et je l’exaucerai, dit le Seigneur : Clamabit ad me, et ego exaudiam eum (Psal. xc. 15). Ils s’adressaient au Seigneur, et le Seigneur leur répondait : Znvocabant Dominum, et ipse exaudiebat eos (Psal. xavnr. 6). Le Seigneur est près de ceux qui le prient, de ceux qui l'invoquent dans la vérité de leur cœur : Prope est Dominus omnibus invocantibus eum ; omnibus invocantibus eum in verilate (Psal. cx11v. 18).

D’après ces témoignages nombreux, évidents, positifs de la sainte Ecriture, il est certain que la prière obtient tout de Dieu...

St quelqu’un de vous a besoin de la sagesse , dit l’apôtre saint Jacques , qu'il la demande à Dieu , qui donne à tous en abondance, sans refuser personne; et elle lui sera donnée : Si quis vestrum indiget sapientia , postulet a Deo , qui dat omnibus ‘affluenter, et non RCE rat ; et dabitur er (1. 5).

J'ai désiré, et l'intelligence m’a été donnée, dit Salomon; j'ai prié, et l'esprit de sagesse est venu en moi : Opfavi, et datus est mihi sensus ; et invocavt, et venit in me spiritus sapientiæ (Sap. VII. 7).

Querou’un de vous est-il dans la tristesse, qu’il prie (et il sera consolé) : Tristatur aliquis vestrum ? oret (Jacob. v. 13). La prière est un remède efficace qui guérit toutes les plaies , toutes les misères ; elle tarit les larmes, adoucit tous les chagrins, toutes les amertumes..….

Serexeur, dit le Prophète royal, je ne serai pas confondu, parce que je vous ai invoqué : Domine, non confundar, quoniam invocavi te (xxx. 20).

Qui a invoqué Dieu , et a été délaissé? dit l’Ecclésiastique : Quis invocavié eum , et despexit illum P (11. 12.)

Tu m'as invoqué dans la tribulation , et je t'ai délivré, dit le Seigneur : /n tribulatione invocasti me, et liberavi te (Psal. 1xxx. 7). Ils ont crié vers le Seigneur dans leur détresse , et le Seigueur les a délivrés de leurs misères, dit le Psalmiste : Clamaverunt ad Dominum cum tribularentur, et de necessitatibus eorum liberavit eos (avr. 13). Dans ma détresse , j'ai crié vers le Seigneur, et il m'a exaucé, dit encore le Psalmiste : Ad Dominum cum tribularer, clamavi ; et exaudivit me (cxix. 1).

20 Par la prière on oblient la sagesse.

830 La prière console.

4o Celui qui prie n’est jamais confondu.

50 Par la prière on est délivré des tribulations.

60 La prière calme les tempêtes.

70 Par la prière on ob tient la guéri-

son des maladies, lorsque Dieu le juge convenable,

Jésus étant monté dans une barque, ses disciples le suivirent, dit saint Matthieu. Et voilà qu’un grand mouvement se fit dans la mer, de sorte que les flots couvraient la barque : lui cependant dormait. Ses disciples s’approchèrent de lui et le réveillèrent, disant : Seigneur, sauvez-nous, nous périssons. Jésus leur dit : Pourquoi craignez-vous, hommes de peu de foi? Alors se levant, il commanda aux vents et à la mer; et il se fit un grand calme. Et dans leur admiration , ces hommes disaient : Quel est celui-ci, que les vents et la mer lui obéissent? (vin. 23-27. )J,C. commande aux vents et à la mer, etil se fait un grand calme. Mais remarquez qu'il n’opère ce miracle qu’à cette prière des apôtres : Seigneur, sauvez-nous, nous périssons. Quel est celui à qui les vents et la mer obéissent : les vents des tentations, la mer des concupiscences? C’est l’homme qui prie...

Ux homme couvert de lèpre voyant Jésus, se prosterna la face contre terre, et le pria, en disant : Seigneur, si vous voulez, vous pouvez me guérir. Etendant la main, Jésus le toucha, en disant : Je le veux, soyez guéri : et sur-le-champ sa lèpre disparut: Domine, si vis, potes me mundare. Et extendens manum, tetigit eum dicens : Volo, mundare; et confestim lepra discessit ab eo (Luc. v. 12. 43).

Deux aveugles assis sur le bord du chemin, entendant que Jésus passait, s’écrièrent : Jésus, fils de David , ayez pitié de nous. Jésus s’arrêtant, les appela et dit : Que voulez-vous que je vous fasse? Seigneur, dirent-ils, que nos yeux s'ouvrent. Et Jésus, ému de compassion pour eux, toucha leurs yeux, et aussitôt ils recouvrèrent la vue : Domine, miserere nostri, fili David... Misertus eorum Jesus , tetigit oculos eorum ; et confestim viderunt (Matth. xx. 30-34 ).

Comme Jésus entrait dans un village, dix lépreux vinrent à lui; ils élevèrent la voix, disant : Jésus notre maître, ayez pitié de nous ; et ils furent guéris : Jesu prœceptor, miserere nostri ; et mundati sunt (Luc. xvir. 12-14).

Marthe et Marie prient J. C. d’avoir pitié de Lazare leur frère, enseveli depuis quatre jours ; et, à leur prière, J. C. le ressuscite (Joann. x).

J. G. opère un grand nombre de guérisons miraculenses, à la prière des malades, ou à la prière d’autres personnes qui s'intéressent aux malades. Seigneur, dit le Psalmiste, j’ai élevé ma voix vers vous, et vous m'avez rendu la santé : Domine, clamavt ad te , et sanasti me (xxIX. 3).

Le roi Ezéchias tombe dans une maladie mortelle; Isaïe, de la part

PRIÈRE, 143 de Dieu, lui annonce sa mort, et lui dit: Mettez votre maison en règle, disposez-vous, car vous mourrez, dit le Seigneur, et vous ne vivrez pas ; Æ'grotavit Ezechias usque ad mortem ; et Isaias dixit ei : Heæc dicit Dominus : Dispone domui tuæ, quia morieris tu , et non vives (Isai. xxxvir. 1 ). Ezéchias prie le Seigneur : ÆZzechias oravit ad Dominum (xxxvim, 2). Et le Seigneur parle à Isaïe et lui dit: Va, et dis à Ezéchias : Voici ce que dit le Seigneur Dieu de David votre père ; J'ai entendu votre prière; je vous accorde quinze ans de vie ( XXX VII. 4, 5).

Que de nombreuses guérisons les saints ont obtenues par leurs prières ! Que d’enfants guéris par les prières des mères yertueuses !..

Les médecins, dit saint Laurent Justinien, exigent de l’argent pour rendre la santé au corps, et souvent ils ne le peuvent même pas; mais Dieu guérit infailliblement l’âme, sans or et sans argent; il n’exige que la prière ; et il guérit toujours l’âme qui prie, et pour laquelle on prie, quelque grave et mortelle maladie qu’elle ait. La prière guérit les maladies spirituelles; elle est le prompt et efficace remède pour celui qui est fortement tenté par les vices. Qu'il ait recours à ce remède toutes les fois qu'il en a besoin, et il éteindra le feu des passions et se purifiera. La prière fait disparaitre les ardeurs de-la concupiscence, comme l’eau éteint le feu (1).

Le Seigneur, dit le Prophète royal, s’est ahaissé vers moi, il a entendu mes cris; il m'a retiré de l’abime de la misère, et du milieu de la fange : Æ'xaudivit preces meas, et eduxit me de lacu miseriæ, et de luta fœcis (xxxIx. 3 ).

La prière est le véritable médecin de l'âme malade, dit Plutarque lui-même ; Ægroto animo medicus est oratio (In Morib. ).

Que celui qui veut sortir du péché, qui veut briser les chaines de son esclavage honteux, prie; Dieu brisera ses chaînes, et lui fera miséricorde, Le pécheur ne peut seul se convertir et obtenir grâce; il lui faut la grâce de Dieu; or, par la prière il obtient toutes les BTÂCES.

La prière rend la vie à l'âme; la prière ressuscite les morts spirituels; miracle bien plus grand que la résurrection des corps.

(1) Omnes medici, pecuniis, Deus autem noster, pura oratione, ad conferendam sanitatem placatur. Hæc spiritales sanat morbos. Nam hæc est potissimum remedium ejus, qui vitiorum tentamentis æstuat , ut quoties quolibet tangitur vitio, toties se ad orationem vertat, quia frequens oratio vitiorum expugnationem exstinguit : ct siout aqua ignis exstinguitur, ita concupiscentiarum vitiosarum impetus , orationg superatur (De Inter. conflictu ).

8° Par la prière on obtient la santé de l’âme et la rémission des péchés, ce qui est infiniment plus précieux que d'obtenir la guérison du corps.

90 La prière opère une véritable transfiguration.

Seigneur, dit le Psalmiste , (ce pécheur) vous a demandé la vie, et vous la lui avez accordée : Vifam petit a te, et tribuisti ei (xx. 5). Obtenir par la prière le pardon de tous ses péchés; payer par la prière toutes ses dettes spirituelles, quelque nombreuses et immenses qu’ellessoient; réparer toutes ses pertes, ressusciter son âme, lui préparer la vraie liberté, quels incomparables trésors et quels avantages!

Jésus, dit l’évangéliste saint Luc, prit Pierre, Jacques et Jean, et monta sur une montagne pour prier. Et pendant qu’il priait, l’aspect de sa face devint tout autre, et son vêtement d’une éclatante blancheur : Ascendit in montem ut oraret. Et facta est, dum oraret, species vultus ejus altera; et vestitus ejus albus et refulgens (1x. 28. 29). Et saint Matthieu dit que sa face resplendit comme le soleil, et que ses vêtements devinrent blancs comme la neige : £' resplenduit facies ejus sicut sol ; vestimenta autem ejus facta sunt alba sicut nix (XVII. 2).

J. C. voulut se transfigurer dans sa prière, pour nous apprendre quels sont les fruits de la prière ; que dans la prière nous sommes pénétrés, environnés de la lumière céleste, comme transfigurés, afin que de terrestres nous devenions célestes et divins, que d'hommes nous devenions des anges...

La prière est, en effet, la transfiguration de l’âme ; car, 1° l'âme reçoit la lumière de Dieu pour le connaître, se connaître et savoir ce qu'elle doit faire; et cela d’une manière claire, visible. La prière obtient les lumières pour discerner les auteurs et les livres bons, des auteurs et des livres mauvais ou inutiles; elle obtient qu’on entende, qu’on comprenne, qu’on voie ce qu’on lit, que l’on s’en souvienne et qu'on en profite... 2° Par la prière, on demande et l’on obtient de Dieu sa grâce, pour faire disparaitre les taches de Pâme, en éloigner les vices et les tentations. Par la prière, les consolations succèdent à la désolation; la force, à la faiblesse; la ferveur, à la tiédeur; Pintelligence, au doute; le courage, à la pusillanimité; la joie, à la tristesse; le réveil, au sommeil; la vie, à la mort. Voilà une précieuse transfiguration ! Tellement qu’on dit avec Pierre, enivré de bonheur à la vue de la transfiguration de son divin maître : Seigneur, il nous est bon d’être ici; faisons-y des tentes pour y demeurer: Domine, bonum est nos hic esse ; faciamus tabernacula (Matth. xvir. 4). 30 Par la prière, Pâme s’élève au-dessus d'elle-même, et se dirigeant vers le ciel, elle monte jusqu’à Dieu; là, elle apprend, elle voit que toutes les choses d’ici-bas sont viles, étrangères et puériles : de cette hauteur où la prière l’a portée, elle les méprise, parce qu’elle comprend que

les vrais honneurs, les vraies richesses, les vrais plaisirs ne sont qué dans le ciel. 40 Par la prière, l'âme voit que toutes les croix sont légères, que la pauvreté, les épreuves, les maladies, ete., sont un léger fardeau. Aussi par la prière elle supporte tout. Elle dit avec le grand Apôtre : J’estime que les souffrances de ce temps ne sont pas dignes de la gloire future qui sera révélée en nous : Zxistimo quod non sunt condignæ passiones hujus temporis ad futuram gloriam, quæ revelabitur in nobis (Rom. vu. 48). 5° Par la prière, l'âme s’unit à Dieu, se transforme en Dieu, participe de la nature de Dieu. Et voilà une admirable transfiguration !.…

Lorsque nous prions, nous parlons à Dieu, dit saint Isidore, et lorsque nous faisons de pieuses lectures, Dieu lui-mêmenous parle : Cum oramus, ipsi cum Deo loquimur ; cum vero legimus, Deus nobiscurn loquitur (Lib. Sentent. ).

La prière fait de nous le peuple de Dieu. Il invoquera mon nom, dit le Seigneur, et je l’exaucerai. Je dirai : Tu es mon peuple; et lui me dira : Vous êtes mon Dieu : Zpse invocabit nomen meum, et ego exaudiam eum. Dicam : Populus meus es; et ipse dicet : Dominus Deus meus (Zach. xi11. 9).

Il priera le Seigneur, dit Job, il l’apaisera, et il verra sa face : Deprecabitur Dominum, et placabilis ei erit, et videbit faciem ejus. (xxx. 26).

La prière, dit saint Chrysostome, fait denous les temples de J. C. : Oratio nos constituit templa Christi (Lib. IT de Orand. Dom. ).

Quann je connus, dit Salomon, que je ne pouvais posséder la continence, si Dieu ne me la donnait, et que cela même était sagesse de savoir de qui était ce don, je m’en allai vers le Seigneur, etle priai, et lui dis du fond:de mon cœur : Dieu de mes pères, Seigneur de miséricorde, qui avez tout fait par votre parole, donnez-moi cette sagesse (de pureté, de chasteté) (Sap. viir. 214. 1x. 4-4).

R1eN n’est aussi puissant que l’homme probe qui prie, dit saint

Chrysostome : IVéhil est homine probo orante potentius (In Matth. ). La prière est si puissante, ses effets, ses fruits sont si grands, qu’il

n’y a pas d'obstacles qu’elle ne renverse, rien qu’elle n’obtienne. La prière, dit saint Jean Climaque, si vous considérez sa nature,

est une conversation familière, et l’union de l’homme avec Dieu.

Mais si vous considérez sa force, son efficacité, elle est la conservation

IVe 10

400 La prière fait de nous les temples de Dieu.

1to La prière donne la chasteté, la pureté.

190 Efficacité de la prière; elle est toutepuissante, elle peut tout.

du monde , la réconciliation de Dieu, la mère et la fille des larmes ; elle est la rémission des péchés, le pont sous lequel passent les tentations comme l’eau, la forteresse contre l’impétuosité des afflictions, l’'apaisement et l'extinction des guerres, l'office des anges, l'aliment de tous les esprits, la gloire future, l’œuvre pour l'éternité, la source des vertus, la réconciliatrice des grâces divines, la perfection spirituelle, la nourriture de l’âme, la lumière de l'esprit, le remède contre le désespoir, la démonstration de l’espérance, la consolation dans la tristesse, la richesse des religieux, le trésor des solitaires, le frein de la colère, le miroir de la perfection religieuse, la marque de la règle, la déclaration de la vocation , l'explication des prophéties, le sceau de la gloire éternelle (1).

La prière est la respiration de l’âme; en priant, nous envoyons vers Dieu le souffle du désir , et nous recevons de lui le souffle de la vertu ; nous aspirons Dieu...

L’âme qui prie est une ville forte, imprenable. .….

Pierre est en prison, il est chargé de chaïnes, l'Eglise prie ; et la veille du jour où il doit être mis à mort par Hérode, au milieu de la nuit, un ange du Seigneur paraît, une lumière éclatante brille dans la prison, l’ange réveille Pierre; ses chaines tombent, il se lève ; les portes de la prison lui sont ouvertes, il passe au milieu des gardes sans être aperçu, il est libre, il est délivré de ses ennemis. Qui opère tant de prodiges? la prière des fidèles ( Acé. x1r. 5-9).

La prière 1° calme la vengeance divine ; elle porte Dieu à obéir à l’homme... A la prière de Josué, le soleil s’arrète au milieu de sa course... (Josue. x. 14.)2° Les anges assistent ceux qui prient (Daniel. 1x. 91 ). Ils offrent eux-mêmes les prières à Dieu, et apportent les fruits de la prière exaucée, dit Job... (xx. 12.) 3° La prière délivre l’homme de mille maux ; elle obtient la grâce, et le salut présent et futur... 40 Elle domine tous les éléments et toutes les créatures; elle arrête le soleil; elle fait descendre le feu du ciel

(1) Oratio, si ipsius naturam spectes, est familiaris conversatio et conjunctio hominis cum Deco. Si autem vim, seu efficaciam, mundi conservatio, Dei reconciliatio, mater lacrymarum, el iterum filia, propitiatio peccatorum, pons tentationum, propugnaculum adversus impetum afflictionum, bellorum oppressio et extinclio, officium angelorum, omaium spirituum alimentum, futura lætitia, actio sempiterna, virtutum scaturigo, gratiarum divinarum reconciliatrix, profectus spiritualis, nutrimentum animæ, mentis illustratio, securitas desperationis, spei demonstratio, tristitiæ solatio, divitiæ monachorum, thesaurus solitariorum, iræ diminutio, speculum religiosi profectus, dimensionum index, status declaratio, futurorum significatio, gloriæ futuræ indicium ( Grad. xxvin ).

PRIÈRE. 147 (IV. Reg. 1. 10) ; elle ferme le ciel (IV. Xeg. 1. 41). Elle divise la mer et les fleuves (Z'xod. x1v. 15-21. — Josue. 111. 46). Elle ressuscite les morts ; elle délivre les âmes du purgatoire..... Elle apprivoise les bêtes les plus féroces; elle guérit de la lèpre, de la fièvre, elle éloigne la peste, toutes les maladies; elle calme les orages, les incendies, les tremblements de terre; elle empêche les naufrages; elle prend dans le ciel toutes les vertus et les grâces, elle les apporte sur la terre ; elle triomphe du Dieu tout-puissant, et le lie en quelque sorte...

Jérémie priant est fortifié dans sa prison... Daniel, dans la fosse

aux lions, rend les lions doux comme des agneaux; il leur ferme la gueule par sa prière... Les trois enfants dans la fournaise chantent les louanges du Seigneur; les flammes ardentes, à leur prière, ne touchent même pas un seul cheveu de leur tête... Job, sur son fumier, par sa prière triomphe de Satan et de tous ses maux... Par la prière, Joseph remporte la victoire sur la plus terrible des tentations..…. Par la prière, Suzanne sauve sa vertu et sa vie ; elle est délivrée de deux vieillards impudiques et calomniateurs; ils sont condamnés eux-mêmes justement à une mort honteuse. Le bon larron, par sa prière, vole de la croix au ciel. Etienne, par sa prière, voit le ciel et y monte...

. I n’y a done ni lieu, ni temps où nous ne devions prier. La prière est la colonne des vertus, l’échelle de la divinité, des grâces, des anges, pour descendre sur la terre, et dés hommes pour monter sur la montagne éternelle. La prière est la sœur des anges, le fondement de la foi, la couronne des âmes, le soutien des veuves: elle allége le joug du mariage. La prière est une chaîne d’or qui lie l’homme à Dieu, Dieu à homme, la terre au ciel; elle ferme l’enfer, enchaîne les démons; elle prévient les crimes et les efface. ….

La prière est, l'arme la plus forte ; elle donne une inébranlable sécurité; elle est Le plus riche trésor; elle est le port assuré du salut; elle est le vrai lieu du refuge. …

La prière, dit saint Grégoire de Nysse, est la force des corps, l'abondance, la richesse d’une maison : Oratio, corporum robur , et abundantia domus ( Lib. I. de Orat. ).

Le peuple dans le désert prie, et à sa prière les oiseaux du ciel tombent entre ses mains; la manne descend des airs; il est nourri d’un pain miraculeux, dit le Psalmiste : Pefierunt , et venit coturnix ; et pane cœli saturavit eos ( crv. 40 ). Le peuple a soif, il prie, et à sa prière Dieu ouvre le sein de la pierre, et les eaux jaillissent; un

fleuve coule sur le désert aride : Disrupit petram, et fluxerunt aquæ; abierunt in sicco flumina | Psal. crv. 40).

Ils étaient assis dans les ténèbres et dans l’ombre de la mort, enchainés par le fer et la faim. Et ils ont crié vers le Seigneur dans leur détresse, et le Seigneur les a délivrés : Sedentes in tenebris, et umbra mortis , vinctos in mendicitate et ferro. Et clamaverunt ad Dominum , et de necessitatibus eorum liberavit eos (Psal. avi. 10. 143). Dieu les a retirés des ténèbres et de l’ombre de la mort; il a rompu leurs liens, parce qu'ils priaient : #'f eduxit eos de tenebris et umbra mortis, et vincula eorum disrupit (Psal. avr. 14).

La prière est comme la tour de David, couronnée de créneaux; et là sont suspendus mille boucliers, armure des forts , disent Les Cantiques : Sicut turris David quæ ædificata est cum propugnaculis ; mille clypei pendent ex ea, omnis armatura fortium (1v. 4).

La prière fait descendre le Père, le Fils et le Saint-Esprit, dans l'âme , ou plutôt, la prière élève l’âme jusqu’au plus haut des cieux, et la place au sein de la gloire de l’auguste Trinité.

Moïse , dit la Sagesse , résiste à la colère de Dieu, en employant la prière : Per deprecationem restitit iræ (xvirr. 21). Le peuple juif avait commis le crime énorme de l’idolâtrie ; il adorait un veau d’or. Je vois, dit le Seigneur à Moïse, que ce peuple a la tête dure. Maintenant donc, laisse-moi, (ne prie pas pour ce peuple coupable ), mon indignation s’allumera contre eux, et je les exterminerai. Or, Moïse conjurait le Seigneur son Dieu, en disant : Seigneur, pourquoi votre colère s’allumeraït-elle contre votre peuple, que vous avez tiré de la terre d'Egypte avec une grande puissance, et par la force de votre bras? Que les Egyptiens, je vous en conjure, ne disent pas : C’est pour leur mal qu’il les a fait sortir, afin de les tuer sur les montagnes, et de les exterminer de la face de la terre ; que votre colère s’apaise, et détournez le mal que vous préparez à votre peuple. Alors le Seigneur s’apaisa, et ne fit pas le mal qu'il avait médité contre son peuple (Æxod., xxxir). Voilà la puissance de la prière...

La prière des saints change et arrête les décrets de Dieu, dit saint Jérôme : Sententia Dei sanctorum precibus frangitur (In Exod. ).

Le peuple hébreu murmure contre Moïse. Or , le Seigneur parla à Moïse : Retirez-vous du milieu de cette multitude, et je les exterminerai. Alors Moïse, prosterné vers la terre , dit à Aaron : Prenez l’encensoir , et y plaçant du feu de l’autel et l’encens, allez aussitôt

vers l’assemblée afin de prier pour elle; car déjà la colère du Seigneur a paru , et la plaie s’étend sur le peuple. Aaron obéit, et courut au milieu de la multitude que l’embrasement dévorait déjà ; il offrit les parfums; et se tenant debout entre les morts et les vivants, il pria pour le peuple, et la plaie cessa : Sfans (Aaron) inter mortuos ac viventes, pro populo deprecatus est, et plaga cessavit (Num. xvr. A1. 46. 48).

Saint Ephrem appelle la prière un are avec lequel nous lancons sur Dieu les traits des saints et ardents désirs; avec ces traits nous per- . Çons le cœur de Dieu, nous en triomphons; avec les mêmes traits, nous percons et abattons nos ennemis ( De Orat.).

La prière, dit saint Cyprien, est une arme céleste; c’est une forteresse spirituelle, un trait divin qui nous protége : /ncumbamus deprecationibus ; sunt enim vobis arma cœlestia; sunt munimenta spiritualia, et tela divina, que protegunt (Lib. I, epist. 1).

Lorsque déjà, dit la Sagesse, s’élevaient des monceaux de morts, Moïse, par sa prière, devient le médiateur ; il apaise la vengeance de Dieu, et l'empêche de s'étendre jusqu’à ceux qui vivaient encore : Cum enim cecidissent super alterutrum mortui, interstifit, et amputavit impetum, et divisit illam quæ ad vivos ducebat viam (XV. 23 ).

Si Abraham eût seulement trouvé dix justes qui eussent prié, Sodome n’aurait pas péri (Gen. xvin).

Il est dit dans l’Exode, qu’Amalec vint, et combattit contre Israël en Raphidim. Moïse dit à Josué : Choisissez des guerriers, sortez et combattez contre Amalec : demain je serai au sommet de la colline, tenant la verge de Dieu dans ma main. Josué fit comme Moïse lui avait dit, et combattit contre Amalec. Or, Moïse, Aaron et Hur montèrent sur le sommet de la montagne. Et quand Moïse élevait les mains, Israël triomphait; mais quand il les abaiïssait un peu, Amalec lemportait. Or les mains de Moïse s’appesantissaient; ils prirent donc une pierre et la mirent sous lui : il s’assit; et Aaron et Hur soutenaient les mains des deux côtés, et il arriva que ses mains ne se lassèrent point jusqu’au soleil couchant. Et par cette prière de Moïse, Josué mit en fuite Amalec et son peuple à la pointe de l’épée (xvir. 8-13).

Moïse, dit saint Chrysostome, se tenait sur la montagne, près du ciel, et autant la hauteur de la montagne s'élevait, autant sa prière était près de Dieu. Quel est le juste qui n’a pas triomphé par la prière? quel est l’ennemi qu’il n’a pas vaincu en priant? Les visions mystérieuses se découvrent à Daniel par la prière; les flammes

s’éteignent, les lions perdent leur férocité, les ennemis tombent, ils sont ren versés par la prière (4).

Les habitants d'Israël , est-il dit au livre des Juges, firent le mal aux yeux du Seigneur, oublièrent leur Dieu, et adorèrent Baalim et Astaroth. Et le Seigneur, irrité contre Israël, les livra entre les mains de Chusan Rasathaïm, roi de Mésopotamie, auquel ils furent assujettis pendant huit ans. Et ils crièrent vers le Seigneur, qui leur suscita un sauveur, Othoniel , qui vainquit Chusan et les délivra. Et la terre se reposa quarante ans. Othoniel mourut, et les enfants d'Israël firent encore le mal en présence du Seigneur, qui rendit puissant contre eux Eglon, roi de Moab; Eglon frappa Israël. Et les enfants d'Israël servirent Eglon pendant dix-huit ans. Après cela ils crièrent vers le Seigneur, et il leur suscita un sauveur nommé Aod, qui tua Eglon, et Israël fut délivré (mm).

Les enfants d'Israël continuèrent encore à faire le mal aux yeux du Seigneur, après la mort d’Aod. Et le Seigneur les livra aux mains de Jabin, roi des Chananéens. Et les enfants d'Israël crièrent vers le Seigneur; car Jabin les avait violemment opprimés durant vingt ans. Le Seigneur suscita une puissante et héroïque femme nommée Débora, laquelle jugeait le peuple en ce temps. Cette femme forte sauva le peuple, aidée par Jaël, autre femme suscitée de Dieu. Celleci tua de ses mains Sisara, général de l’armée de Jabin. Dieu confondit en ce jour Jabin, roi de Chanaan, devant Les enfants d'Israël (Judie. 1v). Et la terre se reposa pendant quarante ans (/bid. V. 32).

Or, de nouveau les fils d'Israël firent le mal en présence du Seigneur, qui les livra durant sept ans aux mains des Madianites; et ils furent, opprimés par eux. Israël fut humilié. Et il cria vers le Seigneur, demandant du secours contre les Madianites. Dieu suscite Gédéon qui le sauve (Judic.).

Gédéon meurt; les enfants d'Israël se détournent du culte de Dieu; les voilà de nouveau idolâtres ; ils adorent Baal. Dieu les livre entre les mains des Philistins, qui les oppriment cruellement pendant dixhuit ans. Les Israélites crient vers le Seigneur, et lui disent : Nous avons péché contre vous, Seigneur, nous vous avons abandonné ;

(1) Stat Moses in monte, proximus jam cœælo; et quanto cum sublimitas montis extulerat, tanto oratio Deo proximum exhibebat. Quis justorum non orando pugnavit? quis hostem non orando devicit? Orationibus Daniel visa panduntur, sopiuntur flamme, feræ hebescunt, cadunt hostes, inimici vincuntur ( Homil. xvi).

Mais ayez pitié de nous, et délivrez-nous. Le Seigneur leur envoie Jephté qui les délivre (Jude. )

Les Tsraélites retombent sans cesse dans leurs iniquités; Dieu les punit toutes les fois qu’ils pèchent. Ils ont toujours recours à la prière; et toujours Dieu leur pardonne et les sauve.

Jephté meurt. Le peuple juif retourne à l’idolâtrie. Le Seigneur le livre encore entre les mains des Philistins pendant quarante ans. Les Juifs prient de nouveau; Dieu leur envoie Samson qui les venge et les délivre de l’oppression. Toujours, malgré les chutes et rechutes du peuple, Dieu en a pitié toutes les fois qu’il prie... (Judic.)

Que le péché est terrible! que la prière est puissante! Comme Piniquité est punie , et comme la prière est récompensée!

Aune est stérile, elle prie; par sa prière, elle obtient Samuel, qui fut un sauveur pour le peuple, et un grand prophète (I. Æeg. 1).

Sara, épouse d'Abraham, est aussi stérile ; elle prie, et Dieu lui donne Isaac ( Gen. xxvir ).

Celui qui prie, dit saint Chrysostome, recoit de grands biens de sa prière, avant même de recevoir ce qu’il demande : sa prière réprime tous les troubles de son âme; elle calme la colère, chasse l’envie, éteint la cupidité, diminue l’attachement aux choses périssables et le détruit, donne la paix, et fait monter au ciel (1).

Dieu donne toujours plus qu’on ne lui demande. Ainsi Salomon demande seulement la sagesse; et Dieu lui accorde, outre une admirable sagesse, un grand nombre de faveurs temporelles (TI. Reg. rit).

Le peuple de Dieu, opprimé de nouveau du temps de Samuel, prie ; il dit à Samuel : Ne cessez de crier versle Seigneur pour nous, afin qu'il nous sauve des mains des Philistins. Et Samuel prie pour Israël, et le Seigneur l’exauce : £'t clamavit Samuel ad Dominum pro Israel, et exaudivit eum Dominus (1. Reg. vir. 8). Les Philistins commencent le combat contre Israël ; mais Samuel prie, et le Seigneur fait éclater son tonnerre avec un bruit terrible sur les Philistins; illes frappe de terreur, et ils tombent à l'aspect d'Israël (Jbid. vrr. 10).

Le prophète Elie prie, et deux fois le feu du ciel dévore les ennemis du prophète, au nombre de cinquante chaque fois (LV. Æeg.1. 10).

La prière, dit saint Ambroise, atteint et blesse de plus loin qu’une

(4) Qui precatur, etiam antéquam consequatur quod postulat, ex oratione magna bona percipit; omnes animi perturbationes reprimens, iram sedans, invidiam expellens, cupiditatem exstinguens, rerum ad vitam pertinentium amorem diminuens et exsiccans, animum in magnam tranquillitatem redigens, in ipsum deinde cœlum ascendens (In Psal, cxx1x ).

flèche. Elisée ne surmontait pas ses ennemis par les armes, mais par la prière : Oratio longius vulnerat quam sagilta. Eliseus hostes suos, non arms superabat, sed oratione vincebat (Serm. LxXXVI).

Le roi de Syrie, voulant se saisir du prophète Elisée, envoie des chevaux , et des chars, et des soldats d’élite. Elisée prie le Seigneur, disant : Frappez, je vous prie, ces troupes d’aveuglement. Et le Seigneur les frappe d’aveuglement, selon la prière d’Elisée : Z'Ziseus oravit ad Dominum, dicens : Percute, obsecro, gentem hanc cæcitate. Percussitque eos Dominus, ne viderent, juxta verbum Elisei (IV. Reg. vr. 18).

Ecoutez saint Ambroise : EÉlisée prie, et frappe d’aveuglement toute l’armée ennemie. Où sont ceux qui disent que les armes des hommes sont plus puissantes que les prières des saints? Voici qu’à la prière du seul Elisée, toute une armée est vaincue par la prière et les mérites d’un seul prophète ; un grand nombre d’ennemis sont devenus captifs. Quelle est l’armée, quelque grande, habile et puissante qu’elle soit, qui puisse s'emparer de tous les ennemis, sans en excepter un seul, et d’une manière soudaine? Mais la prière opère ce prodige, elle s'empare de tous les ennemis; et par un autre prodige, quoique tous vaincus, aucun n’est blessé (Serm. LxxxvI).

Le roi Ezéchias prie, et par sa prière il obtient l’extermination de l’armée ennemie des Assyriens, au nombre de cent quatre-vingtcinq mille hommes. Et Sennachérib est tué (IV. Reg. xIx).

Tobie prie, il recouvre la vie... Sara prie, et elle est délivrée de sept hommes corrompus...

Judith veut délivrer son peuple et le sauver des mains d'Holopherne. Que demande-t-elle au peuple pour réussir ? la prière. Ne faites autre chose, dit-elle, que de prier le Seigneur notre Dieu pour moi, jusqu’à ce que je revienne vers vous: ÜUsque dum renuntiem vobis, nihil aliud fiat nisi oratio pro me ad Dominum Deum nostrum (Judith, vur. 33). Elle part, armée de la prière; elle entre au milieu du camp des ennemis; elle va à la tente d'Holopherne, et soutenue par la puissance de la prière, elle tranche la tête à ce superbe et cruel ennemi ; et bientôt toute l’armée est taillée en pièces par les Israélites.….

La très-sainte femme Judith ouvre le ciel par ses prières, dit saint Augustin ; par l’art de la prière, elle fabrique des armes victorieuses avec lesquelles elle renverse l’ennemi et délivre son peuple d’une épouvantable terreur. Béthulie était dans l'accablement et le désespoir, assiégée par de nombreux barbares semblables, aux bêtes féroces. Tous languissaient, mouraient de faim et de soif; tous se

voyaient déjà comme entre les mains de ces féroces soldats. Voici Judith qui, sanctifiée par la prière, le sac, la cendre, le jeûne, s’avance, espoir du peuple, destinée à lui rendre la sécurité. Dans les murs de Béthulie, elle est inquiète; mais, soutenue par la prière, elle est sans crainte là où tout était danger pour elle. Par sa prière, elle sauve sa chasteté, sauve son peuple et abat tous les ennemis. La prière est plus puissante que toutes les armes. Par sa prière, elle sauve la ville, tandis que toute une armée sans prière ne peut sauver son chef (Zn Judith).

Un arrêt de mort est lancé contre le peuple de Dieu. Esther prie, et sa prière change le cœur d’Assuérus, et le'peuple d'Israël est sauvé.

Judas Machabée prie , et il tue Apollonius, et défait son armée. II prie encore, et il renverse Séron, général de l’armée de Syrie, et tous ses nombreux soldats. Il prie encore, et il frappe Gorgias et ses troupes. Il continue de prier, et Lysias, chef de l’armée d’Antiochus , est terrassé, ainsi que sesnombreuxsoldats.Il prie de nouveau, et l’impie et blasphémateur Nicanor est tué, ainsi que son innombrable armée. A la prière de ce pieux et intrépide capitaine, Dieu, plusieurs fois, envoie des anges qui se mettent à ses côtés, qui le protégent pendant qu’ils lancent sur l’ennemi de nombreux et terribles traits (Wachab.).

Héliodore veut s'emparer du temple et des trésors qu’il renferme; la ville prie, et des anges descendent du ciel, arrêtent ce profanateur sacrilége à la porte du temple, le flagellent violemment et le laissent à demi mort : il ne recouvre la santé et ne doit sa vie qu’à la prière du saint pontife Onias (IE. Machab. im ).

Sous le prophète Jérémie, le peuple outrage Dieu de nouveau : Jérémie prie pour le peuple. Le Seigneur, voulant châtier ce peuple criminel, dit à ce prophète : Ta prière me lie les mains; ne prie pas pour ce peuple; ne m’adresse pour eux n1 Cantique, ni prière, et ne t’oppose pas à moi : Voli orare pro populo hoc; ne assumas pro eis laudem et orationem, et non obsistas mihi (Vi. 16). Ne prie pas pour ce peuple si rebelle, si impie, si endurci. Dieu se sent lié par les prières des âmes justes, et il ne peut punir les méchants. Comme il le dit à Moïse : Laisse-moi faire, ne m’enchaîne pas par tes prières, afin que je me venge, que je punisse cet ahominable peuple : Dimitte me, ut trascatur furor meus (Exod. xxxIr. 10).

Mais Dieu désire, en effet, qu’on s'oppose à sa vengeance; il se réjouit qu’on l’arrête, et qu’on lui lie les mains par la prière, Il se plaint par son prophète Ezéchiel, qu’on ne lui fait pas violence par la prière, qu’on ne prie pas pour le désarmer. Vous n'êtes pas monté

à la rencontre de l'ennemi, dit-il; vous n’avez point opposé de mur pour la maison d'Israël, afin de tenir ferme dans le combat an jour du Seigneur : Von ascendistis ex adverso, neque opposustis murum pro domo Israel, ut staretis in prælio in die Domini (xnr. 5).

J’ai cherché parmi eux ün homme, qui se présentât comme un murentre moi et eux, qui s’opposât à moi pour sauver cette terre, afin que je ne la détruise pas; etje n’en ai point trouvé : Quæsivi de eis virum, quiinterponeret sepem, et staret oppositus contra me pro terra, ne dissiparem eam ; et non invent (Ezech. xx11. 30). C’est pourquoi j’ai répandu mon indignation sur eux, je les ai consumés dans le feu de ma colère, et j’ai fait retomber leurs crimes sur leurs têtes, dit le Seigneur (/d.xxtr, 31). |

La prière est un mur d'opposition à la juste colère de Dieu. Le monde ne ‘subsiste que par la prière des âmes ferventes. Aussi J. C. dit qu’à la fin des temps la foi sera éteinte ; et c’est pour cela que la fin du monde aura lieu. Quand viendra le Fils de l’homme, pensez- vous qu’il trouve de la foi sur la terre ? Filius hominis veniens, putas inveniet fidem in terra? (Luc. xvnr. 8.)

Jonas prie dans le ventre de la baleine , et le Seigneur commande à ce poisson, et il jette Jonas sur le rivage : Oravit Jonas de ventre piscis, et dixit Dominus pisci, et evomuit Jonam in aridam (mn. 2. 41).

Jonas, dit saint Grégoire, crie vers Dieu du ventre du poisson, du fond de la mer, du sein de la désobéissance ; et sa prière monte jusqu'aux oreilles de Dieu , et Dieu le délivre de la baleine et des flots, et il l’absout de sa faute. Que le pécheur crie, ce pécheur que la tempête des cupidités a trouvé éloigné de Dieu, qu’elle a brisé, submergé, qui est devenu la proie du malin esprit, que les flots du siècle ont englouti ; qu’il reconnaisse qu’il est au fond de l’abime, afin que sa prière parvienne jusqu’à Dieu (1).

Saint Augustin dit excellemment : Jérémie par sa prière est fortifié dans sa prison; Daniel est joyeux parmi les lions ; les trois enfants se réjouissent dans la fournaise; Job sur son fumier triomphe du démon ; le larron va de la croix au ciel; Suzanne est délivrée des vieillards ; Etienne, victorieux de ceux qui le lapident , est reçu au ciel; il n’y a donc point de lieu où nous ne devions prier. Priez

(1) Clamawvit Jonas ad Deum de ventre ceti, de altitudine maris, de profundo inobedicntiæ; et ad aures Dei oralio illius pervenit, qui eum eripuit a fluctibus, eripuit a bestia, absolvit a culpa. Clamet peccator, quem a Deo recédentem cupiditatuin tempestas contrivit, quem malignus hostis absorbuit, quem præsentis seculi fluctus

involvit ; agnoscat se esse in profundo, ut ad Deum sua perveniat oratio (In Psal. vi Pœnitent.),

donc toujours , et en tout lieu, et les uns pour les autres, pour que vous $0yez sauvés. La prière est la sainte colonne des vertus, l'échelle de la divinité, l'époux des veuves, l’amie des anges, le fondement de la foi , la couronne des religieux, le soulagement des époux (1).

Revérez-vous, dit saint Paul, des armes de Dieu, afin que vous puissiez être fermes contre les embüches du démon : /nduite vos armaturam Dei, ut possitis stare adversus insidias diaboli (Eph. vr. 11). Les tentations qui nous viennent de notre cruel ennemi sont fortes, dit saint Bernard; mais notre prière est bien plus redoutable pour lui que ses tentations ne le sont pour nous: Gravis quidem nobis est tnimici tentatio, sed longe gravior illi oratio nostra (Serm. v in Dedic. Eccles.).

Le rugissement du lion met en fuite Les animaux moins rapidement que la prière ne chasse les démons, dit saint Chrysostome : Non enim leonis rugitus bestias sic fugat ; ut justi oratio dæmones ( In Eccles., c. xvr).

La prière chasse les démons du corps et de l'âme; elle les force à l’obéissance et à Ja fuite...

Je louerai le Seigneur et je l’invoquerai ; et je serai délivré de mes ennemis, dit le Roïi-Prophète : Zaudans invocabo Dominum, et ab ini- | micis meis salvus ero (XVII. 4).

Comme un homme qui voit une bête féroce fuit ou monte sur un arbre, dit l’abbé Jean; ainsi, lorsque le démon vous tente, fuyez vers Dieu par la prière, montez vers lui, et vous serez sauvé ; car la prière abat la tentation et le tentateur, comme l’eau abat le feu (2).

La prière est un trait qui blesse de très -loin l'ennemi du salut, dit saint Ambroise : Oratio etiam longius positum vulnerat inimicum (Serm. Lxxxvi). La prière est Le fléau du démon, dit saint Augustin : Oratio est dæmoni flagellum ( De Orat. ).

Retire-toi de moi, Satan, dit J. C. à cet ennemi qui osait le tenter : Vade, Satana (Matth. 1v. 10). Et Satan se retire, et les anges

(1) Orans Jeremias confortatur in carcere, Daniel inter leones exsultat, tres pueri in fornace tripudiant, Job in sterquilinio triumphat de diabolo, latro de cruce paradisum invenit, Susanna a senibus defenditur, Stephanus de torrente in cϾlum suscipitur ; non est igitur locus in quo orare non debeamus. Orate igitur semper, et in omni loco, et pro invicem, ut salvemini. Oratio sancta est columna virtutuim, deitatis scala, viduarum maritus, angelorum cognata, fundamentum fidei, monachorum corona, conjugatorum levamen ( Serm. xxt1).

(2) Sicut vir videns feras, fugit, scanditque in arborem; ita cum veniunt pravæ cogitationes, fuge per orationem ad Dominum, et salvaberis : nam, sicut aqua exstinguit ignem, ita oratio exstinguit tentationem (Jn Vif. Patr., lib. LIT).

130 La prière

est la terreur

du démon,

et elle triom—

phe toujours de lui.

449 La prière

éclaire, et elle

attire le Saint- Esprit.

450 Par la prière on obtient la con-

version des

pécheurs.

156 ù PRTÈRE,

s’approchent de lui et le servent : J'unc reliquit eum diabolus ; et ecce angeli accesserunt , et ministrabant ei (Id. 1v. 14). Les mêmes faveurs nous arrivent par la prière; elle chasse les mauvais anges et fait approcher les bons. Disons souvent au démon : Retire-toi, Satan. Cette seule prière éloigne tout l’enfer, et nous met en communication avec tout le ciel...

Jamais le démon n’a pu vaincre celui qui prie souvent et comme il faut. Si donc nous sommes vaincus, c’est parce que nous ne prions pas ou que nous prions mal...

Le Seigneur, aux Actes des apôtres , dit à un disciple nommé Ananie : Levez-vous, allez dans la rue qu’on appelle Droite, et cherchez dans la maison de Judas un nommé Saul de Tarse ; car il y est en prière: Æcce enim orat (1x. 10. 41 ). Allez, car cet homme qui prie est un vase d'élection pour porter mon nom devant les gentils, et devant les rois, et devant les fils d'Israël: Vade, quoniam vas elections est mihi iste, ut portet nomen meum coram gentibus, et regibus, et filiis Israel (Act. 1x. 15.). Et Ananie alla, et il entra dans la maison; et Jui imposant les mains, il dit : Saul, mon frère , le Seigneur Jésus m'a envoyé afin que vous voyiez et soyez rempli de l’'Esprit-Saint. Et aussitôt il recouvra la vue ( Zbid. 1x. 17. 18).

Remarquez que c’est parce que Saul prie, qu’Ananie lui est envoyé, qu'il recoit le Saint-Esprit et qu’il recouvre la vue : Æcce enim orat. Ainsi, voulons -nous que Dieu nous visite lui-même , que les bons anges nous visitent ; voulons-nous être éclairés, recevoir le Saint-Esprit? imitons Saul qui prie : Z'ece enim erat.

Voxrz sainte Monique : son fils Augustin était un grand pécheur, donnant de grands scandales; elle prie, elle prie longtemps, elle prie souvent; et sa prière fait d’Augustin un grand saint et le plus grand docteur de l'Eglise. Aussi un grand évêque dit un jour à Monique : Allez, le fils de tant de prières et de larmes ne peut périr (Zn ejus vita).

Il est dit de sainte Térèse qu’elle obtint par ses prières la conversion d’un aussi grand nombre de pécheurs, que saint Francois Xavier, apôtre des Indes , en avait obtenu lui-même par ses prédications et ses miracles (/n ejus vita ).

Quelle est la cause de ces changements subits , de ces admirables et merveilleuses conversions, que nous voyons dans tous les siècles, dont nous sommes de temps en temps les heureux témoins, et qui

nous frappent d’admiration et nous forcent de dire : Le doigt de Dieu est là? Digitus Dei est hic (Exod. xvur. 19). La prière du juste , les prières des religieux , Les prières de l’Eglise..….

Nos pères , dit le Psalmiste , ont crié vers vous, Seigneur, et ils ont été sauvés : Patres nostri ad te clamaverunt et salvi facti sunt (xx1. 6). Pour moi, dit-il, j'ai élevé ma voix vers Dieu, et le Seigneur me sauvera : Z£'go autem ad Deum clamavi , et Dominus salvabit me (LIV. 47).

La prière du juste , dit saint Augustin, est la clef du ciel ; la prière monte, et la miséricorde de Dieu descend : Oratio justi clavis est cœli ; ascendit precatio, et descendit Dei miseratio (Serm. acxxvr).

La prière pénètre constamment jusqu’au ciel , dit saint Ephrem : Oratio etiam cœlum jugiter penetrat \ De Orat.).

La prière monte jusqu'aux nues, c’est-à-dire jusqu’au ciel, dit lEcclésiastique : Deprecatio usque ad nubes propinquabit (xxxv. 20 ). La prière de l’homme humble pénétrera jusqu’au ciel , et il ne sera consolé que lorsque sa prière sera auprès de Dieu , ajoute-t-il : Orati0 humiliantis se, nubes penetrabit ; et donec propinquet non consolabi-

tur (xxxv. 21).

Apprenez ici l'efficacité de la prière, qui monte jusqu’au ciel, qui ouvre le ciel, qui pénètre jusqu’au trône de Dieu, et qui fait descendre Dieu. Nous en avons un exemple frappant dans le prophète Elie, qui par sa prière ouvre et ferme le ciel à volonté.

Par la prière, dit saint Ghrysostome , nous cessons, même dans le temps, d’être mortels : nous sommes mortels, à la vérité, par nature ; mais-par la prière, par nos entretiens , par notre familiarité avec Dieu, nous passons à la vie immortelle. Celui qui parle familièrement avec Dieu, devient nécessairement plus fort que la mort,et que tout ce qui est soumis à la corruption. La prière assure la gloire immortelle à l’âme, et la résurrection glorieuse au corps (Zn Eccles., c. xxvIm ).

Dreu écoute, éclaire, instruit, dirige, fortifie, exauce celui qui Pente

De quels trésors de sagesse, de vertu, de prudence, de bonté , de sobriété , d'égalité de mœurs, la prière ne remplit-elle pas, dit saint

160 La prière assure le salut.

170 La prière est la clef du ciel; elle l’ouvre.

et y conduit.

480 La prière assure l’immortalité,

190 Enfin, la {prière renferme des biens innombrables, des biens d’un prix infini; elle renferme tous les biens.

Chrysostome! Quanta sapientia, quanta virtute, prudentia, bonitate, sobrietate, morum «æqualitate replet præcatio ! (In Eccles., c. xvnr: )

Ouvrez votre bouche par la prière, et je la remplirai, dit le Psalmiste : Aperi os tuum , et implebo illud (1xxx. 11). Plus on demande, plus on reçoit; plus on désire de richesses, plus Dieu en donne...

La prière est comme le travail dans une mine inépuisable; elle obtient tout ce qu’elle veut ; et comme la mine des trésors divins ne saurait être épuisée, en y prenant tout ce qu’on souhaite, la mine est encore entière. C’est à cet océan de richesses qui est Dieu, que puisent depuis six mille ans tous ceux qui prient ; et cet océan , qui arrose et féconde la terre, n’a pas perdu une seule goutte. IL est toujours plein, toujours il déborde sur ceux qui prient. Disons plus, ceux qui prient sont autour de cet océan ; et leur prière les y jette pour l’éternité.………

La prière, dit saint Chrysostome , est la gardienne de la tempérance , la correction de la colère , la modération de l’orgueil , l’expiation des désirs de vengeance, l’extinction de l’envie, la confirmation de la paix : Oratio cuslodia est temperantiæ, îræ castigatio , superbiæ moderatio, animæ memoris injuriarum exæpiatio, invidiæ demolitio , pacis confirmatio (In Eccles., ©. XII ).

La prière, dit saint Bernard, purifie l’âme, règle les affections, dirige les actions , corrige les excès, forme les mœurs; elle est la beauté et l’ornement de la vie : Oratio mentem purificat, regit affeclus, corrigit excessus, compontt mores, vitam honestat et ornat (Serm. in Cant.).

La prière, dit Cassien, rend le cœur serein, éloigne des choses périssables, purifie des vices, élève aux choses célestes, et rend le cœur capable et digne de recevoir tous les biens spirituels : Oratio serenat cor, abstrahit à terrenis, mundat a vitiis, sublevat ad cœlestia, reddit cor capacius et dignius ad accipienda bona spiritualia (Lib. Justific.).

La prière, dit saint Augustin, est un sacrifice agréable à Dieu ; elle est le secours , la ressource de celui qui prie; elle est Le fléau de Satan : Oratio est Deo sacrificium, oranti subsidium ; dæmoni flagellum (Ad Prov.).

Crie vers moi, dit le Seigneur à Jérémie, et je t’exaucerai, et je tannoncerai des choses grandes et certaines que tu ne sais pas: Clama ad me, et exaudiam te : et annuntiabo tibi grandia et firma quæ nescis (XXXHIL. 3).

PRIÈRE, 159 La prière est très-facile ; elle est à la portée de tout le monde, du pauvre comme du riche, de l’ignorant comme du savant, de l’enfant comme du vieillard : tous peuvent facilement prier. La prière, qui est le plus grand moyen de salut, qui est indispensable au salut, est aussi ce qu’il y a de plus facile. On peut prier en tout temps et en tout lieu...

Quiconque a un cœur, a ce qu'il faut pour prier. Donner son cœur à Dieu, cela suffit; Dieu ne demande pas autre chose...

On se plaint quelquefois qu’on ne sait pas prier. Vous ne savez pas prier! cela vient de ce que vous ne priez pas. Priez, et vous saurez prier; et plus vous prierez, plus vous saurez prier : on ne devient savant dans la prière qu’en la pratiquant, qu’en priant souvent...

La prière est facile, parce qu’elle peut être courte, et néanmoins être très-efficace. Le Pater, qui est la plus belle, la plus riche, la plus parfaite de toutes les prières; le Pater, qui renferme toutes les autres prières, est une prière qui n’est.pas longue, et tout le monde sait cette sublime prière...

Quelle fut la prière de l’aveugle-né? Seigneur, faites que je voie : Domine, ut videam. Quelle fut la prière des dix lépreux? Fils de David, ayez pitié de nous : #ili David, miserere nobis. Quelle fut la prière du publicain? Seigneur, soyez-moi propice, car je suis un grand pécheur : Propitius esto mihi peccatori. Quelle fut la prière des apôtres menacés d’un prochain naufrage? Seigneur, sauvez-nous, nous périssons : Domine, salva nos, perimus. Quelle fut la prière du centenier? Seigneur, Je ne suis pas digne que vous entriez dans ma maison, mais dites seulement une parole, et mon serviteur sera guéri : Domine, non sum dignus ut intres sub tectum meum; sed tantum dic verbo, et sanabitur puer meus. Quelle fut la prière du bon larron sur la croix? Seigneur, souvenez-vous de moi lorsque vous serez dans votre royaume : Domine , memento mei, cum veneris in regnum tuum. Toutes ces prières sont courtes, très-faciles, et toutes ont été exaucées soudain...

Facilité de la prière , parce qu'on peut prier à toute heure, la nuit comme le jour...

Facilité de la prière, parce que Dieu, qui est toujours présent, est toujours disposé à nous écouter, à nous aider, à nous exaucer..…….

Facilité de la prière, parce que Dieu est d’un abord très-facile ; quoiqu'il soit infiniment grand , il veut qu’on s’adresse à lui en toute liberté...

Facilité de la prière, par les consolations qu’on y trouve, et les soulagements à tous les maux...

Facilité de la prière,

Bonté infinie de Dieu dans la prière.

Duv, dit saint Chrysostome, veut que vous receviez en priant ce que vous désiriez de recevoir : quel bonheur pour vous de vous entretenir avec Dieu, de pouvoir demander ce que vous souhaitez ! Vult Dominus te rogando accigere quod impertiri desideras : quanta tibi felicitas concessa est, orationibus fabulari cum Deo; quod desideras postulare ! (In Eccles., c. xvrr.)

Dieu, dit l’apôtre saint Jacques, donne avec abondance à tous ceux qui lui demandent : Postulet a Deo, qui dat omnibus affluenter (1. 5).

Dieu , dit saint Thomas, donne 1° libéralement, il ne vend pas ses dons. ; 2 généralement, non à un seul, mais à tous. ; 3 il donne abondamment... ; 4 il donne généreusement et sans reproche. .…. Que la paresse humaine rougisse donc, ajoute-t-il : Dieu est plus disposé à nous donner, que nous à recevoir. C’est le propre de la nature de Dieu de donner, c’est son inclination (1).

Dieu est tout pour vous, dit saint Augustin, vous trouverez tout en lui. Avez-vous faim? il est votre pain ; avez-vous soif? il est votre breuvage ; êtes-vous dans les ténèbres? il est tout lumière; êtesvous nu? il est votre vêtement d’immortalité : Deus tibi totum est. Si esuris, panis tibi est; si sitis, aqua tibi est; st in tenebris, lumen ; st nudus, immortalitate tibi vestis est (Tract. x1x in Joann).

Dieu m'est donné tout entier, et tout entier à mon usage et à mes besoins , dit saint Bernard : lotus mihi datus, et totus in meos usus expensus (Serm. 111 in Circumeis.).

Tu m'as invoqué dans la tribulation, dit le Seigneur par le Prophète royal, et je t'ai délivré : Zn tribulatione invocasti me , et Liberavi te (Lxxx. 8). Il criera vers moi, et je l'exaucerai : Clamabit ad me, et ego exaudiam eum (Psal. x. 15). Ils invoquaient le Seigneur, et il les exauçait : /nvocabant Dominum, et ipse exaudiebat eos (Psal. xevur. 6). Dieu est à côté de ceux qui le prient : Prope est Dominus omnibus invocantibus eum (Psal. cxLIv. 18).

Ils invoqueront mon nom, et je les bénirai, dit le Seigneur : Znvocabunt nomen meum, et ego benedicam (Num. vr. 27).

Qui a invoqué le Seigneur, et a été délaissé? dit l’Ecclésiastique : Quis invocavit eum, et despexit illum ? (11. 12. )

(1) Deus dat, 1° liberaliter, non vendit; 2 generaliter, non uni, sed omnibus; 30 dat abundanter; 4 dat curialiter, quia non improperat. Érubescat ergo humana pigritia; plus paratus est Deus dare, quam nos accipere. Propria natura et indoles Dei, est dare (1x Epist. S, Jacob. ),

PRIÈRE, 161 La cour et les oreilles des princes sont ouvértes à peu de personnes : mais la cour et les oreilles de Dieu sont toujours ouvertes à tous, dit saint Chrysostome : Aula et aures principum paucis patent ; Dei vero omnibus volentibus (Lib. IT de Orando Dom. |.

On ne pénètre qu'avec peine dans les palais; on ne parle pas aux rois autant qu'on le voudrait; il y a mille obstacles. La prière va à Dieu lorsqu'elle veut; elle entre dans sa cour céleste , elle va jusqu’à son trône, seule, à tout instant; personne n’est là pour lui dire : Où allez-vous? Arrêtez! le Roi du ciel n’est pas visible, vous Pimportunez. Au contraire, toute sa garde, qui sont les anges, et lui-même, disent à celui qui prie : Viens, entre, demande ce que tu voudras, et tu le recevras : Petite, et accipietis (Matth. vir. 7).

Et si c’est un honneur insigne d’être admis à l'audience d’un roi, quel honneur infiniment plus grand d’être admis, et sans aucune difficulté, et toujours, à l’audience du Roi des rois!

Le mendiant, l’homme couvert de haïllons est chassé des palais habités par des hommes, après tout semblables à lui par nature; et les pauvres, les malheureux , sont ceux que le grand Dieu recoit auprès de lui avec plus de facilité, et écoute avec plus de plaisir. Allez, dit ce grand Roi, ce Roi des rois, ce Seigneur des seigneurs, allez dans les places et Les rues de la ville, et amenez ici les pauvres et les infirmes, et les aveugles et les boiteux. Allez dans les chemins et le long des haies, et contraignez-les d’entrer, afin que mon palais soit rempli (1).

Non-seulement ce grand Dieu nous permet de nous adresser à lui, nous assurant qu'il nous accordera tout ce que nous lui demanderons, ce qui est déjà une grande distinction et un grand bonheur; mais il nous en fait une obligation...

Si un mendiant osait aller s’asseoir à la table d’un grand, il serait chassé avec indignation; ét Le dernier des mendiants, par sa prière, va à volonté s'asseoir à la table de Dieu, à côté de Dieu lui-même, Quelle dignité! quel honneur! quelle gloire !.. Quelle dignité de pouvoir parler à Dieu , de s’entretenir familièrement avec lui !

Il est permis de parler avec Dieu, dit saint Chrysostome, il vous est permis de vous entretenir avec lui, quand vous le voulez; par votre prière, il vous est permis de mériter ce que vous souhaitez. Et quoique vous ne puissiez pas entendre la voix de Dieu , des oreilles

(a) Exi in plateas et vicos civitatis; et pauperes ac debiles, et cæcos, et claudos introduc huc. Exi in vias et sepes; et compelle intrare, ut impleatur domus mea (Luc. xiv. 21. 23).

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